de Fumel.
C.H.G.H.47
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de Fumel

 

Il est constant qu'à partir de 1090, les ainés de la maison de Fumel ont toujours possédé la baronnie de leur nom en toute justice, baute, moyenne, basse, mère, mixte et impère. Ils en ont aussi de temps immémorial porté le nom et les armes timbrées d'un tortil de baron, telles qu'on les voyait encore avant la Révolution à l'extérieur des murs de leur château patrimonial.

Située sur la rive droite du Lot, à six lieues O. de Cahors, trois lieues et demie E.-N.-E. de Villeneuve-d'Agenois, la petite ville de Fumel était, avant 1789, une paroisse et une juridiction comprise dans la sénéchaussée-généralité de Guienne, diocèse et élection d'Agen, parlement et intendance de Bordeaux. En 1764, on y comptait environ trois cent quarante-sept feux, confinant à la province de Quercy, il n'est pas douteux qu'elle en ait fait partie dans des temps fort reculés. Cette ville eut le titre de baronnie jusqu'en 1611, époque où elle fut érigée en comté, comm

e on le verra ci-après. Elle est située aujourd'hui dans le département de Lot-et-Garonne, à 22 kilomètres de Villeneuve, forme un chef-lieu de canton, renferme 2.000 habitants, et n'est guère remarquable que par l'architecture antique de son château et l'existence de quelques fabriques de papier.

I. Gaubert ou Gausbert, chevalier, seigneur de Fumel, abbé séculier de l'abbaye de Moissac, vivait en 1090. Il fut fait abbé séculier de l'abbaye de Moissac par Alfonse Jourdain, comte de Toulouse, bien que le droit de nomination fût alors contesté par les moines de cette abbaye. Gaubert de Fumel avait, en cette qualité, le droit de gite à Moissac, c'est-à-dire celui d'y être logé et défrayé en l'abbaye, avec toute sa suite, deux fois l'année. L'an 1115, il abandonna à l'abbaye de Moissac certains droits et revenus (expletas) qu'il revendiquait au monastère. Il se désista de son droit de gîte moyennant la somme de 1.225 sols, monnaie de Cahors équivalant à 55 marcs d'argent, et fut autorisé à faire ce désistement par une charte que lui octroyèrent, en 1125, Alfonse Jourdain, comte de Toulouse, et d'autres personnages considérables. C'est peut-être le même Gaubert de Fumel qui signa, en 1165, avec plusieurs seigneurs, le traité de paix fait entre Raymond, comte de Toulouse, et le vicomte Raymond de Trincavel. (Hist. du Lang., Cart. de Moissac, Arch. de Fumel et de Foix, Bibl. Imp.) Gaubert, dont la femme n'est pas connue, fut père de :

Bertrand de Fumel, qui suit.

II. Bertrand de Fumel, chevalier, seigneur, baron de Fumel, assista comme témoin et signa, l'an 1160, la confirmation des privilèges de l'abbaye de Grand-Selve, accordée par Richard, roi d'Angleterre. (Hist. de Guy, de Grands, Hist. de Lang., Gall. chr., Arch. de Foix et de Fumel.) De sa femme, dont nous ignorons le nom, provinrent deux fils :

l° Bernard de Fumel, dont l'article suit ;

2° Gaubert de Fumel, qui est demeuré inconnu.

III. Bernard de Fumel, chevalier, seigneur de Fumel, assista, en qualité de l'un des barons de la suite de Raymond, comte de Toulouse, à l'hommage que les habitants de Moissac rendirent à leur suzerain, le 2 avril 1193. Vers le même temps, le comte de Toulouse autorisa les coutumes de Moissac, qui avaient été arrêtées par Bertrand, abbé régulier dudit monastère, de concert avec Bertrand de Fumel et les principaux habitants du bourg de Moissac. (Bibl. Imp., Arch. de Fumel.) Bernard de Fumel, dont nous ne connaissons pas la femme, fut père de :

1° Nasquieu de Fumel, qui suit, seul nommé dans les coutumes de Fumel ;

2° Bertrand de Fumel, seigneur de Montesquiou, qui eut postérité, seul nommé dans les coutumes de Fumel ;

3° Gaubert de Fumel,

4° Pons de Fumel, nommé dans un titre d'hommage rendu au comte de Toulouse par les quatre frères. Guilhem de Fumel fut un des seigneurs présents à l'hommage que Raymond VI, vicomte de Turenne, rendit à l'abbaye de Tulles, pour la vicomté de Brassac, le 22 avril 1252.

5° Guilhem de Fumel, nommé dans un titre d'hommage rendu au comte de Toulouse par les quatre frères. Guilhem de Fumel fut un des seigneurs présents à l'hommage que Raymond VI, vicomte de Turenne, rendit à l'abbaye de Tulles, pour la vicomté de Brassac, le 22 avril 1252.

6° Esclamat de Fumel, nommé dans un titre d'hommage rendu au comte de Toulouse par les quatre frères. Guilhem de Fumel fut un des seigneurs présents à l'hommage que Raymond VI, vicomte de Turenne, rendit à l'abbaye de Tulles, pour la vicomté de Brassac, le 22 avril 1252.

7° Galhard de Fumel, nommé dans un titre d'hommage rendu au comte de Toulouse par les quatre frères. Guilhem de Fumel fut un des seigneurs présents à l'hommage que Raymond VI, vicomte de Turenne, rendit à l'abbaye de Tulles, pour la vicomté de Brassac, le 22 avril 1252.

N. B. Un titre de croisade conservé dans les archives de la maison de Fumel doit, ce nous semble, se rapporter à Galhard de Fumel, fils puîné du baron Bernard. Ce titre, qui constate une obligation souscrite devant Saint-Jean-d'Acre, au mois de juin 1250, par Galhard de Fumel, Bertrand de Miramont, Bernard de Romagnac (ou Ravignan) et Raymond-Guilhaume de Vidalhac, chevaliers, en faveur de Manuel de Becin et de Pèlerin de Rèche, citoyens et marchands génois, prêtant pour eux et leurs associés la somme de 220 livres, pour laquelle somme le très illustre seigneur Alphonse, comte de Poitiers et de Toulouse, se porta pleige et garant, est ainsi conçu :

« Notum sit universis presenteslitteras impecturisquod nos Galhardus de Fumello, Bertrandus de Miramonte, Bernhardus de Romanhac et Raymundus Wilhelmi de Vidalhac, milites, habuimus et recepimus a Manuele de Becino et Peregrino de Recho, civibus et mercatoribus Januensibus, pro se et suis sociis mutuantibus, ducentas et viginti libras circa quas illustrissimus dominus A. comes pictaviensis et Tolosiae, pro nobis erga predictos mercatores plegius et garantizator de dicta pecunia constitutus nobis mutuari fecit sub obligatione bonorum nostrorum ipso Domino facta et de prevocata quantitate nos tenemus bene pagatos et supradictos mercatores quictamus. Actum Accon sub sigillo mei G. de Fumello, anno domini M° CC° L° mensi junio. »

IV. Nasquieu, Asquieu ou Esquieu de Fumel, chevalier, noble baron de Fumel, parait dans des actes de 1193, 1200 et 1250. En 1219, Bertrand de Fumel de Montesquiou rendit en son nom, et au nom de son frère Esquieu, hommage pour les châteaux de Montesquiou et de Malause à l'abbaye de Moissac, qui donna en retour deux marcs de bon argent, comme elle s'y était obligée. On ne sait si Nasquieu de Fumel se rendit, en 1256, à Saint-Germain-en-Laye, où le Roi avait convoqué ses vassaux et arrière-vassaux ; mais un titre de la Chambre des Comptes de Paris, rapporté par La Roque, contenant le rôle de la convocation à trois semaines de la Pentecôte de cette même année, porte le nom des seigneurs de Fumel au milieu de beaucoup d'autres. Dans un autre titre de 1248, conservé au cabinet du Saint-Esprit de la Bibliothèque Impériale, Nasquieu promet de payer à J. A. Depnals, o a son orden, al primer dimenge que er après la primolta santha Me Magdalena, la somme de 42 livres Cahors. En 1260, un Esquieu de Fumel, peut-être celui-ci ou l'un de ses neveux, fils de son frère Bertrand, reconnaît tenir le château de Montesquiou et le fief de Malause de l'abbaye de Moissac, et lui promet fidélité. Il parait certain, d'après le texte des coutumes de Fumel, que ce fut Nasquieu qui accorda une charte de commune ou de coutume aux habitants de la châtellenie de Fumel. Pourtant, ces coutumes, étant datées du 2 juin 1265, devraient plutôt se rapporter au temps de Guillaume-Esclamat, fils de Nasquieu. Il est facile d'avoir l'énigme de cette difficulté, en disant que, selon toutes les probabilités, la charte en fut octroyée par Nasquieu, et la confirmation par son fils et les autres membres de sa famille. (Bibl. Imp., Cout, de Fumel, Arch. de Fumel.) Nasquieu épousa, selon une charte en langue vulgaire de 1284, conservée au cabinet du Saint-Esprit, Serène de Ravignan (Serena de Robinehon), appelée Suzanne dans une ancienne généalogie, qui lui donna pour enfants :

1° Guilhaume-Esclamat de Fumel, dont l'article suit ;

2° Gaubert de Fumel ;

3° Pons de Fumel ;

4° Bernard de Fumel, qui fut père de :

A. Gaillard de Fumel ;

B. Aymeric de Fumel ;

5° Bertrand de Fumel ;

6° Raymond-Bernard de Fumel.

V. Guillaume Esclahat, chevalier, seigneur, noble, puissant et religieux baron de Fumel, fill que fo del noble baro lo senhor Nesquie de Fumel, est-il dit dans un échange de 1273 qu'il fit avec le fils de Bertrand de Montesquiou de Fumel, son cousin, confirma, en 1265, les coutumes données au bourg de Fumel par son père vers 1262. Il se trouve nommé Enguilhem dans une sentence arbitrale de 1284. (Arch. de Fumel, Bibl. Imp.) Guillaume Esclamat fut marié avec Laure de Pujols, dont vinrent :

1° Pons de Fumel, qui suit ;

2° Bertrand de Fumel, tige de la branche de la Barthe ;

3° Peut-être aussi Minois de Fumel, qui épousa, après 1280, Aymeric de Biron, de la branche des seigneurs de Montferrand, coseigneur de Montferrand et de Salagnac en Périgord.

VI. Pons de Fumel, Ier du nom, damoiseau, puis chevalier, chevalier banneret, seigneur baron de Fumel, est mentionné dans des titres des années 1280, 1297, 1319 et 1320. Il confirma les coutumes de Fumel, et se trouve ainsi désigné dans les registres de la Chambre des Comptes de l'année 1340 : Extratus comptus magistri Joannis de Damno martino clerico domini regis a 18 die mensis augusti usque ad 18 diem introitus mensis septembris Pontio de Fumello, domicello bannario pro se et suis sociis (70 l. 0 s. 6 d.) ; — Pontio de Fumello 20 t. pro restauramento unius equi ex nobilibus nobilium gentium armorum Aginnensium cum domino Joanne de Maynet, olim senescallo Aginnensi et cum domino et potenti viro domino comite atrobatensi. (Compte de Barthélémy du Drac, trésorier de l'extraordinaire des guerres, Chambre des Comptes de Paris ; Bibl. Imp., arch. de Fumel.) Pons de Fumel avait épousé, comme on le voit par son testament du 28 août 1354, Jeanne de Puy-Guilhem, appelée aussi Anne dans quelques chartes, fille d'Audebert, baron de Puy-Guilhem. Il en eut :

1° Bernard de Fumel, coseigneur de Fumel, tué dans les guerres contre les Anglais en Gascogne, où il servait avec Pons, son frère, en qualité de chevaliers bacheliers, en compagnie de quatorze écuyers, suivant une copie de la quittance qu'ils donnèrent de leurs appointements ;

2° Pons de Fumel, qui a continué la descendance ;

3° Baranne de Fumel, épouse de noble Pons de Parazols, chevalier, en 1375 ;

4° Jeanne de Fumel, mariée à noble Hugues de Virazel, chevalier, en 1375.

VII. Pons de Fumel, IIe du nom (monseigneur), chevalier, noble seigneur, baron de Fumel, auquel commencent les Mémoires généalogiques dressés par Chérin, se distingua contre les Anglais dans les guerres de Gascogne, où il servit avec son frère, qui y fut tué. Il fit son testament en langue vulgaire romane, dans le château de Fumel, le 28 août 1375. On voit par cet acte qu'il choisit sa sépulture dans l'église de Saint-Anthony de Fumel, au tombeau étant devant l'autel de Saint-Georges, où ses père et mère étaient ensevelis. Après avoir fait un grand nombre de legs pieux, il reconnait avoir reçu de noble dame Agnès De Garruel, sa femme, 400 florins d'or pour sa dot, lui lègue 100 autres florins aussi d'or, et lui laisse l'usufruit des biens pendant sa viduité ; fait des legs à son fils Guilhem et à sa fille Marguerite ; institue son héritier universel Jean de Fumel, son fils aîné, lui substituant ses autres enfants, savoir : lesdits Guillaume et Marguerite, et, à leur défaut, ladite dame de Garruel, sa femme, avec nobles Baranne et Jeanne de Fumel, ses sœurs, les chargeant d'augmenter et améliorer la chapellenie qui a été établie par Pons de Fumel, et nomme pour exécuteurs de ce testament la susdite dame Agnès, sa femme, et noble Pons de Parazols (son cunhat). Ce testament fut reçu par Jean et Arnaud de Cay et par Arnaud Véfiat, notaires à Fumel, et expédié en parchemin sur la minute par Hugues Bonald, notaire du même lieu, en exécution du mandement de Robert de Balzac, écuyer, sieur de Rieumartin, conseiller et chambellan de monseigneur Charles, duc de Guyenne, comte de Xaintonge, seigneur de La Rochelle, et son sénéchal d'Agenois et de Gascogne, et daté d'Agen, le 4 novembre 1469, et ce à la supplication de noble Bernard de Fumel, seigneur dudit lieu. Signé Bonald, notaire. Ladite dame Agnès de Garruel était femme de Mgr Arnaud Durfort, chevalier, seigneur de Bojolmont, lors du testament de Jean de Fumel, son fils, qui lui légua 12 livres, en 1394. (Chamb. des Compt. de Paris, Hist. du Long., Hist. de Tulle par Baluze, Arch. de Fumel.) Pons de Fumel eut de son mariage avec noble dame Agnès de Garruel :

I° Jean de Fumel, dont l'article suit ;

2° Vital de Fumel, conseiller et chambellan du comte de Poitiers, frère de Charles Dauphin et régent du royaume, selon la nouvelle histoire du Languedoc, par MM. les Bénédictins de la Congrégation de Saint-Maur. Il se trouve Dominé en cette qualité parmi les seigneurs et prélats que le Dauphin, depuis Charles V, donna au comte de Poitiers, son frère, lorsqu'il l'envoya prendre possession du gouvernement de Languedoc, pour le diriger, à cause de sa jeunesse. Ces seigneurs et prélats étaient Gilles Aycelin, évêque de Thérouane, chancelier de France, les évêques de Nevers, Viviers et Lectoure, les comtes d'Armagnac, de Pardiac et de Valentinois, le vicomte de Narbonne, le Galois de la Baume, maître des arbalétriers de France, les seigneurs de la Rochefoucauld, Rochefort et Montaigu, les sénéchaux de Carcassonne et d'Agenois, Jousserand de Lugny, Jean de Champeaux, Philibert d’Espinasse, maître des requêtes, Pierre de Gratton, Vital de Fumel, Pierre de Labatut, maître des requêtes, Raymond d'Aule, Raoul de Lille, receveur de la sénéchaussée de Toulouse et général des finances, et Arnaud de la Faye ;

3° Guillaume de Fumel, légataire de son père de 250 florins d'or l'an 1375, eut de son frère un legs de 12 livres en 1394. Selon des Mémoires domestiques, il devint abbé de Grammont de l'ordre de Saint-Benoit, conseiller du roi, fut nommé patriarche d'Antioche par le pape Eugène IV, et assista au concile de Basle ;

4° Marguerite de Fumel, légataire de son père de 1.000 florins d'or, avec un lit et des habits nuptiaux pour son mariage, en 1375. Elle était femme de Guiot de Durfort, chevalier, lors du testament de Jean, seigneur, baron de Fumel, son frère, qui la substitua à ses enfants en 1394.

VIII. Jean de Fumel, chevalier (très-haut et très-puissant baron noble), seigneur, baron de Fumel, institué héritier universel de son père, en 1375, est nommé dans des actes des années 1350, 1362, 1367. Il fit son testament en langue vulgaire romane dans son château de Fumel, le 2 juillet 1394 ; ordonnant sa sépulture dans l'église de Saint-Anthony de Fumel, au tombeau où son père était enseveli, il demanda des prières pour le repos de son âme, en faisant des legs pieux. Il y reconnaît avoir reçu en dot de dame Alpaïs de Durfort, sa femme, 1.000 florins d'or avec lit et robes suffisants, lui lègue 200 florins d'or, et lui laisse l'usufruit de tous ses biens tant qu'elle vivra en viduité ; fait de petits legs à sa mère et à son frère ; veut que son héritier satisfasse aux legs ordonnés par le testament de feu noble Audebert de Puy-Guilhem, son aïeul, beau-père de feu noble Pons de Fumel, son grand-père ; lègue 500 florins d'or à Jean de Fumel, son fils, avec sa nourriture et son entretien dans son hôtel, et 200 florins au fils posthume qui pouvait lui naître ; il institue son héritier universel Pons de Fumel, son fils aîné, lui substituant ledit Jean, son autre fils et autres enfants qui lui naîtraient, et, au défaut d'eux tous, veut que ses biens passent à dame Marguerite de Fumel, sa sœur, femme de M. Durfort, chevalier, ensuite à noble Jeanne de Pech-Guilhem, son aïeule, femme de noble Hue de Virazeil, donzel, ou à ses descendants. Présents à cet acte : Hugues de Virazel, damoiseau, Pierre Maynaud et autres. Ce testament fut reçu par Jean de Cayh, notaire, et la grosse en fut faite par Géraud de Grèses, notaire, le 11 décembre 1454, en vertu du mandement du 2 précédent, d'Eudes de Lomagne, chevalier, vicomte de Couserans, seigneur des terres et marquisat de Terride et de la baronnie des Angles, chambellan et conseiller du Roi et son sénéchal d'Agenois et de Gascogne, obtenu par nobles Arnaud, Bernard et Manaud de Fumel, seigneurs de Fumel. (Arch.de Fumel.) Jean de Fumel eut de sondit mariage :

1° Pons de Fumel, dont l'article suit ;

2° Jean de Fumel, légataire de son père en 1394, mort jeune, selon une généalogie manuscrite.

