de Bastard.
C.H.G.H.47
Au bureau, 54 rue de Cocquard, à Villeneuve-sur-Lot, les adhérents peuvent consulter nos archives, de nombreux dépouillements et relevés de tables décennales.

Nobles, Messires, Ecuyers, Damoiseaux, Chevaliers, Très-nobles Chevaliers, des Premiers de La Patrie (Nantes), Très-hauts et Très-puissants Seigneurs, Vicomtes de Fussy, Comtes et Barons d'Estang, Vicomtes de Soulangis, Barons d'Herry, Marquis de Fontenay-Survègre, Marquis de La Cressoniière et Barons du Petit-Châtea ; – Seigneurs de Bastardière-sur-Sèvre, du Pèlerin-sur-Loire, de La Preuille, La Gohélière, Sainte-Solange, Terland, Maultrot, Le Bosq, Bréchan, Bartère, Las Bouères, Saint-Denis et L'Ile-Chrétienne, La Fitte-Vigordane, Pominet, La Frille, Dobert, La Paragère, Crosses, La Porte-au-Bastard, Kerbiquet, Villeneuve, Les Métairies, Mesmeur, Kerguiffinec, etc., etc., en France ; – et d'Elforde, Gerston, Kitley, Sharpham, etc., en Angleterre. – Existants encore à Paris, en Guienne et Gascogne, en Bretagne et en Devonshire.

Armes : D'or, à l'aigle d'empire ; mi-parti d'azur, à la fleur de lis d'or ; autrement dit : Mi-parti d'empire et d'une (leur de lis de France. – L'écu entouré d'une chaîne d'or, donnée en 1540 par le roi François Ier. – Cimier : un ange armé et armorié de l'écu. – Tenant et support : un ange tenant une bannière chargée d'une fleur de lis d'or, un griffon coupé de sable et d'or, la tête d'or, supportant une bannière à l'aigle d'empire. – Devise concédée, en 1429, par le roi Charles VII : Cunctis Nota Fides. – Devise portée par les marquis de Fontenay : Sanguis Regum et Caesaris. – Les brisures des branches cadettes seront indiquées dans le cours de la généalogie.

ORIGINAIRES DU COMTÉ NANTAIS.

La maison de Bastard est originaire du comté Nantais, où elle possédait dès le XIe siècle un grand nombre de fiefs, entre autres la seigneurie de Bastardière-sur-Sèvre. Une branche cadette des seigneurs de Bastardière reçut, comme récompense du roi Philippe-Auguste, la seigneurie de Sainte-Solange, située près la ville de Bourges, et par suite s'établit en Berry, où ses membres portèrent durant huit générations le titre de vicomtes de Fussy, de seigneurs de Suinte-Solange, Terland, etc.

Les seigneurs de Terland, sortis des vicomtes de Fussy, devinrent gouverneurs du comté de Gaure, en Armagnac, au XVe siècle, s'y fixèrent et furent seigneurs du Bosq, de Bréchan, Bartère, Saint-Denis et l'Ile-Chrétienne, La Fitte, etc., et comtes d'Estang. Ils sont encore nombreux en Guienne et Gascogne et à Paris.

Les historiens de Bretagne constatent le rang élevé que cette maison occupait dans le comté de Nantes dès le XIe siècle. Les seigneurs de Bastardière-sur-Sèvre et du Pèlerin-sur-Loire, faisant des fondations pieuses en 1040-49, auteurs certains de toutes les branches de la famille de Bastard existant aujourd'hui en France et en Angleterre, ont pour auteurs présumés les comtes de Poher et de Nantes, qui régnèrent sur une partie de la Bretagne, du IXe au XIe siècle (848-952-1054). Nous croyons pour ce motif devoir dire quelques mots de ces comtes souverains, avant de donner la filiation suivie ou généalogie de la Maison qui nous occupe.

I. Rivallon, comte de Poher, en Cornouailles, en 848, est dit par certains auteurs frère de Nominoë, souverain de toute la Bretagne, et regardé par d'autres comme étant de la même famille que Lambert, comte de Nantes de 815 à 852.

II. Mathuédoï I, comte de Poher en 860.

III. Judicael était comte de Poher, en Cornouailles, en 872, 896-7. Son fils :

IV. Mathuédoï II, comte de Poher, mort en 925, avait eu d'une fille d'Alain le Grand, duc de Bretagne, comte de Nantes :

V. Alain-Babbe-Torte, illustré par ses exploits contre les Normands, qu'il chassa de l'héritage de ses pères et de toute la Bretagne, fut successivement reconnu comte de Poher, de Nantes, de Vannes et duc de Bretagne, et mourut en 952. Il avait épousé : 1° Judith, dame de condition noble, qu'il délaissa après en avoir eu deux fils, appelés Bastards par leurs ennemis les comtes de Rennes et d'Anjou, parce que Judith, leur mère, avait été abandonnée ; 2° Roscille d'Anjou, dont il eut :

Drogon, devenu comte de Nantes après la mort de son père, avec l'appui du comte d'Anjou. Il meurt la même année, 952.

De son premier mariage avec Judith, qui se remaria avec le vicomte de Thouars, Alain-Barbe-Torte, comte de Nantes, avait eu deux fils :

1° Hoël Ier, dont l'article suit ;

2° Guerech Bastard de Nantes, quatrième comte de Nantes, après son frère Hoël Ier. Il mourut en 987 et laissa un fils :

Alain, IIIe du nom, cinquième comte de Nantes, mort sans postérité en 990.

VI. Hoel Ier, appelé le Bastard de Nantes, fils aîné d'Alain-Barbe-Torte et de Judith, fut le troisième comte de Nantes, après la mort de son demi-frère Drogon, et mourut assassiné en 970, laissant deux fils :

1° Judicael II Bastard de Nantes, sixième comte de Nantes, assassiné en 1005, laissant deux enfants illégitimes :

A. Budic, septième comte de Nantes, père de quatre fils morts sans postérité :

I. Mathias, huitième comte de Nantes, mort en 1051 ;

II. Matathias, neuvième comte de Nantes, mort en 1054 ;

III. N..., évêque de ladite ville, en 1052 ;

IV. N..., évêque de la même ville, en 1114.

B. Judith de Nantes, mariée avec Alain Gagnard, comte de Cornouailles, dont :

Hoël de Cornouailles, dixième comte de Nantes, par substitution de Mathias et de Matathias, ses cousins-germains. Il épousa Havoise, fille du comte de Rennes, et resta paisible possesseur du comté de Nantes, qu'il transmit à :

Alain-Fergent, duc de Bretagne, marié avec Ermengarde d'Anjou, lequel abdique en 1112 et meurt en 1119.

2° Hoel II Bastard de Nantes, assassiné en 1005, comme Judicaël II, son frère aîné. – Les historiens ne donnent pas la descendance de Hoël II, second fils de Hoël Ier, et petit-fils d'Alain-Barbe-Torte, comte de Nantes, et de Judith.

Pendant que les descendants d'Alain-Barbe-Torte et de Hoël Ier étaient comtes de Nantes, la famille des seigneurs de Bastardière-sur-Sèvre, près Clisson, existait dans ce même comté nantais, famille considérable dès son berceau, et que les comtes de Rennes et de Nantes, devenus paisibles possesseurs du pouvoir souverain, reçoivent à leur cour parmi les seigneurs et les barons nantais, famille enfin que son nom, ses domaines, ses services, sa position sociale, font présumer être la même que celle de Hoël II Bastard de Nantes, fils puîné de Hoël Ier, appelé Bastard parce qu'il était fils d'Alain-Barbe-Torte, premier comte de Nantes, et de Judith, délaissée par ce dernier.

Mathias, huitième comte de Nantes, et la comtesse Ermengarde, sa femme, sont présents à la fondation du prieuré de Sainte-Marie du Pèlerin-sur-Loire, faite en 1049-50, par Roaud Bastard, seigneur de Bastardière-sur-Sèvre et du Pèlerin, assisté de sa femme, de ses frères et de ses sœurs. Le comte Mathias semble présider à un acte de famille. Roaud Bastard, qualifié dans cet acte très-noble chevalier, un des premiers de la patrie, en présence du comte souverain et de la comtesse, était fils de Richer, chevalier, seigneur du fief de Bastardière, que l'on présume fils lui-même de Hoël II Bastard de Nantes.

Signalons un dernier fait qui n'est pas sans quelque importance : les armes des comtes de Nantes et des Bastard, seigneurs de Bastardière et du Pèlerin, étaient les mêmes, une aigle, et depuis 1214 seulement la maison de Bastard porte, par concession royale : Mi-parti d'une aigle et d'une fleur de lis.

Ces quelques mots suffisent sur les auteurs présumés ; arrivons aux auteurs certains, dont l'histoire est établie sur titres nombreux, faisant partie des archives de la famille ou de dépôts publics. Tous ces titres sont indiqués dans l'Inventaire de sources historiques manuscrites et imprimées, etc., pour servir de preuves à la généalogie de la maison de Bastard ; Paris, in-8°, 1847.

La maison de Bastard a tous les caractères de la chevalerie et de la haute noblesse : l'antiquité, les possessions féodales, les grandes charges, les récompenses remarquables accordées par les souverains. Elle a sa filiation établie par titres depuis l'an 1040-49, époque reculée où l'un de ses membres, Roaud Bastard, alias Roaud du Pèlerin, seigneur de Bastardière (fils de Richer, seigneur de Bastardière), est qualifié très-noble chevalier, l'un des premiers de la patrie (nobilissimus miles, de primoribus patriae). Un autre est au nombre des barons du comté nantais. Elle a possédé plus de deux cents fiefs, dont plusieurs titrés.

Nous nous proposions de présenter, au commencement de ce travail, un résumé succinct des principales charges et fonctions qu'elle a remplies durant celte longue série de siècles ; mais nous croyons notre but suffisamment atteint par la reproduction du passage final de la Notice historique sur le comte de Bastard, pair de France, imprimée en mai 1844 :

« La famille du comte de Bastard, vouée depuis plusieurs siècles aux fonctions publiques, dit l'auteur de la Notice, a donné de nombreux défenseurs à la patrie, aussi bien que des serviteurs à la justice et à la religion. – Dès son origine, elle paraît avec distinction à la cour des ducs de Bretagne. Deux de ses membres, Païen Bastard du Pèlerin, seigneur de Bastardière, près Clisson, et du Pèlerin-sur-Loire, fondateur du prieuré de Sainte-Marie du Pèlerin (1040) (1), et Judicaël du Pèlerin, son frère, étaient les compagnons des ducs Alain-Fergent et Conan, son fils. Éon Bastard, chevalier renommé par sa valeur, strenuissimus miles, tomba prisonnier des Anglais à la bataille de Dol (1173). Un autre, Pierre du Pèlerin, assistait à la sixième croisade. En 1340, on trouve un capitaine de vaisseau commandant la nef Jésus Christ, de Cherbourg, tué à son bord à la funeste journée de l'Écluse ; plus tard, un lieutenant général des armées protestantes (Henri de Bastard, marquis de La Cressonnière), sous le comte de Soubise, lors des guerres religieuses en Poitou, tué à la tête des siens, au combat de Mareuil ; et, dans des temps plus rapprochés, un chef d'escadre des armées navales, mort aux Indes occidentales, et cinq capitaines de vaisseaux (dont trois dans la branche des marquis de Fontenay) ; l'un d'entre eux se retira après vingt-trois campagnes, ayant monté dix-sept vaisseaux différents, contraint par ses blessures à refuser le grade de chef d'escadre que le Roi lui offrait.

« La famille de Bastard compte aussi plusieurs colonels et officiers de tous grades morts ou mutilés sur les champs de bataille ; huit capitaines de cinquante et de soixante hommes d'armes des ordonnances du Roi (ayant fonction et rang de colonel), dont l'un reçut, au château de Méhun, le dernier soupir de Charles VII ; dont un autre (Claude de Bastard, seigneur du Bosq), fut gratifié par François Ier, dans les guerres de Piémont, d'une chaîne d'or qu'il plaça autour de son écu, et dont deux autres périrent dans les guerres d'Henri IV (et l'un d'eux à côté de ce prince) ; deux des cent gentilshommes (dits à bec à corbin) de l'hôtel des rois Louis XI et Charles VIII ; un chevalier de l'ordre, gentilhomme de la chambre de Henri IV et de Louis XIII ; un chambellan et un panetier de Charles VII ; un premier panetier et un maître d'hôtel du roi Charles VIII ; quatre gouverneurs militaires de la comté de Gaure et de la ville de Fleurance ; plusieurs capitaines de la grosse tour de Bourges et des villes et châteaux de Compern, en Bretagne, de Méhun-sur-Yèvre et de Sully, en Berry, de Maillezais, en Poitou, de La Mothe de Gaure, en Armagnac, et de Sablé, au Maine ; un lieutenant provincial de l'artillerie de France sous Louis XIV ; un aumônier de Louis XI ; une dame d'honneur de la reine Anne d'Autriche ; un chevalier de Rhodes ; plusieurs chevaliers de Malte et vingt-trois chevaliers de Saint-Louis, sous les rois Louis XIV, Louis XV et Louis XVI (2).

«  Dans la magistrature et dans l'administration du pays, la famille du comte de Bastard a fourni un conseiller d'État sous les ducs François II et Pierre III ; deux commissaires à la première réformation de la noblesse de Bretagne ; un lieutenant-général pour le Roi au gouvernement de Berry, auquel fut accordée par Charles VII (1429) la devise : Cunctis Nota Fides, encore portée par ses descendants ; un bailli général de la Franche-Comté de Bourgogne ; trois premiers présidents (dont l'un, le comte de Bastard d'Estang, nommé depuis président de la Chambre criminelle à la Cour de cassation, était pair de France et fut l'un des vice-présidents de la Chambre des pairs) ; un procureur général ; plusieurs membres au conseil du Roi ; treize conseillers de parlements ou de cours souveraines ; trois lieutenants-généraux de la sénéchaussée de Berry et un lieutenant-général du sénéchal de Toulouse, aux XIVe et XVe siècles ; plusieurs premiers officiers de la maison des rois et des princes du sang royal ; deux recteurs gouverneurs de la part antique de Montpellier ; des maires aux villes de Bourges, de Fleurance et de Poitiers ; deux capitouls de la ville de Toulouse, députés par elle près de Louis XIV ; trois grands maîtres des Eaux et Forêts de Guienne, Béarn et Navarre, et, de nos jours, un préfet de la Haute-Loire et du Cher ; deux membres de la Chambre des députés, dont l'un pour la ville de Bordeaux ; des présidents de collèges électoraux et quatre membres de conseils généraux dans les départements du Gers, de la Loire et de Lot-et-Garonne ; enfin, un grand nombre de prêtres, de vicaires généraux, d'abbés et d'abbesses, de doyens et de chanoines de cathédrales dent nous ne donnerons pas l'énumération.

« Une branche établie en Angleterre, où elle possède encore quelques-unes des terres qu'elle reçut lors de la conquête (1066), a donné à l'armée plusieurs officiers distingués, l'un desquels sauva l'arsenal de Plymouth en 1799, et fut créé baronnet à cette occasion par le roi Georges III ; des jurisconsultes d'un grand mérite ; un reader de la Société de Middle-Temple, de Londres ; plusieurs hauts-chérifs au Devonshire ; des officiers de marine, dont l'un, capitaine de vaisseau, se distingua lors du bombardement d'Alger par l'amiral Exmoulh (1816), et sept députés à la Chambre des Communes pour le comté de Devon, qu'elle a représenté de nos jours pendant cinquante ans sans interruption. »

La maison de Bastard a formé trois branches principales, subdivisées de la manière suivante :

Ière BRANCHE. - LES SEIGNEURS DE BASTARDIÈRE-SUR-SÈVRE.

1° Les seigneurs de Bastardière-sur-Sèvre et du Pèlerin-sur-Loire, auteurs communs de toute la famille de Bastard, ont été seigneurs de Bastardière-sur-Sèvre sans interruption depuis au moins l'an 1040 jusqu'à 1580 ;

2° Les vicomtes de Fussy, seigneurs de Sainte-Solange-lès-Bourges, Terland, Saint-Germain-des-Bois, Maultrot, etc., en Berry, sortis des seigneurs de Bastardière-sur Sèvre, en 1190, se sont éteints dans les mâles en 1498 ;

3° Les seigneurs de Terland et Maultrot, en Berry, du Bosq, du Hauret, de Bréchan, Bartère, La Rolle, Cantiran, etc., comtes et barons d'Estang, en Armagnac, sortis, vers 1440, des vicomtes de Fussy, sont les aînés actuels de la famille de Bastard ;

4° Les seigneurs de Saint-Denis et de L'ile-Chrétienne, en Bruilhois, séparés en 1620 des seigneurs du Bosq, leurs aînés, existent aujourd'hui à Bordeaux.

5° Les seigneurs de La Fitte, en Languedoc, Pominet, etc., en Armagnac (issus, en 1507 ou 1509, des seigneurs du Bosq, leurs aînés), éteints dans les mâles en 1794 ;

6° Les vicomtes de Soulangis, en Berry, barons d'Herry, en Nivernais, etc. (séparés des vicomtes de Fussy vers 1395), éteints avant 1569 ;

7° Les seigneurs de La Frille et de Dobert, etc., marquis De Fontenay-sur-Vègre, en Berry et au Maine (issus des vicomtes de Fussy vers 1395), éteints dans les mâles en 1844, ont donné les seigneurs de La Paragère, De La Rouillonnière et de La Roche-Paragère, en 1525-30, 1579 et 1601, trois rameaux également éteints ;

8° Les seigneurs de Crosses, Breuillet, Vouzé, Moulins-Bastard, Savigny, etc. (issus, vers 1338, des vicomtes de Fussy), éteints, après cinq générations, avant 1557 ;

9° Les seigneurs de Masseille, du Fougeroux, de La Ménardière, etc., marquis De La Cressonnière et barons Du Petit-Château, en Poitou (sortis des vicomtes de Fussy, vers le milieu du XIVe siècle), éteints dans les mâles avant 1655.

IIe BRANCHE. – LES SEIGNEURS DE LA PORTE-AU-BASTARD.

Les seigneurs de La Porte-au-Bastard, Kerdiquet, etc. (issus, vers 1100-5, des seigneurs de Bastardière-sur-Sèvre), éteints en 1577 ou 1578, avaient (d'après un arrêt du Parlement de Rennes rendu au siècle dernier et les traditions de famille), formé deux rameaux encore existants en Bretagne :

1° Les seigneurs des Haies, de Villeneuve, des Métairies, etc., séparés vers 1505 ;

2° Les seigneurs de Mesmeur et de Kerguiffinec, séparés vers 1402-5.

IIIe BRANCHE. – LES SEIGNEURS D'ELFORDE, établis en Angleterre.

Les seigneurs d'Elforde, de Gerston, etc. (issus, vers 1040-50 et avant l'année 1066, des seigneurs de Bastardière-sur-Sèvre et du Pèlerin-sur-Loire), établis en Angleterre, au comté de Devon, se sont éteints dans les aînés, vers 1575-80, après avoir donné (d'après Burke et une généalogie envoyée d'Angleterre) les seigneurs de Kitley, Sharpham, etc., séparés vers 1550, existants encore aujourd'hui en Devonshire.

Nous devrions donner l'histoire de ces diverses branches dans l'ordre où nous venons de les mentionner. Des raisons particulières, indifférentes au lecteur, nous en ont fait adopter un autre.

Le travail qui va suivre, divisé en trois parties, fera connaître successivement la branche ainée, les branches cadettes vivantes et les branches éteintes.

Branche aînée :

§ I. LES SEIGNEURS DE BASTARDIÈRE-SUR-SÈVRE, DU PÈLERIN-SUR-LOIRE, DE LA PREUILLE, LA GOHËLIERE, LA LARGERE, etc., en Bretagne, connus filiativement depuis l'an 1040, éteints en 1580 ;

§ II. LES VICOMTES DE FUSSY, SEIGNEURS DE SAINTE-SOLANGE, DE TERLAND ET DE MAULTROT, en Berry (issus des seigneurs de Bastardière, sous le règne de Philippe-Auguste, 1190), éteints en 1498 ;

§ III. LES SEIGNEURS DE TERLAND ET DE MAULTROT, en Berry, DU BOSQ, DE BRÉCHAN, BARTÊRE, LAS BOUÈRES, etc., Comtes et Barons D'ESTANG, en Armagnac, aînés actuels de la maison de Bastard, sortis des vicomtes de Fussy, sous le règne de Charles VII.

Branches cadettes vivantes :

§ I. LES SEIGNEURS DE SAINT-DENIS ET DE L'ILE-CHRÊTIENNE-SUR-GARONNE, séparés des seigneurs du Bosq, leurs aînés, depuis l'an 1620 ;

§ II. LES SEIGNEURS DE VILLENEUVE ET DES MÉTAIRIES ET LES SEIGNEURS DE MESMEUR ET DE KERGUIFFINEC, en Bretagne (issus, aux XVe et XVIe siècles, d'après un arrêt du parlement de Rennes et les traditions de famille, des seigneurs de la Porte-au-Bastard), éteints en 1577 ou 1578, et qui étaient eux-mêmes une branche cadette des seigneurs de Bastardière ;

§ III. LES SEIGNEURS DE KITLEY ET DE SHARPHAM, en Devonshire, issus, au XVIe siècle, des seigneurs d'Elforde et de Gerston, dans le même comté (séparés eux-mêmes des seigneurs de Bastardière-sur-Sèvre et du Pèlerin, avant 1066).

Branches éteintes :

§ I. LES SEIGNEURS DE LA FITTE-VIGORDANE, en Languedoc, séparés depuis l'an 1507 ou 1509 des seigneurs du Bosq, leurs aînés, et dont le dernier représentant mâle mourut vers 1794 ;

§ II. LES VICOMTES DE SOULANGIS, en Berry, BARONS D'HERRY, en Nivernais (issus, à la fin du XIVe siècle, des vicomtes de Fussy, leurs aînés), éteints au milieu du XVIe siècle ;

§ III. LES SEIGNEURS DE LA FRILLE ET DE DOBERT, MARQUIS DE FONTENAY-SUR-VÈGRE, en Berry et dans le Maine (issus, à la fin du XIVe siècle, des vicomtes de Fussy, leurs aînés), éteints dans les mâles en 1844, et d'où étaient sortis les seigneurs du La Paragère, de La Rouillonnière et de La Roche-Paragère, également éteints ;

§ IV. LES SEIGNEURS DE CROSSES, en Berry (issus, au XIVe siècle, des vicomtes de Fussy), s'éteignirent, comme les vicomtes de Soulangis, après cinq générations ;

§ V. LES MARQUIS DE LA CRESSONNIÈRE, BARONS DU PETIT-CHATEAU, en Poitou, dont le dernier mâle mourut en 1655, étaient issus, au XIVe siècle, des vicomtes de Fussy, leurs aîné.

L'orthographe du nom a subi beaucoup de modifications. On trouve indifféremment Bastart, Le Bastard, Bâtard, Batart, Bastard et de Bastard. Celte dernière orthographe est depuis plusieurs siècles exclusivement adoptée par les branches françaises.

Nos lecteurs voudront connaître l'histoire de toute la maison de Bastard pour se rendre compte de son importance et des services qu'elle a rendus ; mais ses diverses branches n'offrent pas un égal intérêt aux souscripteurs du Nobiliaire de Guienne et de Gascogne ; il en résulte pour nous le devoir de donner l'histoire assez complète des branches fixées dans notre province et de parler succinctement des autres.

I. BRANCHE AINEE.

§ I. SEIGNEURS DE BASTARDIÈRE-SUR-SÈVRE ET DU PÈLERIN-SUR-LOIRE, en Bretagne ;

§ II. VICOMTES DE FUSSY, SEIGNEURS DE SAINTE-SOLANGE, en Berry.

§ III. SEIGNEURS DE TERLAND ET DE MAULTROT, en Berry. – DU BOSQ, DE BRÉCHAN, BARTÈRE, ETC., BARONS ET COMTES D'ESTANG, en Armagnac.

La maison de Bastard a produit vingt-six générations depuis Richer ou Rahier, seigneur du fief de Bastardière-sur-Sèvre, chevalier, son premier auteur certain, né vers 980, mort avant 1062, jusqu'au chef actuel des nom et armes de Bastard. Les seigneurs de Bastardière el du Pèlerin ont continué jusqu'au dix-huitième degré et se sont éteints, au dix-neuvième, dans Préjente de Bastard, dame de Bastardière-sur-Sèvre, mariée en 1587 avec Isaac de Culant, comte et baron de Ciré, en Aunis.

Les vicomtes de Fussy, seigneurs de Sainte-Solange, éteints avant leurs aînés et commençant au huitième degré, ont continué jusqu'au seizième et se sont éteints au dix-septième dans Guillemette de Bastard, dame vicomtesse de Fussy, mariée d'abord vers 1517 à David de Lisle, archer de la garde écossaise du roi de France, d'une maison originaire de Glascow, puis vers 1550 à Jean de Coqueborne (de Cockborne, Cockburn), également archer de la garde écossaise.

Les seigneurs du Bosq, comtes et barons d'Estang, devenus les aînés au dix-neuvième degré par suite de l'extinction des seigneurs de Bastardière-sur-Sèvre, étaient sortis, au seizième, des vicomtes de Fussy, et restés possesseurs, en Berry, des seigneuries de Terland et de Maultrot ; ils sont arrivés aujourd'hui à la vingt-sixième génération dans la personne de M. Victor de Bastard, comte d'Estang, appelé le comte de Bastard, ancien député, ancien membre du Conseil général de Lot-et-Garonne, devenu chef des nom et armes de sa famille par suite du décès de son frère aîné, Dominique comte de Bastard, président de la Cour de cassation, pair de France, vice-président de la Chambre des pairs, grand officier de la Légion d'Honneur, mort le 25 janvier 1841, ne laissant qu'une fille, mariée le 18 juillet 1844 au fils aîné du duc des Cars.