IX. Pons de Fumel, IIIe du nom (noble et puissant baron), chevalier, seigneur, baron de Fumel, fut institué héritier de son père en 1394. Il fit son testament au château de Fumel le 22 décembre 1453. Par cet acte, il élit sa sépulture dans la chapelle de Saint-Georges, en l'église de Saint-Antoine de Fumel, où son père est enseveli, et où il ordonne cent messes pour le repos de son âme ; veut que Catherine de Montaigu, sa femme, soit dame de tous ses biens pendant sa vie sans en rendre compte ; que noble Arnaud, son fils, soit son héritier universel, et qu'il satisfasse à ses legs et à ses dettes ; lègue à Bernarde, sa fille, 25 fr. monnaie courante, et 60 à Comète, son autre fille ; 25 à Annette, aussi sa fille ; 20 à Bernard, son fils, et 20 autres à Manaud, son fils. Ce testament, fait en présence de Bertrand de Montaigu (de Monte-Acuto), seigneur en partie de Montaigu ; de noble Raymond-Bernard de Montaigu, aussi seigneur en sa partie de Montaigu, fut reçu sur parchemin par Raymond de Vernet, notaire du Roi. (Arch. de Fumel.) Pons eut de sondit mariage avec Catherine de Montaigu, fille d'Amanieu, baron de Montaigu en Agenois :

1° Arnaud de Fumel (noble homme), fut institué héritier universel de son père en 1453. Après la mort de ce dernier, étant en différend avec ses frères au sujet des dispositions contenues au testament de feu noble homme Pons de Fumel, damoiseau, leur dit père, en son vivant seigneur du château et baronnie de Fumel, lequel n'avait point substitué audit Arnaud ses autres enfants, il transigea avec eux le 23 du mois de mars 1461, en conséquence de la sentence prononcée par noble et égrège homme messire Bernard d'Aspremont, docteur ès-lois, chanoine de l'église de Saint-Caprais-d'Agen, qu'ils avaient nommé et choisi pour leur arbitre le 21 novembre audit an, lequel décida qu'ils devaient succéder l'un après l'autre à leur père. Cet acte, en parchemin, est signé de la marque du notaire qui l'a reçu. Arnaud de Fumel fit donation entre vifs à Monsieur Bernard, son frère, le 25 décembre 1466, de tous ses biens et droits, avec haute, moyenne et basse justice dans les lieux de Fumel et de Bonanguille, ès-sénéchaussées d'Agenois, Gascogne, Périgord et Quercy, se réservant sur lesdits biens, sa vie durant, 9 septiers de froment à la mesure de Fumel, 3 pipes de bon vin, 2 porcs non salés, 3 cartons de sel, 12 livres d'huile, 12 livres de chandelles, 3 écus...

2° Bernard de Fumel (noble et puissant homme, seigneur, baron de Fumel, obtient en cette qualité des lettres du Roi adressées au sénéchal d'Agenais ou à son lieutenant, et datées de Tours le 1er février 1468, signées par le conseiller et scellées, pour lui permettre de faire refortifier son chastel et place forte de Fumel, qu'il tenait du Roi en foi et hommage, et qui avaient été démolis et ruinés pendant les guerres des Anglais. En conséquence, il y eut procès-verbal d'information faite à ce sujet par Pierre de Ramaond, chevalier, seigneur de Solmon, maistre d(hostel, chambellan et conseiller du Roi, en son sénéchal d'Agenois, de Gascogne et de Quercy, commissaire de Sa Majesté en cette partie, à Agen, le 6 juin 1469, en l’hostel de discret et sage homme Jean Dauphin, procureur du Roi en ladite sénéchaussée d'Agenois, où les témoins sur ce ajournés, savoir : Nobles hommes Antoine de Sermel, sieur de Sermel, Jean de la Duguie, sieur de la Duguie, Guilhaume du Bruelh, seigneur de la Mothe de Sudre, Antoine Prunet, sieur de Fages, et Guilhart de Votier, seigneur de Votier, et aussi Pierre du Pal, tous lesquels, majeurs, déposèrent que de tout temps et ancienneté il y avait eu audit lieu de Fumel, chastel et place forte qui depuis environ trente ans, pendant les guerres en Agenois, avaient été démolis et mis en mine et décadence, au préjudice des intérêts et service du Roy. Cet acte, en parchemin, est signé Solmon, et plus bas, Jehan Vastayros, notaire royal. Il assista, le 16 octobre 1492, selon l'histoire du Languedoc, au contrat de mariage d'Antoine de Guiscard avec Isabelle de Lomagne. Bernard de Fumel fit son testament, étant malade, au château de Fumel, diocèse et sénéchaussée d'Agenois, le 15 novembre 1498. Par cet acte, il ordonne sa sépulture dans la chapelle de Saint-Antoine, dudit lieu, devant l'autel et au tombeau ou sont ensevelis sa mère et ses prédécesseurs ; veut qu'à son enterrement il soit appelé cent prêtres disant messes, ainsi qu'à son octave et bout de l'an, avec trois pauvres vêtus de drap noir et portant chacun un flambeau de cire. Après avoir ordonné divers legs pieux, il lègue à noble Jean de Fumel, dit de Séquenville, son neveu, 100 livres tournois, une fois payées ; à noble Louis de Lomagne, son filleul, 10 livres ; à noble Huguet de Lomagne, frère de ce Louis, 10 livres ; à noble Pierre de Fumel, son bastard, 100 livres, avec sa nourriture et son entretien dans sa maison et sur ses biens tant qu'il voudra, vivant honnestement et selon l'estat de sa personne ; à noble Anne de Fumel, sa bastarde, femme de Bertrand de Pons, 15 livres tournois, outre la dot qu'il lui avait constituée ; à noble Marie de Fumel, aussi sa bastarde, femme de maistre Jean de la Ville, notaire, 15 livres tournois, voulant qu'on lui construise la maison promise par son contrat de mariage, et qu'on lui paye 20 réaux d'or du restant de sa dot; à noble demoiselle Antonie ou Antoinette de Ramond, sa chère et bien-aimée épouse, l'usufruit et l'administration de tous ses biens pendant sa vie en viduité, sans être tenue d'en rendre compte à son héritier ni à aucun autre ; ordonne que, si elle se remarie, on lui paie et restitue toute sa dot ; il institue héritier universel de tous ses biens noble Jacques de Fumel, dit de Séquenville, son neveu, à la charge qu'il paierait tous ses legs pieux et autres, ainsi que ses dettes, et que lui, dit héritier, et ses successeurs en sadite hérédité, seront tenus de porter le nom et les armes pleines de Fumel et de lui testateur, lui substituant ledit noble Jean de Fumel, dit de Séquenville, aussi son neveu, frère de ce Jacques, et, au défaut d'eux et de leurs enfants mâles, noble Louis de Lomagne, son filleul, fils de Mgr Jean de Lomagne, seigneur de Montagut ; nomme pour exécuteurs de ce testament nobles hommes Jean d'Albrespy, prieur de Montsempron, et Jean de Salis, seigneur de la Giscardie, priant d'en être témoins nobles hommes Jean de Salis, Georges Votier et messire Hugues Arnaud, vicaire dudit lieu de Fumel. Cet acte, sur parchemin, fut reçu par Étienne Sermuret, prêtre, notaire apostolique et public de Fumel, et signé de lui (Archives de Fumel). Bernard de Fumel n'eut point d'enfants des deux femmes qu'il épousa successivement, Catherine de Salis et Antoinette de Ramond, mais il laissa pour enfants naturels, ainsi qu'on l'a vu :

A. Noble Pierre de Fumel, bâtard, légataire de son père en 1498 ;

B. Noble Anne de Fumel, bâtarde, femme de Bertrand de Pons en 1498 ;

C. Noble Marie de Fumel, femme de Me Jean de la Ville, notaire, l'an 1498.

3° Manaud de Fumel, qui a continué la postérité ;

4° Bernarde de Fumel, vivante en 1453 ;

5° Comète ou Toinette de Fumel, vivante en 1453 ;

6° Anne de Fumel, vivante en 1453.

X. Manaud de Fumel, seigneur de Fumel en partie, est mentionné en 1453 dans le (testament de son père. Il transigea avec ses frères, le 5 mai 1461, pour régler les droits légitimaires de chacun d'eux, et épousa, suivant une ancienne généalogie manuscrite, Rose de Séquenville, héritière des noms, terres et armes de sa maison, de laquelle il eut, entre autres enfants :

1° Jacques de Fumel, dit de Séquenville, qui suit ;

2° Jean de Fumel, dit de Séquenville, légataire de Bernard, son oncle.

XI. Jacques de Fumel, dit de Séquenville et de Caubiac (noble, haut et puissant baron), écuyer, chevalier, seigneur, baron de Fumel, seigneur de la Caussade, Concre, Thors, Crozefon, Caubiac, Majejoulx, les Bonnes et autres places, gentilhomme ordinaire de la chambre du roi, chevalier de ses ordres, capitaine de cent hommes d'armes, fut institué héritier universel de noble Bernard de Fumel, seigneur et baron de Fumel, son oncle, l'an 1498, à la charge par lui et ses successeurs de porter le nom et les armes pleines de Fumel. Le 13 janvier 1499, le roi Louis XII, l'appelant son bien-aimé, lui accorda des lettres de committimus datées de Loches, signées par le Roi à la relation du conseil Le Mareschal. Il en obtint encore d'autres datées de Blois, le 23 septembre 1512, signées Guyot ; on le trouve en possession de la baronnie de Fumel depuis 1501 jusqu'en 1551. Il épousa, par pactes rédigés le 28 novembre 1500, noble demoiselle Haliénote de Lesergues, fille de feu noble Folquet de Lesergues, coseigneur de Cozorn, stipulant pour elle noble homme Bertrand de Luzech, chevalier, baron de la baronnie de Luzech, comme conjointe personne de noble Armande de Lesergues, sa femme, lequel lui donna en dot 2.000 livres tournois, dont 1.300 payables le jour du mariage ou avant, et le reste en 50 livres d'année en année, avec clause qu'il l'habillerait selon l’estat de la maison de Luzech et de celle de Fumel : ces pactes faits à Luzech le 9 avril 1500, en présence de noble Pons de Baynac, doyen de Moyras ; de noble François de Lesergues, seigneur de Mauros ; de noble Pierre d’Orguelle, seigneur del Volut ; de noble Jean de Lomanhe, seigneur de Montagut ; de noble Guillaume de la Salle, seigneur de la Pile ; de noble Jean Tilhet, seigneur del Choron, et de noble Antoine Giscard, seigneur de la Coste. Ces pactes, retenus par Bernard de Ruppe, notaire de Luzech, furent expédiés en parchemin par Jean de Ruppe, notaire royal dudit Luzech, successeur dudit Bernard, le 9 juillet 1531, en vertu d'un commandement du bailli du même lieu et du juge ordinaire du même jour, à la requête de noble François de Fumel, chevalier, seigneur et baron de Fumel, fils desdits mariés et gentilhomme ordinaire de la chambre du Roi, signé de Ruppe, avec sa marque. Jacques de Fumel rendit hommage au roi entre les mains de son chancelier, à Paris, le 4 janvier 1539, de sa baronnie de Fumel ; de la maison noble de la Caussade, par lui acquise du baron de Biron; des cens et rentes par lui acquis d'Antoine de Lustrac ; de la place et maison noble de Crozefont, par lui acquise de Laurent de Fumel, chevalier, seigneur de Montségur, le tout assis en la juridiction de Montflanquin ; des cens et rentes du lieu et maison noble de Magojols, acquis par lui d'Arnaud Alphéry, de la juridiction de Tournon ; des cens et rentes en la paroisse de Ledingeac, juridiction de Penne, et de la terre, justice et juridiction de Couvert, au diocèse de Cahors. Une pièce sur parchemin, du 20 novembre 1543, conservée dans les papiers de la famille, montre que Jacques de Fumel était à cette date à la cour à la suite de monseigneur le Dauphin, en qualité de l'un de ses gentilshommes. Il fit son testament dans le château de Fumel, le 5 janvier 1531, et ordonna par cet acte sa sépulture être faite dans l'église et chapelle de Mgr Saint-Antoine de Fumel ; veut qu'on appelle à son enterrement cent prêtres disant messes pour le salut de son âme et de ses parents ; ordonne beaucoup d'autres prières et de legs pieux ; lègue à demoiselle Blanche de Fumel, sa petite fille, fille de François, son fils, 4.200 livres tournois quand elle se mariera ; à Bernard de Beau regard, son page, 20 livres tournois ; ordonne que son héritier appellera, le lundi après la fête de Saint. Martin d'hiver de chacun an, cent prêtres disant messes, et qu'à chacun d'eux sera payé 2 s. 6 d. tournois, en suivant le testament de feu Bernard de Fumel, son oncle, en son vivant seigneur dudit lieu ; lègue aussi par œuvre pie à Annette de Fumel, sa fille bastarde, 20 livres tournois une fois payées, et autant au fils aîné de cette fille bastarde, pour l'entretenir aux écoles ; institue son héritier universel noble et puissant seigneur messire François de Fumel, son fils, seigneur de la Caussade, gentilhomme ordinaire de la chambre du Roi ; nomme pour ses exécuteurs testamentaires nobles et puissants seigneurs Guy de Luzech, seigneur et baron dudit lieu et autres places, et François de Gageac, seigneur dudit lieu. Ce testament fut reçu et signé par Arnaud de la Ville, notaire royal, habitant de Fumel ; l'original est sur parchemin. (Archives de Fumel et de Saint-Projet.) Jacques de Fumel eut de sondit mariage :

1° François de Fumel, dont l'article suit ;

2° Noble demoiselle Jeanne de Fumel, mariée par son père, par pactes du 1er juillet 1525, à noble et puissant seigneur Antoine Déjean, seigneur de Saint-Projet, de La Bastide, Marinhac et Montesquiou, fut dotée de 7.000 livres tournois, avec ses habillements de noce en velours, satin, damas, etc. Ces pactes passés au château de Fumel, et ratifiés le lendemain par les parties, devant Arnaud de la Ville, notaire royal, qui en a fait la grosse en parchemin ledit jour; ils donnèrent quittance sur la dot, le 2 novembre 1531. Elle fut légataire de son père en 500 livres, par son testament de 1551, où il fut légué pareille somme à demoiselle Françoise Déjean, leur fille, pour le temps de son mariage. Antoine de Jehean fit ses preuves à l'âge de 14 à 15 ans, le 1er août 1558, pour être reçu chevalier de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Il était né au lieu de Saint-Projet, diocèse de Cahors, dans les limites du prieuré de Saint-Gilles ;

3° Blanche de Fumel, mariée à Antoine de Vezins, vicomte de la Grave ;

Annette, bâtarde de Fumel, était mère d'un fils en 1551.

XII. François de Fumel, Ier du nom (messire, noble, haut et puissant seigneur), écuyer, chevalier, seigneur, baron de Fumel, seigneur de la Caussade, chambellan et gentilhomme ordinaire de la chambre du roi, chevalier de ses ordres, gouverneur de Marienbourg, ambassadeur extraordinaire à Constantinople, capitaine des gardes de la porte du Roi, était fils unique du précédent. Il épousa, par contrat passé au château de Cancon, en Agenois, le 6 février 1535, sur les pales et articles du 3 janvier précédent, demoiselle Gabrielle de Verdun, fille de noble et puissant seigneur Jean de Verdun, seigneur de Cancon et d'Hautes-Vignes, lequel la dota de 10.000 fr. bourdelois, a 15 s. tournois pièce, payables le jour de la solennisation du mariage, et lui assura après son décès les maisons, cens et rentes à lui appartenant ès-lieux et juridictions de Gontault et de Tonneins, et les prés, terres, bois, vignes et autres domaines aussi à lui appartenant et échus en la juridiction de contact, par le décès de feu M. Hugues Bothon ; il fut convenu qu'au défaut du paiement de ladite somme, les futurs époux jouiraient de la moitié des revenus de la maison et chastel d'Hautes-Vignes, et que le seigneur de Verdun habillerait ladite demoiselle, sa fille, condécemment, à la qualité et maison dont elle sort et de celle où elle entre. Le futur époux eut par donation et transport du seigneur baron de Fumel, son père, en contemplation de ce mariage, la seigneurie et baronnie de Fumel, la Caussade, et leurs appartenances, avec les autres biens que lui et dame Hélène de Lesergues, sa femme, avaient et possédaient en la sénéchaussée d'Agenois, pour en jouir après leur décès, s'en réservant l'usufruit, dont ils pourraient par testament disposer, jusqu'à la somme de 1.000 écus d'or au soleil ou au-dessous, comme il lui plairait ; voulant que leurdit fils jouisse, après la célébration de son mariage et pour son entretenement, de la place de la Caussade et de ses dépendances, à l'exception du territoire et métairies de Vendigeols, de Drandal et de Chabrest, donnés à ladite dame de Lesergues, sa femme, sa vie durant seulement. Plus, ledit seigneur de Cancon donne, en faveur de ce mariage et en acquit des susdits 10.000 fr. bourdelois, la place, terre et seigneurie d'Hautes-Vignes et ses dépendances, avec les biens situés dans les juridictions de Gontault et de Tonneins. Ce contrat fut passé en la présence de nobles et puissants seigneurs messire Antoine de Montpezat, chevalier, seigneur de Laugnac, et Antoine de Jehan, sieur de Saint-Projet, par Antoine Robert, notaire royal en la terre et juridiction de Cancon. Le même jour, après la solennisation du mariage, ladite demoiselle de Verdun, de l'autorité de sondit mari, renonça à toute la succession paternelle et maternelle en faveur dudit seigneur, son père, devant le même Robert, notaire, qui en signa l'acte sur parchemin.

François de Fumel fut envoyé l'an 1547, par le roi Henry II, en qualité d'ambassadeur extraordinaire à Constantinople, vers Soliman II, empereur des Ottomans, pour faire rompre un traité que celui-ci avait signé avec l'empereur d'Allemagne. Cette mission est constatée par un certificat du supérieur du Saint-Sépulcre, du 15 novembre de cette même année, et par des lettres écrites de Fontainebleau, vers le même temps, par M. Robert de la Marck, à messire de Saint-André. Sa Majesté le roi Henry II lui accorda un surcroît de pension, par lettre du 5 mai 1548, qui est conservée dans les archives de la famille de Fumel, et qui montre toute l'estime que faisait ce prince de son ambassadeur et de la confiance qu'il avait en lui. Cette lettre indique aussi que le baron de Fumel se rendit en Perse par ordre du roi, et fut chargé de reconnaître et de dresser un mémoire sur la coutume usitée par les Persans pour combattre et faire la guerre. Le même roi Henry II l'envoya avec une instruction datée de Chalons, le 18 novembre 1552, à MM. l'amiral de Nevers et le maréchal de Saint-André, au sujet des desseins et entreprises de l'empereur du côté de Metz. En qualité de gouverneur de Marienbourg, qu'il défendit en 1554 et l'année suivante, il reçut divers ordres et dépêches de Sa Majesté, et se distingua par sa bravoure et son habileté à la bataille de Saint-Quentin, livrée le 10 août 1557 contre les troupes de Philippe II, roi d'Espagne. Le baron de Fumel commandait à cette journée les enfants perdus, et y demeura prisonnier de l'ennemi. Remis ensuite en liberté, il se rendit à Fumel, où l'attendait une si triste fin.

L'habitude des camps et du commandement, peut-être aussi, comme le disent quelques auteurs, les rapports qu'il avait eus avec le gouvernement turc, avaient donné à François de Fumel un caractère énergique, ferme et rigoureux même en certaines circonstances. Les menées et les entreprises des religionnaires de Fumel, professant des croyances nouvelles, subversives de l'ordre politique et religieux, le rendirent plus sévère encore à leur égard. Il en résulta que les vassaux du baron, qui presque tous avaient embrassé avec ardeur la religion de Calvin, après avoir méconnu souvent l'autorité de leur seigneur, jurèrent sa perte, et trouvèrent bientôt une occasion favorable de se défaire de lui. L'attentat sur la vie du baron de Fumel fut accompli dans des circonstances qui eurent un immense retentissement, et attira contre ses nombreux auteurs une répression et une punition tellement exemplaires de la part du maréchal de Montluc, que, pour n'avoir pas à en reparler plus loin, nous allons donner ici un extrait de la condamnation prononcée par ce dernier, dans laquelle sont rapportés les faits avec une vérité et une exactitude telles que n'auraient pu en fournir la relation aussi juste, ni les mémoires, ni les histoires du temps, trop souvent empreints de partialité.

Arrest de la sénéchaussée d'Agenois rendu contre les auteurs, fauteurs et complices du meurtre commis sur la personne de François de Fumel, seigneur et baron dudict lieu de Fumel, en son vivant gentilhomme ordinaire de la chambre du Roy, etc. 1er avril 1562.

Des faicts et procedures résulte et appert de la conjuration faicte contre ledict feu seigneur de Fumel, dès le dimanche 23e novembre dernier, que, dès le matin dudict jour, il estoit attendu et guesté dans l'église paroissiale dudict Fumel, appelée Condat, par Jean Calmejane vieux, Jean Roque Joffre vieux, Jean Cassaigne dict lou Catou, Jacques et Antoine Chambanlt frères, un facteur de Balthezar Vaquié nommé Pierre Valet, et plusieurs aultres de l'Église nouvelle, armés chacun d'épées et arquebouses, la morche à la main, et ledict jour, sur l'heure de quatre ou cinq heures du soir, ledict feu seigneur revenant de la chasse du costé dudit Condat, accompagné d'un sien fils âgé de 10 à 11 ans et de quatre ou cinq ses serviteurs, feut suivi par ledict Calmejane vieux, Jean Roque Joffre dit de Panqaecar, et aultres susnommés, jusques à son chasteau de Fumel, criant : A mort ! à mort ! tue ! tue ! attends, poultron ! tourne visage ! vilain ! méchant, tourne visage ! Et estant arrivés dans ladicte ville, parlant dudict seigneur : Nous l'avons failly, mais nous coulera notre vie et notre bien ou nous le fuirons mourir ! et nous assemblerons tant de gens que nous le tuerons ou le ferons tuer. De sorte que la nuit après feut ledict seigneur de Fumel, par eux et leurs complices, gens de la nouvelle religion, habitants dudict Fumel, assiégé et faict tocsin en ladicte église paroissiale de Fumel, hor ladicte ville appelée de Condat ; comme feut aussi ez églises de Montayral, Péricart, Cézerac, lieux circonvoisins, les gens des aultres proches églises nouvelles mandés pour venir à leur secours par Balthezar Vaquié, marchand dudict lieu de Fumel, suivant l'avis et délibération du consistoire qui feust teneu dans ladicte nuit, en la maison du dict Vaquié, en ladicte ville de Fumel, présent ledict Despouts, consul dudict Fumel, de tuer, massacrer et saccager ledict feu seigneur ; et que ladicte nuit, les gens des aultres églises nouvelles, même des lieux de Libos, Monsempron, Ladignac, Frinteil, Monségur, Montflanquin, Cuzor, Condezaigues, Tournon, Péricart, Montayral, Cézerac, Saint-Georges, Penne, Lustrac, Hautefage, Souturac, que qui soit partie d'iceux vindrant en armes ladicte nuit dans ladicte ville de Fumel, en nombre de quinze cents à deux mille hommes, et assiégèrent ledict feu seigneur, plusieurs arquebousades vers son château, constituèrent prisoniers tous ceux qui en sortoient ; ladicte nuit pillèrent deux maisons appartenantes audict feu seigneur, où estoit son lard et ménagerie ; à une desquelles maisons demeuroit Me Jean Lafouliade, receveur dudict feu seigneur, auquel brisèrent et firent bruler tous ses papiers ; et que ladicte nuit, Jean Calmejane vieux, dict lou Basteyrou, Bernard Garrouty, dict Pothou de Perousquy, Antoine La Baissière, dict Caillabet, allèrent à la maison dudict Perousquy, qui est de Marie Pelissié, dicte Fillau, visant sur la terrasse dudict chasteau, remarquer un lieu pour pouvoir tirer arquebousades contre ledict feu seigneur. Et le lendemain bon matin, qui estoit le lundi veille sainte Catherine, 24e du mois de novembre, retournèrent esdictes maisons, ayant chacun une arquebouse, la morche à la main, et sur l'heure de sept ou huit heures du matin dudict jour, estant ledict feu seigneur sorti sur la terrasse de sondict chasteau, ledict Calmejane vieux, Perousquy, Caillabet, lui tirèrent chacun une arquebousade par la fenestre du grenier de la maison de ladicte Filleau, de l'une desquelles feut atteint et blessé au travers du corps ; et les serviteurs envoyés par la dame ou enfants par la ville ou ailleurs, pour envoyer chirurgien, prêtre et notaire pour venir panser, administrer les sacrements et recevoir le testament dudict feu seigneur, battus, blessés, constitués et mis prisoniers es maisons desdicts Rouch et Delpouts, consuls, et autres maisons, et sçachant que ledict seigneur estoit blessé, fermèrent tous les passages de la présente ville, envoyèrent gens armés à grand nombre sur les passages prochains de la rivière de Lot, et mirent telle garde aux entours, qu'il n'estoit possible à aulcuns amis ni serviteurs dudict seigneur pour aller à son secours sans grand danger de la vie ; et se voyant ainsi assurés, assiégèrent de toutes parts ledict seigneur dans sondict chasteau, et tirèrent aux fenestres et veues d'icelui en grand nombre d'arquebousades, en sorte que ceulx qui estaient dans ledict chasteau n'osoient ouvrir aulcunes portes, fenestres ni vues d'icelui. Et environ l'une ou deux heures après midi dudict jour, mirent le feu à la porte principale du chasteau, rompirent aultre grande porte d'icelui avec grands coups d'un hachon, et icelui assiégèrent et environnèrent en forme de guerre et hostilité ; et demandant parlemanter ladicte dame d'une fenestre haute, leur dit que le seigneur de Fumel son mari estoit déjà mort, et qu'est-ce qu'ils voulaient plus ? lesquels lui répondirent tous ensemble et lui dirent qu'ils vouloient voir le seigneur de Fumel et icelui emmener prisonier en la ville d'Agen ; et tenant touts la main en haut, lui promirent à foy de fidèles qu'ils ne foiroient aucun mal autre audict seigneur ny à aucun de sa maison ; et nonobstant les remontrances de ladicte dame, brulèrent et enfoncèrent la porte, et après estant entrés audict chasteau, montèrent à une chambre haute où ledict seigneur gissoit sur son lit ; lequel leur dit : Dieu vous garde, mes amis! et aucuns lui dirent : Ah ! méchant persécuteur, tu n'as pas toujours dit ainsi ; tu nous a persécutés jusques à présent, mais à cette heure tu en seras bien payé ! Et néanmoins le firent découvrir et leur montra sa playe, à laquelle un de eulx mit deux de ses doits bien avant ; et un nommé Peyrot de Mortefon, frère d'un appelé Le Mérignac, et autres, prindrent ledict feu seigneur par les pieds et le tirèrent et firent tomber sur le carreau, où le dépouillèrent, battirent et flagellèrent longuement avec nerfs de bœuf, disant : A présent, serons vengés de toy ! Laquelle cruauté voyant ladicte dame exercée sur le corps de son mari encore vivant, se mit sur le corps, d'où lesdicts meurtriers et séditieux la tirèrent par les cheveux, lesquels lui coupèrent près la teste ; et non contents de cela, la batirent et blessèrent sur les joues et épaule gauche, criant : A la cloaque et aux poulets, il faut tout tuer et que la race s'en perde ! voulant dire de ladicte dame et de ses enfants. Et l'ayant ainsi blessée et ôtée de dessus le corps de sondict feu mari, tirèrent audict feu seigneur une infinité d'arquebousades et pistolades, lui baillèrent plusieurs coups de dague et aultres armes, et n'y avoit guère personne d'eux qui ne lui baillat quelque coup, le laissèrent sur le carreau, cruellement meurtry et massacré ; et combien qu'il t'eut mort, un nommé L'Hoste Delcat, de Libos, boucher, coupa la gorge audict seigneur avec un grand couteau de boucher, et feut aussi un petit fils dudict seigneur, nommé Joseph de Fumel, blessé sur le sourcil d'un de ses yeux, et ledict Guinot Laville, son serviteur, tué et massacré. Et outre ce, pillèrent ledict chasteau, prindrent or et argent, chaînes, bagues, bordures, et plusieurs autres meubles précieux, brisèrent et brulèrent plusieurs papiers qui estaient en icelui. Et ayant ainsi massacré leurdict seigneur et ledict Guinot, blessé la dame et ses enfants, pillé et saccagé ledict chasteau, estant ladicte dame mise au lit et estant encore sanglante de son sang et de sondict mari, la firent promptement lever sans lui vouloir permettre s'habiller, et les emmenèrent ensemble, ses enfants et filles toutes échevelées et les serviteurs dudict chasteau prisoniers, en la maison dudict Balthezard Vaquié, et en sortant dudict massacre du chasteau, chanteoient un psaume de David, et plusieurs femmes et petits enfants allèrent au pillage et fourrage dudict chasteau, en présence la dame ainsi qu'elle en estoit emmenée prisonière ; s'emparèrent des clefs dudict chasteau, tindrent en icelui garnison et ledict corps jusques au mercredi.

Comme nous l'avons dit, la punition des coupables fut terrible et proportionnée au crime. Trois jours après, messire François Rafin, sénéchal d'Agenois, ayant été instruit de ces scènes de meurtres et de violences, se rendit à Fumel et fit donner la sépulture au corps du malheureux baron. Charles de Coucy, seigneur de Burie, lieutenant-général pour le Roi au duché et gouvernement de Guienne, en l'absence du Roi de Navarre, et Biaise de Montluc, seigneur dudit lieu, chevalier des ordres du Roi et capitaine de cinquante hommes d'armes de ses ordonnances, ne tardèrent pas à se transporter sur les lieux pour y suivre l'instruction de l'attentat, en vertu des ordres exprès qu'ils avaient reçus à ce sujet de Sa Majesté, le 11 décembre 1561. Le 12 mars 1561 (v. st.), le sieur de Coucy chargea et délégua, pour informer des faits qui s'étaient passés à Fumel, Me Antoine Talon, conseiller du Roi, juge-magistrat criminel en la sénéchaussée d'Agenois ; Gervais Hérandeau, prévôt-général au duché de Guienne ; Bernard d'Aspremont, lieutenant particulier au siège présidial d'Agen ; Robert Raymond, Jean Jourdan, Florens Du Repaire, Antoine Denort et Saux Dupin, conseillers et magistrats audit siège. De ces informations, il résulta que le meurtre du seigneur de Fumel avait été la conséquence d'une vaste conspiration ourdie contre la personne de ce seigneur, catholique fervent et zélé, par les protestants des environs, et que, dans le synode tenu quelques jours après cet assassinat dans la ville de Sainte-Foy-la-Grande, la mort du tyran avait été trouvée bonne, louable et approuvée. Ainsi périt, à la fleur de l'âge, le baron de Fumel, dont l'historien de Thou a dit : Fumellius nobililale precipuus, Constantinopolitana legatione clarus.

La condamnation fut prononcée à Fumel au-dessous la halle, où est accoutumé tenir l'audience et faire actes de justice, le premier jour d'avril 1562. Elle ordonna les peines suivantes contre les prisonniers ou défaillants ci-après :

Condamnons lesdicts Mérignac, Calmejane jeune, Descamps et Pouzoulet, à estre délivrés entres les mains de l'exécuteur de la haute justice pour souffrir mort, traînés sur une claye par les lieux accoutumés en ladicte ville de Fumel, et emmenés au devant ledict chasteau dudict Fumel, en chemise, pieds et teste nuds, la hart au col, et ayant chacun une torche allumée en leurs mains, et illec à haute voix demander pardon à Dieu, au Roy et à justice, à ladicte dame et enfants dudict feu seigneur, où lesdicts Mérignac et Calmejane auront les poings dextres coupés, et d'illec seront conduits à la place publique de la dicte ville, appelée del Poustel, où ledict Mérignac, sur un échafeau, aura les quatre membres coupés tout vifs, et après la teste ; et lesdits Calmejane et Descamps auront chacun leur teste tranchée et leur corps mis en quatre quartiers, et ledict Pouzoulet sera pendu et étranglé à une potence qui sera dressée à ladicte place ; à laquelle exécution ledict Colom assistera teste et pieds nus, et après sera fouetté aux verges par ledict exécuteur.

Adjugeons aux hoirs dudict seigneur tous les privilèges, justice et autres émoluments dont ont joui ci-devant les habitants de Fumel : les portes, porteaux, cloches et murailles de la ville de Fumel seront abattus ; la justice sera exercée par le juge du seigneur, et la police faite par deux agents qu'il nommera ; les maisons seront rasées jusqu'au premier étage ; toutes portes et fenêtres ayant vue sur le château de Fumel seront fermées. Condamnons ladicte communauté en 2.000 livres d'amende envers le Roy, 10.000 envers les enfants dudict feu seigneur, et 3.000 envers ladicte dame ; aux dépens de ladicte communauté sera élevée une sépulture en bosse de pierre dans la chapelle qui est commencée en ladicte ville, et autour d'icelle sépulture et tombeau seront écrits tels mots : Cy gist François de Fumel, seigneur et baron dudict lieu, en son vivant gentilhomme ordinaire de la chambre du Roy et capitaine de la garde de la porte dudict seigneur meurtri cruellement et inhumainement par les habitants de ladicte ville de Fumel, fauxbourgs d'icelle, et aultres leurs complices, la veille de Sainte-Catherine, jour de lundi, 24e de novembre 1561. Tous les ans et à tel jour sera célébrée dans cette chapelle une messe haute à laquelle seront tenus d'assister tous les habitants dudict Fumel et fauxbourgs au-dessus de 14 ans, ayant chacun une petite torche allumée en leurs mains, priant Dieu pour l'âme dudict feu leur seigneur ; il sera pris, à cet effet, 100 livres sur eux pour faire célébrer ladicte messe, et 100 autres livres pour édifier une colonne de pierre au milieu de la place publique dudict postel, en laquelle le présent jugement sera écrit en tableau. Condamnons les détaillants, s'ils peuvent être repris, savoir : Delpouts, consul, Delcat de Libos et Balthezar Vaquié seront rompus, tirés et brisés par quatre chevaux, et leurs corps et membres brûlés ; Pothou, Perousquy, Labaissière dit Caillabet jeune, et Calmejane vieux, seront tenaillés et après mis en quatre quartiers ; les maisons d'où sont parties les arquebousades contre ledict seigneur seront nuées jusques aux fondements, et illec sera dressée une potence où les corps desdicts Calmejane vieux, Perousquy et Caillabet seront mis, etc. Le même jugement prononce la peine de mort contre dix-huit autres individus en fuite, convaincus d'avoir massacré le baron de Fumel ; seront tenaillés et après pendus et étranglés, ayant chacun par mémoire et exemple à la main droite un nerf de bœuf de longueur de trois pans, comme ceulx avec lesquels flagellèrent ledict feu seigneur, etc., etc.