§ Ier. SEIGNEURS DE BASTARDIÈRE-SUR-SÈVRE, DU PÉLERIN-SUR-LOIRE (3), DE L'ILE DE HER, DE BETHAVOLON, COUMAILLÈRE, SAVIGNÉ, SAINTE-SOLANGE-LÈS-BOURGES, LA GOHÉLIÈRE, LA LARGÈRE, LA PREUILLE, LAJON, LIVOIS, ETC. En Bretagne, Berry et Anjou.

I. Les seigneurs de Bastardière-sur-Sèvre, du Pèlerin-sur-Loire, etc., ont pour auteur certain Richer ou Rahier, chevalier, seigneur du fief de Bastardière-sur-Sèvre (ou Bastardière-en-Gorges), près Clisson, au comté nantais (Richerius, Raherius, dominus in feodo de Bastarderia, miles), né vers 980, mort avant 1062. (On peut le présumerais de Hoël II Bastard De Nantes, assassiné en 1005, comme Judicaël II Bastard de Nantes, sixième comte de Nantes, frère aîné dudit Hoël II.)

Une mesure agricole nommée l'arpent de Bastardière farpens de Bastarderia) indique quelle était alors l'importance de ce fief, le même que les descendants de Richer, chevalier, possédaient encore au XVIIe siècle. Richer est rappelé vers 1040 comme seigneur de Bastardière et bienfaiteur de Châteauceaux dans la charte de fondation de ce prieuré par Geoffroy Crispin, seigneur dudit lieu, contemporain d'Albert, célèbre abbé de Marmoutier (1054-64). Il avait affranchi de six deniers de cens, quatre pièces de terre qu'il possédait dans le fief dont il était seigneur…, in feodo de Bastarderia, quatuor athomos terrae, liberos et quietos, Richerius (alias Raherius), qui dominus erat quittavit…, sex denarios census. Cette donation de Richer est rappelée par Crispin, avec les donations de Gaudin de Clisson et de plusieurs autres chevaliers, milites. Une copie de cette charte, imprimée dans les Mémoires pour servir de preuves à l'Histoire de Bretagne, existe aux archives d'Angers et permet de rétablir le texte incomplet des Bénédictins. Richer était mort lors de la donation faite en 1062 par Roaud, son fils, au monastère de Saint-Cyr de Nantes.

Richer eut d'une femme dont le nom est inconnu :

1° Roaud Bastard, alias Roaud du Pèlerin, seigneur de Bastardière, qui suit ;

2° Candélabre (Candelaber), rappelé comme frère de Roaud dans la fondation du prieuré de Sainte-Marie du Pèlerin-sur-Loire (1049-50) ;

3° Imnoguent, sœur de Roaud, est nommée dans le même acte.

4° Orvale (Orvalis), sœur de Roaud, est nommée dans le même acte.

5° Cécile, sœur de Roaud, est nommée dans le même acte.

II. Roaud Bastard, alias Roaud du Pélerin, chevalier, seigneur de Bastardière-sur-Sèvre, de l'île de Her, et encore (du chef de sa femme) seigneur de la ville du Pèlerin-sur-Loire, très-noble chevalier, un des premiers de la patrie (Roaldus Bastardus, Rodaldus, Roaldus de Peregrino, nobilissimus miles, de primoribus patriae), né vers 1015-20, mort après 1090, fonde le prieuré de Sainte-Marie du Pèlerin-sur-Loire en 1049-50. Il est assisté de sa femme, de ses frères et de ses sœurs pour cet acte, passé en présence de Mathias, comte de Nantes, d'Ermengarde, sa femme, et d'Érard, évêque de Nantes, fondation qui a duré jusqu'à la Révolution de 1789.

Assisté de ses deux fils, Païen Bastard et Judicaël du Pèlerin, il donne le quart de l'ile de Her aux moines de Redon, en 1060 ; il fait, en 1062, en présence de Païen, Robert et Judicaël, ses fils, une donation au monastère de Saint-Cyr de Nantes pour la rédemption de son âme, pour celle de Richer, son père, décédé, et de Orhuande du Pèlerin, sa femme. Il donne, en 1090, aux moines de Marmoutier, l'église de Pontchâteau, aujourd'hui chef-lieu de canton du département de la Loire-Inférieure. Il est assisté dans cet acte d'Orvenen, sa seconde femme, et de Roger, son petit-fils. Il est enfin rappelé peu avant sa mort dans l'augmentation de l'église de Pontchâteau, avec ses deux fils Païen et Guillaume, Daniel, son neveu, et la famille de celui-ci. Il meurt sous l'habit de religieux.

Roaud Bastard ou Roaud du Pèlerin avait épousé en premières noces, vers 1040-49, Orhuande du Pèlerin, dame du Pèlerin-sur-Loire, dont les armes, d'or, au chevron d'azur, sont encore portées en Angleterre par les descendants de Robert Bastard, son second fils, et en secondes noces, avant 1090, dame Orvenen, dont le nom de famille est resté inconnu.

Il eut de Orhuande du Pèlerin, entre autres enfants :

1° Païen Bastard, alias Païen du Pèlerin, qui suit ;

2° Robert Bastard (Robertus Bastard), auteur des Seigneurs d'Elforde, de Bachestane, etc., au comté de Devon, en Angleterre, dont il sera question plus loin, aux branches cadettes vivantes, §III ;

3° Judicaël Bastard, appelé Judicaël du Pèlerin, Ier du nom (Judicaëlis de Peregrino), dit frère de Païen Bastard dans l'acte de donation de l'île de Her (1060), bienfaiteur de l'église de Donges (1070), l'un des barons nantais de la cour des ducs qui assistent aux dons d'Alain-Fergent à Nantes (1105) et à Marmoutier (1110). Il eut pour fils :

Simon Bastard, appelé Simon du Pèlerin, Ier du nom (Simon, filius Judicaëlis de Pereyrino), donateur de Sainte-Marie du Pèlerin, mort vers 1163.

4° (Suivant dom Galois), Normand Bastard (Normandus Bastardus), chevalier, puis moine à Redon, qui avait épousé avant 1101 Odicie, dite par Travers dame de condition, sa très proche parente (nam parentes proximi erant), et qui pourrait bien être Odicie Bastard de Bastardière, sa nièce, fille de Païen Bastard, alias Païen du Pèlerin, son frère ;

5° Pierre Bastard, appelé Pierre le Pèlerin ou du Pèlerin, Ier du nom, croisé en 1099, rappelé comme tel dans la liste des principaux croisés de la première croisade mentionnée par les chroniques, et dans la Noblesse de France aux Croisades, par P. Roger p. 180, dernière ligne, sous le nom de Pierre Le Pèlerin (Bongars).

III. Païen Bastard, alias Païen ne Pèlerin, chevalier, seigneur de Bastardière-sur-Sèvre et du Pèlerin-sur-Loire (né vers 1040-50, mort avant 1130), un des barons nantais de la cour des ducs de Bretagne, est encore témoin, comme baron nantais, aux donations d'Alain-Fergent et de Conan III à l'abbaye de Redon en 1112. La comparaison du texte de dom Lobineau et des deux chartes d'Alain et de Conan, données par ces auteurs et par dom Morice (Preuves citées, etc.), montre que les noms de Bastard et du Pèlerin appartenaient à la même famille : le premier était porté par les aînés, le second plus habituellement par les cadets.

Il était nécessaire d'entrer dans ces détails au début de cette généalogie, afin de montrer que dès le XIe siècle il y avait en Bretagne une famille d'ancienne chevalerie du nom de Bastard, se montrant à la cour des ducs de Nantes et ailleurs, avec tous les caractères d'une existence considérable.

Païen Bastard ou Païen du Pèlerin avait eu d'une femme dont le nom est inconnu, entre autres enfants :

1° Guillaume Bastard, seigneur de Bastardière, qui suit ;

2° Jehan Bastard (Johannes Bastard), témoin, en même temps que Guillaume de Clisson, à la permission donnée par Bernard de Machecou aux religieux de Saint-Martin de bâtir un bourg dans le même lieu ;

3° (Suivant dom Lobineau), Olivier Bastard, tué à Rezai le 16 décembre 1154, dans le parti d'Hoël II, fils de Conan III, et de Mathilde d'Angleterre :

Hugues Bastard, fils d'Olivier, combattait dans le parti contraire, pour le comte Eudon vicomte de Porrhoët.

IV. Guillaume Bastard ou Bastart, Ier du nom (Guillelmus Bastardus, Willelmus Bastart, Willelmus filius Pagani), seigneur de Bastardière-sur Sèvre, du Pèlerin-sur-Loire et de Coumaillère ou Cormaillère (4), coseigneur et patron de Savigné, né vers 1067-70, mort avant 1157, est nommé dans une charte de donation du prieuré de Saint-Florent-sous-Dol. Il fait lui-même, en 1130, donation aux chanoines de la Trinité de Clisson de divers droits dans le fief de Bastardière, et se trouve rappelé après sa mort dans diverses chartes de 1157, 1165 et 1184.

Guillaume avait épousé, vers 1190-95, Agnès, dite par dom Gallois de la maison de Clisson, éteinte dans la branche de Kerallio, en 1719. Il en eut au moins quatre enfants :

1° Rollon Bastard, seigneur de Bastardière, qui suit ;

2° Richard Bastard, auteur des Seigneurs de La Porte-au-Bastard et de Kerbiquet (Voyez ci-après, aux branches cadettes vivantes, § II) ;

3° Guillaume Bastard, qui assiste à la donation faite par son père en 1130. Il passe en Terre-Sainte et se trouve rappelé dans trois chartes de Baudoin II, roi de Jérusalem (1152-55-60), comme ayant possédé près de celte ville un bien, statio, franc et quitte de toutes charges (Cartulaire du Saint-Sépulcre, bibliothèque du Vatican, n°7.241). Ce cartulaire donne encore une charte du même roi, datée de l'an 1144, portant donation d'un casal appelé Thème, faite aux chanoines du Saint-Sépulcre, à laquelle un Girard Bastard assiste comme témoin. On ne connaît point les rapports de parenté qui existaient entre ce Girard et Guillaume ;

4° N... Bastard, mariée (vers 1130-35), avec Roger Bastard, nommé l'Anglais, rappelé avec elle dans la charte citée plus haut, de 1157, par laquelle, après indemnité déterminée pour chacun des membres de la famille de Guillaume Bastard, la terre de Coumaillère est attribuée à l'abbaye de Savigné (depuis Savigny). Un savant généalogiste regardait Roger Bastard comme étant seigneur d'Elforde, au comté de Devon, en Angleterre, et le disait fils d'autre Roger et petit-fils de Robert Bastard, ce dernier aussi seigneur d'Elforde, par donation de Guillaume le Conquérant, dont il était un des compagnons.

Vers ce temps-là vivait, frère ou cousin-germain des précédents, Pierre du Pèlerin, 3e du nom (Petrus Peregrini), croisé en 1147, rappelé par le père Goussencourt en ses Noms et armes des Croisés.

V. Rollon Bastard (Ruello ou Ruallo Baslardus, filius Guillelmi Basiardi), chevalier, seigneur de Bastardière-sur-Sèvre et du Pèlerin-sur-Loire, coseigneur de Coumaillère, né vers 1097, mort après 1157. Il est présent à la donation de son père à la Trinité de Clisson en 1130, et il est dépossédé par la charte de Raoul de Fougères (1157) en faveur des moines de Savigné, qui lui donnent quarante sous manceaux (cenomanenses) d'or. De son temps commence la querelle entre la France, la Bretagne et l'Angleterre, dans laquelle on verra tous les membres de la maison de Bastard, établis en Bretagne, se ranger du côté de la France.

Rollon épousa, vers 1124-30, Béatrix, dont on ignore le nom de famille, et qui était présente aux donations faites à Rillé en 1191. Il en eut, entre autres enfants :

1° Éon Bastard, seigneur de Bastardière, qui suit ;

2° Marie Bastard (Maria, plia Ruallonis Bastardi), dame en partie de Savigné, rappelée dans une charte de Raoul de Fougères (1163), confirmant une donation faite par elle et par Richard Bastard, son oncle, à l'abbaye de Savigné, de tous les droits que possédait dans la paroisse de ce nom Guillaume Bastard, leur père et aïeul paternel (Archives de l'empire, à Paris).

VI. Éon Bastard ou Eudon Bastard, Eudon Le Bastart, Eudon Le Bastard, très vaillant chevalier (Eudo Bastardus, strenuissimus miles), seigneur de Bastardière-sur-Sèvre et du Pèlerin-sur-Loire, du Bois-Bastard, près Rillé, né vers 1130-35, mort vers 1195-96. Compagnon de Raoul de Fougères, il prend part à la lutte de la Bretagne contre le roi Henri II d'Angleterre, assiste au combat livré près de Dol le 20 août 1173, où quinze cents hommes furent tués ; il y fut blessé et fait prisonnier, avec quinze autres des plus braves chevaliers, conduits à Pontorson et présentés au Roi d'Angleterre. Éon est rappelé comme bienfaiteur de l'abbaye de Saint-Pierre de Rillé, à laquelle il fait, en 1191, diverses donations, en mémoire de Rollon, son père, en présence de sa mère Béatrix, de sa femme Olive, de ses fils Jean et Robert, et de Geoffroi du Pèlerin, dont le degré de parenté n'est pas indiqué.

Éon Bastard épousa, vers 1160-65, Olive, dont on ignore le nom de famille. Il en eut, entre autres enfants, Jehan, qui suit :

VII. Jehan Bastard ou Le Bastard, Ier du nom, chevalier, seigneur de Bastardière-sur-Sèvre, du Pèlerin-sur-Loire et de Sainte-Solange-lès-Bourges (Johannes Le Bastard, Johannes de Sancta Solungia, miles), né vers 1161-65, mort avant 1231, était chevalier en 1207, année où il parait comme témoin à la fondation de la Primaudière, avec huit autres chevaliers. Il est rappelé à la Roche-sur-Yon, en 1215, dans une donation pour l'entretien du luminaire, et celte même année, assisté de ses enfants, il donne au prieuré de Sainte-Marie du Pèlerin divers droits audit lieu du Pèlerin, donations confirmées par Étienne de La Bruère, évoque de Nantes.

Après l'assassinat du jeune Arthur, duc de Bretagne, Jehan Bastard se réunit au roi Philippe-Auguste ; se rend, avec ses trois fils et l'un de ses cousins (Hervé Bastard, seigneur du Bois-Glé), à l'appel de ce prince lors de la campagne de Flandres, et combat près de lui à la bataille de Bouvines, le 27 juillet 1244. C'est à cette circonstance que le chevalier Gougnon d'Argenson, et après lui M. de La Cour, attribuent le changement qu'ont subi à ce moment les armoiries primitives des seigneurs de Bastardière, qui étaient une aigle, portée aussi par les comtes de Nantes, leurs auteurs présumés. Philippe-Auguste aurait concédé à Jehan Bastard et à sa famille le droit d'ajouter dans leur écu une fleur de lis de France (d'or sur azur), portée depuis lors mi-partie avec l'aigle (5). A propos du mi-parti, confondu souvent avec le parti, voyez ci-après, page 445, le blason des seigneurs de Bastardière et l'opinion de Palliot, qui fait connaître les armes des Bastard de Berry en sa Vraye et parfaite science des Armoiries, in-folio, 1664, au mot Mi-parti. Vers le même temps, la seigneurie de Sainte-Solange-lès-Bourges, en la septaine (banlieue), et plusieurs autres seigneuries de Berry, province alors réunie à la couronne (1217), furent données par le roi Philippe-Auguste à Jehan Bastard et à d'autres compagnons de guerre (Voyez aux vicomtes de Fussy). Jehan, dont les fils cadets s'établirent à Sainte-Solange, après la concession de ce fief, est rappelé avec eux après sa mort, en 1231, à l'occasion de l'obit (anniversaire) d'un chanoine nommé Gui, dans le cartulaire de Saint-Pierre-le-Puellier de Bourges (Archives du Cher). Le souvenir de cette migration de plusieurs familles de Bretagne en la province de Berry s'était conservé dans le nom de Vallée nantaise, encore donné, au commencement du XIVe siècle, à une partie du territoire de la paroisse de Sainte-Solange-lès-Bourges.

Jehan épousa, vers 1184, Jacqueline La Locette ou Lalouette, d'une famille de Bretagne, dont le sceau est donné par dom Morice, et qui devait avoir la seigneurie du fief de Lalouette (l'Alouette), en Maidon, près Clisson. Cette famille, établie plus tard en Berry, sous le même nom de La Loé, avait, par suite d'une concession royale dont la date est perdue, et qui se rapporte peut-être au fait de Bouvines, changé en trois fleurs de lis les trois étoiles qui chargeaient la fasce de son écu. La Thaumassière donne la généalogie des La Loé et dit qu'ils s'éteignirent dans les marquis de Saint-Gélais-Lusignan.

Jehan eut au moins trois enfants de son mariage :

1° Robert Bastard, Ier du nom, seigneur de Bastardière, qui suit ;

2° Étienne Bastard, auteur des Seigneurs de Sainte-Solange, Vicomtes De Fussy, seigneurs de Terland et de Maultrot, en Berry (Voyez à la branche ainée, § II) ;

3° Pierre Bastard du Pèlerin et de Sainte-Solange, Pierre du Pèlerin, IIIe du nom, (Petrus Peregrini, Stephanus et Petrus fratres, et filii quondam Bastardi de Sancta Solungia), écuyer, présent à la donation de 1215 à La Roche-sur-Yon. Il combat à Bouvines avec son père et ses frères, va, durant quelque temps, habiter le Berry, est nommé dans la charte de 1231 précitée, retourne ensuite en Bretagne, et lors de la croisade de 1249, passe, d'accord avec Olivier de Guite, Eudon Le Déan et Robert Courson, tous écuyers bretons, un acte de fret avec Huet, marinier de Nantes, capitaine du navire la Pénitence, pour les transporter de Limisso (Chypre), où ils étaient, à Damiette. Il est inscrit sous le nom de Pierre du Pèlerin dans les Galérien historiques du palais de Versailles et dans la Noblesse de France aux croisades, par Roger, p. 123 et 260. Il mourut en Terre-Sainte avant 1251.

VIII. Robert Bastard ou Bastart, Ier du nom de sa branche (Robertus Bastard), écuyer, seigneur de Bastardière-sur-Sèvre et du Pèlerin-sur-Loire, né vers 1185-90, mort après 1255. Écuyer dans les armées de Philippe-Auguste, il assiste, avec son père et ses frères, à la bataille de Bouvines (1214) ; est rappelé, en 1212, dans une charte de Juhel de Mayenne, comme ayant possédé des biens près de Dinan, et dans les lettres de l'évêque de Nantes de 1215. Olivier, sire de Clisson, s'étant croisé en 1218, fut suivi des chevaliers et seigneurs ses voisins, parmi lesquels Robert Bastard était l'un des plus proches. Il est le cinquième croisé breton fourni par les seigneurs de Bastardière et du Pèlerin (Voyez aux deuxième, quatrième et septième degrés).

Robert épousa, vers 1220, Jeanne de La Bouexière, que dom Gallois suppose de la même famille que Geoffroy de La Bouexière, nommé en 1193 dans l'Histoire de Bretagne, et qui était peut-être sa fille. On trouve aussi dans l'histoire des seigneurs de La Porte-au-Bastard et de Kerbiquet, que François de Bastard de Kerbiquet, appelé Monsieur De Kerbiquet, écuyer, seigneur de Kerbiquet et de Langouet, chef de sa branche au dix-huitième degré, épousa, avant le 9 mai 1525, Gillette de La Bouexière, dame du Tertre, en Cournon, fille de François et de Marguerite de La Bourdonnaye.

Robert eut de Jeanne de La Bouexière :

1° Huet Bastard, seigneur de Bastardière, qui suit.

Vers ce temps ont vécu et pouvaient être frère et sœur de Robert :

2° Guillaume Bastard, prieur de Feines (1218), ordre de Saint-Benoit, qu'un ancien travail disait à tort fils aîné de Robert ;

3° Anceline Bastard ou Bâtard, mariée en 1240 avec Antoine de Biré de Corau, seigneur de Corau, d'où descendent les comtes de Biré, encore existants à Nantes.

IX. Huet Bastard, écuyer, seigneur de Bastardière-sur-Sèvre, né vers 1230-35, mort après 1322, avant 1326, nommé dans l'État de ceux d'Anjou et du Maine, à l'occasion d'une discussion avec le comte d'Anjou, en 1314. Ses services sont rappelés en 1326, après sa mort, par le roi Charles IV, dont il était peut-être conseiller, comme son second fils Baour le fut plus tard.

Selon dom Galois, Huet aurait eu d'une femme dont le nom est inconnu :

1° Thomas Bastard, seigneur de Bastardière, qui suit ;

2° Baour Bastard, conseiller du roi Charles IV, dit le Bel, qui lui fit donation de divers biens au terroir de Saint-Loup, près de Bressuire, par lettres de mai 1326, conservées jusqu'à nous.

X. Thomas Bastard, chevalier, seigneur de Bastardière-sur-Sèvre, né vers 1270-80, mort le 25 juin 1340, commandait la nef Jésus-Christ, de Cherbourg, sous messire Huet Quieret, « chevalier du Roi et son amiral. » On a la preuve de ce fait par une quittance de 56 livres tournois, conservée en original, et que Thomas donne, scellée de son scel, le 14 mai 1340, pour la fourniture des vivres nécessaires à la nourriture de soixante hommes de son équipage pendant deux mois. Thomas est tué à son bord, à la bataille de l'Écluse, le 23 Juin suivant.

Après Thomas Bastard (dont on ne connaît pas la femme), les donations, rendues plus rares par l'affaiblissement du sentiment religieux, vont manquer, et, durant les onzième, douzième et treizième degrés, on n'aura plus guère de guide certain pour retrouver les aînés que des enquêtes et la possession non interrompue du fief de Bastardière-en-Gorge ou Bastardière-sur-Sèvre, comme on le nomme plus habituellement. Les travaux de dom Gallois et autres sur les maisons nobles de Bretagne, déposés à l'abbaye de Saint-Vincent du Mans, sous la garde de dom de Gène, et analysés dans le siècle dernier par M. de La Cour, généalogiste de la maison d'Orléans, s'arrêtent en ce qui concerne les seigneurs de Bastardière ; mais on a pu suppléer aux lacunes à l'aide des archives de Nantes, des registres du Parlement de Paris, des quittances et aveux de la Chambre des comptes et des revues des gens de guerre.

L'ordre des dates permet d'indiquer pour enfants de Thomas Bastard :

1° Robert Bastard, seigneur de Bastardière, qui suit ;

2° Robin Bastard ou Le Bastard, qui embrasse la cause de Charles de Blois. Il était archer sous Bonabes, sire de Rougé (Revue du 10 octobre 1331), et assiste à la journée de Mauron le 14 août de l'année suivante.

Vers ce temps-là vivait Thomas Le Bastard, ou Le Bastart et Le Batart, IIe du nom, appelé aussi Thomas de La Marche, chevalier, célèbre par un de ces combats singuliers, fréquents au XIVe siècle, et auxquels les gentilshommes bretons prirent une part glorieuse. Thomas Bastard, chevalier français, autorisé par un sauf-conduit du roi Édouard III, en date du 24 juin 1350 (Thomas Bastard, miles, de Francia veniens in Angliam), était passé de France en Angleterre avec trente hommes, trente chevaux et les gens de service nécessaires, pour se battre en duel contre Jean Viscontes, chevalier anglais, qui l'avait accusé d'avoir connu un complot ayant pour but de faire prisonnier Louis d'Aragon, roi de Sicile, alors devant Catane avec son armée ; de tuer Henri de Clermont, son grand justicier ; et de ne pas le leur avoir révélé, quoiqu'il fût à leur service, et encore d'avoir écrit des lettres inexactes sur ce fait et d'avoir été trois mois sans les faire parvenir à leur destination. Le 16 juillet 1350, le duc de Normandie, qui devint bientôt le roi Jean, avait fait compter par Simon Bracque, son trésorier, cent écus à Thomas Le Bastard, chevalier, pour l'aider à préparer le champ de bataille que ledit chevalier avait entrepris de faire en Angleterre. Le combat eut lieu en présence du roi Édouard III et de toute la cour, le 12 octobre. Jean Viscontes fut vaincu, et ne dut la vie qu'à l'intervention d'Edouard, qui ordonna de séparer les combattants. Le même jour, ce prince fit délivrer au vainqueur de nouvelles lettres, contenant le récit du combat et des faits qui l'avaient amené, et attestant le courage et l'honneur du chevalier français. Dans ces lettres, Thomas est ainsi désigné : Thomas de la Marche Bastardus de Francia, nuncupatus miles.

Thomas Bastard eut pour fils :

Pierre Bastard, damoiseau, dont la postérité est ignorée (6).

XI. Robert Bastard, Le Bastard ou Le Batart, IIe du nom, écuyer, seigneur de Bastardière-sur-Sèvre, né vers 1310-15, mort vers 1361-64, fils ou neveu du précédent, embrasse, entre les deux prétendants au duché de Bretagne, le parti de Charles de Blois, soutenu par la France, contre Jean de Montfort, appuyé par l'Angleterre ; sert avec Jehan Bastard, seigneur de La Porte-en-Guer, dans la compagnie de Pierre Angier, sous les ordres du vicomte de Melun, lieutenant du Roi ès-parties de Bretagne (Revue d'Angers, 18 octobre 1331). Il assiste à la funeste journée de Mauron (1352) el fait partie de la garnison de Redon en 1355.

L'ordre des dates peut faire attribuer à Robert Bastard pour fils ou pour neveu Guillaume, qui suit :

XII. Guillaume Bastard ou Le Bastard, IIe du nom, écuyer, seigneur de Bastardière-sur-Sèvre ou de La Bastardière, selon la nouvelle manière d'écrire, né vers 1555-40, mort vers 1580, suit, comme son père, le parti de Charles de Blois ; sert en qualité d'écuyer dans la compagnie de messire Charles de Beaumont (Revue de Château-Gontier du 13 juillet 1355), et à la bataille de Poitiers le 19 septembre 1356. Quelques années après, il est nommé capitaine de Saint-Aubin, sous Amaury de Craon, IIIe du nom, lieutenant du Roi dans l'Anjou et le Maine. Il donne quittance de ses gages et de ceux de huit écuyers et six arbalétriers de sa compagnie le 25 juin 1365, et faisait encore partie de la compagnie du connétable du Guesclin à la revue passée à Caen le 1er décembre 1370.

L'ordre des dates permet d'indiquer comme enfants de Guillaume :

1° Jehan Bastard, IIe du nom, seigneur de La Bastardière, qui suit ;

2° Richart Bastard ou Bastart, chapelain de la chapelle de Notre-Dame, au château de Cherbourg, peut-être en souvenir de la mort glorieuse de Thomas Bastard, chevalier, son bisaïeul (Voir page 407). Richart est rappelé dans divers arrêts du Parlement de Paris (1415) à l'occasion de cette chapelle;

3° Guillaume Bastard, appelé La Bastardière, chevalier de Rhodes en 1409, mentionné dans les manuscrits de l'ancien prieuré de Saint-Martin-des-Champs, à Paris. « Il portait : D'or, à une demi-aigle de sable, et d'azur, à une demi-fleur de lis d'or, à l'écusson d'hermines en abîme. Meurt en 1444. »

XIII. Jehan Bastard, Bastart et Bâtard, IIe du nom, écuyer, seigneur de La Bastardière-sur-Sèvre, né en 1376, mort avant 1450, fils ou neveu du précédent, parait dans une enquête faite à Clisson le 25 janvier 1422, à l'occasion de divers droits que le nouveau seigneur de Clisson prétendait exiger des habitants. Treize témoins comparaissent, et parmi eux on distingue Bertrand de Dinan, maréchal de Bretagne (Archives de Nantes). Jehan Bastard est dit dans cet acte âgé d'environ 45 ans. Il est encore rappelé soixante-dix ans après sa mort, le 16 juin 1520, avec ses enfants et ses petits-enfants, dans une autre enquête sur la noblesse de ses arrière-petites-filles. On y dit « que la maison à laquelle il appartenait avait de tout temps été réputée noble, et que ses membres avaient toujours vécu en vrais gentilshommes ; que leur nom était Bastard, non pour être bâtards ou avoir dans la lignée intermixtion de bâtardise, mais parce que c'était leur véritable nom de famille, et celui de La Bastardière le nom de la maison où ils demeuraient. » Cette enquête, de 1520, dont l'analyse est conservée aux Manuscrits de la Bibliothèque impériale, à Paris, fait connaître quatre générations.

Jehan avait épousé damoiselle Jehanne de La Rivière, qui devait être fille de Jehan, écuyer de la compagnie de Bertrand du Guesclin, et de Marguerite de Beaumanoir. Jehan de La Rivière appartenait aux seigneurs de Puy-Vergennes, établis en Bretagne et en Anjou, encore existants sous Louis XV.

Jehan Bastard eut de Jehanne de La Rivière :

Jehan Bastard, IIIe du nom, seigneur de La Bastardière, qui suit.

Vers le même temps vivaient et pouvaient être frères ou cousins germains du précédent :

1° Guillaume Bastard ou Le Bastard, Ier du nom, capitaine d'une compagnie d'hommes d'armes, accompagne Tanneguy du Ghastel dans une descente en Angleterre, près d'Yarmouth, en 1404 ; assiste à la bataille d'Azincourt le vendredi 25 octobre 1415, et revient à Paris, où il se trouvait le 21 novembre, passe la revue de sa compagnie le 21 janvier 1415 (v. st.), et donne quittance du prêt de ses gages, qu'il scelle des armes de sa famille (Revues) ;

2° Guillaume Bastard ou Le Bastard, IIe du nom, écuyer de la compagnie de Jehan Aimery, chevalier bachelier, et de son successeur, Jehan de Rousserf, servant à Paris sous Tanneguy du Chastel (Revues du mars 1415 et du 1er septembre 1416). Il revient ensuite en Bretagne, et se trouve rappelé, dans le compte de Jehan Mauléon, parmi les hommes d'armes et gentilshommes désignés pour accompagner en France monseigneur Richard de Bretagne (1419) ;

3° Georges Bastard, ou Le Bastard, est nommé parmi les gentilshommes bretons qui s'attachent au service du roi Charles VI et de monseigneur de Guienne, alors dauphin, et il sert comme homme d'armes sous Lancelot Goyon, en la compagnie d'Yvon de Kermengui (Revue de Gien-sur-Loire, 6 mars 1418) ;

4° Henri Bastard ou Le Bastard, écuyer, fait partie, en 1426, des gens d'armes et de trait sous Gui, sire de Grave de Montfort (Revue du 22 mai).

XIV. Jehan Bastard, Bastart ou Batard, IIIe du nom, appelé Monsieur de La Bastardière, écuyer, seigneur de La Bastardière-sur-Sèvre et (du chef de sa femme) seigneur de La Gohélière et de La Largère, en Saint-Germain-en-Mauge, près de Montfaucon, né vers 1399-1400, mort avant 1460. Sa filiation et celle de ses enfants est donnée dans l'enquête de 1520, citée au degré précédent, et il est rappelé en 1450 dans les registres et aveux de la Chambre des comptes, à l'occasion de l'hommage de la terre de La Gohélière, de laquelle dépendait un grand nombre de fiefs et de vassaux. Le seigneur de La Gohélière devait quarante jours de garde au château de Montfaucon.

Jehan avait épousé en 1420 Jehanne du Butay de La Gohélière, dame de La Gohélière et de La Largère, en Saint-Germain-en-Mauge, d'une famille originaire de Bretagne, dont le nom figure dans le grand catalogue des chevaliers de Malte et dans les Noms féodaux de Bettancourt.

Jehan Bastard était, en 1447, seigneur de La Herpinière, en la paroisse de Loroux-Bottereau (E. de Cohndmer, Essai sur le Dictionnaire des terres et des seigneuries comprises dans l'ancien comté Nantais, p. 456).

Jehan eut de son union avec Jeanne du Butay :

1° Jehan Bastard, IVe du nom, seigneur de La Bastardière, qui suit ;

2° Guillaume Bastard ou Bâtard, appelé Monsieur de La Preuille, seigneur de La Preuille, en Saint-Hilaire de Lonlay, près Clisson, de Logerie et de La Pernardière. Il était mort en 1512, et fut enterré en l'église de Saint-François de Clisson, où il était représenté couché sur son tombeau. Ses armes sont : Une aigle, mi-partie d'une fleur de lis, supportées par deux griffons. Il est nommé comme étant le second fils de Jehan III Bastard, seigneur de Bastardière, dans l'enquête de 1520.

Il avait épousé, le 24 août 1460, Jeanne Houst de La Preuille, dame desdits lieux de La Preuille, de Logerie, de La Pernardière, fille de nobles Jehan Houst et Catherine Box, sieur et dame desdits lieux. Jeanne Houst de La Preuille épouse en secondes noces Pierre Gourdeau, écuyer, dont elle était veuve en 1516. Elle fut inhumée en 1517 à Saint-François de Clisson, ne laissant de son mariage avec Guillaume Bastard qu'une fille :

Françoise Bastard ou Bâtard, appelée Françoise de La Bastardière, dame de La Preuille, qui épouse en 1500 magnifique seigneur César-Arborio de Gattinara, chevalier, par création de l'empereur Charles-Quint, et comte de Sartirane, au diocèse de Pavie; il était frère du cardinal Gattinara, chancelier de l'Empire et fils do Paulin-Arborio Gattinara et de noble dame Félicité Ronza.

La Preuille appartient aujourd'hui, par succession des Gattinaires (sic), seigneurs de La Preuille, et des Paris de Soulanges, leurs héritiers, au comte Dominique de Nacquart. C'est le lieu qui a servi de premier point de repos à S.A.R. madame la duchesse de Berry lors de son entrée en Vendée, le 17 mai 1832. De là, elle est repartie sous le nom de Petit-Pierre pour affronter tant de périls et tant de malheurs. Le château renferme encore les archives des familles qui l'ont successivement possédé.

Vers le même temps vivait et pouvait être frère des précédents :

Dom Jeannot Bastard ou Le Bastard, religieux de Marmoutier et procureur ou gouverneur de Saint-Jean-de-Châteauceaux, en février 1471, pour l'abbé de son ordre (Aveu au duc de Bretagne).

XV. Jehan Bastard, IVe du nom, appelé Monsieur de La Bastardière, écuyer, seigneur de La Bastardière-sur-Sèvre et (du chef de sa mère) seigneur de La Gohélière et de La Largère, en Saint-Germain-en-Mauge, né vers 1426-30, mort avant 1474, succède avant 1460 aux terres de sa famille ; il rend aveu le 9 juin 1466 à René, duc d'Anjou, châtelain de Montfaucon, pour La Gohélière, qui en relevait noblement, et parmi les vassaux dudit seigneur de Bastardière figurent Guy de Montfaucon, chevalier, François de La Jarie et autres, qui lui devaient foi et hommage pour diverses terres relevant de La Gohélière.

M. Ernest de Cornulier rapporte à la page 59 de son Essai sur le Dictionnaire des terres et des seigneuries comprises dans l'ancien comté nantais que Jehan Bastard était seigneur de Bastardière, en la paroisse de Gorges, en 1450.

Le 1er décembre 1466, Jehan IV Bastard, seigneur de La Bastardière, de La Gohélière, de La Largère, etc., passe un acte de partage avec Guillaume Bastard, seigneur de La Preuille, son frère puîné, relativement à la succession de Jean III Bastard, écuyer, seigneur de Bastardière, leur père, et de Guillemette du Bulay, leur tante maternelle, mariée à Pierre Grimaut, chevalier, seigneur de Plessis-Goureau. Jean IV est assisté à cette transaction de Georges Bastard, son fils aîné, qui garantit les promesses faites par son père audit Guillaume, seigneur de La Preuille, son oncle.

Jehan avait eu d'une femme dont le nom est inconnu, Georges, qui suit :

XVI. Georges Bastard ou Bastart, Ier du nom, appelé Monsieur de La Bastardière, écuyer, seigneur de La Bastardière-sur-Sèvre, de La Gohélière et de La Largère, et (du chef de sa femme) de Lajon, en Maidon, né vers 1445-46, mort après 1499. Il était homme d'armes ; fut commis à la garde de Clisson (1464-65), et servit comme archer dans la compagnie du sire de Lescun, depuis comte de Commingos (Revue de La Guerche du 19 octobre). En sa qualité de seigneur de La Bastardière, il est nommé le 10 février 1484 par François II, duc de Bretagne, dans le mandement relatif à la ville de Clisson, par lequel il est ordonné audit seigneur de La Bastardière d'être prêt à voyager avec le duc « en habillement de guerre. »Il rend divers aveux en 1471, 1494 et en 1499 au roi Louis XII, seigneur de Montfaucon. On ignore l'année de sa mort.

Georges Ier Bastard, dont les frères ne sont pas connus, était le fils aîné de Jehan IV Bastard, seigneur de Bastardière, le petit-fils de Jehan III Bastard, seigneur de Bastardière, et le neveu de Guillaume Bastard, seigneur de La Preuille, nommés tous les quatre dans l'acte précité du 1er décembre 1466 (Voir à l'article de Jehan IV). Il est mentionné par M. Ernest de Cornulier, ouvrage cité, pages 456 et 290, comme étant seigneur de La Herpinière, en la paroisse du Loroux-Bottereau, en 1467, et seigneur de Bastardière-en-Gorges, en 1468.

Georges épouse avant 1471 Guillemette L'enfant de Patrière, dame de Lajon, qui devait être fille de Guillaume, seigneur de Patrière et de Cimbré, lieutenant-général sur le fait de la gendarmerie, et de Isabeau de Brée. La maison l'Enfant de Patrière, des plus anciennes et des plus nobles de l'Anjou, s'est divisée en quatre branches, auxquelles les auteurs attribuent quatre blasons différents. Les seigneurs de Patrière jouissaient, dans certains cas, du droit de faire grâce aux chaudronniers condamnés à mort ; aussi les chaudronniers, qui passaient à deux lieues du château, étaient-ils obligés d'aller demander s'il n'y avait rien à raccommoder, et d'attacher une pièce de bois, avec trois clous, à la grand'pile du pont-levis. Cet usage se pratiquait encore en 1659.

Les armes de Georges de Bastard, seigneur de La Bastardière-sur-Sèvre, de La Gohélière, de La Herpinière, etc., se voyaient encore, au dernier siècle, telles qu'elles sont représentées dans la gravure suivante, à la chapelle des Bastard, dans l'église Saint-François de Clisson, aujourd'hui détruite.

Georges Bastard eut de Guillemette l'Enfant de Patrière :

1° François Bastard ou Bâtard, appelé Monsieur de La Bastardière, écuyer, seigneur de La Bastardière-sur-Sèvre et de La Largère, en Saint-Germain-en-Mauge, né vers 1475-80, mort après 1543, rend hommage pour le fief de La Largère en 1529, et le cède peu après à Guillaume, son frère, que l'on trouve nommé en 1541 seigneur de La Largère et de La Gohélière, en Saint-Germain. François avait embrassé l'état ecclésiastique ; on l'apprend par l'enquête déjà citée de 1520, qui avait pour but de constater la noblesse des Bastard, des Gattinaire (sic) et autres, leurs alliés, et l'on dit à la fin que « François Bastard, prêtre, écuyer, seigneur de La Bastardière, chanoine de Saint-Malo-en-l'Isle, » y était présent, quoique engagé dans les ordres sacrés et qualifié de maître par ce motif dans les aveux des seigneurs de Clisson (1522 et 1544), dont il était un des « hommes de foy. » Il n'en était pas moins tenu au devoir féodal, comme seigneur de fief mouvant immédiatement de la couronne. Aussi est-il compris, le 28 mai 1543, en sa qualité de seigneur de La Bastardière, dans le réle de la garnison noble de Nantes, par suite de l'appel fait à toute la noblesse de la province (Archives de Penthièvre, dans les historiens de Bretagne). Il était mort avant le 6 avril 1556, époque où Georges Bastard, 2e du nom, son neveu, était en possession du fief de La Bastardière ;

2° Guillaume de Bastard, seigneur de La Largère, puis de La Bastardière, dont l'article suit ;

Vers le même temps vivait et pouvait être frère ou cousin-germain des précédents :

Georges Bastard, écuyer, qui s'attache à la maison de Lorraine, à laquelle Yolande d'Anjou avait porté ses droits sur le duché de Lorraine. Il fut un des archers des cent lances fournies de la compagnie d'Antoine, duc de Lorraine, dont Bayard était lieutenant ; combattit à Agnadel en 1507, à Marignan (1515), fut présent à la revue de sa compagnie, passée dans la ville d'Arcis-sur-Aube le 27 novembre 1525. On ignore l'époque de sa mort.

XVII. Guillaume de Bastard ou Guillaume Bastard, appelé Monsieur de La Largèbe, écuyer, seigneur de La Gohélière, de La Largère et (du chef de sa femme) seigneur de Livois, de Saint-Germain-en-Mauge, de Bouhardi, de Levantard, de La Terronnière, de La Rochelière, en la même paroisse de Saint-Germain, près Montfaucon, né vers 1485, mort avant 1550, était le second fils de Georges Bastard, seigneur de La Bastardière, et de Guillemette l'Enfant de Patrière. Il est souvent rappelé, avec sa femme, dans les terriers de Livois et de Montfaucon, sauvés de l'incendie qui a dévoré les anciens titres de ces seigneuries ; mais il n'a jamais possédé le fief de La Bastardière, étant mort avant son frère.

Guillaume épousa (vers 1510-15) Catherine Gouro de Livois, dame de Livois, de Saint-Germain-en-Mauge et autres lieux désignés ci-dessus, fille de Pierre, seigneur de Livois, et de Jehanne Rogon, familles d'ancienne chevalerie, existant encore en Bretagne lors de la réformation de 1669. Catherine Gouro avait fondé, le 24 janvier 1560, en la chapelle de Saint-Germain, la chapellenie de Sainte-Catherine de Livois, et renouvelé celle de Saint-Jean de La Largère, établie par son père en 1482. Le château de Livois n'existe plus ; quelques restes seulement en attestent encore l'existence.

Guillaume Bastard eut de Catherine Gouro de Livois :

Georges Bastard, IIe du nom, seigneur de La Bastardière, qui suit.

Vers ce même temps vivait et pouvait être frère du précédent :

François Bastard, curé de Gastigné, près Clisson, rappelé le 26 mars 1605 dans l'hommage du comte des Vertus.

XVIII. Georges Bastard ou Batart, IIe du nom, appelé Monsieur de La Bastardière, écuyer, seigneur de La Bastardière-sur-Sèvre, de Livois, de Saint-Germain, de La Gohélière et de La Largère, né vers 1514-16, mort vers 1580. Il figure, le 6 avril 1556, comme seigneur de La Bastardière, parmi les « hommes de foy de la cour de Clisson. » (Aveu du comte des Vertus). Lui-même rend aveu pour La Largère (5 avril 1559), pour La Gohélière (15 juin 1564 et 20 octobre 1574) et pour Livois (15 juin 1564). Il avait été commis à la garde de Clisson, sous René de Bussy, capitaine de cinquante hommes d'armes, gouverneur de cette place en 1558, vers le temps où les garnisons des villes du littoral, rassemblées par le duc d'Etampes, repoussèrent les tentatives de descente des Anglais sur les côtes de Bretagne. Il se trouve rappelé, cent quarante-sept ans après sa mort, dans un état des rentes de la seigneurie de La Bastardière, dressé en 1727, et encore conservé au château de Saint-Denis-sur-Loire, près de Blois, appartenant au comte de Beaucorps-Créqui.

Georges II Bastard eut d'une femme dont le nom a échappé jusqu'à présent à toutes les recherches :

Préjente de Bastard, dame de La Bastardière, qui suit :

XIX. Prejente de Bastard ou Prégente et Prejante Bastard, dame de La  , de Livois, de Saint-Germain-en-Mauge, de La Largère, de La Gohélière, en la même paroisse de Saint-Germain, près de Montfaucon, et de Pimpucel, en Bretagne, née vers 1560-65, morte avant le 5 novembre 1605. Elle avait hérité de tous les biens de sa famille, et elle est rappelée dans les aveux du comte des Vertus, en date des 7 février 1580 et 26 mars 1605. Un acte du 15 mai 1605 porte qu'elle résidait alors au château de Bastardière, en la paroisse de Gorges, près Clisson. Par son testament, fait à La Rochelle le 31 septembre 1605, elle avait donné à sa fille puînée 42.000 livres venant de l'aliénation de la terre de Pimpucel. Le père Arcère la rappelle, avec son père et son mari, dans l'Histoire de la ville de La Rochelle, in-4°.

Préjente de Bastard avait épousé, par contrat passé à La Rochelle le 26 septembre 1587, Isaac De Culant De Cibé, comte et baron de Ciré, en Aunis, fils d'Olivier et de Françoise de La Roche-Beaucourt, dont la mère était une Rochechouart. Isaac et Préjente curent deux filles, qui s'allièrent aux Magné, marquis de Sicogne, et aux Blois-Roussillon. De l'aînée, Suzanne de Culant, sont issus les seigneurs successifs de La Bastardière, dont on trouve ainsi la série non interrompue pendant vingt-neuf générations, dans les maisons de Bastard, de Culant, de Magné, de Gombaud, de Roquefeuil et de Beaucorps, comtes et marquis de Beaucorps. Nous allons voir au 4e degré des vicomtes de Fussy (§ IIe de la branche ainée) qu'une première alliance avait eu déjà lieu entre les Culant et les Bastard.

Armoiries : Les seigneurs de Bastardière portaient dans l'origine : D'or, à l'aigle d'empire, et depuis la concession d'une fleur de lis de France : D'or, à l'aigle d'empire, mi-parti d'azur, à la fleur de lis d'or ; autrement dit : Mi-parti d'empire et d'une fleur de lis de France. Le libellé des armes emporte ainsi la double démonstration des armes primitives, l'aigle des comtes de Nantes et de la concession héraldique ; car, dit Palliot en sa Vraye et parfaite science des Armoiries, in-folio, 1664, p. 458, « Mi-parti s'entend d'un escu qui est parti (c'est-à-dire) composé de deux armoiries, et qu'en chaque parti (ou côté), il n'y a que la moitié des pièces ou figures de chaque armoirie qui paraisse, la moitié des figures de dextre se perdant au senestre, et la moitié des figures de senestre se perdant de même au parti de dextre. » Et, entre autres exemples, il fournit les armes des Bastard, à Bourges, et celles des Goulaine, en Bretagne, qui portent aussi par concessions royales : D'Angleterre, mi-parti de France. Les auteurs modernes confondent sans cesse le mi-parti avec le parti ; ce dernier mot doit s'entendre de deux armoiries complètes, placées à coté l'une de l'autre dans le même écu. Quant à la définition d'empire, au lieu d'or, à l'aigle éployée de sable, voyez le même auteur, p. 38, 1. 37, et pour la fleur de lis de France, p. 254, 1, 17.

BRANCHE AINÉE.

§ II. VICOMTES DE FUSSY, SEIGNEURS DE SAINTE-SOLANGE-LES-BOURGES, L’ARPENT-AUX-LOMBARDS, TERLAND, SAINT-GERMAIN-DES-BOIS, MAULTROT, ETC., ETC., en Berry (issus des SEIGNEURS DE BASTARDIÈRE-SUR-SÈVRE, en 1190), éteints avant 1498.

Sorlis de Bretagne après la bataille de Bouvines (1214), les seigneurs de Sainte-Solange-lès-Bourges, vicomtes de Fussy, en Septaine, et de Soulangis-sous-Ies-Aix, seigneurs de l'Arpent-aux-Lombards, de Crosses, du Breuilhet, des moulins de Vouzé, dits les Moulins-Bastard, de La Retourne, des cens de Machereau, de La Frille, de Terland, de Boismort, de Saint-Germain-des-Bois, etc., en Berry et en Bourbonnais, ont eu trois siècles d'existence. Ils ont produit plusieurs branches établies en Guienne et Gascogne, en Berry, au Maine et dans le Poitou, et en particulier les seigneurs du Bosq, représentés de nos jours dans notre province par les comtes de Bastard d'Estang, aînés actuels de leur maison, et par le baron de Bastard-Saint-Denis. On a vu au septième degré comment, à la suite du don de Sainte-Solange, en la Septaine de Bourges, le deuxième fils de Jehan Bastard, Ier du nom, alla s'établir dans la Vallée nantaise, nom encore donné, au XIVe siècle, pour les motifs énoncés plus haut, à une partie du territoire de la paroisse de Sainte-Solange. Les services rendus à la monarchie par les vicomtes de Fussy, notamment durant le règne de Charles VII, fourniraient matière à de longs développements que le manque de place nous interdit. Il suffit d'ajouter que de nouvelles concessions héraldiques, ci-après rapportées, en furent la récompense.

L'examen des titres domestiques est l'objet principal et presque exclusif de ce travail. On doit cependant faire ici remarquer, pour n'y plus revenir, combien l'histoire générale appuie l'histoire privée des familles ; elle fournit, par exemple, l'explication naturelle de la migration d'un cadet de Bastardière du comté nantais en Berry. En effet, l'expédition de Philippe-Auguste, en faveur du jeune duc Arthur, avait établi des rapports directs entre ces deux provinces, et leurs historiens nous apprennent simultanément que le roi de France se trouvait entouré, « à l'ost qu'il tint à Nantes pour les fêtes de Pâques », des seigneurs du comté nantais, et nominativement des seigneurs de Clisson et de ceux des fiefs environnants ; comme des seigneurs qui l'avaient suivi de l'Ile de France, de Berry, etc. Au milieu d'eux se distinguait, par son rang autant que par sa valeur, Hélie, seigneur de Culant, que nous allons voir le beau-frère d'Etienne de Bastard, seigneur de Sainte-Solange-lès-Bourges, et dont le roi récompensa bientôt après les services par le don de la châtellenie de Vierzon. De même, Étienne de Saint-Palais obtint la châtellenie de Charenton, également en Berry ; il en fut ainsi pour les Bastard et pour plusieurs autres qu'il est inutile d'énumérer. Les rapports formés durant la guerre entre Hélie de Culant et Étienne de Bastard, bientôt cimentés par un mariage, expliquent encore mieux le fait historique du nouvel établissement dans la Vallée nantaise de Berry.