François de Fumel fit son testament au château de Fumel, le 24 novembre 1561, craignant la mort soudaine, à cause d'une arquebousade qu'il a reçeue cejourd'hui matin estant sur la terrasse dudict chasteau, de laquelle est grandement grevé et en est notoire à MM. les témoins et à moy soubz-nommez. Par cet acte, il veut sa sépulture estre en la chapelle et tombeau de ses prédécesseurs et appelés les prêtres à la discrétion de madame Gabrielle de Verdun, sa femme, et qu'il soit donné cinq sols à chacun des pauvres qui assisteront à sa sépulture ; il laisse la dame sa femme maîtresse et usufructuaresse de ses biens, sa vie durant, sans en rendre compte ; fait des legs à ses enfants ci-dessous nommés ; donne 20 livres à chacune de six pauvres filles, nommées par ladite dame sa femme, pour les marier ; institue son héritier universel noble François de Fumel, son fils aîné, auquel il substitue son puîné et les filles ensuite ; donne et nomme pour tuteur de sondit héritier le sieur de La Grave, son gendre, le sieur de Saint-Projet, son beau-frère, avec M. de Perdigual, M. de Mons, M. de La Lande, habitants d'Agen. Ce testament, dont la première page fut écrite par Jean Cadoët, secrétaire du testateur, qui lui légua 50 livres tournois, fut achevé et retenu par Gilbert Vitalis, procureur du même testateur, en présence de François de La Boissière, sieur de Gueyrac, Hermand de Veyrières, écuyer, Antoine du Garric, sieur d'Uzech, Pierre Tholon, écuyer, Jean Hébrard, Jean Balenger. Et après avoir été remis par ledit Vitalis à la réquisition de la susdite dame douairière, et par ordonnance de messire Hermand Sevin, président et juge-mage d'Agenois, devers son greffier, du 5 février 1561 (v. s.), il fut déposé à Antoine de La Ville, notaire de Fumel ; lequel, après que la publication de ce testament eut été faite par Me Antoine de Nort, conseiller et juge magistrat au siège présidial d'Agen, commissaire à ce député, le 15 décembre 1562, en fit une expédition en parchemin pour la même dame de Fumel. Signé de La Ville, notaire royal.

La reine Catherine de Médicis ayant appris les funestes événements qui avaient coûté la vie au baron de Fumel, écrivit la lettre suivante à Gabrielle de Verdun, sa veuve :

Madame de Fumel,

Ayant entendu la mort du sieur de Fumel, votre mari, si cruelle et inhumaine qu'elle a esté, j'en ai porté le deuil et ennui que pouvez penser, tant pour avoir le Roy, monsieur mon fils, perdu un bon serviteur, que pour votre respect ; et pour cette cause, vous vous pouvez assurer que je tiendrai la main pour faire faire si cruelle et si rigoureuse punition des auteurs d'un si méchant et si malheureux acte, qu'il en sera mémoire à jamais ; et quant à vous, croyez que tout ce qui sera pour le bien de vous et de vos enfants, je vous aurai en telle recommandation que ses services le méritoient. Ayant fait dépêcher le brevet du Roy, de six cents livres de pension pour votre fils ainé, et ayant pour agréable que vous remettiez entre les mains de votre fils puîné l'abbaye de Ronneval, ainsi que la demandez ; et quant à vos filles, envoyez-les moi, et je les prendrai pour estre nourries avec moi comme elles estoient avec la reine ma fille. Priant Dieu, madame de Fumel, vous avoir en sa saincte et digne garde. A Saint-Germain en Laye, le 25e jour de décembre 1561.

Signé : Caterine.

Les enfants mineurs de François de Fumel étaient sous la tutelle de noble homme Thomas de La Lande, sieur de Perdigual en Périgord et de Costeranse en Quercy, l'an 1563.

Gabrielle de Verdun fit donation de ses biens, s'en réservant l'usufruit sa vie durant, en faveur de messire François son fils, lors de son mariage en 1578. Mais elle révoqua cette donation par son testament de 1593, qu'elle fit olographe au château de Hautes-Vignes, le 20 avril, et dans lequel elle ordonne sa sépulture en l'église de Saint-Martial de Cancon ; fait des legs à tous ses petits-enfants, et institue ses héritières universelles nobles Marie et Diane de Fumel, ses filles, femmes des sieurs de la Roque et de Canteloup, et aussi Gabrielle de Voisins, sa petite-fille. (Arch. de Fumel.)

Du mariage de François, baron de Fumel, et de Gabrielle de Verdun, étaient provenus :

1° François de Fumel, dont l'article suit ;

2° Joseph-François de Fumel, tige de la branche de Fumel-Montaigu, en Agenois ;

3° Blanche de Fumel, épouse de noble Antoine de Voisins, seigneur de la Grave ou la Grant, légataire de son père, outre son douaire, en cent écus sol, l'an 1561, fut mariée par pactes de mariage du 17 mars 1551, portant dot de 7.000 livres. Ils eurent pour enfants : nobles Jean, Marc-Antoine, Françoise, Marguerite, Magdeleine et Marie de Voisins, qui furent légataires de la dame de Verdun, leur aïeule, en 1593 ;

4° Philippe ou Philippine I de Fumel, légataire de son père, comme ses sœurs, de 7,000 livres tournois chacune, l'an 1561. Elle fut mariée par pactes du dernier d'août 1563, passés au château des Roygnes, en Quercy, à Jean IV du Maine, seigneur d'Escandillac, chevalier de l'ordre du Roi, fils de Jean III du Maine, seigneur d'Escandillac, et de Cécile de Levis, et dont elle eut : Marie du Maine, femme d'Antoine de Pardailhan, seigneur de Gondrin et de Montespan, laquelle eut un legs de cent écus d'or sol, en 1593, de dame Gabrielle de Verdun, son aïeule ;

5° Marie de Fumel, légataire de son père, en 1561, fut demoiselle d'honneur d'Élisabeth de France, reine d'Espagne, femme du roi Philippe II, et fille du roi Henry II, selon l'historien Brantôme. Elle épousa, par pactes du 2 septembre 1568, noble Jean de Beynac, écuyer, seigneur de la Roque-Meyrals, en Périgord, fils de feu noble Gabriel de Beynac, écuyer, seigneur dudit lieu en Sarladois, et de demoiselle Jeanne de Campnhac ;

6° Diane de Fumel, légataire de son père, en 1561, épousa, par pactes du 18 août 1578, Jean du Boscq, seigneur de Canteloup, de l'Isle, de Bagniaux, qui fut assisté de messire Jean de Vezins, seigneur et baron de Fumel, chevalier de l'ordre du roi, sénéchal de Quercy, son oncle, et du procureur de demoiselle Jeanne de Vezins , sa mère ;

7° Claude de Fumel, légataire de son père, en 1561, mariée ;

8° Philippe ou Philippine II de Fumel, légataire de son père, en 1561, mariée, par pactes du 21 mai 1576, avec noble François de Lyoncel, fils de feu noble Jean de Lyoncel, dont vint Gabrielle de Lyoncel, légataire de trois cents écus d'or sol, de son aïeule maternelle, en 1593.

XIII. François de Fumel, IIe du nom (noble, haut et puissant seigneur), chevalier, seigneur, baron de Fumel, de la Caussade, seigneur de Thors, Caubiac, les Boygues et autres places, conseiller, chambellan du Roi, gentilhomme ordinaire de sa chambre, maréchal de ses camps et armées, capitaine de cent hommes d'armes de ses ordonnances, et commandant de cent hommes d'armes sous les ordres du maréchal de Biron, fut institué héritier universel par le testament de son père. Le 9 décembre 1561, le roi Charles IX ayant eu avis du meurtre de son père, lui fit expédier le brevet dont la teneur suit, collationné à l'original paf Loménie, et signé de la main de Sa Majesté :

« Aujourd'hui, neuvième du mois de décembre 1561, le Roy estant en Saint-Germain-en-Laye, considérant la grand infortune du meurtre et homicide puis naguères commis en la personne du sieur de Fumel, et les bons, agréables et recommandables services qu'il a par cy devant et dès longtemps faietz à cette couronne, tant au faict des guerres passées que en plusieurs aultres sortes et manières, et voulant Sa Majesté aulcunement recongnoistre lesdicts services envers le sieur de Fumel son fils aîné, afin de lui donner occasion d'en suivre et imiter les vestiges de son père, lui a accordé et octroyé la somme de six cents livres tournois de pension qu'il veult luy estre dorénavant par chascun an payée, ainsi que sont les aultres pensionnaires, par les trésoriers de son espargne, sans en attendre de Sadicte Majesté aultre ni plus exprès commandement que le présent, en tesmoing de quoy elle a vollu signer ce présent brevet de sa propre main, et commandé à moy, son secrétaire d'Estat et des finances, le contresigner, la reine présente. »

François de Fumel épousa, par pactes du 4 juillet 1578, du consentement de la dame Gabrielle de Verdun, sa mère, lesquels pactes furent rédigés en contrat reçu par Thomas Lassart et Pierre Duboscq, notaires royaux, étant au château de Lauzun en Agenois, le 7 septembre suivant, demoiselle Jeanne de Caumont, fille de haut et puissant seigneur messire Gabriel-Nompar de Caumont, comte de Lauzun, vicomte de Montbahuz, seigneur et baron des seigneuries de Puy-Guilhem en Périgord, de TombeBœuf, Puy-Daulphin, Montvieil, Puymiclain, Saint-Bartholin, Montelon et Pauillac en Agenois, Themines en Quercy, L'Échallard et Saunac en la Marche, Beauvoir et la Choume en Poitou, chevalier de l'ordre du Roi, gentilhomme ordinaire de sa chambre, et capitaine de cinquante hommes d'armes de ses ordonnances, et de dame Charlotte d'Estissac, fille de Louis baron d'Estissac et d'Anne de Daillon ; de l'avis et consentement, savoir : du côté du seigneur futur époux, de haut et puissant seigneur messire Jean de Montferrand, vicomte de Fontcaulde, seigneur et baron de Cancon, chevalier de l'ordre du Roi, son cousin germain ; noble Jean de Beynac, écuyer, seigneur de la Rocque, son beau-frère, chevalier de Tordre du Roi ; et du côté de la demoiselle future épouse, des seigneur et dame ses père et mère, et de haute et puissante dame Charlotte de la Roche-Chandry, sa grand'mère, dame douairière de Lauzun, etc. 45.000 livres tournois de dot lui furent constituées par son père, et 5.000 par sa mère. Ce contrat, en parchemin, signé Lassart, notaire royal, et Delboscq, notaire royal, fut insinué à Agen le 8 novembre de la même année 1578.

François de Fumel reçut, en qualité de chambellan, un ordre de Sa Majesté, daté du camp de Saint-Aignan, le 1er octobre 1587, pour se faire payer, par les trésoriers de l'épargne, de deux années de ses gages. Il fut tué sur le champ de bataille de Coutras en 1588, le 20 octobre, après avoir chargé avec une brillante valeur Henry de Navarre. Voici comment divers historiens ont rapporté cet événement :

« Henry de Navarre, prêt à s'élancer sur l'ennemi, crie à ses deux cousins Condé et Soissons : « Je ne vous dirai qu'une chose, c'est que vous êtes de la maison de Bourbon ; et vive Dieu ! Je vous montrerai que je suis votre ainé ! » L'action s'engagea : le prince de Béarn, attaqué par Fumel et Chateaurenard, saisit ce dernier à la gorge en lui criant : « Rends toi, Philistin ! » Sur ces entrefaites, il est frappé sur son casque par un soldat catholique. Celui-ci est tué par le huguenot Augustin Constant, tandis que Fumel tombe abattu par Fontenay, etc. » (Velly, Villaret et Garnier, Fantin des-Odoarts.)

Un passage curieux de la Confession catholique du sieur de Sancy montre que des liaisons assez tendres avaient existé entre François de Fumel et une princesse du plus haut rang. On lit en effet dans ce spirituel écrit : « Qui a plus crié que moi contre le feu Roi, qui portait ses mignons en ses heures, enluminés, comme il est dit ailleurs, en cordeliers ? N'ai-je pas connu les duchesses de Guise et de Nevers, qui portaient Roquemont et le baron de Fumel peints en crucifix dans leurs heures et cabinets, et eux, leurs maîtresses, tout de même en Notre-Dame ? »

Jeanne de Caumont, veuve de François de Fumel, obtint des lettres particulières de Sa Majesté, le 16 mars 1588, pour être payée des gages dus à sondit mari, en sa qualité de chambellan, et elle eut don du Roi, pour elle et ses enfants, d'une somme de 6.000 écus, en récompense des recommandables services de son mari, le 25 avril suivant.

Comme mère et administraresse de messire Charles de Fumel, seigneur et baron dudit lieu, son fils, elle reçut quittance, le 1er juin 1597, de 3.000 écus dus à noble Jean de Voisins, seigneur et baron de la Grave, de Saintons, et à demoiselle Gabrielle de Voisins, sa sœur, en conséquence de la transaction passée entre eux le 11 novembre 1596. Cette quittance fut ratifiée, le 24 juin 1597, par ladite demoiselle Gabrielle de Voisins, devant Jordain Pelanque, notaire royal. Jeanne de Caumont fit son testament au château d'Hautes-Vignes, le 17 août 1640 ; elle voulut, par cet acte, être ensevelie dans le cercueil de plomb où était le corps de son mari en l'église de Saint-Antoine de Fumel, et qu'à sa sépulture fussent convoqués cinquante prêtres disant messes, autant à son octave, et pareil nombre au bout de l'an ; elle ordonna aussi qu'il y eut à son enterrement treize pauvres femmes vêtues de robes de drap noir, ayant un cierge à la main et un couvre-chef de toile blanche ; déclara les enfants qu'elle avait de son mariage ci-dessous nommés ; leur fit divers legs, et un autre de 500 livres tournois à demoiselle Catherine de Saint-Laurent de la Cosle, sa demoiselle ; institua son héritier universel messire Charles de Fumel, son fils, lui substituant François, son autre fils, et nomma pour son exécuteur testamentaire messire Jean Chabrier, juge de Sourguiat, habitant de la ville de Lauzun, auquel elle légua 150 livres tournois. Cet acte, en papier, fut signé par A. Dauchou, notaire.

Du mariage de François de Fumel et de Jeanne de Caumont, provinrent :

1° Charles de Fumel, dont l'article suit ;

2° Messire François de Fumel, seigneur de Taradelle, tige de la branche de ce nom établie en Sarladois, légataire de sa grand'mère paternelle, ainsi que son frère et ses sœurs, en 1593, de dix écus d'or sol chacun, et, en 1610, de 9.000 livres, par le testament de sa mère ;

3° Françoise-Marie de Fumel, femme de haut et puissant seigneur Raymond de Saunhac, seigneur de Faussac, légataire de sa mère, en 1610, d'une somme de 1.500 livres ;

4° Charlotte de Fumel, légataire de sa mère de 1.500 livres en 1610, épousa Jean de Pompadour, chevalier de l'ordre du Roi, gentilhomme ordinaire de sa chambre, seigneur et baron de Lauzières en Limosin, fils puîné de Louis, vicomte de Pompadour, et de Peyronne de la Guiche, par contrat passé au château du Rourdeix, le 14 novembre 1610. Elle devint héritière de la maison du Bourdeix par le testament de la dame de Caumont-Lauzun, sa tante, décédée, veuve du seigneur du Bourdeix ;

5° Gabrielle de Fumel.

XIV. Charles de Fumel (noble et puissant seigneur messire), chevalier, seigneur, baron, puis comte de Fumel, seigneur de la Caussade et de Hautes-Vignes, colonel d'un régiment de douze enseignes de cent hommes chacune, chevalier des ordres du lui, obtint l'érection de sa terre de Fumel en comté par lettres patentes du roi Louis XIII du mois de février 1611, enregistrées au parlement et au bureau des trésoriers de France de Bordeaux, les 18 et 20 avril audit an, motivées sur les services rendus à la monarchie par la famille de Fumel. Il épousa , par contrat passé au château de Fages en la paroisse de Saint-Yrieix en Périgord, le 2 octobre 1613, demoiselle Anne de Montesquiou de Saintecolombe, fille de messire Jean-Jacques de Montesquiou, seigneur de Sainte-Colombe, Mollane, Aydie, Pérefuges, le Saudat, Montcassin, etc., lieutenant-colonel du régiment des gardes du Roi, et de feue dame Magdeleine de Monllezun du Saudat, laquelle, par son testament du 22 octobre 1609, retenu par Arnaut Durant, notaire royal, avait légué pour dot à ladite demoiselle sa fille, 45.000 livres tournois ; et en conséquence de cet acte, des habillements convenables à la qualité de la future épouse, ainsi que des pierreries et joyaux, furent promis à Anne de Montesquiou, par son père, qui la fit renoncer en sa faveur à tous autres droits qu'elle pouvait prétendre. Ce contrat, en parchemin, signé de P. Lavergne, notaire royal, fut insinué en la cour d'Agen le 21 avril 1621.

On conserve dans les archives de Fumel une lettre que Louis XIII écrivit à Charles de Fumel, de Poitiers, le 22 septembre 1615, lui mandant d'aller à sa rencontre entre Bordeaux et Poitiers. Le morne Roi lui écrivit de Blois, le 6 mai 1616, pour lui témoigner sa satisfaction de la bonne assistance qu'il avait rendue aux habitants de la ville du Mas-d'Agenois, et pour la conservation de cette ville au service de Sa Majesté, l'exhortant de continuer d'agir aussi loyalement et aussi honorablement dans toutes les occasions qui s'en offriraient, ainsi que le désiraient lesdits habitants.

Le 15 mars 1617, Sa Majesté lui donna avis qu'elle l'avait nommé commissaire avec les sieurs d’Escodeca de Boisse de Paidailhan, du Duc et du Vigier, conseillers au parlement de Bordeaux et chambre de l'édit de Nérac, afin de juger et terminer promptement les différends survenus dans ladite ville du Mas-d'Agenois, entre les habitants catholiques et ceux de la religion prétendue réformée. Le même roi Louis XIII lui donna, le 8 juillet 1635, une commission pour lever un régiment d'infanterie de douze enseignes de cent hommes chacune, dont il eut le commandement.

Charles de Fumel, animé de l'esprit de dévotion, se fit ordonner prêtre après la mort de son épouse Il rendit hommage au Roi, au bureau des trésoriers de France de la généralité de Guienne, à Bordeaux, le 15 février 1649, des seigneuries de Pauilhac, de Hautes-Vignes et de Fumel, et avait fait au château de Fumel son testament olographe le 14 mai 1646. Par cet acte, il ordonne que son corps soit enseveli dans l'église de Saint-Antoine de Fumel, à côté du tombeau de feu son fils de Pauilhac ; il fonde dans cette église quatre services par an pour ses père et mère, sa femme et lui ; fait divers legs à ses enfants et à ses domestiques ; institue son héritier universel Louis de Fumel, son fils aîné, auquel il substitue ses autres enfants mâles. Charles de Fumel fit déclaration de ce testament le même jour en présence de témoins, après l'avoir clos et cacheté de dix cachets devant A. Peyreygue, notaire royal, auquel le remit sondit fils quelques années plus tard, et dont ledit Peyreygue fit copie, signée de lui le 7 février 1654, sur la réquisition de M. François de Fumel, seigneur, prieur de Montsempron. Du mariage de Charles de Fumel avec la demoiselle de Montesquiou, provinrent :

1° Louis de Fumel, dont l'article suit ;

2° François de Fumel, légataire de son père de 500 écus en 1646, outre les 30.000 qui lui avaient déjà été constitués pour titre clérical, était seigneur prieur de Montsempron, en 1653, qu'il ratifia en faveur du vicomte de Fumel, son frère, lors du mariage de celui-ci, les renonciations qu'il avait faites à tous ses droits paternels et maternels, dès le 6 août 1653, devant Duquonemis, notaire à Cahors ;

3° Raymond de Fumel, légataire de son père, en 1616, de 30.000 livres pour tous ses droits paternels et ceux lui provenant de feue sa mère. Il fut tué dans un combat singulier ;

4° Marc de Fumel, seigneur de Martiloque, auteur de la branche de ce nom comme en Poitou ;

5° Jacques de Fumel, religieux observantin, légataire de son père de 100 livres l'an 1646. Il fut tué aussi dans un combat singulier ;

6° Catherine de Fumel, 7° Charlotte de Fumel, 8° Anne-Marguerite de Fumel, religieuses professes, eurent chacune de leur père un legs de 100 écus, l'an 1646 ; fondèrent le couvent de Notre-Dame-de-Villeneuve-d'Agen.

XV. Louis de Fumel (haut et puissant seigneur messire), Ier du nom, seigneur, baron, comte de Fumel, Pauilhac, Hautes-Vignes, Condesaigues, institué héritier universel de son père en 1655, épousa, par contrat dans lequel il fut assisté de messire François de Fumel, son frère, passé à Toulouse en la maison de M. Jean Pol de Saint-Jean, seigneur de Tournefouille et de Segouffielle, conseiller du Roi au Parlement de Toulouse, le 29 avril 1653, demoiselle Marguerite de Lévis-Mirepoix, fille de messire Jean de Lévis de Lomagne, seigneur et baron de Mirepoix, Lavelanet, Lomagne, et de dame Marie de Caulet, assistée de la dame sa mère chargée de la procuration du seigneur son mari ; de messire François de Garaud-Duranly, seigneur de Donneville, baron de Miremont, chevalier, conseiller du Roi en ses conseils, et second président audit Parlement ; messire Jean-Georges de Caulet, chevalier, conseiller du Roi en ses conseils, et président en son Parlement de Toulouse ; M. Bernard de Caulet, conseiller du Roi au même Parlement ; et du susdit sieur de Saint-Jean, ses oncles. Sa dot fut de 48.000 livres, dont 42.000 du chef de son père avec en augmentation 6.000 livres données par messire Jean Bonaventure de Caulet, ecclésiastique, son oncle; elle eut en plus, dudit sieur de Saint-Jean, 5.000 livres, et de dame Marie de Caulet, sa femme, 42.000 livres ; ledit sieur de Caulet, conseiller, promettant pour soi et pour noble Pierre de Caulet, son frère, enseigne au régiment des gardes, de payer le jour d'avant les noces des futurs époux les 6.000 livres du chef dudit sieur de Caulet, ecclésiastique. Ce contrat en parchemin fut reçu et signé par Antoine Bessier, notaire royal, et insinué en la cour royale de Tournon le 20 septembre 1653, et en celle de la sénéchaussée d'Agenois le 18 mars 1660.

Louis de Fumel donna aveu et dénombrement de la seigneurie et baronnie de Pauilhac et de ses dépendances, en Agenois, au bureau du domaine du Roi, en Guienne, à Bordeaux, le 15 juillet 1663, en conséquence de l'hommage qu'il en avait fait à Sa Majesté, le 17 avril 1662. Le 19 novembre 1688, il fit acte au château noble de Fumel, en Agenois, de la remise de son testament à la dame son épouse, clos et cacheté en neuf endroits du cachet de ses armes, pour le garder et en faire faire l'ouverture après le décès de lui, testateur, et être exécuté selon sa teneur et forme. Cette remise eut lieu devant La Plaigne, notaire royal. Par ce testament, le comte de Fumel ordonne sa sépulture dans l'église de Saint-Antoine de Fumel ; déclare avoir eu trois enfants de son mariage avec dame Marguerite de Lévis de Mirepoix, son épouse, qu'il institue son héritière universelle, à la charge de rendre son hérédité à Louis de Fumel, son petit-fils et filleul, lorsqu'il aura vingt-cinq ans, lui substituant son frère Delphin, puis les enfants de Marguerite, leur sœur, et ensuite la dame de Saint-Aulaire, fille de lui, testateur, et après elle son fils aîné, à la charge de porter le nom et les armes de la maison de Fumel ; nomme pour tutrice de sesdits petits-enfants ladite dame son épouse, et, à son défaut, MM. d'Aurignac et de Lastreilles, ses cousins et bons amis. Louis de Fumel étant mort le 25 juin 1690, son testament fut ouvert, lu et remis audit notaire, le 3 juillet suivant, à la réquisition de ladite dame veuve de Fumel, en présence de hautes et puissantes dames Catherine d'Aulède, comtesse de Fumel, sa belle-fille ; dame Marie de Fumel, sa fille, marquise de Saint-Aulaire ; messires Charles de Fumel, seigneur d'Aurignac et seigneur prieur de Montsempron, et Jacques de Fumel, seigneur de Lastreilles.

Marguerite de Lévis de Mirepoix, sa veuve, testa à Toulouse, le 9 juin 1721 ; par cet acte, elle élit sa sépulture dans l'église de Saint-Antoine de Fumel, au tombeau de feu messire Louis, comte de Fumel, son époux, si elle vient à décéder à Fumel ; et si sa mort arrive à Lavelanet, dans l'église de Notre-Dame, où feue sa mère était enterrée ; ordonne des messes, et fait divers legs pour les pauvres de Fumel, de Pauilbac, de Montaignac et d'Hautes-Vignes ; fait des dispositions en faveur de ses petits. enfants; institue son héritier universel Louis de Fumel, son petit-fils, lui substituant Marguerite de Fumel, sa sœur, puis la demoiselle de Beaupoil, son arrière-petite-fille, et ensuite le marquis de Mirepoix ; prie sondit héritier de mettre sa fille aînée, filleule d'elle, testatrice, dans le couvent de l'abbaye de Xaintes, où les filles sont bien élevées et où il avait des parentes de mérite ; nomme pour ses exécuteurs testamentaires messire François de Berthier, premier président au Parlement de Toulouse ; messire Jean-Georges de Nupces, aussi président à mortier, et messire Joseph de Caulet, pareillement président à mortier au même Parlement de Toulouse, les priant d'accorder toujours leur amitié et conseils à sondit héritier, et cassant tous autres testaments qu'elle pourrait avoir faits, et expressément celui qu'elle fit le 10 février 1706, suscrit par Jean Gardebou, notaire royal de Pamiers. Elle remit ce dernier testament le même jour, 9 juin 1721, à Pratriel aîné, notaire, suivant la reconnaissance qu'en donna celui-ci. Se trouvant malade, la comtesse de Fumel fit au château de Fumel, le 30 septembre 1722, un codicille par lequel elle donna ses équipages à demoiselle Marguerite de Fumel, sa petite-fille. Cet acte fut reçu et signé par Jean Devondut, notaire royal de la ville de Montflanquin. Les enfants issus du mariage de Louis de Fumel avec Marguerite de Lévis sont :

1° François-Joseph de Fumel, dont l'article suit ;

2° Marie de Fumel, mariée en 1676 à François-Joseph de Beaupoil, marquis de Saint-Aulaire, seigneur de Tarnac, Manzat, lieutenant-général pour le Roi au gouvernement du Haut et Bas Limosin, élu à l'Académie française en 1706, mort le 17 décembre 1749 à 98 ans ; eut en dot 75.000 livres de son père, qui, par son testament de 1688, lui fit encore un legs de 100 livres, et de 5.000 livres à Marguerite de Beaupoil, fille de Marie de Fumel. Cette Marguerite et sa sœur Catherine étaient carmélites à Pamiers lors du testament de dame Marguerite de Lévis, leur grand'mère, qui, en 1721, leur légua à chacune 25 livres par an. L'auteur de la Bibliothèque de la France met Marie de Fumel au rang des femmes célèbres ;

3° Catherine de Fumel, religieuse carmélite à Pamiers, en 1688, époque à laquelle son père l'avait dotée de 6.500 livres ; elle ne vivait plus en 1721.

XVI. François Joseph de Fumel (haut et puissant seigneur), chevalier, comte de Fumel, épousa, par pactes passés à La Réole, le 2 août 1682, damoiselle Catherine d'Aulède, fille de haut et puissant seigneur messire Jean-Denis d'Aulède, chevalier, conseiller du Roi en ses conseils d'État et privé, baron de Margaux, Le Crus et autres places, premier président au Parlement de Guienne, et de haute et puissante dame Thérèze de Pontac. Il est dit dans ces pactes que le futur époux a donation de son père de la moitié de tous ses biens et de la troisième partie des biens de la dame sa mère, sous la réservation de l'usufruit ; la future épouse y est dotée de 400.000 liv., savoir : de 60.000 par son père et de 40.000 par la dame sa mère. Ces articles furent ratifiés par les parties et rédigés en contrat, le 30 août même mois, avec paiement desdites 60.000 livres à-compte, devant Séguin, notaire royal, qui en signa l'original en parchemin. François-Joseph de Fumel mourut avant son père, et, selon les mémoires de la famille, fut assassiné à La Réole, en 1688, à l'âge de vingt-huit à trente-trois ans. Il avait alors pour enfants de sadite épouse :

1° Louis, dont l'article suit ;

2° Delphin de Fumel, légataire par le testament de son grand-père, en 1688, d'une somme de 30.000 livres, entra au service, et fut tué l'un des premiers à la bataille d'Oudenarde, étant capitaine de cavalerie, en juillet 1708 ;

3° Jean de Fumel, mort jeune ;

4° Marguerite de Fumel, légataire comme ses frères d'une somme de 30.000 livres par le testament de son grand-père de l'an 1688. Ses droits d'hérédité furent réglés à 60.000 livres par transaction du 10 juillet 1712, suivant le testament de dame Marguerite de Levis, sa grand'mère, de l'an 1721, qui lui légua en outre 3.000 livres et lui donna ses équipages par son codicille de 1722. Elle fut mariée à Jean-Alexandre de Crussol, sénéchal de Toulouse, seigneur, marquis de Montsalez, mort sans postérité, fils de Jacques de Crussol, marquis de Saint-Sulpice, en Albigeois, et de Louise d'Amboise d'Aubijoux ; et son frère, l'appelant la marquise de Montsalez, lui légua un diamant de 1.000 écus par son testament de 1749.

XVII. Louis de Fumel (haut et puissant seigneur, messire), IIe du nom, comte de Fumel, baron de Pauilhac, seigneur de Haut-Brion, Margaux, Pessac, Hautes-Vignes et Lavelanet, mousquetaire gris, légataire de 50.000 livres par le testament de son père de l'an 1688, fut héritier universel de la terre de Fumel, comme étant aux droits de Marguerite de Lévis, sa grand'mère. Il épousa, par pactes passés à Toulouse, le 12 janvier 1712, damoiselle Catherine-Thomas de Berthier, fille de haut et puissant seigneur messire François de Berthier, chevalier, conseiller du Roi en tous ses conseils, premier président du Parlement de Toulouse, seigneur de Saint-Geniez, et de haute et puissante dame Marie de Catelan, nièce du célèbre David-Nicolas de Berthier, premier évoque de Blois, mort en 1719. Il y fut assisté de haute et puissante dame Marguerite de Lévis, son aïeule paternelle, et de haut et puissant seigneur messire Guillaume de Caulet, conseiller du Roi en ses conseils, président à mortier audit Parlement, comme chargé de la procuration de haute et puissante dame Catherine d'Aulède, mère du même futur époux, du 2 juin 1712, retenue par Bedoux, notaire à Bordeaux. Il y est dit que la dot de la demoiselle future épouse est de 450.000 livres, dont 50.000 du chef de son père et 400.000 de celui de sa mère, pour lesquelles 400.000 livres elle donnera la terre et seigneurie d'Empaux, avec ses appartenances, pour le prix de 70.000 livres ; et que le futur époux a donation de ladite dame son aïeule de tous les droits et hypothèques qu'elle a sur la maison de Fumel et de la moitié de la terre et seigneurie de Lavelanet ; plus, de la somme de 40.000 livres de la dame d'Aulède, sa mère, en avancement d'hoirie ; et que les parties ont promis de rédiger lesdits articles en acte public lors de la célébration du mariage. Louis de Fumel entra depuis au service comme mousquetaire gris, et fut blessé à la bataille de Malplaquet, en 1709.

Le 9 février 1724, Louis, comte de Fumel, rendit, par procureur, hommage au roi devant les trésoriers de France en Guienne, au bureau des finances à Montauban, pour raison des rentes dont il jouissait dans la juridiction de Duravel, avec tous droits de lods et ventes et autres droits et devoirs seigneuriaux sis dans la sénéchaussée de Gourdon et mouvance de Sa Majesté, à cause de son comté de Quercy. Par son testament, fait dans le château d'Haut-Brion, paroisse de Pessac, le 24 septembre 1749, il ordonne sa sépulture dans l'église de la paroisse où il décéderait, avec des sommes à distribuer aux pauvres de ses terres ; déclare le nombre des enfants ci-dessous nommés, qu'il a eus de son mariage avec ladite dame Berthier ; lègue à chacun d'eux la légitime telle que de droit, et institue son héritier universel Joseph, son fils, lui substituant Georges et François, ses autres fils. Louis de Fumel fit déclaration de ce testament devant Me Pallotte, notaire à Bordeaux, le lendemain, après l'avoir clos et cacheté en sept endroits du cachet de ses armes ; et l'ouverture en eut lieu le 24 décembre 1749, à Bordeaux, par-devant Joseph-Sébastien de La Roze, conseiller du Roi en ses conseils, président présidial, lieutenant-général en Guienne, prévost royal de l'Ombrière et conservateur des privilèges royaux de l'Université dudit Bordeaux, à la réquisition de messire Joseph de Fumel, mestre de camp de cavalerie des armées du Roi ; défunts : haut et puissant seigneur Louis, comte de Fumel, mort le 10 décembre 1749, et haute et puissante dame Thomas-Catherine de Berthier, son épouse, sont rappelés dans le contrat de mariage de Jean-Georges, leur fils, du 19 juin 1770. Ils avaient eu pour enfants :

1° Louis, comte de Fumel, IIIe du nom, capitaine au régiment de Saintonge, naquit à Toulouse et entra au service, où il mourut, sans avoir été marié, à l'âge de 30 ans, et, du vivant de son père, en Espagne, en 17.., étant gentilhomme ordinaire de la chambre de Sa Majesté Catholique ;

2° Jean-Henry-Félix de Fumel, évêque, comte de Lodève, naquit à Toulouse en 1715 et non pas en 1717, comme le disent la Biographie universelle et le Dictionnaire de la Noblesse de La Chesnaye-des-Bois. Dès sa plus tendre enfance, il manifesta les plus grandes dispositions pour l'état ecclésiastique. Ayant complété son instruction religieuse au séminaire de Saint-Sulpice, à Paris, il fut nommé abbé de Belleperche, en 1749, puis élevé sur le siège épiscopal de Lodève, le 25 mai 1750, jour de son sacre à Vannes. Félix de Fumel remplit ses devoirs épiscopaux avec un zèle et une assiduité rares à l'époque où il vivait. Il visita souvent son diocèse, tint des synodes, et unit ses démarches à celles de plusieurs évêques dans les discussions qui eurent lieu de son temps, au sujet du jansénisme, pour défendre les droits et l'autorité de l'Église. Il publia divers écrits sous forme de mandements ou d'instructions pastorales contre l'incrédulité du siècle et la lecture des mauvais livres. On a encore de lui un ouvrage fort estimé comme œuvre ascétique, sous le titre de : Le culte de l'amour divin dans la dévotion au Sacré Cœur de Jésus, et un panégyrique véritablement éloquent de Marie Leczinscka, reine de France, épouse du roi Louis XV. Honoré des gens de bien, révéré de tous ses subordonnés, Félix de Fumel refusa de quitter son diocèse pour passer à un archevêché. Il fut plusieurs fois député près du Roi par les États de la province de Languedoc, et mourut à Lodève, regretté pour sa piété, son zèle et sa munificence, le 26 janvier 1790. Félix de Fumel avait institué héritier de tous ses biens l'hôpital de Lodève, qu'il avait déjà comblé de bienfaits ; aussi sa mémoire s'est-elle conservée en la plus grande vénération dans cette petite ville ;