VIII. Étienne de Bastard, alias Étienne Bastard de Sainte-Solange (Stephanus Bastardi, Stephanus Bastardi de Sancta Solungia, armiger), écuyer, seigneur de Sainte-Solange-lès-Bourges (en la Septaine), du Buisson-Guillot, du fief et maille de Billeron et de Villemont, en Sainte-Solange, né vers 1490, mort après 1269, était fils de Jehan Bastard, 1er du nom, en Bretagne, chevalier, seigneur de Bastardière-sur-Sèvre, du Pèlerin-sur-Loire et de Sainte-Solange-lès-Bourges, dont il a été question au septième degré (page 405), et de Jacqueline de La Louette (La Loë, l'Alouette). Il suivit son père à l'armée de Philippe-Auguste, et combattit près de lui à Bouvines, le 27 juillet 1214. Étienne de Bastard succède, à la mort de son père (1231), à la seigneurie de Sainte-Solange, en Berry ; il alla s'y établir, et le nom de Sainte-Solange, joint pendant cent cinquante ans à celui de Bastard, est un signe certain, à cette époque, de possession seigneuriale. Témoin, en Bretagne, aux donations faites par son père, en 1215, au prieuré de Sainte-Marie du Pèlerin-sur-Loire, il fonde lui-même, en 4256, et renouvelle en 1260, en mémoire de Jacqueline de La Louette, sa mère, décédée veuve de Jehan, vivant seigneur de Bastardière, un obit en l'église de Saint-Pierre-le-Guillard, à Bourges. Cet anniversaire était rappelé en un ancien obituaire, encore existant à Bourges du temps du chevalier Gougnon d'Argenson, qui en parle en ses manuscrits. « C'est à la piété de leurs ancêtres, dit à ce sujet La Cour, généalogiste de la maison des ducs d'Orléans, c'est ù leurs fondations pieuses que les plus nobles familles ont dû de pouvoir, dans des temps aussi obscurs, établir leur existence et leur filiation... »

Plusieurs autres cartulaires des anciennes églises de Berry parlent encore d'Étienne de Bastard. En 1231, il est nommé, avec son père, alors décédé, et avec son frère Pierre, dans le cartulaire de Saint-Pierre-le-Puellier ; en 1237, dans ceux de l'abbaye de Saint-Ambroise-lès-Bourges ; et, en 1269, dans ceux de l'église métropolitaine de Saint-Étienne de cette ville. Il mourut peu après, et se trouve rappelé, en 1366-67, dans la pancarte des droits dus à Saint-Pierre-le-Guillard. Tous ces actes existent encore à Bourges (Archives du Cher).

Étienne épousa, vers 1223-1230, Béatrix de Culant, rappelée avec lui dans un acte de 4260. Elle était sœur d'Hélie de Culant, dont il vient d'être question, fille de Renoul, Ier du nom, baron de Culant, et petite-fille de Guillaume II de Blois et de Sully (dont les auteurs étaient comtes de Blois et de Champagne), et qui fut sire de Culant, du chef de sa femme, dame Béatrix, héritière de Culant. Elle appartenait à cette illustre race qui a fourni presque en même temps, au XVe siècle, Philippe de Culant de Jaloignes, capitaine de la Grosse-Tour de Bourges, maréchal de France, en 1441 ; Louis de Culant, amiral, en 1422 ; Charles de Culant, grand-maître de France, et dont la branche aînée, qui posséda Sainte-Solange-lès-Bourges après les Bastard, s'est éteinte au milieu du XVIIIe siècle. On a vu au dernier degré des seigneurs de Bastardière qu'Isaac de Culant, comte de Ciré, en Aunis, épousa en 1587 la dernière des Bastard de la branche ainée de Bretagne, et devint par ce mariage seigneur de Bastardière-sur-Sèvre. Étienne de Bastard eut de Béatrix de Culant :

1° Pierre de Bastard, seigneur de Sainte-Solange, qui suit ;

2° Robert Bastard de Sainte-Solange (Ier du nom), fondateur d'un obit à Saint-Pierre-le-Guillard, en 1300.

IX. Pierre De Bastard, alias Pierre Bastard de Sainte-Solange et de Fussy, Ier du nom, en Berry (Petrus Bastard, Petrus Bastardi de Sancta Solungia), seigneur de Sainte-Solange et (du chef de sa première femme) premier vicomte de Fussy, en Berry, et encore (du chef de sa seconde femme) seigneur de Crosses, du Breuilhet, d'Aubigny, de Savigny, en partie de Vouzé-sur-Èvre, des moulins de Vouzé, appelés les Moulins Bastard, de Pierrelé et de Luet, en Saint-Ursin, né vers 1230, mort avant 1300. Pierre vécut au temps des expéditions de saint Louis ; mais sa vie publique est inconnue. Il fonde à Saint-Pierre-le-Guillard un obit en mémoire de son père (1265), est nommé dans un litre relatif à Sainte-Solange (1298), conservé au château de Fussy, et dans la pancarte de Saint-Pierre-le-Guillard (1366-67).

Il épousa Agnès Pot, vicomtesse de Fussy, d'une branche cadette des Pol, seigneurs de Rhodes et de Chémaut, et en deuxièmes noces (vers 1265-70) Louise Pellorde, dame de Crosses, fille d'Étienne, seigneur de La Voûte, de Crosses, etc., des premiers vicomtes de Coulogne, alliés cinq fois aux Bastard, vicomtes de Fussy. Denis Catherinot, en son Escu d'alliance (in-4°, 1680), donne dans un même écu, coupé en bannière, les armoiries des Pellorde avec celles des Bastard et des Le Roy, marquis de Saint-Florent. La famille Pot avait pour armes : D'or, à la fasce d'azur ; elle était ancienne et compte de brillantes alliances. Noble et puissant homme messire Raoul Pot, chevalier, seigneur de Poyagu, Rhodes, etc., et sa femme Jeanne de La Roche, marient Antoine, leur fils aîné, le 29 mars 1449, avec Françoise de Brizay. Philippe Pot, seigneur de La Roche-Nolay, était chevalier de la Toison d'or, et cessa de l'être en 1481. Haut et puissant seigneur, Guillaume Pot, chevalier, seigneur de Rhodes, etc., grand-maître des cérémonies de France, avait épousé Jacqueline, sœur du maréchal Claude de La Châtre. Louise Pot de Rhodes épouse François d'Aubusson, seigneur de La Feuillade, auteur des ducs de La Feuillade. Henri Pot, seigneur de Rhodes, vicomte de Bridiers, était grand-maître des cérémonies de France en 1652.

Pierre de Bastard eut de Louise Pellorde :

1° Guillaume de Bastard, Ier du nom, vicomte de Fussy, qui suit ;

2° Tanneguy Bastard, damoiseau, qui fonda, conjointement avec son frère, en 1300, un anniversaire eu faveur de son père et de sa mère à Saint-Pierre-le-Guillard, confirmé par un nouvel acte de son frère en 1310.

X. Guillaume de Bastard, alias Guillaume de Sainte-Solange et de Fussy, Ier du nom, en Berry, chevalier, deuxième vicomte de Fussy, seigneur de Sainte-Solange, de Crosses, etc., né vers 1268-70, mort après 1332, fonde un obit à Saint-Pierre-le-Guillard de Bourges (1500), et confirme (1310) celui fondé dans la même église par Tanneguy Bastard, damoiseau, son frère, en faveur de leur père et de leur mère. Le chevalier Gougnon d'Argenson, historien des vicomtes de Fussy, rapporte qu'il avait donné à la cathédrale de Saint-Étienne de Bourges un livre d'heures, où il était représenté à genoux, couvert de son armure, sur laquelle étaient ses armoiries ; mais il doit y avoir erreur de date et confusion entre Guillaume Ier et Guillaume IIe du nom, également vicomte de Fussy, et mort en juillet 1447. De son temps, la noblesse de Berry se lève en masse et combat à Mons-en-Puelle (1302).

Guillaume épousa, vers 1295-1300, Philippine Fradet, qui appartenait à une famille de Berry, distinguée dans la robe et dans l'épée, éteinte sous Louis XV dans les du Plessis-Châtillon, marquis de Nonant.

Guillaume de Bastard eut de Philippine Fradet, entre autres enfants :

1° Jehan de Bastard, vicomte de Fussy, qui suit ;

2° Jehanne de Bastard, Ière du nom, mariée, vers 1320-25, à Matthieu Apaupée, sieur des Vignes ; leur fille Philippe épouse, en 1345, Guillaume Fradet, seigneur de Loye, son cousin, et reçoit pour habits nuptiaux des robes fourrées de vair, ce qui était, dit La Thaumassière, une marque de noblesse ;

3° Jehanne de Bastard, IIe du nom, épouse en premières noces (vers 1330) Jean Pellorde, vicomte de Coulogne, IIIe du nom, qui fut tué étant capitaine de cavalerie. La noblesse de leurs enfants fut reconnue par sentence de Lambert de Léodepard, élu en Berry, du 9 janvier 1357. Elle se marie en secondes noces (vers 1335-45) avec N... Du Ban, seigneur de Saint-Germain-des-Bois, d'une famille noble de Berry (Généalogie de Hodeau du Troncay).

XI. Jehan de Bastard, alias de Bastard de Sainte-Solange et De Fussy, et encore Jehan Le Bastard, écuyer, troisième vicomte de Fussy, seigneur de Sainte-Solange, de Crosses, etc., né vers 1296, mort après 1373. Il était secrétaire de Jean de France, comte de Mâcon (depuis duc de Berry, mort en 1416) ; reçut le premier de sa famille le droit de citoyenneté en la ville de Bourges. Il bâtit, vers 1320, le grand ostel des Bastard de Fussy, à l'angle des rues de La Fourchaud, du Grand-Saint-Christophe et de Coursalon. Au-dessus de la porte principale se distingue encore l'un des supports de ses armoiries ; mais ce morceau de sa construction, fait sans doute en dernier lieu, ne paraît pas remonter au-delà du XVe siècle. Durant l'espace de trois cents ans, les titres nomment vingt maisons différentes (l'hôtel de Fussy, l'hôtel de Crosses, l'hôtel de Soulangis, etc.), possédées par la famille de Bastard en la ville de Bourges, dont une des places, dite aujourd'hui les Quatre-Piliers, était appelée le coin Bastard (Complainte sur le grand incendie). Jehan, que le chevalier Gougnon d'Argenson dit fils de Guillaume et père de Macé (Mathieu), qui va suivre, est nommé dans une charte du roi-Jean (septembre 1354), confirmant l'adjudication faite par lui d'un domaine en la paroisse de Saint-Palais, au prix de 400 écus d'or, valant chacun 52 sols parisis (640 livres parisis). Il est le premier nommé par Catherinot en son Escu d'alliance, in-4°, 1680. Cet auteur, qui ne connaissait pas les trois degrés précédents, donne la date du mariage de Jehan, indique un grand nombre des membres de la famille des Bastard de Berry et leurs armoiries. Celles-ci se voyaient, entre autres lieux, dans un vitrail de Notre-Dame de La Fichaut ou de La Fourchaud. Jean ou sa famille avait fondé en cette église l'aumône du jeudi absolu, qui consistait en une rente de 40 sols, pour faire mende ou aumône à treize pauvres le jeudi de l'absoute (jeudi saint) de chaque année, etc., etc.

Paillot, Science des Armoiries, in-4°, 1664.
Blanchard, maître des Requêtes, in-folio, 1670.
Catherinot, Escu d'alliance, in-4°, 1680.

Selon le chevalier Gougnon, Jehan Bastard avait épousé, en 1520 (date fournie déjà par Catherinot), Louise Pellorde, fille de Louis, vicomte de Coulogne, et de Babeau Pellorde. Il eut de cette union, entre autres enfants :

XII. Macé de Bastard ou Mathé et Mathieu Bastard (Matheus Bastardi), Ier du nom, chevalier, quatrième vicomte de Fussy, premier vicomte de Soulangis sous-les-Aix, seigneur de Crosses, etc., et du fief de La Vigne de Notre-Dame, dite de La Triperie, né vers 1325, mort vers 1400, fut, par arrêt du Conseil de 1671, et sur preuves faites devant d'Hozier, juge d'armes de France, et devant la Cour des Aydes de Montauban (4780-1885), reconnu comme trisaïeul de Chariot ou Charles de Bastard, seigneur de Terland. Nous verrons plus loin que ce Chariot, et par conséquent Macé I de Bastard, vicomte de Fussy, sont les auteurs directs des comtes d'Estang, aînés actuels de la maison de Bastard. La pièce en vertu de laquelle Macé I fut reconnu pour trisaïeul de Chariot ou Charles de Bastard, seigneur de Terland, est à Paris (Bibliothèque impériale, carton Bastard), et fut produite à la commission du sceau de France pour les lettres-patentes de la pairie et la reconnaissance royale de la devise. Macé Ier fut écuyer de la compagnie de Jean, duc de Berry, secrétaire, puis premier maître d'hôtel du duc et de la duchesse, gouverneur des ville et château de Méhun-sur-Yèvre, que ce prince avait embelli et fortifié. Macé Ier est rappelé, en sa qualité de maître d'hôtel, dans des lettres-patentes de Charles VI de 1386, textuellement enregistrées au parlement de Paris, ordonnant de suspendre tout procès (entre lui et les Saint-Brisson) durant les fêtes du mariage de Marie de Berry, fille du duc Jean, que Macé était obligé par sa charge d'accompagner en Berry. Le duc lui avait donné le fief de Notre-Dame-de-l'Orme, à Saint-Privé, franc et quitte de toute charge, sauf un platelet de tripes, rachetable en 7 sols 6 deniers envers la sainte chapelle du Palais, à Bourges, et ce fief fut appelé par ce motif la vigne de la Triperie.

Macé de Bastard épousa : 1° vers 1356-60, Théophémie ou Typhaine des Guerres, fille de messire Étienne, d'une famille noble du Berry et du Nivernais ; 2° vers 1380 Catherine Guéret, fille de Gilles, possesseur à Jargeau, et veuve en premières noces de Geoffroy de Saint-Brisson, chevalier.

Selon le chevalier Gougnon, Macé eut six enfants de Théophémie des Guerres :

1° Jacques de Bastard, vicomte de Fussy, qui suit ;

2° Guillaume Bastard, auteur des Seigneurs de Crosses, en Berry (Voyez aux branches éteintes, § IV) ;

3° Guillaume Bastard, auteur des Marquis de La Cressonnière, en Poitou (Voyez aux branches éteintes, §V) ;

4° Jehan de Bastard-la-Retourne, dit l'Ancien, ou Jehan Le Bastard (johannes Bastardi, senior), seigneur de La Retourne et de Bois-Brion, écuyer de la compagnie de Philippe de La Châtre, en 1383. Il est auteur des seigneurs de La Retourne, rameau qui a fourni trois degrés et qui s'est éteint dans la personne d'Étienne Bastard-la-Retourne, écuyer, seigneur de La Retourne, gouverneur de Bourges (1450), mort en 1477 ;

5° Martin de Bastard-Fussy, chevalier de Saint-Jean-de-Jérusalem, en 1413, commandeur de La Rochelle, tué en 1441 à la défense de Rhodes (Le titre est tiré de l'ancien prieuré de Saint-Marlin-des-Champs, à Paris) ;

6° Marie de Bastard, qui avait épousé, vers 1376, noble Jehan du Moustier, mort en 1385, fils d'André et de Jeanne de Clamecy, d'une famille d'ancienne chevalerie, et qui avait eu durant plusieurs générations le gouvernement d'Issoudun. Un du Moustier était vice-amiral de la mer en 1373.

XIII. Jacques de Bastard ou Jacques et Jacquet Bastart (Jacquetus Bastardi), chevalier, cinquième vicomte de Fussy, second vicomte de Soulangis-sous-les-Aix, seigneur des cens de Machereau, en Fussy, de La Frille, en Saint-Caprays, et encore (du chef de sa femme) seigneur de Terland, paroisse de Sainte-Radegonde, né vers 1559, mort en 1435. Il était homme d'armes dans la compagnie du duc de Berry, premier panetier, écuyer tranchant de ce prince, gouverneur de la ville et château de Méhun-sur-Yèvre, administrateur des monnaies de Bourges, poste dans lequel il fut remplacé par Jacques Cœur. Il possédait la maison qui servit longtemps d'hôtel des monnaies dont parle Chaumeau en son Histoire de Berry, et qui était située dans la rue toujours appelée de la Vieille-Monnaie. Jacques, nommé en 1566-67 dans la pancarte de Saint-Pierre-le-Guillard, en même temps que Macé, son père, est rappelé, près d'un siècle plus tard, par Artus, son petit-fils, dans la déclaration des cens de Machereau (1462).Ce titre, intéressant au point de vue de la filiation (car Jacques de Bastard est l'auteur commun des branches de Guienne et Gascogne et du Maine), existe encore aux archives du Cher. Jacques est le premier Bastard qui ait possédé la seigneurie de Terland, près de Dun-le-Roi, pour laquelle ses descendants, en Berry et en Gascogne, rendaient encore hommage en 1550, et qu'il avait obtenue par son mariage, comme le croyait M. de La Cour.

Jacques épousa, vers 1584-90, Jeanne de Beausse de Terland, dame de Terland, qui devait être fille de Philippe de Beausse, seigneur de Terland, et de Jeanne de Roland. Il eut de cette union, entre autres enfants :

1° Guillaume de Bastard, IIe du nom, vicomte de Fussy, qui suit ;

2° Guillaume-Vaspasian de Bastard, troisième vicomte de Soulangis-sous-les-Aix, conseiller panetier de Charles, dauphin, duc de Berry, régent du royaume, appelé plus tard le roi Charles VII, fut aussi capitaine de cinquante hommes d'armes et gouverneur de Méhun-sur-Yèvre. Il avait été gratifié en 1422 et par lettres-patentes du 10 février 1425, et avait reçu du Roi, en 1429, la devise Cunctis Nota Fides et le droit de porter une couronne fleurdelisée en chef de ses armes (Saint-Aillais, l'Ancienne France, in-8°, au chapitre des concessions héraldiques). La Biographie universelle rappelle, à propos de la devise donnée par Charles VII à Vaspasian de Bastard et à Guillaume, son frère, que « des concessions semblables furent faites dans ce siècle aux d'Albret, aux d'Arc, aux Cailly, aux Chevrier de Paudy, aux Faudoas et aux de Lort, de Guienne ; aux La Loé, aux Loubez, aux Mailly, aux Le Maingre de Boucicaut, aux ducs de Milan et de Ferrare, aux Le Roy de Berry, aux Stuart d'Aubigny, aux La Taille du Gâtinais, aux Trousseau ou Troussel, vicomtes de Bourges, etc., etc. » Traité de la Fleur de lis et des concessions héraldiques, d'après Palliot, La Roque, Ménétrier, Le Féron, du Tillet, Nointel, Catherinot, Gougnon, etc.

En 1461, le roi Charles VII expira au château de Méhun, dans les bras de Vaspasian de Bastard, vicomte de Soulangis. Ce dernier mourut la même année et fut enterré dans l'église du château, où l'on voyait sa tombe, sur laquelle étaient les armes de Bastard, brisées d'une bordure engreslée de gueules, écartelées des armoiries de la ville de Méhun, qu'il avait eue pendant trente-deux ans sous son gouvernement (Biographie universelle, t. LVII, p. 274).

Guillaume-Vaspasian épousa, vers 1420-30, Jeanne Pellorde, fille d'Étienne, seigneur de La Monnaie, écuyer de la garde du roi Charles VII, capitaine de la Grosse-Tour de Bourges, et de Jacquette Fradet. Jeanne vivait encore en 1473 et mourut sans postérité ;

3° Jehan Bastard, auteur des Vicomtes de Soulanois, en Berry (Voyez aux branches éteintes, § II) ;

4° Macé Bastard, auteur des Seigneurs de Dodert, Marquis De Fontenay, au Maine (Voyez aux branches éteintes, § III).

XIV. Guillaume De Bastard, Bastart, Le Bastart et Batart, IIe du nom, en Berry, surnommé le grand Guillaume, chevalier, sixième vicomte de Fussy, seigneur de Terland, des cens de Machereau, en Berry, et de Boismort, en Bourbonnais, et encore (du chef de sa femme) seigneur de Saint-Germain-des-Bois en partie, et de Maultrot, en Berry, né vers 1391, mort en juillet 1447. Guillaume de Bastard, docteur en droit canon et civil, fut d'abord homme d'armes, puis capitaine de cinquante-huit hommes d'armes et de quarante-deux hommes de trait (emploi répondant à celui de colonel). On le trouve conseiller du Roi, lieutenant-général du sénéchal ou bailly de Berry, maître des requêtes, conseiller privé et chambellan de Charles, dauphin, régent du royaume, qui fut le roi Charles VII, commissaire royal sur le fait des aides en Berry, maître général extraordinaire des comptes, un des quatre maîtres des requêtes de l'hôtel du Roi, maire à plusieurs reprises de la ville de Bourges, enfin gouverneur du baillage et lieutenant-général pour le Roi en Berry. Guillaume de Bastard obtint en -1429 cet emploi de lieutenant-général pour le Roi en Berry, le plus important dont il ait été revêtu, et qu'il ne faut pas confondre avec celui de lieutenant-général du sénéchal, qu'il remplissait depuis onze années, et dans lequel il eut pour successeur Jehan Bastard ou Bastart, ainsi désigné (juin 1431) dans les arrêts du Parlement de Paris, séant à Poitiers durant l'occupation de la capitale du royaume par les Anglais.

La concentration de tant de pouvoirs dans les mains de Guillaume de Bastard se trouve ainsi motivée dans la Biographie universelle : « Les lieutenants-généraux pour le Roi, sans avoir droit aux mêmes honneurs que les gouverneurs de provinces, exerçaient pendant leur absence la plénitude de leur autorité. Les embarras du royaume, qui n'avaient jamais été plus grands, et la nécessité de se ménager dans le Berry une retraite assurée, déterminèrent le Roi à concentrer les pouvoirs dans les mains du premier magistrat de Bourges, ville dont il avait depuis longtemps éprouvé la fidélité. Guillaume de Bastard justifia le choix du prince. Au milieu de défections journalières, les sentiments de la province confiée à ses soins ne furent pas un instant douteux… Cependant, cette réunion de pouvoirs en la personne de Guillaume ne pouvait être que temporaire et devait finir avec la cause qui l'avait fait naître. Aussi, en 1437, année où le roi de France rentra dans Paris, la lieutenance-générale de Berry fut supprimée, et le gouvernement, vacant depuis 1429, fut de nouveau réuni à la charge de bailli et donné à Jean, dit Poton, seigneur de Xaintrailles, capitaine de la Grosse-Tour de Bourges, depuis maréchal de France » (Biographie universelle). L'article renferme, par rapport aux branches de Bretagne, quelques erreurs de détail qui seront rectifiées au chapitre des seigneurs de la Porte-au-Bastard et de Kerbiquet (Voyez aux branches cadettes vivantes, § II).

Suivant la Biographie universelle et la généalogie imprimée en 1847 (p. 43), Guillaume de Bastard fut aussi capitaine de la Grosse-Tour de Bourges, appelée la clef du Berry. Il s'était distingué au siège de celle ville, en 1412, et avait fait plusieurs campagnes sous les ordres de Martin de Bastard-Fussy, son oncle, chevalier de Rhodes, commandeur de La Rochelle. Cependant, la qualité de capitaine de la Grosse-Tour de Bourges n'est pas rappelée à son article ; du moins, il est certain qu'il n'occupait pas ces fonctions lors du siège de 1412 ; son âge s'y serait opposé, et l'on verra d'ailleurs qu'elles étaient remplies à ce moment par autre Guillaume de Bastard, Bastart ou de Bastart, auteur des marquis de La Cressonnière, barons du Petit-Château, en Poitou (Voyez aux branches éteintes, §V).

Les historiens relatent les services que le vicomte de Fussy rendit durant la guerre contre les Anglais. La Thaumassière notamment rapporte en entier, dans son Histoire de Berry, in-folio, la décision prise par ledit vicomte, le 24 novembre 1429, en sa qualité de lieutenant-général, pour un emprunt de 2.600 écus d'or, destinés aux gens de guerre qui assiégeaient La Charité-sur-Loire, commandés par Jeanne la Pucelle et par Charles, sire d'Albret, comte de Gaure, en Armagnac, et lieutenant du Roi sur le fait de la guerre au pays de Derry, retenu par Perrinet Grasset, capitaine routier et célèbre partisan.

Le 11 janvier 1429 (v. st.), 4.500 écus d'or furent expédiés au nom des habitants de Bourges, et La Charité rentra sous l'obéissance du Roi. Un an auparavant, jour pour jour, Orléans, assiégé par les Anglais, avait reçu par les soins de Guillaume un convoi de vivres et de poudres. C'est alors (1429) que Charles VII donna à la famille de Bastard (c'est-à-dire à Guillaume et à ses frères) la devise Cunctis Nota Fides, encore portée par ses descendants, en récompense, est-il dit, de sa fidélité « et des bons, grands et agréables services de Guillaume de Bastard, chevalier, maître des requêtes, etc., et de son frère Vaspasian, gouverneur de Mehun-sur-Yèvre, panetier du Roi, etc. » (Biographie universelle). « Un titre du XVe siècle, dit l'auteur de la » généalogie précitée, l'appelle le grand Guillaume, surnom sous lequel il a toujours » été connu dans sa famille. » Il mourut à Paris, en son hôtel de la rue Gallande, près du carrefour Saint-Séverin, et fut inhumé à Saint-Hilaire de Fussy. Guillaume de Bastard, vicomte de Fussy, est mentionné dans tous les auteurs qui ont écrit sur le Berry. Il est fréquemment nommé, avec ses enfants, dans les litres conservés aux archives du département du Cher, dans les registres du Parlement et dans ceux de la Cour des comptes.