3° Joseph de Fumel (haut et puissant seigneur, messire), dit le marquis de Fumel du vivant de son père, comte de Fumel, baron de Pauilhac et Lavelanet, seigneur d'Hautes-Vignes, Pessac, Haut-Brion, Margaux, lieutenant-général des armées du Roi, lieutenant-général pour Sa Majesté au gouvernement de Lyonnois, Forets et Beaujollois, commandeur de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, commandant de la Haute-Guienne et gouverneur du Château-Trompette, naquit à Toulouse le 14 mars 1720. Il entra au service comme volontaire au régiment de Vintimille, en 1739, et y servit jusqu'au 4 septembre 1741, qu'il obtint le grade de cornette dans le même corps. Joseph de Fumel fit avec ce régiment la campagne de 1742, en Flandres; se trouva à la bataille de Dettingen et à la défense des bords du Rhin, en 1743 ; à la défaite du général Nodasty, près de Saverne ; à l'attaque des retranchements de Suffelskeim ; à la marche en Bavière au mois de septembre, d'où étant revenu, au mois de décembre 1744, il passa l'hiver en Souabe. Dans la campagne suivante, il servit sur le Bas-Rhin, où il se trouva, le 19 juillet, au passage du fleuve, en présence des ennemis. En 1746, il était sur la Sarre pendant le siège de Mons, et sur la Meuse pendant celui de Charleroy ; il servit au siège de la ville et château de Namur, combattit à Raucoux et marcha ensuite en Provence, d'où les ennemis furent repoussés jusqu'au-delà du Var. Capitaine au régiment de Septimanie par commission du 1er mars 1747, il joignit ce corps en Flandres et commanda sa compagnie aux sièges de l'Écluze, du Sas de Gand , du fort Dissendick, de Philippine, du fort Saint-Antoine, et à la prise de l'île de Cadsan. Il demeura dans cette ile avec le régiment jusqu'au 21 juillet, et se rendit ensuite au siège de Berg-Op-Zoom, qu'il fit en entier. Après la prise de cette place, il marcha en Bretagne, où il servit pendant la campagne de 1748. Mestre de camp d'un régiment de cavalerie de son nom, sur la démission du comte de Vintimille du Luc, par commission du 1er février 1749, il le commanda au camp, sous Sarre-Louis, en 1753 ; à la bataille d'Hastembeck, à la prise de Minden, de Hanovre , et de plusieurs autres places de l'Électorat de Hanovre ; au camp de Clesterseven, à la marche du Zell, en 1757 ; à la retraite de l'Électorat de Hanovre, en février 1758. Maréchal des logis de la cavalerie de l'armée d'Allemagne, sous les ordres de M. le comte de Clermont, par commission du 16 mars 1758, il se trouva, au mois de juin, à la bataille de Cresselt, après laquelle les troupes du Roi se tinrent sur la défensive. Brigadier de cavalerie par brevet du 10 février 1759, mestre de camp, lieutenant du régiment de cavalerie de Clermont-Prince par commission du même jour, il se démit de ces charges et continua de servir maréchal des logis de la cavalerie de l'armée d'Allemagne par ordre du premier mai. Il se trouva le 1er août à la bataille de Minder, et commanda la brigade de cavalerie du Roi aux deux combats de Corback et de Wasbourg, en 1760. Rentré en France avec le régiment de Clermont, au mois de février 1761, il commanda sur les côtes de Bretagne pendant cette campagne et la suivante. Promu, au mois de décembre 1762, au grade de maréchal de camp, dont le brevet lui avait été expédié dès le 25 juillet précédent, il se démit du régiment de Clermont. Gouverneur du Château-Trompette de Bordeaux, le 28 juillet 1773, il eut ensuite le commandement de la province de Guienne. Lieutenant général, le 1er mai 1780, M. de Fumel fut nommé grand-croix de l'ordre de Saint-Louis le 25 août 1781. La crise de 1789, qui devait avoir une si funeste influence sur les destinées de la patrie, vint mettre à l'épreuve le patriotisme véritable, les qualités éminentes qui distinguaient le comte Joseph de Fumel, et lui fournit l'occasion de prouver de nouveau son dévouement à son Roi et à son pays. Le 12 avril 1789, lors de la disette qu'éprouvèrent la Guienne et quelques autres provinces, M. de Fumel reçut une lettre des officiers municipaux d'Agen qui sollicitaient de sa bienveillance un prêt de 6.000 fr. pour aider la commune à acheter du blé, afin de garnir les marchés de denrées que des accapareurs retenaient dans leurs magasins. M. de Fumel fit délivrer immédiatement, mais à titre de don pur et simple, la somme demandée. Bientôt l'épuisement du Trésor royal vint exiger de plus grands sacrifices de la part des bons citoyens : M. de Fumel s'empressa de faire l'abandon d'une pension annuelle de 12.000 livres qu'il avait sur l'État, et envoya à la monnaie sa vaisselle, ses bijoux, ceux de ses neveux, fils du vicomte de Fumel, dont il était le tuteur. Une si noble conduite, annoncée à l'Assemblée nationale par le trésorier des dons patriotiques, excita d'unanimes applaudissements au sein de cette assemblée, qui vota des remerciements publics à M. de Fumel et lui fit exprimer sa gratitude par le comte de Mirepoix. Plus tard, M. de Fumel secourut efficacement la commune de Pessac. Il lui donna d'abord 2.000 livres, et y fit ensuite, à différentes reprises, porter un nombre considérable de boisseaux de blé ; de plus, il envoyait chaque mois 100 fr. pour secours aux indigents. La famille de Fumel conserve encore les lettres originales, honorables témoignages des faits que nous venons de rapporter. Lors de la création des divisions militaires, le comte de Fumel fut nommé par le Roi commandant de la IIe division le 1er avril 1791, mais il se démit de ces fonctions en juin de la même année. Peu de temps après, il fut nommé maire de Bordeaux par acclamation des habitants de cette ville; mais cette charge, si pénible à remplir dans ces temps de si tristes souvenirs, l'obligea encore à donner sa démission. Retiré dès-lors dans son château de Haut-Brion, le comte de Fumel vécut dans la simplicité la plus grande et la réserve la plus stricte, entouré seulement d'une partie de sa famille, les autres membres, au nombre de sept, ayant émigré. Le baron Louis de Fumel, l'un d'eux, maréchal de camp, major général de l'armée du prince de Condé, signa, avec tout l'état-major dudit prince, une proclamation datée du 29 janvier 1793, du quartier général de Willengen, en Souabe, par laquelle les défenseurs de la royauté reconnaissaient et proclamaient roi de France le jeune Louis XVII. Cette pièce, d'une grande importance historique, a été déposée aux archives du royaume, par les soins du ministre de l'intérieur, dans les premiers mois de 1830. Le comte Joseph de Fumel ne quitta le lieu de sa retraite qu'en novembre 1793, pour être traîné avec sa famille dans les prisons de Bordeaux, et de là, le 9 thermidor an II (27 juillet 1794), conduit à l'échafaud révolutionnaire. Triste récompense de ses services militaires et civils, aussi bien que de ses nobles sentiments !

Une pièce, qui n'est pas sans intérêt par le ridicule qu'elle déverse sur son auteur, Paganel, représentant du peuple, ex-prêtre, et que nous allons citer ici, a été conservée dans les archives de la famille de Fumel :

« Au nom de la République française, une et indivisible, — le représentant du peuple, séant dans le département de Lot-et-Garonne, — considérant qu'il serait contraire aux principes de la liberté et de l'égalité, et injurieux au Peuple français, de laisser subsister, soit dans les établissements publics, soit dans les maisons particulières, des monuments de la vanité et de la puissance féodales ; — considérant que les républicains sans-culottes de la ville et commune de Fumel attendent avec impatience que tout ce qui retrace leur ancienne servitude dans le ci-devant château de Fumel, soit effacé, et que les nombreux tableaux portant les images de leurs anciens tyrans soient livrés aux flammes, ainsi que les titres des droits qu'ils avaient usurpés ; — Arrête que la municipalité de Fumel se portera sans délai dans le ci-devant château de Fumel, pour y faire effacer toutes les armes, écussons, couronnes, devises et autres vestiges de l'ancienne féodalité, et qu'elle fera enlever tous les portraits de famille du seigneur de Fumel, ainsi que celui du tyran Louis XIV placé sur une cheminée, enfin tous les tableaux qui peuvent blesser les regards d'un républicain. La municipalité fera, le dimanche suivant, rassembler les citoyens de la commune, et leur donnera l'agréable spectacle du brûlement des objets ci-dessus mentionnés. — Fait à Fumel, le 10 octobre 1793, l'an II de la République, une et indivisible. Signé Paganel. — Par le représentant, signé Monforton-Saint-Aman, secrétaire de la commission. — Collationné par nous, signé Saisset, secrétaire de la mairie de Fumel. »

Le comte Joseph de Fumel avait épousé, le 16 mai 1748, Marie-Elisabeth de Conty d'Hargicourt, fille de messire N... de Conty, seigneur d'Hargicourt, en Picardie. Il eut entre autres enfants de ce mariage :

Marie-Louise-Élisabeth de Fumel, née le 18 juillet 1749, femme de la plus grande vertu et piété, morte à Bordeaux , âgée de 44 ans, victime de la Révolution, le 18 pluviôse an II (1er février 1794), sans enfants de son mariage avec le chevalier de Barry, dit le comte d'Hargicourt, capitaine des Suisses de Monseigneur le comte d'Artois, colonel du régiment de la Reine-Cavalerie, puis colonel du régiment de cavalerie Royal-Champagne, et chevalier des ordres royaux et militaires de Saint-Louis et de Saint-Lazare.

4° Jean-Georges de Fumel, qui a continué la postérité ;

5° François de Fumel, dit le chevalier de Fumel, né à Toulouse le 18 mars 1723, reçu de minorité chevalier de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, dit de Malle, entra au service, fut nommé lieutenant de dragons en 1749, et, après la démission de son frère aîné, fut colonel du régiment de cavalerie de Fumel, lequel, avec celui de Bourbon-Busset, par ordonnance du mois de décembre 1661, prit le nom de Royal-Picardie, et devint le 14e régiment de cavalerie ; il mourut à Paris en mars 1769, à l'âge de 46 ans, étant colonel du même régiment royal de Picardie ;

6° Marguerite de Fumel, née à Toulouse, mariée le 10 août 1750 par contrat passé à Toulouse, devant Montcassin, notaire, à Alexandre de Cugnac, comte de Giverzac, qui mourut trois jours après son mariage, le 14 août, à Moissac, se rendant avec sa femme en son château de Bonnanguille, en Quercy. Marguerite de Fumel se retira audit château, où elle vécut depuis dans les regrets de la perte cruelle qu'elle avait faite et les actes de bienfaisance et de piété qui lui attirèrent l'affection des habitants du lieu ; elle mourut à Bonnanguille, et y fut inhumée dans l'église paroissiale ;

7° Marguerite-Laure de Fumel, née à Toulouse, d'abord religieuse maltaise au couvent de l'hôpital de Saint-Dolus, en Quercy, vers 1749, fut nommée abbesse de la Sauve-Bénite, ordre de Citeaux, le 1er janvier 1766. A la suppression des ordres monastiques, en 1793, Marguerite de Fumel se retira à Bordeaux auprès de son frère, le comte de Fumel, et fut incarcérée avec lui et le reste de sa famille. Après une triste détention de neuf mois, Marguerite de Fumel mourut à Bordeaux, en 1794.

XVIII. Jean-Georges de Fumel (haut et puissant seigneur, messire), vicomte de Fumel, colonel d'infanterie, chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, et major général de l'armée des Indes, dé à Toulouse le 27 juin 1721, porta les armes pendant vingt-deux ans. Il fut nommé successivement : sous-lieutenant au régiment d'Agenois-Infanterie, le 15 décembre 1741 ; enseigne, le 6 octobre 1742 ; lieutenant, le 16 novembre de la même année ; capitaine aide-major, le 18 octobre 1747 ; capitaine avec rang de lieutenant-colonel au régiment de Berry, le 17 avril 1756 ; passa dans l'Inde avec le grade de major général des troupes du Roi, le 17 avril 1757. Dans l'Inde, le vicomte de Fumel se distingua par de beaux faits d'armes, particulièrement avant l'arrivée du lieutenant-général comte de Lally, ainsi qu'il est rapporté par Collin de Bar, dans son histoire de ce pays.

« Peu après la levée du siège de Madras, dit-il, l'armée, sous les ordres du vicomte de Fumel, forte de 4.500 hommes de troupes européennes, tant d'infanterie que de cavalerie, et de 5.000 cipayes, était rentrée en campagne et avait assis son camp près de la ville de Vendavachy. Le 29 novembre 1759, elle fut attaquée par l'armée anglaise, qui fut repoussée. La ville et le fort d'Ariate tombèrent de nouveau au pouvoir des Français, et l'armée britannique, après avoir éprouvé quelques pertes, se retira sous les murs de Velour. »

Dans une circonstance importante, lors de la révolte de l'armée commandée par le lieutenant-général comte de Lally, le vicomte de Fumel, qui, par sa conduite, avait mérité l'affection du soldat, fut choisi comme le seul chef propre à ramener à son devoir cette armée dont les malheurs et les privations avaient égaré l'esprit. S'il fut assez heureux pour y réussir, disons aussi que rien ne lui coûta et qu'il sacrifia même ce qu'il possédait pour subvenir à la subsistance des troupes. Un mémoire, extrêmement honorable pour sa famille, rédigé et signé à Paris, en 1769, par les directeurs de la Compagnie des Indes, et offert au vicomte de Fumel comme un témoignage public de reconnaissance, rappelle les faits dont nous venons de parler, et ajoute un plus bel éloge encore sur le désintéressement et la générosité du vicomte de Fumel comme major-général de l'armée française dans l'Inde.

« Pendant que chacun, y est-il dit, s'occupait à profiter des avantages que les circonstances présentaient, M. de Fumel donnait des marques d'un parfait désintéressement et refusait toutes les gratifications que le général lui offrait et le pressait même d'accepter. A ce refus rare, il a ajouté la remise de son propre argent au Trésor, sans aucun intérêt, pour subvenir aux besoins des troupes. Il a fait ce sacrifice dans un temps où chacun se prévalait de la disette pour vendre fort cher les secours qu'il fournissait. »

Après la prise de Pondichéry, conduit en Angleterre avec le reste de l'armée, le vicomte de Fumel eut encore le bonheur d'être utile à presque tous les Français, prisonniers comme lui, en signant pour eux 60.000 fr. de lettres de change qui leur facilitèrent les moyens de subsister et de rentrer en France. Sans aucun doute, M. de Fumel dut ce crédit aux éloges que la nation anglaise avait entendu faire de lui pendant la détention qu'il avait subie à Pondichéry. Après vingt-trois ans de service dans l'Inde, couvert d'honorables blessures reçues pendant son service en Europe et en Asie, honoré de la croix de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis depuis le 10 janvier 1757, le vicomte de Fumel quitta la carrière des armes à son retour en France. Plusieurs lettres, datées de 1764, 1768, 1769, conservées par la famille, montrent que ce seigneur jouissait de l'estime complète et de l'amitié particulière de Louis de Bourbon, prince du sang. Indépendamment de la solde de retraite, il recevait une pension fort honorable, qui est mentionnée ainsi dans son brevet :

« Il lui a été accordé, le 1er février 1774, sur l'extraordinaire de la guerre, une gratification annuelle de 1.200 fr. en considération de ses services dans le régiment de Berry et dans l'Inde, en qualité de major-général des troupes du Roy. »

Jean-Georges, vicomte de Fumel, épousa, le 19 juin 1770, par contrat postnuptial passé en la ville de Toulouse, devant Montcassin, notaire royal, ancien capitoul de ladite ville, haute et puissante dame Rose-Philiberle-Maurice de Comminges, fille légitime de haut et puissant seigneur Roger-Jacques-Honoré, comte de Comminges, marquis de Lastronques, et de haute et puissante dame Françoise de Boisson de Resouche, son épouse ; assistés , savoir : le futur, de haut et puissant seigneur Joseph, comte de Fumel, son frère, maréchal des camps et armées du Roi, commandeur de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, commandant pour le Roi dans les pays d'Agenois et Condomois, et Révérendissime Monseigneur Jean-Félix-Henry de Fumel, évêque, seigneur, comte de Lodève et de Montbrun, conseiller du Roi en ses conseils, son autre frère, etc. ; et la future, desdits seigneurs et dame ses père et mère. (Grosse en papier, signée dudit notaire.)