Ses armes ont été gravées par Blanchard en ses généalogies des maîtres des requêtes de l'hôtel du Roi (in-folio, 1670). Blanchard rappelle les services de Guillaume ; il ajoute que « de ce nom et armes sont encore les Bastard, seigneurs de Dobert, de La Paragère et de La Rouillonnière, au Maine, » assertion répétée par Catherinot en son Escu d'alliance (in-4°, 1680). On a son portrait d'après les vitraux de l'église de Bourges. Une Notice historique lui a été consacrée dans la Biographie universelle. « Pendant les règnes de Charles VI et VII, dit M. Michaud, auteur de la Notice, la situation de Bourges, de cette ville où se maintint le noyau de l'armée fidèle, où le Parlement et la Chambre des comptes de Paris avaient été un instant transférés, où fut à deux reprises, après le concile de Baie, convoqué le clergé de France, où Charles, dauphin, avait pris le titre de régent du royaume, où il avait le siège de son gouvernement, rendit Guillaume de Bastard l'un des personnages les plus importants de son époque. »

Guillaume de Bastard avait épousé (vers 1414) Colette ou Nicole Gallet, dame de Saint-Germain-des-Bois en partie et de Maultrot, en Berry, fille de Nicolas et de Jehanne Briffaud. Colette, dont le neveu, Louis Gallet, remplaça Guillaume comme maître des requêtes de l'hôtel du Roi, était remariée en 1465 à Pierre de Balore, d'une famille noble du Bourbonnais. Les Gallet, originaires de Saintonge, étaient alliés des Boulainvilliers et des Guéroult.

On voit encore à la cathédrale de Bourges, dans la chapelle des Bastard, les armes de celle famille, pareilles à celles qui existaient à l'église Saint-François de Clisson, reproduites à la page 413. Un filigrane, que l'on trouve dans un registre conservé aux Archives du Cher, représente les armes de Bastard de la manière suivante :

Guillaume de Bastard eut de Colette Gallet :

1° Tanneguy de Bastard, vicomte de Fussy, qui suit ;

2° Artus ou Arthur Bastard, seigneur du Buisson-Guillot et des cens de Machereau, chanoine du Château-lès-Bourges, prieur de Saint-Aoustrillet-le-Château. Il hérita de l'hôtel de la rue Gallande, à Paris. Catherinot le nomme en son Escu d'alliance ;

3° Pierre Bastard, damoiseau, écuyer, gouverneur-recteur de la part antique de Montpellier, conservateur des marques et contremarques des royaumes de France et d'Aragon, en 1454, rappelé dans les manuscrits de Doat et par dom Villevieille ;

4° Jehan Bastard, écuyer, seigneur d'Houry, fief annexé à la trésorerie de Saint-Étienne de Bourges, chanoine de Saint-Étienne, conseiller-clerc au Parlement de Paris en môme temps que son frère ou son cousin Guillaume (IIIe du nom), seigneur du fief Bastard, fut ensuite (selon un ancien travail) élevé à la dignité de trésorier de la Sainte-Chapelle, qui avait rang presque épiscopal, au lieu de J. Chauveau, mort le 24 septembre 1464. Jehan était mort dès le mois de juin 1468, et avait été remplacé par J. Vigier, son collègue au Parlement, qui fut ensuite évoque de Lavaur ;

5° Alix de Bastard, dame de Tars, souvent nommée avec Tanneguy, son frère, épousa (vers 1435-40) Philibert De Foui, écuyer, d'une famille noble de Berry ;

6° Jehanne de Bastard, 3e du nom, mariée (vers 1440) avec Jean Lescuyer, clerc de la Chambre des comptes de Paris, dont postérité. Jehan Lescuyer, célèbre peintre sur verre, auquel sont dues plusieurs belles verrières de Bourges, était de cette famille, à laquelle appartiennent aussi les comtes de Gressey et les marquis de Muret, en Picardie.

Vers le même temps ont vécu, en Berry el en Languedoc, et devaient être frères ou cousins-germains des précédents :

Guillaume de Bastard (IIIe du nom), seigneur du fief Bastard. Il accompagne le régent du royaume en Languedoc, où il possède le fief Bastard, est lieutenant-général du sénéchal de Toulouse en 1445, puis conseiller au Parlement de Paris de 1454 à 1459, en même temps que Jehan Bastard, seigneur d'Houry, ci-dessus nommé, et Jehan Bastard de Crosses, avec lesquels il est rappelé dans les mêmes arrêts.

Un grand nombre de délibérations intéressantes pour l'histoire de la magistrature nous les font connaître. L'un d'eux, du nom de Jehan, reçu conseiller-clerc au lieu de Guillaume d'Estampes, depuis évêque de Condom, son cousin-germain, assistait, le 18 janvier 1452, à la délibération qui ordonne au premier huissier d'ôter son bonnet fourré en parlant à la Cour ; – à celle du 30 mai 1455, qui défend à Jehan Bardin, avocat du Roi, de s'ingérer à venir ès chambre de la Cour, à jour du conseil, sans le faire demander par un des huissiers, comme il est accoutumé d'ancienneté ; – à celle du 26 juillet 1455, qui décide que, malgré l'épidémie, la Cour ne mettra fin au Parlement, et néanmoins autorise les membres qui ont peur à se retirer secrètement. Un autre conseiller, aussi du nom de Jehan, est présent à la délibération du 4 août 1461, réglant le cérémonial des obsèques de Charles VII, lors desquelles quatre présidents et conseillers, vêtus d'un manteau vermeil, fourré de menu vair, et chaperon fourré vermeil, porteront les quatre coins du poêle, et tous les conseillers se tiendront autour du corps. Ces deux conseillers sont rappelés ensemble dans une délibération du 11 septembre 1453, intéressant le duc de Bretagne. Un troisième conseiller, du nom de Guillaume, était présent à deux délibérations des 24 mai 1454 et 7 mai 1459, qui nous apprennent qu'à cette époque une partie des conseillers était nommée par le Roi, sauf l'approbation du Parlement, et une autre partie directement élue par les magistrats (Régis, orig. du Parlement). De Guillaume de Bastard, seigneur du fief Bastard, pouvaient descendre :

A. Vital ou Vitalis de Bastard (nobilis Vitalis Bastardi), chanoine de Bardolène, au diocèse d'Auch, mort dès 1469 ;

B. Jehan Bastar ou de Bastard, écuyer, vivant à Bordeaux en 1502 ;

C. Jehan de Bastard (Johannes de Bastardo, Johannes Bastardi), prêtre au même diocèse, mort avant 1524 ;

D. Robinet de Bastard (nobilis Robinetus Bastardi), viguier royal de Toulouse, de Fenouillet et de Gaudiez, près d'Aleth. Il fut ensuite capitaine du château de Québern (1452-58). Il avait été cette année de Nîmes à Paris, portant au Roi des lettres intéressant les affaires de la province ;

E. Jehanne de Bastard 4e du nom, morte avant 1488, et qui épousa (vers 1450) Jehan Beuille, coseigneur de La Brosse, qui devait être fils de Jehan Beuille et de Jehanne de La Berthomière.

XV. Tanneguy de Bastard ou Tanguy Bastart, chevalier, septième vicomte de Fussy, seigneur de Terland, de Maultrot, de l'Arpent-aux-Lombards, etc., né vers 1415, mort avant 1490, officier de la maison du comte du Maine (1440) et l'un des cent gentilshommes de l'hôtel du Roi (1474). Il fut enterré à Saint-Hilaire de Fussy. Il est nommé vicomte de Fussy et seigneur de Terland par Catherinot, en son Escu d'alliance, et rappelé à plusieurs reprises, avec son père et ses deux fils et plusieurs autres membres de sa famille, dans les registres encore existants aux archives du Cher.

Tanneguy de Bastard eut d'une femme dont le nom a échappé jusqu'à ce jour à toutes les recherches :

1° Jehannot ou Jehan de Bastard, IIe du nom, en Berry, vicomte de Fussy, qui suit ;

2° Chariot ou Charles de Bastard, auteur des Seigneurs De Terland et Du Bosq, en Berry et en Armagnac, rapportés après les vicomtes de Fussy (Voyez branche aînée, § 3e);

3° Magdeleine de Bastard, dame en partie de Saint-Germain-des-Bois et de Maultrot. Elle épousa (vers 1460-65) Antoine de Vulcod, seigneur de Malentras, dont postérité éteinte, à ce qu'on croit, dans Jean de Vulcob, aumônier du Roi au XVIIe siècle.

4° Louise de Bastard. La généalogie imprimée dans le quatorzième volume du Dictionnaire de la Noblesse la disait à tort fille de Charles, seigneur de Terland. Elle épousa (vers 1460-65) Payen le Taut ou du Taut, seigneur de Semenges, d'une famille noble du Poitou, rappelé dans la généalogie de Richelieu. Jeanne du Taut, fille de Louise Bastard, épousa Jean de Vignerot, dont les descendants furent ducs de Richelieu et d'Aiguillon, aujourd'hui représentés par MM. de La Chapelle, ducs de Richelieu-Jumilhac.

5° Benoiste de Bastard, qui épousa, vers 1460-70, Louis Bastard, appelé Louis du Fougeroux, son cousin, fils de Guillaume, IIIe du nom, écuyer, seigneur de Masseille et du Fougeroux, et de Andrée Cresson de La Cressonnière.

XVI. Jehan (dit Jehannot) de Bastard ou Janot Bastart, IIe du nom, en Berry, chevalier, huitième vicomte de Fussy, né vers 1440, mort avant le 15 août 1498. Il était premier homme d'armes et lieutenant de la compagnie de Mgr de Graville, amiral de France, et l'un des cent gentilshommes de l'hôtel du roi Charles VII, lors de la conquête de Naples (1492-95), à laquelle il assista. Il avait partagé avec son frère, en 1490, la succession de Tanneguy, leur père. Jehannot, en sa qualité d'aîné, eut la vicomté de Fussy, et Chariot la seigneurie de Terland. Les deux frères sont encore nommés ensemble (chacun rappelé avec la charge qu'il remplissait dans la maison du Roi) en une transaction passée à Bourges le 26 juillet 1494 et conservée en original jusqu'à nous. Jehannot de Bastard fut enterré à Saint-Hilaire de Fussy.

Il avait épousé, vers 1490, Magdeleine de Chauvigny, fille de Huguet de Chauvigny, baron de Blot, et de Catherine de Mottier de La Fayette, fille elle-même du maréchal de La Fayette. Les Chauvigny de Blot semblent une branche cadette des barons de Châteauroux, dont La Thaumassière donne la généalogie. Pierre de Chauvigny, neveu de Magdeleine, avait épousé Isabeau de Bourbon-Busset et fut l'un des cent gentilshommes de l'hôtel du Roi, en même temps que le vicomte de Fussy.

Jehannot de Bastard eut de Magdeleine de Chauvigny :

Guillemette de Bastard, vicomtesse de Fussy, qui suit :

XVII. Guillemette de Bastard, dame vicomtesse de Fussy, née vers 1497, morte vers 1559, fut héritière de sa branche, qui a, comme nous venons de le voir, possédé pendant huit générations la vicomté de Fussy. Guillemette est nommée dans un grand nombre d'actes de 1505 à 1556 ; elle est, en outre, rappelée par Catheririot et La Thaumassière, ainsi que dans le procès-verbal de la réformation des coutumes de Berry de 1539. Elle fut enterrée, comme son père et ses aïeux, dans l'église de Saint-Hilaire de Fussy.

Guillemette de Bastard avait épousé en premières noces, vers 1517, David de Lisle, archer de la garde écossaise du roi de France, fils de Honoré et de Andrivette de Boniface, d'une famille originaire de Glasgow. Une branche de la maison de Lisle a longtemps siégé dans la chambre des lords ; une autre, à laquelle appartenait David de Lisle, s'est fixée en Berry ; une troisième en Provence, où elle s'est alliée aux maisons de Grasse et de Pontevès. David de Lisle mourut en 1525-28, laissant un fils nommé Robert, mort lui-même sans postérité, après avoir, par son testament du 28 mars 1551, nommé pour son héritière damoiselle Gilberle de Fouchier, femme de Matthieu de Cockborn, frère utérin de sa mère.

Guillemette de Bastard épousa en secondes noces, vers 1530, Jean de Coqueborne (de Cockborn, Cockburn), également archer de la garde écossaise, fils de messire Georges, capitaine de cent écossais de la garde du Roi lors de rentrée de Louis XII à Gênes, en 1502. Comme les de Lisle, les Cockborn étaient originaires d’Écosse, où Pierre Cockburn, de Sunderland, fut saisi et pendu, en 1539, à la porte de sa propre demeure, pour n'avoir pas voulu recevoir le roi Jacques V ; ils existent encore en Angleterre ; et en 1813, l'amiral Cockburn, leur représentant le plus connu, conduisit l'empereur Napoléon à Sainte-Hélène. Une autre branche de la famille de Cockborn (l'orthographe anglaise de ce nom est Cockburn) s'était fixée en Champagne, où elle fut maintenue dans sa noblesse en 1667 par M. de Caumartin, intendant de la province. Quatre Cockburn sont encore baronnets en Angleterre. La branche de Berry hérita, comme il vient d'être dit, de la vicomté de Fussy, qu'elle porta par mariage, au milieu du XVIIIe siècle, dans la maison des Gassot de Galifard, de la province de Berry.

En 1795, les Gassot de Fussy, vicomtes de Fussy, eurent leur terre de Fussy saisie et vendue. Le dernier représentant maie de cette famille est mort sous le gouvernement de Louis-Philippe, après avoir été préfet du département du Cher.

Armoiries : Soit que les brisures ne fussent pas d'un usage général au commencement du XIIIe siècle, soit pour tout autre motif que le chevalier Gougnon ne fait pas connaître, les vicomtes de Fussy, qui durant tout le temps de leur existence ont été cadets des seigneurs de Bastardière, ont cependant porté les armes pleines, c'est-à-dire : D'or, à l'aigle d'empire ; mi-parti d'azur, à la fleur de lis d'or. Casque grillé, vu de face, chargé sur le gorgerin d'un médaillon d'azur à la fleur de lis d'or et sommé d'une couronne de vicomte. Cimier : un ange issant de la Grosse Tour de Bourges, tenant une épée de la main dextre, et de la senestre une croix fleurdelisée. Supports : à dextre, un ange de carnation, sa robe blanche, et à senestre, un griffon coupé de sable et d'or, la tête d'or. Devise accordée par le roi Charles VII : Cunctis Nota Fides. Le cimier rappelle le siège de Bourges de 1412, et probablement les supports, qui ne devinrent communs dans les armoiries que vers la fin du XVe siècle, furent ainsi choisis (ou concédés) en raison des pièces de l'écu (Voyez aux branches éteintes, § III, l'analyse de l'enquête faite à Bourges en 1555).

BRANCHE AÎNÉE.

§ III. - SEIGNEURS DE TERLAND, DE MAULTROT ET DE L'ARPENT-AUX-LOMRARDS, en Berry ; DU BOSQ, DE SAINT-JEAN DABASSE, DE VIDALOT, DES OLIVIERS, DARGENTENS, DE LA BARTHE, DU HAURET, DE BRÉCHAN, GOUDIN, LA SALLE, BARTHÈRE, LA ROLLE, LAS BOUÈRES ; BARONS ET COMTES D'ESTANG, ETC., en Armagnac ; Chefs actuels de la maison de Bastard. — En Guienne, Gascogne, et à Paris.

Sceau de Charles de Bastard, dit monseigneur de Terland, auteur de la branche du Bosq, en Armagnac, et par conséquent des comtes d'Estang, des barons de Bastard-Saint-Denis et des seigneurs de La Fitte :

L'histoire des seigneurs de Bastardière et des vicomtes de Fussy, ascendants directs des comtes d'Estang, a été dressée à l'aide d'un nombre considérable de documents authentiques, réunis à grands fiais depuis quarante ans, avec la patience infatigable et la science du bénédictin. L'histoire des seigneurs du Bosq, divisés en comtes d'Estang, barons de Bastard-Saint-Denis et seigneurs de La Fitte, des vicomtes de Soulangis, des seigneurs de Dobert, marquis de Fontenay, des seigneurs de Crosses, des marquis de La Cressonnière et des autres branches ou rameaux dont nous avons à parler, est appuyée sur des documents plus nombreux encore, parce qu'il s'agit de temps plus rapprochés de nous. Ce travail offrira dès lors, nous osons le dire, tous les caractères de certitude que le savant le plus difficile peut demander à l'histoire ; il rectifiera des erreurs contenues dans quelques ouvrages (celui de La Chesnaye des Bois, par exemple) imprimés dans le dernier siècle, avant la réunion des documents relatifs à la généalogie complète de la maison de Bastard.

Les rapports établis dès le règne de Charles VII entre les Bastard, vicomtes de Fussy (qui jouèrent à Bourges, à celle époque, un rôle à la fois si important et si honorable) et le sire d'Albret, comte de Gaure, en Armagnac, commandant les troupes royales en Berry, explique surabondamment qu'un Bastard, petit-fils et neveu des Bastard, vicomtes de Fussy, ail été nommé plus tard par un sire d'Albret, commandant militaire de ce comté de Gaure et gouverneur de la ville de Fleurance, sa capitale ; enfin, qu'il se soit marié, puis établi dans le pays dont il était commandant militaire et gouverneur, et dans lequel il avait acquis des fiefs par son mariage. Ces exemples étaient extrêmement fréquents dans les familles nobles.

La filiation, les alliances, les services des seigneurs de Terland et du Bosq, dont les descendants sont devenus, au dernier siècle, barons et comtes d'Estang, sont régulièrement établis sur une suite de titres venant pour la plupart des anciennes archives du château du Bosq, titres vérifiés à plusieurs reprises par d'Hozier, juge d'armes de France, et par Chérin, généalogiste des ordres du Roi, qui ont aussi reconnu les armoiries et la brisure qui distinguaient cette branche avant qu'elle ne devint l'aînée (7).

XVI. Les seigneurs de Terland, de Maullrot, en Berry, seigneurs du Bosq, de Saint-Jean-d'Abasse, de Vidalot, des Oliviers, d'Argentens, de La Barthe, du Hauret, de Bréchan, Goudin, La Salle, Bartère, La Rolle, Las Bouères, barons et comtes d'Estang, seigneurs de Saint-Denis, seigneurs de La Fitte et de Pominet, etc., en Guienne et Gascogne, ont pour auteur Chariot de Bastard ou Charles Bastart, appelé Le Seigneur de Terland et Monseigneur de Terland, chevalier, seigneur de Terland, en Sainte-Radegonde, près Dun-le-Roi, de Maultrot, en Saint-Germain-des-Bois, et de l'Arpent-aux-Lombards, en Fussy, né vers 1440-45, mort avant 1503. Chariot ou Charles de Bastard était le second fils de Tanneguy de Bastard, septième vicomte de Fussy, seigneur de Terland, de Maultrot, de l'Arpent-aux-Lombards, etc., officier du comte du Maine, l'un des cent gentilshommes de l'hôtel du Roi, dont il vient d'être question à la page 427, et petit-fils de Guillaume II de Bastard, chevalier, sixième vicomte de Fussy, seigneur de Terland, de Maulltot, etc., lieutenant-général pour le Roi en Berry, en 1429 (Voyez p. 422 à 425).

Charlot ou Charles de Bastard, seigneur de Terland et de Maultrot, en Berry, fut reconnu par le juge d'armes de France et par arrêt du Conseil du Roi, rendu le 23 novembre 1671, sur les conclusions conformes du procureur général de Sa Majesté, comme père de Pierre de Bastard, 1er du nom, en Gascogne, coseigneur de Terland et de Maullrot, en Berry, premier seigneur du Bosq, en Armagnac, capitaine ou gouverneur du comté de Gaure et de la ville de Fleurance.

Il partage, en 1490, avec Jehannot de Bastard, vicomte de Fussy, son frère aîné; fut homme d'armes dans la compagnie de messire de Clermont, premier des panetiers du roi Charles VIII, puis conseiller et maître d'hôtel de ce prince, commissaire aux montres et revues des gens de guerre lors de la campagne de Naples, par commission des maréchaux de France et du duc de Bourbonnais (1494 et 1495). Envoyé à Bourges par Charles VIII en 1496 pour la négociation d'un emprunt, il est, à cette occasion, qualifié Monseigneur de Terland dans les comptes de ladite ville. II signe et scelle de ses armes {une aigle, mi-partie d'une fleur de lis) une quittance de la somme de 400 livres à lui ordonnée pour sa pension et son entretênement au service du Roi, en date du 15 avril 1496. Le sceau attaché à cette quittance, et encore conservé à la Bibliothèque impériale, est fidèlement reproduit dans la gravure précédente. En 1496, 400 livres représentaient environ 42.000 fr. de notre monnaie, s'il s'agit de livres tournois, et 45.000 fr., s'il s'agit de livres parisis (Essai sur l'appréciation de la fortune privée au moyen âge, par C. Leber, 2e édit.; Paris, in-8°, 4847, p. 99).

Charles de Bastard, seigneur de Terland, est rappelé après sa mort, le 8 septembre 1505, dans le contrat de mariage de Pierre, son fils aîné, avec Géralde de Foissin de Salles, dame du Bosq. Il est également rappelé, avec Jehannot, son frère, Tanneguy, son père, et Guillaume II de Bastard, son aïeul (huitième, septième et sixième vicomtes de Fussy), dans un grand nombre d'aveux et d'hommages déposés aux archives de Bourges. Le partage de 1490 et la transaction du 26 juillet 1494, cités au degré précédent (Jehannot, vicomte de Fussy, page 427), montrent la parenté et la position sociale des deux frères. Enfin, le nom de Charles ou Chariot de Bastard se retrouve dans divers arrêts, sentences et maintenues des siècles suivants, jusqu'en 1789, avec et sans la qualification de monseigneur.

Charles de Bastard avait épousé en premières noces, selon le chevalier Gougnon (vers 1466-68) Juliette Havart de Rozières, morte sans postérité (dont les armes se voyaient en l'église de Saint-Laurent de Fleurance, en Armagnac), fille de Georges, seigneur de Rozières, vicomte de Dreux, sénéchal héréditaire du comté d'Eu et maître des requêtes de l'hôtel du Roi.

Il s'était marié en secondes noces (vers 1470) avec Magdeleine De Guérin de Poisieux, fille de Philippe, seigneur de Poisieux, d'une famille dont les branches se sont répandues en Bretagne, en Poitou, en Berry et en Champagne.

Charles de Bastard eut de Madeleine de Guérin de Poisieux :

1° Pierre de Bastard, seigneur de Terland et du Bosq, qui suit ;

2° Bertrand de Bastard, homme d'armes dans les compagnies d'ordonnance du Roi, en Berry, et à Cône, en Nivernais, sous Jean de Gamaches, conseiller et maître d'hôtel du Roi, le 2 décembre 1494 ;

3° Gabriel Bastard, écuyer, coseigneur de Maultrot et de Terland, mort en 1553, rend hommage pour Terland (1550) ; est nommé, avec sa femme et deux de ses filles, dans l’Escu d'alliance de Catherinot, in-4°, 1680, imprimé à Bourges, et dans lequel sont gravées les armes de sa famille, et se trouve rappelé dans plusieurs arrêts du Parlement de Paris.

Il avait épousé, en 1526, Antoinette de Fauville ou de Foville, fille aînée de François, seigneur de Plissay et de Savenay, et d'Anne de Lyon. Antoinette se remarie, en 1555, à Pierre de Rolland, seigneur de Nizerolles, teste en 1566, charge Pierre de Bastard, l'un de ses petits-neveux, de relever son nom et ses armes, et meurt peu après. Un monument lui fut consacré à Saint-Laurent de Fleurance, en la chapelle des Bas tard, où ses armes se voyaient accolées à celles de ses deux maris. Il y avait, en 1535, un chevalier de Malte de ce nom, tué en 1565, qui portait les armes attribuées à Antoinette de Fauville.

Gabriel Bastard eut d'Antoinette de Fauville sept enfants :

A. Simon de Bastard-Maultrot, écuyer, mort avant 1550 ;

B. Guillaume de Bastard-Maultrot, chevalier de Saint-Jean de Jérusalem en 1535, tué en mai 1565, en défendant le fort Saint-Elme. Il portait ses armes écartelées de Fauville ancien ou Foville, qui sont : D'azur, à deux aigles d'or affrontées et essorantes, soutenant une tonne d'or, cerclée de sable et accompagnée, en pointe, d'un croissant d'argent. Cimier : un ange. Devise concédée par Charles VII : Cunctis Nota Fides (Archives de Malte) ;

C. Catherine de Bastard-Maultrot, mariée (par le même acte que sa mère et que sa sœur), le 29 décembre 1555, avec Gilbert De Roland, fils cadet de Pierre, seigneur de Nizerolles, et de Jeanne de La Motte. Les Roland, cinq fois alliés aux Bastard, appartiennent à la noblesse de Berry, où ils occupent encore un rang honorable. Ils ont fourni un grand nombre de branches et donné plusieurs chevaliers à l'ordre de Malte ;

D. Marguerite de Bastard-Maultrot, mariée (le 29 décembre 1555, le même jour et par le même acte que dessus) avec Charles De Roland, fils aîné de Pierre, seigneur de Nizerolles, et de Jeanne de La Motte;

E. Anne de Bastard-Maultrot, mariée, en 1556, à Charles de Barbançon, seigneur de Longueville, des Barbançon, dits aussi de La Doustienne, établis en Sologne dès le XIVe siècle, branche cadette des princes et marquis de Barbançon, en Flandre, éteints dans les princes d'Aremberg de Ligne, les de Thou et les du Prat de Barbançon (Mss. de la Biblioth. Impériale) ;

F. Jeanne de Bastard-Maultrot, mariée, vers 1557-60, avec Claude Moireau, seigneur de la Maison Neuve ;

G. Magdeleine de Bastard-Maultrot était veuve en 1612. Elle avait épousé, vers 1557-60, Paul Crybleau, écuyer, seigneur de Maignon, originaire d'Italie et descendu des Crinelli ou Crivelli, dont était le pape Urbain III, élu en 1185.

4° Magdeleine de Bastard-Terland, religieuse à Bourges, en 1503 ;

5° Marguerite de Bastard-Terland, nommée avec son père, en 1523 et 1543 ;

6° Autre Magdeleine de Bastard-Terland, morte avant le 11 février 1543. Elle avait épousé (vers 1520-30) Jacques De Villars, d'une famille originaire du Bourbonnais.

XVII. Pierre de Bastard, Ier du nom, en Guienne, écuyer, coseigneur de Terland et de Maultrot, en Berry, et encore (du chef de sa femme) seigneur du Bosq, de Vidalot et du fief des Oliviers, en Armagnac, seigneur patron de Saint-Jean d'Abasse, au diocèse d'Auch, né vers 1475, mort en 1555, fut successivement franc archer de la compagnie de Jean de Gamaches, en Berry et à Cône, en Nivernais (1494), et de Claude de Rabutin d'Espiry, en la ville d'Ast, en Piémont (1496), ensuite homme d'armes dans les compagnies de Saint-Paul (1515-29) et de Montmorency (1552). Par suite des relations qui avaient existé entre sa famille et le sire d'Albrel, commandant les troupes royales en Berry, ou par tout autre motif, Pierre de Bastard fut appelé, vers la fin du XVe siècle, par Alain, sire d'AIbret, auquel appartenait alors le comté de Gaure, en Armagnac, en qualité de capitaine ou gouverneur dudit comté et de Fleurance, sa capitale, titre qu'il prend dans un acte de vente d'une maison en faveur des consuls de celle ville le 10 août 1501. Il est rappelé, en même temps que plusieurs autres membres de sa famille, dans l'enquête faite à Bourges en avril 1533, sur la demande de François Bastard, seigneur de Dobert, au Maine, sur la noblesse et l'origine de la maison de Bastard, enquête dans laquelle on dit que les armoiries de la maison de Bastard sont une aigle, mi-partie d'une fleur de lis (Voyez aux branches éteintes, § 3; celle enquête s'y trouve rapportée). Pierre assista au mariage de son fils ainé, le 10 janvier 1535, mourut la même année, et fut enseveli dans le tombeau que son second fils, l'abbé de Fauville, lui fit élever à Saint-Laurent de Fleurance, en la chapelle appelée depuis des Bastard, et qui servit pendant près de deux siècles et demi de sépulture aux seigneurs du Bosq.

La terre du Bosq est restée entre les mains des descendants de Pierre jusqu'à la dernière année du XVIIIe siècle. Elle relevait du comté d'Armagnac, et devait au Roi (en outre du service personnel aux ban et arrière-ban) un cavalier équipé en chevau-léger.

Pierre de Bastard avait épousé, le 8 septembre 1505, Géralde de Foissin de Salles, daine du Bosq, fille de Jean, écuyer, seigneur de Foissin et du Bosq, lieutenant-général de la sénéchaussée d'Armagnac, au siège de Lectoure, et d'Odiette de Salles, dame dudit lieu. Géralde était morte en 1541. La fille de son frère avait épousé Nicolas de Chastenel, seigneur de Puységur, d'où le maréchal de Puységur et toutes les branches des Puységur. « Dans son contrat de mariage, retenu le 8 septembre 1305, Pierre de Bastard prend le litre de fils de Charles de Bastard, seigneur de Terland » (sic) [Nouveaux documents. Voir aux branches cadettes vivantes, § I, la note mise au bas de la page 461).

Il eut de Géralde de Foissin de Salles cinq enfants :

1° Claude de Bastard, seigneur du Bosq, qui suit ;

2° Jean de Bastard, auteur des seigneurs de Vidalot et De La Fitte (Voyez aux branches éteintes, § 1er)

3° Dom Pierre de Bastard, appelé l'abbé de Fauville, substitué, par testament d'Antoinette de Fauville, sa tante, aux nom et armes de celle-ci. Il était prêtre de Saint-Laurent de Fleurance, chapelain-diacre de Saint-Nicolas, prieur régulier et seigneur d'Éauze, dignité remplie par plusieurs de ses neveux et petits-neveux, et fondateur du tombeau de sa branche, à Saint-Laurent de Fleurance, en la chapelle dédiée à sainte Catherine, appelée depuis la chapelle des Bastard. Il transmet la substitution, quant aux armoiries, aux enfants de son frère Jean, dont les descendants ont depuis écartelé les armes de Bastard, des armes de Fauville, ou les ont même portées seules. Il mourut vers 1590 ;

4° Odiette de Bastard du Bosq, mariée, vers 1530-35, à Raymond De Sauvin, seigneur de Bonnecase, d'une famille noble de Bruilhois ;

5° Douce de Bastard du Bosq, dame de Vidalot, mariée, vers 1535, à Jacques De Sarta, seigneur de Las Laques, fils de Durand de Sarta, second président du Parlement de Toulouse, dont les armes se voient encore à Saint-Laurent de Fleurance.

XVIII. Claude De Bastard, appelé dans certains actes le seigneur du Bosq, sans autre désignation, chevalier, seigneur du Bosq et du fief des Oliviers, seigneur patron de Saint-Jean d'Abasse, né en 1506, mort au service en 1558. Il fut archer dans les compagnies du comte de Saint-Paul et du duc de Guise (Revues de 1529, 1530, 1532 et 1552), capitaine de soixante hommes d'armes (grade répondant à celui de colonel) et gouverneur, en 1555, des comté de Gaure, ville de Fleurance et château de La Motte de Gaure. Il se distingua durant les guerres d'Italie, et reçut du roi François Ier, « pour ses bons et loyaux services en Piémont, » cent livres ou écus d'or de pension et une chaiae d'or du poids de trois cents écus. Les archives de Saint-Martin des Champs ne font pas connaître l'action d'éclat qui valut à Claude cette haute distinction. Quoi qu'il en soit, il fit représenter cette chaîne autour de son écu, et ses descendants ont suivi son exemple. Il donna devant Pierre Carnu ou Tarnu, commissaire député par le sénéchal d'Armagnac, les 8 mars et 18 mai 1544, déclaration des biens nobles et fiefs qu'il possédait. Il prend le titre de capitaine dans différents actes, notamment dans un achat du 22 mars 1535 (Nouveaux documents).

Claude de Bastard épousa, le 10 janvier 1555, Marie de Campan-Sarros, dame d'Argentens, fille de Pierre, seigneur de Sarros et d'Argentens, capitaine de Gimont, en Astarac, d'une famille noble de Guienne. Il eut de celle union :

1° Pierre de Bastard, seigneur du Bosq, qui suit ;

2° Amanieu de Bastard, écuyer, homme d'armes dans les compagnies d'ordonnance du Roi, mort jeune au service ;

3° Dominique de Bastard, 1er du nom, appelé Monsieur d'Argentens, né vers 1538, mort le 27 mai 1606. Cadet de famille, Dominique embrassa le parti de la finance ; il fut administrateur du domaine royal dans le comté de Gaure, avec le titre de trésorier général, grand voyer de France, général des finances en la généralité de Toulouse (Voyez à Dominique de Bastard-Saint-Denis, branches cadettes vivantes, § 1er, au XXIe degré, en quoi consistaient ces fonctions). Il épousa, le 13 juillet 1579 Jeanne De Moss D'Ardennes, fille de Odet, écuyer, seigneur d'Ardennes, d'une famille noble de Périgord, et de Géralde de Baireria. Il en vint trois filles : Marie, Françoise et Anne ; la seconde mariée le 30 novembre 1614 à Jean Lébé, d'une famille de magistrats du comté de Gaure.

XIX. Pierre De Bastard, IIe du nom, appelé le seigneur du Bosq, chevalier, seigneur du Bosq, de Sève, coseigneur des Oliviers, seigneur patron de Saint-Jean d'Abasse et (du chef de sa femme) seigneur de La Barthe, né au château du Bosq en 1536. Il fut archer dans la compagnie du connétable Anne de Montmorency (1552), homme d'armes dans la compagnie de Jean d'Estouville, sieur de Villebon (1562), et guidon dans celle de Monluc (1564-73), lors des guerres de religion (Revues et certificat du maréchal de Monluc du 30 mai 1568). Il avait succédé à son père, en 1558, à la charge de capitaine gouverneur du comté de Gaure et de la ville de Fleurance, pour laquelle il obtint ordonnance de sauvegarde du roi de Navarre, en date du 25 novembre 1578. Il s'était attaché à la fortune de ce prince (depuis Henri IV) et l'avait suivi aux sièges de Marmande, de Cahors, de Lectoure, d'Éauze et de Fleurance (8).

« De toutes les expéditions qu'Henri IV entreprit dans le cours de l'année 1580, il ne réussit qu'à l'attaque de Montaigne, en Poitou, et à celle de Cahors, le 29 mai 1580. Pierre de Bastard se trouva à ce dernier siège, qui fut des plus meurtriers. Il fallut assiéger chaque maison. Le Roi courut les plus grands dangers. Pierre fut grièvement blessé à son côté, et c'est en souvenir de cette circonstance que Nicolas, son fils, homme de guerre à cheval, fut envoyé deux fois à Douvres, en 1601, comme porteur de spécial message, par Henri IV, à la reine Élisabeth » (Biographie universelle). Il avait été au nombre des gentilshommes choisis pour la garde de la cornette blanche, appelé comme guidon dans la compagnie des gardes du Roi, et fut tué à ses côtés le 14 mars 1590, à la bataille d'Ivry. Plusieurs lettres du roi de Navarre, adressées « à son cher et bien amé le sieur de Bastard (et signées), votre bon ami Henry, » témoignent de l'estime et de la considération que ce prince avait pour Pierre de Bastard. On lit dans une ancienne généalogie manuscrite : « Il fut tué près d'Henri IV, qui se disait son ami. »

Le 13 décembre 1575, Pierre de Bastard et Dominique, son frère cadet (tous deux fils et héritiers de noble Claude de Bastard, en son vivant capitaine de soixante hommes d'armes) avaient partagé, avec noble Jehan de Bastard, écuyer, leur oncle, frère cadet dudit Claude, le fief des Oliviers, situé en la paroisse et juridiction de Fleurance. Cet acte de la vie domestique de Pierre de Bastard, fixant avec précision le point de partage des deux branches du Bosq, en Armagnac, et de La Fitte, en Languedoc, et leur ordre de génération, ne pouvait être négligé. Enfin, il convient encore de faire remarquer que Pierre était devenu chef de nom et d'armes de toutes les branches de sa famille, tant en France qu'en Angleterre, par suite de la mort du dernier seigneur de Bastardière-sur-Sèvre, près Clisson, arrivée en l'an 1580 (Voyez au dix-huitième degré delà branche aînée, en Bretagne, page 444). On a vu que le dernier vicomte de Fussy était mort un siècle auparavant (Voyez page 427).

Pierre de Bastard avait épousé, en 1569, Bernarde del Puech ou du Pet, dame de La Barthe, fille de Bernard, seigneur de La Barthe. Suivant une généalogie, elle appartenait à une famille d'ancienne chevalerie, originaire du Dauphiné, successivement répandue en Languedoc et en Guienne, qui se disait issue de Bozon, roi de Provence, et dont était Raymond du Puy, grand-maître du Temple.

Pierre de Bastard eut de Bernarde del Puech :

1° Nicolas de Bastard, seigneur du Bosq, qui suit ;

2° Dominique de Bastard (2e du nom), appelé Monsieur d'Argentens, seigneur de La Barthe, coseigneur d'Argentens, succède à son oncle Dominique (1er du nom) comme trésorier général en la généralité de Toulouse et se démet de ses fonctions le 14 octobre 1634, en faveur de Jean-Vital de Mollis. Il épouse en premières noces (vers 1618) Charlotte de Pérès, d'une famille noble du diocèse de Toulouse ; et en secondes noces, vers 1640, Charlotte d'Orléans, fille de noble Bernard et d'Étiennette de Mérat, veuve de Jehan de Percin, premier consul de Fleurance, appartenant à une branche cadette des seigneurs de Montgaillard (Les d'Orléans, originaires de l'Orléanais et répandus en Sologne, en Berry et en Guienne, ont donné dès le XIe siècle un grand bouteiller de France). De ce mariage il vint deux filles :

A. Marie de Bastard d'Argentens, qui épouse, le 22 juillet 1641, Arnaud Merlin, écuyer, capitaine, fils de noble N... Merlin et de Garcie de Carrère ;

B. Jeanne de Bastard d'Argentens, mariée, vers 1642-50, à noble Jean De Maras, dont les nobiliaires de Lorraine donnent les armoiries.

3° Dom Jean de Bastard du Bosq (1er du nom), prêtre de Sainte-Marie d'Auch, diacre de Saint-Nicolas de Fleurance, prieur de Saint-Jean d'Abasse (prieuré dont la nomination appartenait à sa famille), abbé-prieur régulier et seigneur d'Éauze, mort avant 1678 ;

4° Jacques de Bastard-Sève, appelé Monsieur de Sève, écuyer, seigneur de Sève ou de La Sève, épousa (vers 1610-15) Françoise d'Espiau de La Mauze, fille de noble Jean, seigneur de La Mauze, d'une famille noble d'Armagnac. Il eut entre autres enfants :

A. Léonard de Bastard-Sève, prieur de Saint-Jean d'Abasse ;

B. Joseph de Bastard-Sève, gendarme ou homme d'armes dans les compagnies d'ordonnance, mort jeune au service ;

C. Barthélémy de Bastard-Sève, prieur dé Saint-Jean d'Abasse, en 1657 ;

D. Marie de Bastard-Sève, qui épousa (vers 1650) Louis de Baragnes, fils de Paul, baron de Bélestat, et de Marie de Lordat. Le marquis d'Aubais, en ses Pièces fugitives (3 vol. in-4°), donne quelques degrés des Baragnes, qui appartiennent, ainsi que les Lordat, à l'ancienne noblesse de Languedoc et de Bruilhois ;

E. Françoise de Bastard-Sève, rappelée en 1656.

F. Suzanne de Bastard-Sève, rappelée en 1656.

5° Jean de Bastard du Hauret, appelé le seigneur du Hauret et le capitaine de Fauville, écuyer, seigneur du Hauret, en Armagnac, né vers 1588, mort après 1671, était homme d'armes dans les compagnies d'ordonnance, capitaine de cavalerie sous le prince de Conti, généralissime en Guienne, fut maintenu dans sa noblesse une première fois, en 1652, par ordonnance du prince de Conti, et ensuite par arrêt du Conseil du Roi, en date du 25 novembre 1671, en même temps que Jean do Bastard, seigneur du Bosq, son neveu. Cet arrêt déclare maintenir Jean de Bastard, capitaine, et autre Jean de Bastard, conseiller de Sa Majesté, oncle et neveu, leurs successeurs, enfants et postérité nés et à naître, en leur qualité de noble et d'écuyer, et ordonne leur inscription au catalogue des gentilshommes du royaume (Voyez ci-après, au vingt-unième degré). Par suite de la substitution continuée des nom et armes de Fauville, le seigneur du Hauret portait les armes de Fauville seules en son écu, circonstance qui explique plusieurs des erreurs dans lesquelles on est tombé relativement aux armoiries de cette branche.

Jean de Bastard épousa (vers 1618) Marie de Margoet, alias Margouet, d'une famille noble de l'Armagnac. Il en eut :

A. Blaise de Bastard du Hauret, né vers 1619, écuyer, seigneur du Hauret, chevau-léger dans la compagnie de M. de Marin, lieutenant dans les régiments d'Harcourt et de Rouhault, capitaine au régiment de Gourzac (ou Bourzac), tué au siège de Condé en 1655. Il épousa Judith d'Aspis de Saint-Criq (dont la famille adonné deux conseillers au Parlement de Toulouse, sous Louis XIV), fille de noble Timothée et de Marguerite de Romatot :

Il eut de cette alliance une fille unique :

Marguerite de Bastard du Hauret, mariée (vers 1680) à Jean-Fritz De Mons, écuyer, petit-fils de Jehan de Mons, seigneur d'Ardennes, ci-dessus nommé.

B. Jeanne de Bastard du Hauret, qui épousa (vers 1650) Philippe d'Arquier, seigneur de Beaumont-en-Lezai, famille alliée aux de Pins de Colonges et de Fargis. Aux d'Arquier appartiennent un astronome du premier mérite, mort en 1802, et le baron d'Arquier, colonel de la garde impériale, mort dans la guerre d'Espagne, en 1808, dont le fils, le baron Isidore d'Arquier, aujourd'hui retraité, était chef d'escadron au corps impérial d'état-major ;

C. Marie de Bastard du Hauret, veuve, en 1681, de Charles De Cornet ou de Corné, qu'elle avait épousé vers 1655.

6° Catherine de Bastard du Bosq, mariée, vers 1598-1600, avec Arnaud de La Briffe, seigneur de Ribeyrie, au comté de Gaure, fils de Pierre et de Marguerite de Pérès. La famille de La Briffe s'est depuis transportée à Paris. Elle a donné un procureur général au Parlement de Paris et un premier président au Parlement de Rennes ; l'un de ses membres siégeait naguère à la Chambre des pairs ;

7° Anna de Bastard du Bosq, mariée, vers 1605-10, avec Antoine de Lucas, seigneur de Bustet, dont la famille a donné dos magistrats au Parlement de Toulouse ;

8° Jeanne de Bastard du Bosq, femme, vers 1610-15, d'Antoine d'Espons, fils de Raymond et de Jeanne de Foissin.

XX. Nicolas de Bastard, écuyer, seigneur du Bosq, coseigneur patron de Saint-Jean d'Abasse, né vers 1578, mort en 1662, entre comme archer dans les gardes du roi Henri IV (homme de guerre à cheval, dit la Notice sur Pierre de Bastard, son père). Il fut envoyé à la suite de Sully comme porteur de message spécial du roi de France, alors à Calais (1601), près de la reine d'Angleterre, qui s'était rendue, de son côté, à Douvres, sous prétexte d'une entrevue, et il y rencontra William Bastard d'Elforde, son parent.

Le souvenir de cette circonstance, qui devait amener, dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, des rapprochements entre la branche anglaise et la branche aînée de Guienne, ne se perdit plus dans les deux familles (Voyez aux brandies cadettes vivantes, §3e). Nicolas servit aussi dans la compagnie de monseigneur le dauphin, et parait en effet comme homme de guerre à cheval, armé de toutes pièces, à la revue passée à Conches, en Normandie, le 20 octobre 1606. Après la mort d'Henri IV, il quitta l'épée pour la robe, et fut nommé (par provisions royales de 1647, contresignées du chancelier de France) conseiller du Roi, substitut du procureur général près le Parlement de Toulouse et son procureur au comté de Gaure, fonctions qu'il remplit pendant près de trente ans (9).

Par son testament, en date du 20 octobre 1659, il règle la succession entre les trois enfants qui lui restaient vivants : il laisse à Jean, son fils aîné, la troisième part de tous ses biens et sa charge de magistrature (sans doute par confirmation d'un abandon remontant à douze années) ; il rappelle que Dominique, son second fils, suit la finance, qu'il a acquis des biens de fortune, et par cette raison ne lui fait aucune donation ; il donne un calice d'argent, avec sa patène jusqu'à la somme de dix-huit écus, à Antoine, religieux de Saint-Orens d'Auch, « lequel a pris le meilleur parti de quitter le monde pour mieux servir Dieu. » Cet acte, conservé en original, autorise à rectifier la généalogie imprimée dans le quatorzième volume du Dictionnaire de la Noblesse, et prouve que ce Dominique était le neveu et non le fils de Jehan de Bastard, seigneur du Hauret.

Nicolas avait vendu, sous réserve des droits seigneuriaux pour lui sa vie durant et pour celle de son fils aîné, le domaine utile de la terre du Bosq au môme Jehan de Bastard du Hauret, son frère, qui le revendit à Dominique, son neveu ; mais on verra plus tard le troisième descendant de celui-ci aliéner de nouveau cette terre (1754) en faveur de Pierre de Bastard, comte d'Estang, son cousin. Nicolas fut enterré à la chapelle des Bastard, à Saint-Laurent de Fleurance, où il avait fondé des messes de requiem, avec diacre et sous-diacre, pendant les dix premières années qui devaient suivre son trépas.

Nicolas de Bastard épousa, le 15 janvier 1617, Jeanne de Rébésies de La Rouquette, dame de La Rouquette et en partie de Néné et de Homps, fille de noble Sébastien, seigneur de La Rouquette, d'une ancienne famille d'Armagnac, aujourd'hui éteinte. Jeanne de Rébésies donne procuration à son mari, en date du 1er octobre 1618, relativement à une donation faite par Bernarde del Puech (Nouveaux documents). Nicolas de Bastard eut de Jeanne de Rébésies de La Rouquette quatre enfants :

1° Jean de Bastard, seigneur du Bosq, qui suit ;

2° Dominique de Bastard-Saint-Denis, auteur des seigneurs de Saint-Denis-sur-Garonne et de l'Isle-Chrétienne, en Bruilhois (Voyez aux branches cadettes vivantes, §1er, p. 461 et suivantes) ;

3° Dom Antoine de Bastard du Bosq, 1er du nom, chanoine-infirmier, doyen de Saint-Orens d'Auch, puis abbé-prieur régulier et seigneur d'Éauze, vicaire-général de l'abbé de Cluny dans toute la Guienne, recommandable par ses hautes vertus. Dom de Brugelle en parle dans ses Chroniques ecclésiastiques du diocèse d'Auch ;

4° Joseph de Bastard du Bosq, cornette au régiment de Boissac, tué au combat de Crémone le 30 juin 1648, et rappelé dans la Gazette de France du 16 juillet suivant.

XXI. Jean De Bastahd, Ve du nom (Ier en Guienne), écuyer, seigneur du Bosq, du Peilheur, de Bréchan, de Soubaignan, de Bordeneuve, de Sève et de Coue, coseigneur patron de Saint-Jean d'Abasse, chef de nom et d'armes des trois branches de Guienne (ainsi qu'il vient d'être établi aux dix-septième, dix-neuvième et vingtième degrés), né à Fleurance le 22 avril 1618, mort le 24 mars 1688. Succédant à la position de ses pères dans le comté de Gaure, il fut élu par ses concitoyens, en 1644 et 1672, premier consul de la ville de Fleurance, charge qui fut souvent occupée par les noms les plus honorables de la province (les Pins, les d'Aspis, les Poyet, les Percin-Montgaillard et autres), et qui était alors le premier emploi de la cité, depuis qu'elle avait perdu son gouverneur militaire. Nommé sur la démission de son père, en 1647, conseiller du Roi, substitut de son procureur général près le Parlement de Toulouse et son procureur au comté de Gaure, il y joignit, pendant plus de vingt ans, le titre de commissaire à la réformation des domaines de Sa Majesté dans les comtés d'Armagnac et de Gaure, vicomtés de Fezensac et de Lomagne, le Condomois, les comtés de Foix et de Rodés, le Roussillon, le Nébouzan et les Quatre-Vallées. Il s'acquitta de ces fonctions, disent plusieurs lettres royales, à la satisfaction du Roi et des vassaux de la couronne. A l'exemple de son père, il résigna lui-même ses fonctions de magistrature en faveur d'Antoine, son fils aîné, et remit sa démission entre les mains du chancelier de France, qui en délivra les provisions au nouveau titulaire.

C'est dans cet intervalle qu'avait eu lieu la grande recherche, en exécution des édita de Louis XIV, qui ordonnaient « la condamnation des usurpateurs de noblesse, à l'honneur des véritables gentilshommes, et au soulagement des autres sujets taillables » du royaume. » A cette occasion, Jean de Bastard produisit, d'accord avec Jean de Bastard, capitaine dans les armées de Sa Majesté, son oncle, les titres de sa famille, et fut maintenu dans sa qualité de noble et d'écuyer (avec filiation remontant à Chariot de Bastard, son quatrième aïeul, seigneur de Terland, en Berry, premier des panetiers et maître d'hôtel du roi Charles VIII) par arrêt du Conseil du Roi, rendu le 25 novembre 1671, sur les conclusions conformes du procureur général de Sa Majesté, et ordonnant l'inscription de Jean de Bastard au catalogue des gentilshommes du royaume, qui devait être arrêté au Conseil. Jean, et non son fils, posséda le premier le château de Bréchan, près Fleurance, qui lui était advenu par donation de dame Jacqueline d'Audebard, veuve de noble Jean-Jacques de Bréchan, de la famille (dit-on) de Cazalès. Les d'Audebard, plus connus sous le nom de barons de Férussac, ont fourni de nos jours deux savants distingués. Jean de Bastard fut enterré à Saint-Laurent de Fleurance, dans le tombeau de sa famille, ainsi qu'il l'avait demandé par son testament du 1er avril 1676.