Le vicomte de Fumel résida après son mariage à Toulouse, où il perdit sa femme, et mourut lui-même dans celte ville, des habitants de laquelle il emporta l'estime et les regrets, le 7 août 1788. Par son testament olographe du 22 juin 1787, déposé, le 17 août 1788, chez un notaire royal de Toulouse, il institue pour son héritier universel Joseph-François-Georges-Maurice-Louis de Fumel, son fils aîné ; déclare mettre à la légitime, telle que de droit, ses trois enfants, chevaliers de Malte ; prie son frère, l'évêque de Lodève, conjointement avec son frère le comte de Fumel, d'accepter la tutelle de ses enfants sans reddition de comptes, et demande qu'après sa mort on l'enterre dans la chapelle de Notre-Dame-de-Pitié, aux Grands-Augustins, à Toulouse, où était déposé le corps de Rose de Comminges, sa bien-aimée femme, etc. De sondit mariage étaient issus :

1° Joseph-François-Georges-Maurice-Louis de Fumel, comte de Fumel, naquit à Toulouse le 8 avril 1771, et fut baptisé le même jour dans l'église métropolitaine et paroissiale de Saint-Etienne. Il fut nommé page de Monsieur, frère de Louis XVI (depuis roi Louis XVIII), le 1er janvier 1782 ; sous-lieutenant aux carabiniers, sous le nom de baron de Fumel, en 1785 ; capitaine au même corps, en 1791 ; il émigra le 2 octobre de la même année, et fit, en qualité d'émigré, la campagne des Princes dans l'escadron formé par les officiers du corps des carabiniers réunis près de Monsieur ; lieutenant au régiment d'Autichamp, infanterie, dès sa formation dans les pays étrangers, jusqu'au licenciement de ce corps, époque à laquelle il passa au régiment des hussards de Rohan, dans lequel il resta jusqu'au départ de ce régiment pour les colonies, en 1794. Le comte de Fumel, rentré en France en 1800, passa en Espagne en 1806 ; il fut attaché à l'état-major du comte d'Erlon et continua de servir dans l'armée. Capitaine aux Gardes d'honneur, il fut, après la réforme de ce corps, sous la Restauration, placé sous-lieutenant en pied dans la deuxième compagnie des Mousquetaires jusqu'à son licenciement. Remis en activité peu de temps après, élevé au grade de lieutenant-colonel, chef d'état-major de la 14e division militaire, il fut nommé, par le roi Louis XVIII, chevalier des ordres de Saint-Louis et de la Légion d'honneur. Le comte de Fumel mourut à Caen, le 3 avril 1820, sans avoir été marié ;

2° Jacques-Pons de Fumel, qui a continué la descendance ;

3° Marie-Joseph de Fumel, né le 3 avril 1776, et baptisé le lendemain dans l'église métropolitaine et paroissiale de Saint-Étienne de Toulouse, fut reçu de minorité chevalier de l'ordre de Malte, et, ayant été destiné au service de la marine, entra comme élève du Roi au Collège royal de la marine d'Alais en 1788. La Révolution l'ayant obligé, comme tant d'autres, de quitter la France, il émigra en 1791 et entra comme agrégé dans l'escadron formé par les officiers du corps des carabiniers à l'armée des Princes, où il fit la campagne de 1792. L'armée ayant été licenciée, il entra comme cadet dans le régiment de Choiseul-Hussards, au mois de mai 1794, fit la retraite du Brabant et de la Hollande, et s'embarqua à Breinelet, le 24 août 1795, avec une division de son régiment pour la baie de Quiberon. Débarqué le 25 décembre de la même année dans l'île de Whigt, en Angleterre, il continua de servir dans le régiment jusqu'à son licenciement, qui eut lieu en avril 1796. Comme il n'avait pas été porté sur la liste des émigrés, il put rentrer en France en 1799, et se retira à Toulouse. En mars 1815, il commanda le détachement de volontaires royaux à cheval de Toulouse, qui devait aller rejoindre Monseigneur le duc d'Angoulême en Dauphiné ; mais à Nismes, il reçut l'ordre de se porter dans les Cévennes, qui venaient de se soulever. Ce fut avec beaucoup de peine qu'il parvint à sortir de ces montagnes et à ramener son détachement à Toulouse après la capitulation de Monseigneur le duc d'Angoulême. Par ordonnance du 28 juillet 1815, il fut nommé, par Son Altesse Royale Monseigneur le duc d'Angoulême, chevalier de la Légion- d'Honneur. Le 20 juillet 1822, Marie-Joseph de Fumel épousa demoiselle Louise-Antoinette de Bertrand de Molleville, fille de M. Jean-Antoine-Marie de Bertrand de Molleville et de feue dame Louise-Françoise-Alexandrine du Haget de Vernon ; il est mort à Toulouse le 5 février 1847. Dudit mariage sont issus :

A Marie-Joseph-Auguste de Fumel, né le 19 septembre 1824, marié le 28 septembre 1848 à Élisabeth-Jeanne d'Albanet, dont sont provenus :

a Paul-Marie-Pons de Fumel, né le 17 août 1849 ;

b Marie-Louis-Étienne de Fumel, né le 27 juillet 1850 ;

c Marie-Henriette de Fumel, née le 19 mai 1856.

B Marie-Antoine-Georges de Fumel, né le 1er août 1827 ;

C Marie-Auguste de Fumel, né le 6 mars 1839.

D Louise-Jacquette-Marie de Fumel, née le 9 septembre 1823, morte le 19 mars 1849, mariée le 11 novembre 1846 à M. Évremond de Fournas, dont :

Marie-Louis-Charles-Victor de Fournas, né le 29 décembre 1847 ;

Marie-Félix-Joseph de Fournas, né le 19 janvier 1849.

E Marie-Rose-Henriette de Fumel, née le 27 mai 1829, mariée le 12 mars 1855 à Henry-Edmond, baron d'Arblade de Séailles, dont :

Marie-Louise d'Arblade de Séailles, née le 11 décembre 1855.

4° Louis-Jules de Fumel, mort à l'âge de 13 ans au château de Haut-Brion, commune de Pessac, près Bordeaux, en 1794 ;

5° Augustine-Laure de Fumel, née à Toulouse, fut mariée le 23 vendémiaire an III (14 octobre 1794), à Pessac, près Bordeaux, à Joseph-Hector baron de Brane, conseiller au Parlement de Bordeaux, dont elle eut un fils, Joseph-Maxime de Brane, né le 22 vendémiaire an V (13 octobre 1796). Laure de Fumel épousa en secondes noces Frédéric-Guillaume Langsdorff, négociant à Bordeaux, natif de Stuttgart. De ce second mariage sont issus :

Aline Langsdorff, décédée à Bordeaux ;

Emile Langsdorff.

Laure de Fumel mourut à Bordeaux le 2 décembre 1813. Il importe de remarquer ici que la terre de Fumel, qui, pendant 700 ans, avait été possédée par la branche aînée de la maison de Fumel, se trouva, par l'effet de la Révolution et des différents partages faits entre frères et sœurs, et la nation représentant l'aîné comte de Fumel émigré, devenir la propriété de Laure de Fumel, et par suite celle de M. Emile Langsdorff, après des arrangements avec son frère utérin, Maxime de Brane.

XIX. Jacques-Pons, comte de Fumel, chef de bataillon au 4e régiment de la garde royale, né à Toulouse le 14 juillet 1772, fut reçu de minorité chevalier de Malle. Entré au service très-jeune, il fut fait sous-lieutenant de remplacement au régiment de Royal-Champagne-Cavalerie, le 14 juillet 1787 ; il contribua, avec ses frères et son oncle, aux dons patriotiques offerts à l'Assemblée nationale en 1789. Autorisé par le Roi à passer en l'île de Malte pour y faire ses caravanes, il y arriva le 25 septembre 1791, et y résida près de deux ans. Il fit sur les galères de l'ordre deux caravanes : ayant obtenu du grand maître de Rohan d'être nommé général des galères en remplacement de M. le chevalier de la Tour du Pin, il fut inscrit dans cette dignité à la chancellerie de l'ordre, et revint en France pour y prendre avec sa famille les arrangements convenables pour tenir cette dignité dans l'ordre de Malte. Mais arrivé en France, il fut arrêté comme noble avec toute sa famille, à Bordeaux, le 17 frimaire an II (7 décembre 1793). Il ne sortit de prison que le 48 fructidor an II (4 septembre 1794), après neuf mois de captivité et après avoir vu périr une partie de sa famille. Peu de temps avant le retour des Bourbons en France, le comte de Fumel était capitaine dans la garde nationale active du département de la Gironde et breveté dans ce grade du 3 août 1813. Son Altesse Royale, Monseigneur le duc d'Angoulême, à son arrivée à Bordeaux, ayant formé un régiment sous le nom de Royal-Bourbon, M. le comte de Fumel y fut placé comme capitaine le 20 mars, et confirmé dans ce grade par le Roi le 24 mai 1814. Ce corps, en garnison à Laon, ayant été supprimé, le comte de Fumel retourna à Bordeaux par ordre du 45 octobre de la même année : il fut attaché à l'état-major de la place de cette ville, et particulièrement comme juge-rapporteur du conseil de guerre de révision après les Cent jours, le 2 septembre 1815. Remis en activité comme capitaine au 4e régiment d'infanterie de la garde royale, par brevet du 25 octobre 1815, chef de bataillon le 24 mai 1818, il fit en 1823 la campagne d'Espagne sous les ordres de Son Altesse Royale Monseigneur le duc d'Angoulême. Persistant à vouloir rester dans un corps tout dévoué à son Roi, M. de Fumel se trouva sur le pont de Saint-Cloud commandant 250 hommes de son régiment dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, et ne quitta ce poste que pour se réunir à son régiment revenu de Caen, et suivre le roi Charles X dans sa retraite avec sa fidèle garde; il n'abandonna ce prince que sur l'ordre exprès de Sa Majesté, donné à Maintenon le 4 août 1830. Misa demi solde à la suppression de la garde royale jusqu'au 4 novembre 1837, époque à laquelle il reçut sa retraite, après 29 ans de service effectif, M. le comte de Fumel est mort à Paris, le 11 septembre 1850.

Il avait épousé, étant chevalier de Malte non profès, et après la suppression de son ordre, Marie-Scholastique du Sault, fille de feu messire Jean du Sault, conseiller doyen au Parlement de Bordeaux, qui était mort à Bordeaux victime de la Révolution, et dont la famille, étant l'une des plus anciennes de cette ville dans la magistrature, a rempli les charges les plus honorables et rendu à plusieurs reprises les plus grands services aux Rois de France et à la province de Guienne. De ce mariage sont provenus :

1° Auguste de Fumel, mort en bas âge en 1796 ;

2° Joseph-Georges-Louis, dont l'article suit ;

3° Claire de Fumel.

XX. Joseph-Georges-Louis, comte de Fumel, né le 18 janvier 1805, ancien élève de l'École Polytechnique, est le chef des nom et armes de la maison de Fumel, et habite le château de Barrault, près Bordeaux, où il se livre à l'agriculture, n'ayant jamais voulu accepter aucun emploi public sous tout autre gouvernement que celui de ses princes légitimes ; il a épousé, le 11 avril 1829, Mlle Anne-Louise-Antoinette de Luëtkens, fille de M. Jean-Jacques de Luëtkens, remarquable par son dévouement au Roi et sa hardiesse froide et calme. Ami intime de M. le marquis Louis de La Roche-Jacquelein, qu'il cacha pendant les Cent jours, au péril de sa propre vie, dans son château de Carnet en Médoc, M. de Luëtkens appartient à une famille de gentilshommes suédois qui avait fait autrefois de grands sacrifices pour ses Rois et sa patrie. On voit à Carnet un magnifique tableau représentant Charles XII à cheval, qui a été donné par ce monarque à l'un des ancêtres de M. Jean-Jacques de Luëlkens. De ce mariage :

1° Jacques-Louis-Henry de Fumel, né le 28 décembre 1831 ;

2° Jean-Jérôme-Joseph-Gustave de Fumel, né le 28 janvier 1834, entré au service dans le 8e régiment de hussards, le 28 juillet 1853 ; maréchal des logis en septembre 1854.

 

BRANCHE DE FUMEL DE TARADELLE ET DE SAINT-MARC (éteinte), en Sarladois.

 

XIV. Messire François de Fumel, seigneur de Taradelle, second fils de François II, baron de Fumel, et de Jeanne de Caumont, fut légataire de sa grand'mère paternelle, ainsi que son frère et ses sœurs, en 1593, de 10 écus d'or sol chacun, et, en 1610, de 9.000 livres par le testament de sa mère. De lui descendaient :

1° Suzanne de Fumel, héritière de cette branche, mariée à Jules-César Rafin, chevalier, marquis d'Autherive, en 1711 ;

2° Étiennette de Fumel épousa en 1717 noble Louis de Durand, seigneur de Carabelles, et fut la dernière de sa branche.

 

BRANCHE DE FUMEL-MONTAIGU (éteinte), en Agenois.

 

XIII. Joseph-François de Fumel, second fils de François, baron de Fumel, et de dame Gabrielle de Verdun, écuyer, seigneur, baron de Montaigu, fut légataire de son père de 20.000 livres tournois, l'an 1561. Il assista au mariage de son frère, l'an 1578, et épousa, le 11 janvier 1578, demoiselle Armoise de Lomagne de Montaigu, fille unique et héritière de Jacques de Lomagne de Montaigu, comte d'Estafford et de Nègre-Pelisse, et d'Anne de La Tour-d'Auvergne, ou, selon l'auteur de la Bibliothèque de la France, de Charlotte de Lusignan. Armoise de Lomagne apporta en dot à son mari la baronnie de Montaigu, en Bas-Quercy, située entre Lauzerte et Moissac, et de laquelle sa postérité retint le nom. Joseph-François de Fumel et son épouse ne vivaient plus en 1593, époque à laquelle sa mère légua à leurs enfants, nobles François, Jean et Marie de Fumel, 4.000 écus d'or sols.

1° François de Fumel, dont l'article suit ;

2° Noble Jean de Fumel-Montaigu ;

3° Marie de Fumel-Montaigu, mariée à N. de Cordiale, baron de Lisse et seigneur de Masières.

XIV. François de Fumel, baron de Montaigu, épousa, le 17 mai 1717, Sylvie de Pons de La Case, fille de Jacques de Pons, des sires de Pons, en Saintonge, marquis de La Case, comte de Rochefort, baron de Montgaillard, et de Judith de Montberon. De ce mariage naquirent :

1° Pierre-Sylvain de Fumel, dont l'article suit ;

2° Charles de Fumel, prieur de Montsempront, seigneur d'Aurignac, mort en 16… ;

3° Jean-Jacques de Fumel, seigneur de Las Treilles, auteur de la branche des seigneurs de Roquebrune et de La Salle ;

4° La Marguerite de Fumel, mariée à N... de Guilhem, seigneur de la Grave ;

5° Magdeleine de Fumel, mariée à N... de Gaulejac, seigneur de Toufaille ;

6° Nicolle de Fumel, mariée à N..., seigneur de Fieux, en Gascogne ;

7° Anne de Fumel, épouse de N... de Bosredon, seigneur de la Cour et de Bessannes ;

8° N... de Fumel, épouse de N... de Montfort, seigneur de Pontoison.

XV. Pierre-Sylvain de Fumel, baron de Montaigu, se maria, l'an 1643, à Marie Magdeleine de Cieutat, dont il eut entre autres enfants :

1° Arnaud de Fumel, dont l'article suit ;

2° Charles de Fumel, mort jeune.

XVI. Arnaud de Fumel, baron de Montaigu, épousa, par dispense du pape, en 1681, Marie de Cieutat, sa cousine germaine, baronne de Pujol et Tombebouc, dont il eut :

1° Pierre-Sylvain-Alexandre de Fumel, dont l'article suit ;

2° Louis de Fumel, ecclésiastique, doyen du chapitre de Pujol ;

3° Marie de Fumel, seconde femme de Jean-Charles de Vassal, écuyer, seigneur de Dondas et de Fontlanon, dont elle n'eut qu'une fille ;

4° Marguerite de Fumel, épouse de Jacques de Montlezun, seigneur d'Aurioles et de Saint-Julien ;

5° Marie-Anne de Fumel, mariée à Jean de Chiffreville, seigneur du Tilleul, colonel des dragons de la Reine.

XVII. Pierre-Sylvain-Alexandre de Fumel, baron de Montaigu, épousa, en 1724, Marguerite d’Astorg-Montbartier, héritière de la seigneurie de Gratens et de la vicomté de Cologne, et dame de Saint-Gratien, en Languedoc. De ce mariage :

1° Jean-Joseph marquis de Fumel, dont l'article suit ;

2° Marie-Marguerite de Fumel, mariée, après 1754, à Jean de Prat, baron de Vieux, conseiller au Parlement de Toulouse ;

3° Marie-Anne-Louise de Fumel, mariée à Louis de Bonnemain, seigneur de Montpeyroux, conseiller au Parlement de Toulouse ;

4° Anne-Marie de Fumel, morte jeune.

XVIII. Jean-Joseph, marquis de Fumel, baron de Montaigu, épousa, le 24 novembre 1755, au château de Tombebœuf, en Agenois, Marie-Anne-Marguerite d'Abzac, dame de Montviel et de La Barrière, fille ainée de Louis d'Abzac, marquis de Montviel, et de Françoise d'Abzac, sa cousine, sorties toutes deux de la branche d'Abzac de Montastruc, cadette de celle de La Douze. De ce mariage sont issus plusieurs enfants, et entre autres :

1° N... marquis de Fumel-Montaigu, qui suit ;

2° N... de Fumel-Montaigu, la dernière de sa branche, morte fort âgée à Villeneuve d'Agen vers 1850, sans avoir été mariée.

XIX. N… de Fumel, marquis de Fumel-Montaigu, a eu pour fille unique :

Élisabeth-Delphine de Fumel-Montaigu, morte à Villeneuve-d'Agen vers 1841, sans enfants de M. Jean-Baptiste-François de Vassal, marquis de Montviel, son mari.

 

BRANCHE DE FUMEL-ROQUEBRUNE ET LA SALLE, établie en Quercy et en Agenois.

 

XV. Jean-Jacques de Fumel, seigneur de Las Treilles, de Roquebrune et de La Salle, troisième fils de François de Fumel, baron de Montaigu, et de Sylvie de Pons de La Case, épousa Anne de Raymond de Folmont, fille d'Edouard de Raymond de Folmont, seigneur de Sainte-Cécile, et de Diane de Crugy de Marcillac, et petite-fille de Bernard de Raymond de Folmont, seigneur de Roquebrune, et de Gabrielle de Puyperou. De ce mariage :

1° Bernard-Sylvain de Fumel, dont l'article suit ;

2° Charles de Fumel, capitaine d'infanterie, mort capitaine de cavalerie ;

3° Marie-Thérèse de Fumel, épouse de Pierre-François de Carbonnières, seigneur de La Mothe d'Anthe, fils de Philibert de Carbonnières et de Lucrèce de La Baume-Forçat ;

4° Marie-Anne de Fumel, mariée avec Charles de Rochemont, seigneur de la Paschalie ;

5° Marie de Fumel, épouse de Jean-Baptiste comte de Pallavicini, capitaine des gardes suisses ;

6° N... de Fumel, religieuse au couvent de Saint-Géry, de Cahors.

XVI. Bernard-Sylvain de Fumel, Ier du nom, sire de Roquebrune et de La Salle, épousa Antoinette de Coudercq, dame de Montargent, fille de Jean de Coudercq (Aliàs de Coudes), seigneur de Montargent, et de Marie d'Audebart de Solèze. De ce mariage :

1° Jean de Fumel, dont l'article suit ;

2° Charles de Fumel, jésuite ;

3° François de Fumel, seigneur de Saint-Philippe, dit le baron de Fumel-Roquebrune, chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, mestre de camp de cavalerie, exempt-aide-major des gardes du corps du Roi, compagnie de Beauvau, épousa à Noyon, en Picardie, le 15 janvier 1753, Louise-Magdeleine-Adelaïde Aubeblique de La Mothe, fille de Philippe Auberlique de La Mothe, écuyer, officier de la garde-robe du Roi, et de Anne-Cécile Desmay. De ce mariage :

A Joseph-Marie-Louis, baron de Fumel, né le 30 septembre 1755, ecclésiastique en 1769, fut contraint, pour sauver sa vie en 1793, de renoncer à la prêtrise et de se marier; il a laissé plusieurs enfants actuellement vivants.