Jean de Bastard épousa, le 10 juillet 1644, Marie de Bastard-Vidalot, sa cousine au huitième degré, fille de Gaspard de Bastard-Vidalot (Voyez aux branches éteintes, § 4e, dix-neuvième degré) et de Jeanne d'Espiau de La Mauze, qui était sœur d'autre Jeanne-Françoise d'Espiau, mariée à Jacques de Bastard-Sève, appelé monsieur de Sève, dont il vient d'être question au dix-neuvième degré. Quelques années plus tard, autre Marie de Bastard-Vidalot, sœur de la précédente, épousait Dominique de Bastard, seigneur de Saint-Denis-sur-Garonne, frère puîné de Jean (Voyez aux branches cadettes). On ne comprend pas comment, en présence de tant d'actes communs aux trois branches de Guienne, actes encore existants aujourd'hui, on ait pu varier sur les rapports de parenté et l'ordre de primogéniture qui existaient entre elles. Marie de Bastard, dont on a le portrait, peint vers l'époque de son mariage, avait demandé par son testament, en date du 1er mai 1685, d'être enterrée dans la chapelle de Bastard, à Saint-Laurent de Fleurance. L'acte de souscription porte encore quatre fragments de sceaux, timbrés d'une couronne de comte, surmontée d'un ange en cimier.

Jean de Bastard, seigneur du Bosq et de Bréchan, eut de Marie de Bastard-Vidalot :

1° Antoine de Bastard, seigneur de Bréchan, qui suit ;

2° Dom Dominique de Bastard du Bosq, prieur de Saint-Luc, religieux profès, chanoine infirmier de Saint-Orens d'Auch, sacristain d'Éauze (né vers 1655, mort avant le 1er mai 1685) ;

3° Dom Jean de Bastard du Bosq (2e du nom), chanoine de Saint-Orens d'Auch, chapelain de Saint-Jean d'Abasse, prieur régulier et seigneur d'Éauze, né vers 1660, teste le 6 juillet 1688 et meurt avant le 5 avril 1696 ;

4° Gaspard de Bastard du Bosq (2e du nom), gendarme du Roi, cornette au régiment de Lavalette, mort jeune au service ;

5° Dom Antoine de Bastard du Bosq (2e du nom), prêtre-prieur de Saint-Luc, sacristain d'Éauze, chanoine du chapitre de Saint-Orens d'Auch, né vers 1664, mort le 8 mars 1743. On a son testament en date du G février 1743, scellé de ses armes (mi-parti d'une fleur de lis et d'une aigle), l'écu timbré d'un casque taré de front et orné de ses lambrequins. On les voyait ainsi sur son tombeau, à Saint-Orens d'Auch ;

6° Anne de Bastard du Bosq, née en 1653, morte à Lectoure 7 avril 1723 ;

7° Françoise de Bastard du Bosq, née vers 1655-57, épousa (avant le 1er avril 1676) Jean de Larrieu, d'une famille appartenant à la noblesse d'Armagnac et de Languedoc, et qui a donné plusieurs capitouls à la ville de Toulouse ;

8° Perrette de Bastard du Bosq, mariée (vers 1685) à Jean-Pierre du Faur de Langesse, fils de Pierre (de la branche des du Faur de Sainte-Christie, près de Nogaro, cadets des du Faur de Pibrac) et de Marguerite de Galard.

XXII. Antoine De Bastard, Ier du nom, écuyer, seigneur de Bréchan, de Soubaignan, Bordeneuve, Sève, Coue, Peilheur, Estillac et La Bourdette, né à Fleurance le 19 novembre 1654, mort en la même ville le 19 septembre 1755. Il succède à son père en 1678 comme conseiller du Roi, substitut de son procureur général près le Parlement de Toulouse et son procureur au comté de Gaure, charge qu'il exerça pendant douze ans. Quelque temps après, il acheta de Dominique de Bastard, seigneur de Saint-Denis-sur-Garonne, frère cadet de son père, au prix de 52.000 livres, la charge de receveur général des finances au comté de Gaure et vicomté de Lomagne, dont les provisions royales, signées à Versailles et scellées du grand sceau, furent délivrées à Antoine le 25 septembre 1689. Il s'en démit volontairement en 1725. Il fit son testament (1742), que l'on conserve encore, scellé de ses armes, et fut enterré au tombeau de sa famille, dans la chapelle des Bastard, à Saint-Laurent de Fleurance. On a son portrait, venant du château du Bosq.

Antoine de Bastard épousa en premières noces, le 19 octobre 1678, Anne de La Case, fille de messire Bernard, écuyer, conseiller du Roi et maire perpétuel d'Escatelens, et d'Anne Domingon ; et en secondes noces, le 24 novembre 1694, Guyonne de Villatte, morte sans enfants avant 1722, fille de feu messire François, conseiller du Roi et son procureur en la sénéchaussée d'Armagnac, séant à Lectoure, d'une famille divisée en plusieurs branches, établies à Lectoure, aux environs de Sarlat et en Languedoc. Jeanne de Villatte mourut sans postérité. La famille de La Case, d'Escatelens, s'est alliée à celle des barons de Lassus de Neslier, du Parlement de Toulouse. Le frère d'Anne de La Case était avocat général de la Cour des Aydes de Monlauban, et son neveu fut conseiller au Parlement de Toulouse.

Antoine de Bastard eut d'Anne de La Case :

1° Jean de Bastard, seigneur de Bréchan et de Bartère, qui suit ;

2° Dom Dominique de Bastard-Bréchan, né le 2 août 1680, sacristain d'Éauze en 1708, archiprêtre de Sos, métropolitain de l'archevêché d'Auch ;

3° Louis de Bastard-Bréchan, appelé le chevalier de Bréchan, chevalier de Saint-Louis, né le 20 août 1683, mort le 15 janvier 1773, était capitaine au régiment de Fois, prit part aux dernières guerres du règne de Louis XIV, fut au siège de Lille (1708) et à celui de Bouchain (1711), et quitta le service après 1725. Il est enterré dans la chapelle des Bastard, à Fleurance, où se voyaient son épitaphe et ses armoiries : une aigle, mi-partie d'une fleur de lis, un écusson d'hermines en chef. On a son portrait du temps de la régence ;

4° Jean-Gaspard de Bastard-Bréchan, appelé l'abbé de Bastard de Bréchan, né le 24 septembre 1684, mort le 8 février 1773, docteur en théologie, chanoine et archidiacre de Fezensaguet, en l'église cathédrale de Saint-Gervais de Lectoure, premier vicaire général, grand chantre de la cathédrale, officiai et secrétaire du diocèse de Lectoure, qu'il administra pendant cinquante ans, et pensionné de Sa Majesté sur l'évêché de Couserans ;

5° Jacques de Bastard-Bréchan, appelé le chevalier de Bréchan (comme son frère Louis), né vers 1686, volontaire, puis sous-lieutenant au régiment de Foix, blessé à la bataille de Hochstet le 13 août 1704, chevalier de Saint-Louis en mars ou avril 1715 ;

6° Autre Jacques de Bastard-Bréchan, appelé Monsieur de Bartère, écuyer, seigneur de Bartère, près Fleurance, né le 30 août 1687, mort le 4 décembre 1751. Il était clerc tonsuré du diocèse de Sarlat ; mais s'étant rendu à Paris, il quitta l'église pour le barreau, qu'il suivit avec succès. Son testament, scellé de ses armes, fait à Toulouse le 7 décembre 1750, rappelle presque tous les membres de sa famille, habitant alors Fleurance ou Toulouse, notamment Dominique de Bastard, seigneur de La Fitte, et François de Bastard, son fils, tous deux conseillers au Parlement, et auxquels il fait des legs importants. Il meurt au château de Bartère, qu'il avait acheté de la famille de Montault en 1724, et qu'il lègue à l'aîné de ses neveux ;

7° Autre Dominique de Bastard, né le 15 septembre 1688, mort en 1773, était curé de Caumont, chanoine de Sos, de Saint-Orens d'Auch, puis de la cathédrale de Sainte-Marie d'Auch. Il célèbre en 1743, au château du Pin, le mariage de Jean-Pierre de Bastard, 1er comte d'Estang, son neveu, avec demoiselle Marie-Louise de Catellan de Caumont. – (Voyez ci-après, au XXIVe degré) ;

8° Thérèse de Bastard de Bréchan, mariée, avant 1722, à Jean d'Espons, son cousin, petit-fils d'Antoine et de Jeanne de Bastard du Bosq.

XXIII. Jean De Bastard, VIe du nom (IIe en Guienne), écuyer, seigneur de Bréchan, de Soubaignan, de Bartère, né à Fleurance le 7 août 1680, succède, en 1725, à la charge de son père, et s'en démet en 1744 (on a son testament olographe à la date du 14 juillet 1752, scellé de six cachets en cire noire, aux armes de sa famille). Il fut inhumé dans la chapelle des Bastard, en l'église de Saint-Laurent de Fleurance, le 16 août 1752.

Jean de Bastard épousa, le 25 février 1710, Louise de Goudin De La Salle, fille de Jean-Pierre, baron de Goudin, seigneur de La Salle, Caupène, etc., et de Françoise de Traconnet. Ces deux familles comptaient dans la noblesse de l'Armagnac. Jean de Goudin descendait, selon toutes les probabilités, du sieur de Goudin « directeur du pays de Lomagne », en l'année 1642 (Original en papier faisant partie de nos archives. J. De Bounnousse De Laffore).

Jean de Bastard et Louise de Goudin de La Salle eurent de leur alliance :

1° Antoine de Bastard, écuyer, seigneur de Bartère, né à Fleurance le 7 octobre 1710, épouse, par contrat passé à Toulouse le 18 novembre 1742, en la maison de noble dame Rose de Martiny, veuve de messire Antoine de Sevin, Hélène de Nogerolles de La Mothe, fille de noble Jean, seigneur de La Mothe, et de Marie Laroquan de Licar. Il succède, en 1744, à la charge de son père, charge dont il se démet en 1769. Il nomme dans son testament ses cinq enfants et institue son fils pour son héritier général. Suivant ses dernières volontés, il fut enterré, le 8 juillet 1775, au tombeau de sa famille, dans la chapelle des Bastard, à Saint-Laurent de Fleurance.

Antoine de Bastard eut d'Hélène de Nogerolles :

A. Jean-Joseph de Bastard, seigneur de Bartère et de Las Bouères, écuyer, seigneur de Bartère, en Armagnac, et de Las Bouères-sur-Garonne, en la sénéchaussée de Nérac, né à Fleurance le 2 décembre 1743, mort à Bagnères-de-Bigorre le 14 août 1780, succède à son père en 1769, est élu, en 1770, comme l'avait été son trisaïeul, premier consul de la ville de Fleurance, à la tête de laquelle sa famille marchait depuis trois cents ans. Les traditions des anciens municipes romains s'étaient conservées dans les villes du midi de la France, et les charges municipales ne cessèrent d'y avoir, jusqu'à 1789, une importance qui les faisait rechercher par des familles qui, en d'autres provinces, s'en seraient tenues éloignées (Voyez au vingt-unième degré). Dans un très-grand nombre de communes, même peu importantes, la charge de premier consul ne pouvait être exercée que par un gentilhomme. Par son testament, daté du 4 août 1780, dix jours avant sa mort, Jean-Joseph de Bastard, seigneur de Bartère, institue pour son héritier Jean de Bastard, comte d'Estang, son cousin-germain. Sa succession, s'élevant à plus de 500.000 livres, et dans lesquelles le prix de sa charge entre pour une valeur do 100.000, fut réglée, le 8 août 1789, entre ses sœurs et son héritier testamentaire, par arrêt passé d'accord devant le Parlement de Toulouse.

La terre de Las Bouères (ou Lasbouères), venue précédemment de la maison de Grossolles, appartient maintenant, ainsi que celle de Truquet, sa voisine, à l'aîné des comtes de Bastard d'Estang, à titre de majorât, institué en 1810 par Jean, comte de Bastard. La terre de Bartère, frappée par la substitution de 1771, fut attribuée à Guillemette de Bastard, dame de Bartère, dont il va être parlé ;

B. Louise de Bastard-Bartère, née le 18 novembre 1748, morte le 5 juillet 1813, mariée, le 11 juin 17G5, avec Hilaire De Coquet De Saint-Lary, fille d'Alexandre, seigneur de Saint-Lary, et de Jeanne d'Anguis. La généalogie des Coquet est dans d'Hozier ;

C. Guillemette de Bastard-Bartère, dame de Bartère, née le 17 octobre 1752, morte à Toulouse le 5 avril 1791, mariée, le 23 octobre 1770, à Pierre-Théodore de Lort, conseiller au Parlement de Toulouse, fils de Jean-Marie de Lort, professeur de droit français à l'Université de Toulouse ;

D. Jeanne de Bastard-Bartère, dame de La Rolle, née le 6 février 1757, morte le 29 juillet 1817, institua pour son héritier un des fils de madame de Saint-Lary, sa sœur ;

E. Josèphe de Bastard-Bartère, née le 21 août 1758, morte après 1818, mariée, avant 1789, avec Antoine-Joseph, baron De Bastide, d'une ancienne famille de Rouergue, coseigneur de Faveyrolles, de La Descarie et d'Isard, trésorier de France eu la généralité de Toulouse, mort conseiller à la cour royale de cette ville le 5 mars 1818, neveu de l'abbé de Bastide, conseiller-clerc au Parlement de Toulouse, chanoine de Saint-Denis, abbé de Quincy et prédicateur du Roi. Son fils, le baron de Bastide, a été membre de la Chambre des Députés pour le département de la Haute-Garonne.

2° Jean-Pierre de Bastard, seigneur du Bosq, premier comte d'Estang, dont l'article suit ;

3° Antoine de Bastard-Bréchan, appelé le chevalier de Bréchan-Soubaignan, né le 20 mai 1713, chevalier de Saint-Louis, capitaine au régiment de Foix, dans lequel servait aussi son frère, appelé Monsieur de Cantiran, et depuis comte d'Estang. Il se distingue dans la guerre du Milanais (1733), est blessé à la bataille de Parme (29 juin 1734), a un bras emporté au siège de Tidon (1746), ne quitte le service qu'en 1749, et meurt à Lectoure le 16 janvier 1780 ;

4° Gaspard de Bastard-La-Rolle (ler du nom), appelé Monsieur de La Rolle, écuyer, seigneur de La Rolle et de Cortiade, né le 8 août 1717, était subdélégué de l'intendance de Navarre, Béarn et généralité d'Auch, pour les comtés de Gaure et de Verdun et vicomté de Lomagne, à la résidence de Fleurance, et mourut dans ces fonctions le 14 décembre 1748, entouré de l'estime générale et de la plus haute considération. Il avait épousé, le 16 août 1758, Françoise-Bonaventure du Barry du Colomé, morte le 9 juillet 1811, fille d'Urbain, seigneur du Colomé (dont la famille existe encore en la ville de Pau et au château de Soulon, en Armagnac), et de Guillemette de Fieret de Beaudribosq.

Gaspard de Bastard de La Rolle eut neuf garçons et une fille :

A. Dominique de Bastard-La-Rolle, seigneur de La Rolle et de Cortiade, né le 20 janvier 1760, mort à Fleurance le 27 mars 1831, l'aîné de tous les garçons et le seul qui se soit marié. Il avait épousé, le 11 juin 1800, Marie-Charlotte-Rosalie de Percin de Lillanqes, fille de François Percin de Lauret et de Lillanges et de Marie-Antoinette de Bonnefond de Fieux. Les Percin, marquis de Lillanges, appartiennent à une branche cadette des marquis de Lavalette et de Montgaillard, représentée encore à Paris par la marquise de Juigné, née Percin de Lavalette (Voir Moreri). De Dominique et de Rosalie de Percin de Lillanges, décédée à Fleurance le 21 avril 1858, est venue une fille unique :

Marie-Thérèse-Charlotte de Bastard de La Rolle, dame de Cortiade, née à Fleurance le 3 avril 1803, mariée, le 11 janvier 1825, à Marie-Xavier de Lort de Bartère, conseiller à la Cour royale d'Alger, son cousin, propriétaire actuel de l'ancienne seigneurie de Bartère, arrivée par droit de retour, en 1780, à son père, Germain de Lort, écuyer, qui fut maire de Fleurance, et le fils aîné de Guillemette de Bastard, dame de Bartère (Voy. page 443). Les de Lort établis en Armagnac se disent une branche cadette des seigneurs de Taraillan et de Sérignan. L'on a vu, aux vicomtes de Fussy (p. 422), qu'ils obtinrent une concession héraldique sous le roi Charles VII.

B. Jean-Barthélemi de Bastard-La-Rolle, né le 6 décembre 1760, vivait à Fleurance avec son frère Cortiade, qu'il fît son héritier, et mourut le 9 septembre 1823 ;

C. Louis-Dominique de Bastard-La-Rolle, appelé Monsieur de Cortiade, né le 10 décembre 1761, mort à Fleurance le 26 juin 1829, institua pour héritier de sa maison de Fleurance son neveu du Prat, fils de Thérèse de Bastard, sa sœur ; il laissa la jouissance de ses biens à Gaspard de Bastard, lieutenant-colonel de cavalerie, son frère ;

D. Hélène-Antoine de Bastard-La-Rolle, né le 4 décembre 1762 ;

E. Gaspard de Bastard-La-Rolle, appelé d'abord le chevalier de Bastard, né le 28 mars 1764, mort à Fleurance le 24 juin 1837, lieutenant-colonel de cavalerie, chevalier de Saint-Louis et officier de l'ordre royal de la Légion d‘Honneur, servit d'abord dans les gardes du corps de Louis XVI, compagnie de Villeroy, défendit les appartements de la reine dans la nuit du 6 octobre 1789, passa ensuite en Espagne et servit dans les gardes wallones. Revenu en France sous le Consulat, il demeura près de vingt-cinq ans à Paris et au château de Mont-Saint-Père (Aisne), chez ses cousins-germains le comte et la comtesse de Bastard, jusqu'à leur mort, en 1825. Lors de la restauration des Bourbons (1814), il était rentré, comme maréchal-des-logis, dans les gardes du corps de Louis XVIII (compagnie de Gramont), et quitta le service en 1816 avec le grade de lieutenant-colonel.

Par son testament, en date du 30 octobre 1833, il institue pour son héritier et légataire universel le comte Jean-François-Auguste de Bastard, son neveu à la mode de Bretagne, et en cas de refus, Guillaume-Amable-Octave de Bastard, âgé de deux ans seulement, fils de ce dernier. Le vicomte de Bastard (Adelaïde-Philibert-Marthe-Victor), oncle de l'enfant, fut nommé exécuteur testamentaire ;

F. Autre Dominique de Bastard-La-Rolle, né le 18 avril 1766, mort au berceau ;

G. Jean de Bastard-La-Rolle, né le 10 août 1767, mort en bas âge ;

h. Jean-Pierre de Bastard-La-Rolle, mort à Fleurance le 16 janvier 1841, était le dernier de la branche de Bréchan et du rameau de La Rolle ;

I. Antoine de Bastard-La-Rolle (IIe du nom), appelé le chevalier de Bréchan, né le 17 octobre 1770. Durant sa minorité, le château de Bréchan, à lui advenu par la succession du chevalier de Bréchan-Soubaignan, son oncle, château que les seigneurs du Bosq possédaient depuis plus d'un siècle, fut aliéné par Gaspard de Bastard-La-Rolle, son père ;

K. Thérèse de Bastard-La-Rolle, née le 6 mai 1776, morte le 1er novembre 1821, mariée, le 10 novembre 1801, à Jean-Marie-Bertrand du Prat, capitaine d'infanterie, mort le 9 février 1828, d'une famille originaire de Languedoc.

XXIV. Jean-Pierre de Bastard, appelé d'abord Monsieur de Goudin, puis Monsieur de Cantiran, et enfin Le Comte d'Estang, chevalier, premier comte d'Estang, en Armagnac, seigneur du Bosq, de Vidalot, du Hauret, de Peilheur, de Cantiran, de Caupène, de La Salle, de Misène et de Claux, aussi en Armagnac, né au château de Bréchan, près Fleurance, le 25 octobre 1711, était le second fils de Jean VI, seigneur de Bréchan et de Bartère, et de Louise de Goudin de La Salle. Il servit comme officier au régiment de Foix, dans la compagnie du chevalier de Bréchan-Soubaignan (Antoine de Bastard, chevalier de Saint-Louis, son frère), et quitta le service, étant capitaine, à la suite de blessures graves reçues le 29 juin 1754 à la bataille de Parme. Il fut, comme son frère, chevalier de Saint-Louis ; est rappelé, en cette qualité, dans un acte de l'État civil de Fleurance du 4 décembre 1745. Mazas (édit. de 1855, t. I, p. 47) et Théodore Anne (édit. de 1860-1861) le nomment en leur Histoire de la Croix de Saint-Louis. Il se retira dans sa famille, en Gascogne, et dans la ville de Toulouse, où il se maria. Maintenu dans sa noblesse, avec filiation remontant à Chariot de Bastard, seigneur de Terland, en Berry, son septième aïeul, par ordonnance de M. d'Eligny, intendant d'Auch, en date du 12 juillet 1765 ; il fut choisi, en 1765, par la noblesse de Nogaro et des environs, pour la représenter, aux termes des édits de 1764 et 1765.

Héritier de la famille de Goudin, par suite de l'adoption et des dispositions testamentaires de son aïeul maternel le baron de Goudin, mort en 1752, Jean-Pierre de Bastard, à peine âgé de 21 ans, se trouva dans une position de fortune qui lui permit d'acheter, dès 1757, la seigneurie alors importante de Cantiran, possédée précédemment par les maisons de Saint-Aubin, de Lupé et d'Esclignac, et qui relevait directement du Roi, sous l'hommage d'un baiser et d'une paire de gants blancs. Le nouveau seigneur fit reconnaître la franchise de son fief. Jean-Pierre de Bastard rendit aussi hommage au Roi, le 17 février 1744, pour le fief de La Salle, situé près de Cantiran. Le 27 février 1754, il racheta de son cousin Dominique de Bastard, seigneur de Saint-Denis-sur-Garonne, grand maître des Eaux et Forêts de Guienne, la seigneurie et le château du Bosq et leurs dépendances, aliénés par Nicolas de Bastard, son trisaïeul, et il en rendit hommage au Roi l'année suivante. Enfin, le 18 décembre 1770, il acquit de Marie-Françoise Bouchard d'Esparbès de Lussan d'Aubeterre, baronne et comtesse d'Estang, la seigneurie d'Estang, autrefois Esten, en Armagnac, fief faisant jadis partie du domaine de la couronne, dont il avait été détaché en 1568 par le roi Charles V, pour récompenser Jean I, comte d'Armagnac, de sa résistance au fouage nouvellement établi par le prince Noir.

La terre d'Estang, près de Nogaro, département du Gers, donnait dès l'année 1368, et a toujours donné depuis, jusqu'à 1789, le titre de baron et de comte, et le droit d'entrée aux États de Gascogne à ceux qui la possédaient. Les seigneurs de Lan l'achetèrent en 1429 au comte d'Armagnac, avec tous les privilèges qui s'y trouvaient attachés, et devinrent barons et comtes d'Estang avant d'être marquis de Lusignan. Les d'Esparbès de Lussan d'Aubeterre la possédèrent ensuite et la transmirent, avec ses privilèges, à Jean-Pierre de Bastard, seigneur de Cantiran. Les familles de Lan, d'Esparbès-d'Aubeterre et de Bastard, furent, à plusieurs reprises, reconnues en possession des titres de comtes et de barons d'Estang par les parlements et les cours souveraines du royaume. Elles ont toujours regardé et considéré comme admis, que la possession de ce fief donnait également aux cadets et aux aînés le droit aux titres de comtes et barons d'Estang, et c'est en vertu de ce droit que l'on trouve dans ces trois familles des actes de baptême ou de naissance de cadets avec le titre de comte d'Estang, ainsi donné dès le berceau. La ville d'Estang était administrée par trois consuls désignés par le comte, qui nommait à tous les offices de justice du comté. Sa franchise et la noblesse du nouveau seigneur furent reconnues pour la dernière fois par arrêt du Conseil, en date du 5 février 1780.

Jean-Pierre de Bastard, installé comme seigneur de la ville, baronnie et comté d'Estang, au mois d'avril 1774, rendit ensuite, en sa qualité de comte d'Estang, par l'intermédiaire de son fils, hommage au Roi, par-devant le Parlement de Navarre, séant à Pau, le 20 février 1775. Jean-Pierre lesta le 24 mars 1775, mourut le 4 septembre 1778, et fut enterré au couvent des Cordeliers de Nogaro, où sa femme avait été portée trente-trois ans auparavant. Il a été peint dans sa jeunesse, en uniforme d'officier au régiment de Foix, et l'on conserve encore ce portrait.

Jean-Pierre de Bastard avait épousé au château du Pin, le 24 septembre 1745, Marie-Louise de Catellan de Caumont, fille de messire Jean-Louis de Catellan, comte de Caumont, en Armagnac, seigneur du Pin, de Saint-Aromex, Gaichanès, etc., conseiller au Parlement de Toulouse, et de Marguerite de Roussel de Saint-Amans. Louis de Bastard de Bréchan, chevalier de Saint-Louis, son oncle, assista au mariage, qui fut béni par Dominique de Bastard-Bréchan, curé de Caumont et chanoine d'Audi, également son oncle ; et lors du contrat passe à Toulouse le 27 août précédent, le futur avait été assisté, au lieu et place de son père absent, par autre Dominique de Bastard-La Fitte, conseiller de grand'chambre au Parlement de celle ville, chargé de la procuration du seigneur de Bréchan, son cousin.