B Anne-Cécile-Alexandre de Fumel-Roquebrune, née à Noyon le 30 octobre 1753, mariée à M. Vincent, avocat. Elle mourut veuve le 14 avril 1826, après avoir fait son testament olographe le 2 du même mois. Par cet acte, elle institua légataire universel de tous ses biens son cousin Joseph-Georges-Louis de Fumel, de la branche aînée, fils de Jacques-Pons, comte de Fumel.

4° Charles II de Fumel, mort capitaine de grenadiers ;

5° Antoine de Fumel, seigneur de Montargent ;

6° Jeanne de Fumel, religieuse ;

7° Angélique de Fumel, religieuse à Astaffort ;

8° N... de Fumel, religieuse en la même communauté.

XVII. Jean De Fumel, sire de Roquebrune et de La Salle, épousa, en 1723, Marguerite de Saubat, fille de Jean de Saubat, seigneur de Trieux et de La Boissière, et de Marguerite de La Duie. De cette union :

1° Bernard de Fumel, dont l'article suit ;

2° Jean de Fumel, vicaire général de Lodève ;

3° François de Fumel, mon garde du corps du Roi ;

4° Pierre de Fumel, mort au service du Roi ;

5° Charles de Fumel, capitaine de grenadiers royaux ;

6° Jean de Fumel, garde du corps du Roi ;

7° Bernard-Bonaventure de Fumel, aussi garde du corps du Roi ;

8° Louis de Fumel, mort garde du corps du Roi ;

9° Marguerite de Fumel.

XVIII. Bernard-Sylvain de Fumel, IIe du nom, sire de Roquebrune et de La Salle, épousa : 1° Marguerite de Cladech ; 2° Gabrielle de Guiscard ; il eut de la première :

Élisabeth de Fumel, épouse d'Élie-Antoine de Menou, habitant à la Faurélie, près le Bugue, département de la Dordogne.

Du second lit :

1° Jean-Joseph-Sylvain de Fumel, qui suit ;

2° François de Fumel, vivant en 1840, sans postérité mâle, à Montaigu, près Moissac ;

3° Marguerite de Fumel.

XIX. Jean-Joseph-Sylvain De Fumel, mort à Damazan, département de Lot-et-Garonne, vers 1841, père d'une fille unique :

Danaé de Fumel de Damazan, épouse de M. N... de Lécussan, de la ville de Penne, en Agenois.

 

BRANCHE DE LA BARTHE-FUMEL (éteinte).

(Extrait du tome VII de l'Histoire des Grands Officiers de la Couronne.)

 

VI. Bertrand de Fumel, fils puîné de Guillaume Esclamat, IIe du nom, chevalier, baron de Fumel, et de Laure de Pujol, devint, par sa femme, seigneur ou vicomte de La Barthe, d'Aure et de Magnoac, en 1326. Sa postérité prit le surnom de La Barthe. C'est sans doute ce Bertrand de Fumel qui figure dans le rôle des seigneurs qui comparurent au ban et arrière-ban convoqué, en 1304, par Philippe-le-Bel, pour la guerre de Flandres. Bertrand y amena avec lui au Roi vingt hommes d'armes, selon l'auteur du Traité de la Noblesse. C'est aussi ce Bertrand de Fumel qui fit une assignation de rentes, en 4545, pour la fondation de deux chapelles dont le titre est conservé aux Archives impériales, section historique, folio 296, n° 57. Bertrand de Fumel figure aussi dans la transaction de 1284 et dans d'autres actes dont les analyses sont conservées à la Bibliothèque impériale, cabinet du Saint-Esprit, cahier infolio. Il épousa Brunissende de La Barthe, issue de la race mérovingienne, comme nous le dirons plus loin, fille puînée d'Arnaud-Guilhem, IIe du nom, vicomte de La Barthe, d'Aure et de Magnoac, laquelle hérita des biens de son père, dont elle jouissait en 1283, après le décès sans enfants de Véronique de La Barthe, sa sœur aînée, femme d'Arnaud-Bernard d'Armagnac. La ligne masculine des premiers seigneurs de La Barthe étant finie, la postérité de Bertrand de Fumel en prit le nom et les armes, selon l'usage du temps, et écartela son blason de celui de La Barthe, qui est d'or à quatre pals de gueules, et de Fumel, qui était d'azur à trois flammes d'argent, ou d'azur à trois fumées d'or mouvantes du bas de l'écu, se terminant en pointes arrondies, selon La Chesnaye des Bois. Ses descendants conservèrent ces armoiries :

1° Arnaud-Guilhem de Fumel, vicomte de La Barthe, qui suit ;

2° Bertrand de Fumel ;

3° Sybille de Fumel, épouse de Bertrand de Durfort, seigneur de Clermont ;

4° Gaussente de Fumel, mariée en 1291, selon La Chesnaye des Bois, à Raymond de La Barthe-Montcorneil, comte et seigneur d'Arné et de Montcorneil, sou cousin à la mode de Bretagne, au 4e degré.

VII. Arnaud-Guilhem De Fumel, vicomte de La Barthe, d'Aure et de Magnoac, seigneur de Barousse, prit le nom de sa principale terre, ainsi qu'on l'a déjà expliqué. Il eut pour femme Mascarose d'Armagnac, fille de Géraud, vicomte d'Armagnac et de Fezensac, et de Marthe de Béarn, et nièce d'Arnaud-Bernard d'Armagnac, époux de Véronique de La Barthe, sa tante. Il fut père de :

1° Géraud, vicomte de La Barthe, qui suit ;

2° Arnaud-Guilhem de La Barthe, évêque de Lectoure, puis d'Alby (Gallia Christiana, tom. Ier) ; fit son entrée dans la ville de Lectoure en 1344, et siégeait encore en 1349. Il fut transféré de Lectoure à Alby, dont il fut le LXIe évêque, et fit son entrée solennelle dans cette ville le 10 juillet 1351. Il n'y siégea que jusqu'à 1354, puisqu'en décembre de la même année l'évêché d'Alby se trouvait vacant. — Arnaud-Guilhem de La Barthe-Fumel, parent de l'évêque d'Alby, fut abbé de Luc-d’Oléron en 1354 et 1388. Se trouvant à Avignon, il servit de témoin au testament d'un cardinal anglais. (Gall. Christ., Baluze.) ;

3° Roger de La Barthe-Fumel, seigneur de Montesquiou, en Quercy, l'an 1346, est qualifié écuyer, sire de Montesquiou, dans une quittance qu'il donna à Toulouse, le 13 octobre 1350, à Jean Chauvel, trésorier des guerres, de 934 livres 15 sols tournois, sur les gages de lui, capitaine de Monflanquin, de 29 autres écuyers et de 60 sergents de sa compagnie. Le sceau est écartelé aux 1 et 4, trois pals, aux 2 et 3 de Fumel, sur le tout une bande chargée de trois lions. (Cab. de Clairamb.) ;

4° N... de La Barthe, mariée au seigneur de Pujols.

Arnaud-Guilhem de Fumel eut, en outre, deux fils naturels :

A. Guillaume, bâtard de La Barthe, est qualifié Guillaume Bourc de La Barthe, écuyer, le vieil capitaine de Villeneuve d'Agenois, dans une quittance de 718 livres 43 sols qu'il donna à Jean Chauvel, trésorier des guerres, le 1er avril 1341. Le sceau est écartelé aux 1 et 4 de La Barthe, aux 2 et 3 de Fumel, ces deux quartiers brisés chacun d'une cotice ; et, dans une quittance du mois de septembre 1349, le sceau est contraire : aux 1 et 4 de Fumel, aux 2 et 3 de La Barthe (Ibid.) ;

B. Guillaume, bâtard de La Barthe, est qualifié Guillot Bourc de La Barthe le jeune, capitaine de Sainte-Foy, écuyer, dans une quittance qu'il donna à Toulouse, le 1er avril 1340, de 38 livres, à Jean Chauvel. Le sceau est pareil à celui de Guillaume, son frère. (Cab. de Clairamb.)

On trouve encore Guillaume de La Barthe, chevalier, capitaine du Mont-Semprong et de Saint-Pastour, lequel fit montre de lui et de neuf écuyers, dont l'un était Bernard de La Barthe, le 30 septembre 1352 (Ibid.) ;

Et Pierre de La Barthe, chevalier, capitaine de Montcuc-de-Vaux, lequel y fit montre avec quatorze écuyers, le 29 novembre de la même année 1352 (Ibid.).

VIII. Géraud, vicomte de La Barthe, d'Aure et de Magnoac, mourut en 4552, suivant Oienhart. Il peut être le même que Girard de La Barthe, chevalier, capitaine de Sainte-Livrade, lequel donna quittance, le 5 avril 1345, à Jean Chauvel, de 500 livres tournois sur ses gages et ceux de 400 écuyers de sa compagnie (le sceau est écartelé aux 1 et 4 de La Barthe, aux 2 et 3 de Fumel sans brisure) ; et que Guiraud de La Barthe, chevalier, lequel donna, le 10 octobre 1350, une autre quittance au même trésorier des guerres, de 9.774 livres 9 sols tournois sur les gages de lui, chevalier banneret, d'un autre chevalier, de 98 écuyers et de 296 sergents de pied : même sceau (Ibid.). Géraud de La Barthe eut quatre femmes, savoir : 1° Trenca Lienhana ; 2° Éléonore de Saluces ; 3° Miramonde de Bonneville ; 4° Brunissende de Lautrec, vicomtesse de Lautrec. De la quatrième :

1° Jean, vicomte de La Barthe, qui suit ;

2° Laure de La Barthe, mariée à Guigues de Levis, seigneur de La Roche, vicomte de Lautrec à cause d'elle, fils de Philippe de Levis, IIIe du nom, vicomte de Lautrec, et de Jamagne, dame de La Roche en Régnier, sa seconde femme ;

3° Mascarose de La Barthe, seconde femme de Jean Ier, comte d'Astarac, fils de Centulle, IVe du nom, comte d'Astarac et de Mathe d'Armagnac.

IX. Jean, vicomte de La Barthe-Fumel, comte d'Aure et de Magnoac, seigneur de Barousse et de Nestez, de Cieutades, d'Aure et de Magnoac, est qualifié Jean de La Barthe, écuyer, sire d'Aure, capitaine de Villeneuve-d'Agenois, dans une quittance qu'il donna, en 1365, de 236 écus et deux tiers d'écus d'or sur ses gages et ceux des gendarmes de sa compagnie, pour la garde de cette place, depuis le 8 décembre 1358 jusqu'au 1er mai 1359. Le sceau est écartelé aux 1 et 4, trois pals ; aux 2 et 3, trois flammes sortant du bas de l’écu : cimier, une tête de bouc. Il s'engagea, par acte passé à Toulouse, le 24 octobre 1370, envers le duc d'Anjou, lieutenant du roi, ez parties de Languedoc, de défendre et garder le pays d'Agenois et y faire la guerre aux ennemis, avec cent hommes d'armes de sa compagnie, pour la somme de 4.500 fr. d'or et 200 pour son état; et donna quittance, le 1er février 1377, de 200 fr. d'or que le duc d'Anjou lui avait ordonnés par lettres datées de Gaillac, en Albigeois, le 11 avril précédent, pour le récompenser de ce que, après avoir pris le châtel de Châteaufort, en Bigorre, il l'avait gardé longtemps et le gardait encore à ses dépens : même sceau (lbid.). N'ayant point d'enfants, il disposa de la vicomté de La Barthe en faveur de Bernard, comte d'Armagnac, son parent; les successeurs de ce dernier la possédèrent jusqu'à la réunion qui en fut faite à la couronne par le roi Louis XI. Jean de La Barthe fit son testament en 1398, par lequel il ratifia la donation qu'il avait faite à noble Arnaud-Guilhem de La Barthe, fils de Raymond, IIe du nom, comte et seigneur d'Arné et de Montcorneil, des terres de Bourisp, Saint-Lary et Ilhan, en Aure, en contre-échange desquelles ledit Arnaud-Guilhem de La Barthe avait cédé tous les droits qu'il avait sur la terre de Magnoac, et institua son héritier universel Bernard, VIIe du nom, comte d'Armagnac, son cousin au troisième degré. Il mourut le 5 octobre 1398, et le comte d'Armagnac prit possession de son hérédité les 17 et 18 du même mois. Il avait épousé : 1° Marguerite de Madaillan, baronne de Cancon, en Agenois ; 2° Jeanne d'Albret, fille d'Amanieu d'Albret, seigneur de Verteuil, et de Mabille d'Escoussan, dame de Langoiran, et veuve de Guillaume-Baymond, seigneur de Caumont.

 

BRANCHE DE FUMEL-MONTSÉGUR (éteinte),

ET DONT NOUS N'AVONS PU TROUVER LA JONCTION.

 

Cette branche, établie d'abord au château de Montségur, en Agenois, situé à quatre lieues de Fumel, puis à Paris, est entièrement éteinte. Le défaut de renseignements sur celte famille, que nous avons tout lieu de croire séparée de la souche principale antérieurement même à la branche de Fumel-La Barthe, nous oblige de ne citer ici que quelques noms isolés. Elle brisait ses armes : D'azur, à trois fumées d'or mouvantes de la pointe de l’écu.

Géraud de Fumel reçut, selon une charte de l'an 4285, sous le règne de Philippe le Bel, une donation de N... de Biron, seigneur de Cugnac. (Gall. Christ.)

Bernard de Fumel, coseigneur de Fumel, est nommé, avec Guillaume de Biron, seigneur de Montferrand; Guillaume de Biron, seigneur de Rouilhac ; Géraud de Castelneau, seigneur de Berbiguières, et Gaillard de Gajac, damoiseaux, dans un acte passé au temps de Philippe de Valois, sous le scel de l'official de Périgueux, le mardi avant la fête de la Chaire de Saint-Pierre, 1330. Par cet acte, fut accordée en mariage avec Hélie, coseigneur de Bourdeille, pupille de Robert de Brouillac, Faës de Biron, fille de Guillaume de Biron, coseigneur de Montferrand, et petite-fille d'Aymeric de Biron et d'Almoïs de Fumel. Son père lui promit en dot 2.000 liv. monnaie de Périgord, et lesdits seigneurs se portèrent cautions du paiement de cette somme.

Bertrand de Fumel, évêque de Nevers de 1344 à 1356, était dans le même temps président des enquêtes au Parlement de Paris.

Laurent de Fumel, baron de Montségur, en Agenois, eut entre autres enfants de Marguerite de Beausse de Belcastel, sa femme :

Catherine de Fumel-Montségur, mariée, le 1er août 1539, à Guyot de Durfort, baron de Saint-Léonard, fils puîné de Pierre de Durfort, baron de Boissière, et de sa seconde femme, Isabeau de Roquefeuil ;

Marie de Fumel, épouse de Charles de Carbonnières, chevalier, baron de La Capelle-Biron, chevalier de l'ordre du Roi, capitaine de 50 lances, fils d'Alain de Carbonnières et de Marguerite de Gontaut-Biron.

Sarah de Fumel, veuve du seigneur de Guiscard, gouverneur de Tournon, contracta une seconde alliance avec Gilbert de Carbonnières, gentilhomme ordinaire de la chambre du Roi, enseigne de la Compagnie des Gendarmes du prince de Guise, fils de Charles de Carbonnières, dont nous avons parlé, et de Françoise du Breuil du Fraisse, sa seconde femme. (La Chesnaye des Bois.)

Marguerite de Fumel-Montségur épousa, vers le milieu du XVIe siècle, Rigald de La Basque, écuyer, dont elle eut une fille unique, mariée à Jean IV de Vassal-Rinhac.

Jehanne de Fumel, damoiselle, fut mariée vers le même temps à noble François de Bourgoin, d'une famille ancienne de Villeréal, en Agenois.

Henry et Jacques de Fumel de Montségur, coseigneurs de l'Isle, en Périgord, furent convoqués au ban et arrière-ban des nobles de cette sénéchaussée, l'an 1689.

Les deux derniers membres de la branche de Montségur, morts en Allemagne pendant l'émigration, sont les deux frères suivants :

1° Philibert, marquis de Fumel-Montségur, né à Agen en 1742, maréchal des camps et armées du Roi, lieutenant général commandant la province d'Agenois, chevalier de plusieurs ordres (trente-troisième seigneur de la terre et baronnie de Montségur, dit, par une exagération grossière et invraisemblable, l'abbé Beaurain dans ses Variétés Bordelaises). Il fut élu député parla noblesse de la sénéchaussée d'Agen aux États Généraux de 1789, vota d'abord avec le côté gauche de l'Assemblée, se rangea ensuite du côté droit, et s'opposa au don de 900.000 livres offert à l'Assemblée constituante par la ville de Genève, en disant « qu'il n'était pas de la dignité de la France de recevoir l'aumône. » Le 26 mars 1790, il s'éleva aussi contre le projet de la contribution patriotique, et se plaignit à cette occasion des feuilles incendiaires qui égaraient l'esprit du peuple. Le marquis de Fumel-Montségur émigra en 1792, après avoir adressé au général de Custine une lettre contenant l'exposé de ses principes sur la monarchie constitutionnelle. (Biog. mod.)

2° Louis-Mathieu-Benoît, baron de Fumel de Montségur, colonel du régiment d'Artois cavalerie, brigadier des armées du Roi, chevalier de ses ordres, ancien lieutenant-général de la principauté de Dombes, servit comme maréchal des logis à l'armée de Condé.

Nobiliaire de Guienne et de Gascogne, par Henri Gabriel O'Gilvy et Pierre Jules de Bourrousse de Laffore.

 

 

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