Marie-Louise de Catellan mourut en couches le 1er septembre 1746. On a son portrait, peint à l'époque de son mariage. Sa famille, originaire de Florence (où Michel-Ludovic Catellani était syndic et gonfalonier en 1404), s'établit en France, après l'assassinat de Julien de Médicis, frère de Laurent (1478). Elle a donné deux évêques, un officier général, plusieurs commandeurs à l'ordre de Malte, treize membres au Parlement de Toulouse, et s'est éteinte en la personne du marquis de Catellan (Jean-Baptiste-Auguste), connu d'abord sous le titre de comte Auguste de Catellan, reçu chevalier de Malte de minorité (dernier frère du marquis de Catellan, pair de France), marié à N... de Malard (nièce du commandeur de ce nom) et mort à Toulouse, le 25 août 1840, à l'âge de 62 ans (Voyez sur les Catellan la note B ci-après, à la fin de la généalogie).

Jean-Pierre de Bastard, comte d'Estang, mort à Nogaro le 4 septembre 1778, veuf de Marie-Louise de Catellan :

1° Jean de Bastard, IIe comte d'Estang, qui suit ;

2° Gérard de Bastard, né à Nogaro le 29 septembre 1745, reçu de minorité chevalier de Malte, à la demande de ses oncles maternels, mort le 25 décembre 1747 ;

3° Dominique-François de Bastard d'Estang, appelé l'abbé de Bastard, chanoine de Saint-Gervais de Lectoure, prieur de Gère, de Pitampoy et de Bustet, grand-vicaire de l'évêque de Lombez, né à Nogaro en août 1746, mort à Toulon le 23 avril 1793. L'auteur de sa notice, dans la Biographie universelle, rapporte que l'abbé de Bastard, forcé, par le décret rendu contre les prêtres insermentés, de quitter la France, se rendit à Cette, muni d'un passeport délivré pour Rome, au nom de la République, par le représentant Ichon, et il s'embarqua sur un bâtiment neutre génois, le 19 avril 1793, avec quatre autres prêtres et religieux. Une heure s'était à peine écoulée depuis leur départ, qu'une tempête les pousse vers les côtes de Provence et les jette sur la plage de Bandol. Le conseil permanent de la commune les fait aussitôt arrêter comme prêtres fugitifs, et sans égard pour leurs passeports, sans respect pour le droit des gens et pour le décret qui leur prescrivait de quitter la France et d'aller en pays neutre, les traîne dès le lendemain devant le Tribunal révolutionnaire de Toulon, qui les condamne à mort comme nobles, comme prêtres réfractaires et comme émigrés rentrés. Ils furent à l'instant conduits au supplice, le 23 ou 25 avril. La Biographie universelle rapporte en ces termes comment l'abbé de Bastard fut seul exécuté ;

« L'abbé de Bastard, destiné à périr le premier, parla, au moment de son exécution, avec tant de force, à la foule qui se pressait au pied de l'échafaud, sur la violation des droits qui auraient dû les protéger dans leur naufrage, et en même temps avec une résignation si chrétienne sur le sort qu'il allait subir, que Pierre Bayle, commissaire de la Convention nationale, qui était présent, effrayé de la vive émotion et des sentiments de pitié qui se manifestaient dans la population, craignit un soulèvement général et n'osa faire exécuter les autres condamnés, qui durent ainsi la vie au malheureux abbé de Bastard… Le peuple trempa des linges dans le sang de la victime, et on se les disputa comme des reliques. Pendant le siège de la ville, on alla prier sur la tombe de l'abbé de Bastard, et l'on écrivit à Rome pour demander qu'il fût béatifié, à cause de sa sainte mort » (Biogr. univ. Bulletin du Comité d'Histoire et d'Archéologie de la province ecclésiastique d'Auch).

Quelques années plus tard, un pareil naufrage jeta de même sur la côte de Calais un bâtiment également étranger. Ceux qui le montaient portaient les armes contre la République. Ils venaient d'un pays ennemi et passaient dans la Vendée; enfin, ils étaient émigrés, et par ce fait condamnés à mort sur la seule preuve de leur identité, et pourtant les naufragés de Calais, longtemps incarcérés, furent protégés par l'opinion publique, qui força le Directoire à les épargner (Voy. l'article de Charles de Damas, au supplément de la Biographie universelle).

L'abbé de Bastard était aussi distingué par son grand talent pour la prédication que par ses vertus et les grâces de son esprit. Arthur Young en parle dans son voyage en France (1787-1790), ainsi que l'auteur de l'Histoire de la Révolution française dans le département du Var.

XXV. Jean De Bastard, appelé, avant la Révolution, le Comte d'Estang, et depuis le Comte de Bastard, chevalier, deuxième comte d'Estang, seigneur du Bosq, de Goudin, de La Salle, de Cantiran, de Las Bouères, de Truquel et autres terres ci-dessus rappelées, et encore (du chef de sa femme) seigneur de Mont-Saint-Père-sur-Marne, près Château-Thierry, de Gland, de Beuvarde, de Villeneuve, etc., en Champagne, né à Nogaro le 17 août 1744, devint chef des nom et armes de toutes les branches de sa famille, depuis la mort (en 1780) de Jean de Bastard, seigneur de Bartère et de Las Bouères, son cousin-germain. Il exerça d'abord pendant douze années (1768-1780) la charge de conseiller en la Cour souveraine des Aides et finances de Montauban, et se fit recevoir chevalier d'honneur près de la même compagnie. A cet effet, il produisit les preuves de noblesse voulues remontant à Chariot de Baslard, vivant dans la deuxième moitié du XVe siècle, seigneur de Terland, en Berry, son huitième aïeul, preuves vérifiées par d'Hozier el par Chérin et reconnues par arrêt de la Cour en date du 12 septembre 1780.

Les charges de Chevalier d'honneur qui, dans l'origine, n'existaient qu'au Parlement de Bourgogne, furent étendues, par les édits de Louis XIV (1691 et 1702), à tous les Parlements, celui de Paris excepté, les ducs et pairs devant en tenir lieu, et à toutes les Cours souveraines du royaume, pour resserrer, dit l'édit de création, les liens qui auraient dû toujours exister entre la noblesse d'épée et la noblesse de robe. Les titulaires, au nombre de deux par compagnie, siégeaient en habit noir, veste d'or, manteau de velours noir doublé de drap d'or, l'épée au côté et le chapeau à plumes blanches : c'était le costume de la noblesse aux États généraux. Quoique ces charges n'obligeassent à aucune résidence el qu'elles fussent purement honorifiques, ceux qui en étaient revêtus avaient voix délibérative dans toute affaire civile, el jouissaient des privilèges des autres membres des Parlements ; le tout sous l'obligation de faire, entre les mains de MM. d’Hozier, et devant la compagnie dont le postulant demandait à faire partie, les preuves exigées par les édits.

Les provisions de Jean de Bastard (12 septembre 1780 et 7 février 1785) rappellent les services rendus depuis plusieurs siècles par ses ancêtres et par plusieurs membres des autres branches de sa famille. Déjà, en 1774, obligé, pour certains motifs de décharge d'impôts, de fournir six témoins attestant sa noblesse, il désigna le chevalier de Grossolles-Flamarens, le comte de Preissac-Cadillac, le comte d'Esparbès et les marquis de Faudoas, de Léaumont et de Saviac, qui, suivant l'usage, délivrèrent des certificats séparés.

Le comte d'Estang était à Paris, occupé à réunir les titres nécessaires pour les preuves qu'il aurait à faire pour la charge de chevalier d'honneur, à l'époque de la mort de François de Daslard, chevalier, seigneur de La Fitte, conseiller d'État, chancelier du comte d'Artois, et ancien premier président du Parlement de Toulouse, son cousin, qui expira dans ses bras le 16 janvier 1780 (Voy. aux branches éteintes, §Ier).

Jean de Bastard figure, en mars 1789, parmi les membres de l'ordre de la noblesse d'Armagnac, assemblés dans les villes d'Auch et de Lectoure pour l'élection des députés aux Etats généraux du royaume. Il y est mentionné en ces termes : « De Bastard, comte d'Estang, chevalier d'honneur de la Cour des Aides et Finances de Montauban. »

En 1816, le comte de Bastard, par son testament, daté du 5 mai, fonde, tant en son nom que par exécution du testament de l'abbé de Bastard, son frère unique, mort à Toulon sur l'échafaud révolutionnaire (1793), trois demi-bourses au séminaire d'Auch. Les titulaires devaient être nommés par les possesseurs du majorât qu'il avait fait en 1810. Et par son ordonnance du 28 mai 1819, Louis XVIII attache à ce majorât, établi en partie sur les terres de Las Bouères, près d'Aiguillon, le titre héréditaire de comte d'Estang, et reconnaît que ledit Jean était en possession légale de ce titre avant la Révolution. Il allait atteindre sa quatre-vingt-unième année au moment où il mourut, le 28 juillet 1825. On a son portrait eu costume de chevalier d'honneur, qui est le même que celui des pairs de France, dont les chevaliers d'honneur, comme il vient d'être dit, étaient les représentants auprès des Parlements et des Cours souveraines du royaume. Depuis la Révolution, le comte de Bastard avait établi sa résidence à Paris et au château de Mont-Saint-Père-sur-Marne, près de Château-Thierry, et fut pendant de longues années maire de cette commune.

Jean de Bastard, appelé alors comte d'Estang, avait épousé, le 2 décembre 4782, au château de Bruniquel (appartenant au vicomte Rigal-Accurse d’Ouvrer de Bruniquel, seigneur de Villegly, appelé le vicomte de Bruniquel, son beau-frère), Marie-Elisabeth de Brunet de Pujols de Castelpers-Panat De Villeneuve-Lévis, seconde fille de haut et puissant seigneur messire Marc-Antoine, appelé le marquis de Villeneuve-Lévis, marquis de Villeneuve-la-Crémade, près Béziers, vicomte de Lautrec, baron de Montredon el des États de Languedoc, etc., et de Marie-Anne-Ursule de Fargeon-la-Lauze. Élisabeth de Villeneuve-Lévis eut en Champagne le château de Mont-Saint-Père sur Marne, près Château-Thierry (comme héritière de sa tante, Marie-Antoinette de Fargeon La Lauze, comtesse de Bussy, morte en 1791 sur l'échafaud révolutionnaire, un mois après que le dernier comte de Bussy, officier vendéen, fils de celle dernière, eut été fusillé dans la ville d'Angers). Elle mourut à Paris le 28 septembre 1825 et fut enterrée au Père Lachaise, à côté de son mari. On a son portrait peint à l'époque de son mariage.

Les Villeneuve-Lévis (chargés, par substitutions successives des noms de Pujols en Agenais, de Panat, de Castelpers, en Rouergue, et de Lévis, branche cadette, aujourd'hui éteinte, des Brunet de Pujols de Castelpers-Panat, marquis et vicomtes de Panat, encore existants à Toulouse), sont originaires de Rouergue. Selon d'autres généalogistes cl historiens, ils viennent, soit de la ville de Lucques, soit de Florence, comme dit Nostradamus, et se seraient établis dès le XIIIe siècle dans le midi de la France ; mais ce fait n'aurait pas échappé aux historiens du Rouergue. Il est certain que déjà, vers le milieu du XIIe siècle, ils possédaient des fiefs dans la baronnie de Sévérac, où vivait encore, en 1355, Pierre de Brunet, sergent d'armes du Roi, « et leur nom se voit fréquemment, dit un savant de l'Aveyron, dans les chartes du Rouergue, avec ceux des plus nobles familles. » Ils ont fourni depuis trois siècles des généraux de terre el de mer, un secrétaire général de l'amirauté de France, deux évêques, des membres à l’ordre de Malte, des officiers à la maison de nos rois, et cinq ainés, durant quatre générations, se sont succédés comme barons des États du Languedoc. Ils avaient été appelés aux États du Languedoc, à défaut des Cardaillac-Lévis, par le testament (daté d'Avignon le 1er juillet 1603) de Marguerite de Lévis-Caylus, dame de Villeneuve-la-Crémade, de Montredon, etc., femme d'Antoine d'Arpajon, baron de Lers, et fille de Guillaume de Lévis-Caylus, baron de Caylus, et de Marguerite d'Amboise. Déjà alliés, avant cette époque, aux Pujols, aux Pontevès, aux Lordat, aux Vérac, aux du Faur de Pibrac, aux La Croupe de Beaumanoir, aux Montpezat, aux Castelpers-Panat, etc., ils s'unissent ensuite aux Porcelet, aux d'Espinchal, aux La Croix de Castries, aux Toulouse-Lautrec, aux Doni, aux Savelli, aux Villanova (d'Espagne), aux Caylus-Rouairoux, marquis de Caylus, aux Roquefeuil, aux La Rochefoucauld, aux Rudelle d'Alzons, aux Hocquart et aux Narbonne, dernière alliance des Brunei de Panai (Voy. sur les Brunet la note C, à la fin de la généalogie).

Le comte de Bastard eut de Marie-Élisabeth de Villeneuve-Lévis :

1° Dominique de Bastard, troisième comte d'Estang, qui suit ;

2° Victor de Bastard, quatrième comte d'Estang, dont l'article sera rapporté après celui de Dominique, son frère aîné ;

3° Jean-Maire-Hyacinthe-Armand de Bastard d'Estang, comte d'Estang, appelé le baron de Bastard, dont l'article viendra après ceux de Dominique et de Victor, ses frères aînés ;

4° Jean-François-Auguste de Bastard d'Estang, né à Nogaro (Gers) le 12 septembre 1791, mort dans l'année de sa naissance ;

5° Jean-François-Auguste de Bastard d'Estang (IIe du nom), comte d'Estang, connu sous le titre de Comte Auguste de Bastard, chevalier de Malte, ancien chef d'escadron au corps d'état-major, membre de plusieurs Sociétés savantes et du Comité de la Langue, de l'Histoire et des Arts de la France, institué près le Ministre de l'Instruction publique, chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, officier de l'ordre impérial de la Légion d'Honneur et chevalier des ordres royaux de Danebrog, en Danemark, du Lion néerlandais et de l'Aigle rouge de Prusse, né à Nogaro (Gers) le 11 décembre 1792. Élève du Prytanée militaire de La Flèche et de l'École spéciale de cavalerie de Saint-Germain (1810), il en sort en 1813 pour entrer comme sous-lieutenant au 2e régiment de cuirassiers, fait la campagne de Saxe et est porté le 16 octobre pour la décoration de la Légion d'Honneur. Blessé à Dresde et plus grièvement à Leipzig. Il a un cheval tué sons lui au commencement de l'action. Après une charge, détaché, avec son peloton, il enlève une batterie ennemie de six pièces et la ramène à son régiment, et le soir du même jour (le 16), il reçoit plusieurs blessures en sauvant la vie au général Bessières, frère du maréchal duc d'Istrie. Il est laissé pour mort sur le champ de bataille et ramassé dans la nuit par les Russes. Rentré à la paix de 1814, le général en chef comte Victor de La Tour-Maubourg lui fait rendre la croix accordée à Leipzig ; il est nommé brigadier dans la 1ère compagnie des mousquetaires (mousquetaires gris de la garde du Roi). Au licenciement des quatre compagnies rouges (1815). Il fut employé, avec le grade de capitaine, à l'état-major général de la 1ère division militaire, sous le général comte Despinois, et (en 1816) à l'état-major général de la garde royale, où, lors des réformes, il fut conservé, en récompense de sa conduite énergique à Château-Thierry, au milieu des soulèvements causés par la disette (1817).

Plus tard, ayant été maintenu de nouveau sur les cadres, après examens, pour la formation d'un corps d'état-major et la création d'une école spéciale (1818), il fut définitivement conservé dans la garde, reçut la mission, lors du sacre du roi Charles X, de préparer à Reims le logement des troupes, de concourir à la formation du camp de Plaisance, et fut chargé, en 1830, de la défense du palais royal. A la création des cinq Comités historiques, il fut nommé membre titulaire de la section des Beaux-Arts, et conservé en la même situation, quand, sous la République, on réduisit les cinq Comités à deux seulement. Il avait, comme chef d'escadron d'état-major, été aide-de-camp du maréchal Oudinot, duc de Reggio, son ancien chef dans la garde (mort en 1817), et attaché à la section historique du dépôt général de la guerre. Il est auteur d'une Vie du duc de Guienne, frère de Louis XI, et de l'ouvrage qui a pour titre : Peintures et Ornements des Manuscrits, pour servir à l'histoire des arts du dessin, depuis le IVe siècle de l'ère chrétienne jusqu'à la fin du XVIe (Voy. le compte rendu de cette publication dans le Bulletin de la Société de l'Histoire de France, 1831-1852, p. 305 à 370, et dans le Bulletin des Comités historiques, 1860, tome IV, p. 900 et suiv. Ce dernier volume, que nous avons maintenant sous les yeux, contient du comte Auguste de Bastard un travail de plus de 500 pages, sur les Crosses épiscopales et abbatiales et sur la Symbolique chrétienne).

Dans un Résumé chronologique qui sert d'appendice à la généalogie de sa famille, et que nous avons souvent consulté pour notre travail, on lit, à l'année 1814, que nomméchevalier de Saint-Louis à l'âge de vingt-un ans à titre de récompense pour action d'éclat, Auguste de Bastard est reçu au château des Tuileries par S.A.R. le duc d'Angoulême, qui lui donne sa propre croix : « Heureux, lui dit ce prince, d'acquitter la dette contractée par le Roi à Dresde et à Leipzig. » Et à l'année 1815, on voit qu'après avoir été reçu de minorité à l’île de Malte, par les soins du commandeur de Catellan, son oncle maternel, il est reconnu le 28 septembre chevalier de l'ordre religieux, militaire et hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem, en la vénérable langue de Provence, après la production des titres de sa famille et les preuves exigées par la commission des baillis et commandeurs des trois langues françaises, lors établies à Paris. Les armes reconnues sont celles qui avaient été déclarées en 1793.

Auguste de Bastard a épousé à Paris, le 1er mai 1823, par contrat signé du Roi et de la famille royale, Angelica Cruger ou Kruger, fille de Pierre-Bertrand, des États-Unis d'Amérique, d'une famille originaire d'Allemagne, réfugiée en Angleterre lors des guerres de religion et de Catherine Church, fille de John Barker, membre du Parlement d'Angleterre, et d'Angelica Schuyler. Nicolas Cruger, père de Bertrand, était décoré de l'ordre de Cincinnatus et l'un des généraux américains pendant la guerre de l'indépendance. Les Cruger ont contracté alliance avec les de NüIIy de Santa-Crux (issus des anciens comtes de Neuilly, en France), les Livingston, les Rensselaer, les Schuyler, les Peach, les Murray (d'Ecosse), les Upton, les Hamilton, les Towers, les de Lancey et les d'Angennes, encore existants en Piémont.

De ce mariage sont issus :

A. Jean-Octave-Auguste de Bastard d'Estang, né à Paris le 25 novembre 1824, mort dans la même ville le 10 juin 1827 ;

B. Guillaume-Amable-Octave de Bastard d'Estang, appelé le Comte Octave de Bastard, né à Montmorenry (Seine-et-Oise) le 21 août 1831 (Registre des actes de l'État civil), capitaine au corps d'état-major, membre du conseil général du département de Lot-et-Garonne, chevalier de Contre impérial de la Légion d'Honneur, de l'ordre pontifical et militaire de Saint-Grégoire-le-Grand et de l'ordre militaire de Savoie. Sorti de l'école militaire de Saint-Cyr en 1851, il est reçu à l'École spéciale d'état-major, et la quitte pour être attaché, au corps d'occupation de Rome (1854-1355), est nommé capitaine en 1850, fait, en celte qualité, auprès du maréchal Baraguay-d'Hilliers, la campagne d'Italie de 1859, prend part au combat de Marignan et à la bataille de Solferino, où il obtient la croix d'honneur. Il est employé à Tours, sous les ordres du même maréchal, à l'état-major général du 5e corps d'armée.

Octave de Bastard a épousé à Paris, le 22 mai 1856, Marie Savary de Lancosme (Aglaé-Marie-Emmeline), fille de feu Louis-Adolphe-Charles-Alphonse, comte de Lancosme, des marquis de Lancosme, comtes de Brèves, capitaine commandant au 1er régiment de carabiniers, et de Henriette-Cécile d'Andlau, des comtes d'Andlau. Le marquis et la marquise de Lancosme assistent au mariage de leur petite-fille. A cette occasion, le comte de Bastard, chef des nom et armes de sa famille, nomme son neveu Octave son héritier universel et exécuteur testamentaire, et lui fait abandon de la terre de Bachac et dépendances, situées dans les départements de Lot-et-Garonne et de la Gironde, que lui avait laissée en nue-propriété Octavie de Gascq, dame de Bachac, comtesse de Bastard, sa tante et marraine.

Résidence : Paris et le château de Bachac, canton de Bouglon (Lot-et-Garonne).

6° Henri-Bruno de Bastard d'Estang, comte d'Estang, appelé le Vicomte Henri de Bastard, ancien procureur général près la Cour royale de Riom, conseiller à la Cour impériale de Paris, chevalier de la Légion d'Honneur, né à Paris le 14 novembre 1797, entré dans la magistrature en 1820, comme substitut du procureur du Roi au tribunal d'Alençon, ensuite au Puy-en-Velay, substitut du procureur général près la Cour royale de Nîmes, avocat général à la Cour royale de Riom (1826) ; à l'âge de 31 ans (1829), procureur général du Roi prés de celte dernière Cour. Il cessa d'en faire partie à la révolution de 1830, et trois ans après (1833), fut nommé conseiller à la Cour royale de Paris. On a de lui : Recherches sur Randan, ancien duché-pairie, in-8°, Riom, 1830 ; le Parlement de Toulouse et ses jurisconsultes, in-8°, 1853 ; les Parlements de France, essai historique sur leurs usages, leur organisation et leur autorité, 2 vol. in-8°, Paris, 1858.

Un nouvel ouvrage ayant pour titre : La Noblesse d'Armagnac en 1789, ses procès-verbaux et ses doléances, avec une introduction historique et une table raisonnée des familles et des armoiries des électeurs, par le Vicomte de Bastard L'Estang, vient d'être publié à Paris (juin 1862). Ce livre, qui se rattache à la nature spéciale de nos travaux et que nous venons de lire avec plaisir et avec fruit, offre un intérêt particulier pour les familles de Guienne et de Gascogne.

Henri de Bastard a épousé, le 17 mars 1834, Louise-Armande-Alexandrine de Leuze de Saint-Déséry, fille de Louis Joseph-Henri-Catherine, ancien soigneur de Saint-Déséry, près d'Uzès, chef d'escadron de chasseurs, chevalier des ordres royaux de la Légion d'Honneur et du mérite militaire de Prusse, et de Laurence-Joséphine de Bastard-Fontenay, des marquis de Fontenay-sur-Vègre.

Les de Leuze, deux fois alliés aux Bastard, sont originaires de Languedoc, où ils existaient dès le XIIIe siècle, et le marquis d'Aubais en fait connaître quelques degrés (Pièces fugitives, 3 vol. in-4°). On les trouve alliés aux familles de Leyris de Rhunes (dont un évêque de Perpignan sous Louis XVI), de Rochemore, de Banes d'Avezan, de La Croix de Meirargues (branche cadette des Lacroix de Castries), de Nogarède, de Borne, de Beauvoir du Roure, de Fontanieu et autres. Il existe une maison noble du nom de Leuze dans le Hainaut. Ce mariage, célébré à Paris, chez la marquise de Bastard-Fontenay, tante à la mode de Bretagne d'Alexandrine de Leuze, qu'elle avait instituée son héritière, et auquel assistèrent vingt-deux membres de la maison et du nom de Bastard (treize de la branche des comtes d'Estang, deux de celle des barons de Bastard-Saint-Denis-sur-Garonne, trois de celle des marquis de Fontenay, au Maine, et quatre de la branche des seigneurs de Sharpham, au comté de Devon, en Angleterre), eut cet avantage, si rare de nos jours, de raviver les souvenirs de famille entre ces branches, que tant de siècles et tant de générations séparaient ; de ranimer leurs traditions ; de confondre leur histoire, et de réunir des intérêts que la marche naturelle des choses allait bientôt rendre étrangers ; et permettant ces communications journalières que les actes et les titres ne remplacent qu'imparfaitement, il rendit possible ce grand travail généalogique que, sans tine telle réunion de circonstances, on aurait peut-être vainement entrepris. (Généalogie précitée, page 95).

Henri de Bastard a d'Alexandrine de Leuze de Saint-Déséry :

A. Henri-Guillaume-Armand-François de Bastard d'Estang, né à Paris le 12 novembre 1848 ;

B. Marie-Laurence-Élizabeth-Denise de Bastard d'Estang, mariée, le 22 avril 1858, à Edmond-Élzéar, vicomte de Castellane, capitaine au 8e régiment de dragons, fils de César-ÉIzéar, comte de Castellane, ancien préfet du Finistère, et de Mélanie Joséphine-Marie-Justine d'Espic de Ginestet, de Béziers ;

C. Adelaïde-Marie-Joanne de Bastard d'Estang ;

D. Marie-Henriette-Gabrielle-Amable de Bastard d'Estang.

7° Marguerite-Ursule-Suzanne-Fanny de Bastard d'Estang, née à Nogaro le 25 novembre 1784, morte à Paris le 20 avril 1802, sans avoir été mariée ;

8° Louise-Magdeleine-Agathe-Amable de Bastard d'Estang, née à Nogaro et mariée en premières noces, le 13 décembre 1809, à François-Antoine de La Salle de Pheiche et de Villauval, capitaine au 4erégiment d'infanterie légère, mort sans postérité à Dantzig, le 31 mars 1813, dans les bras de son beau-frère Victor de Bastard d'Estang, renfermé avec lui dans la place, et attaché, comme capitaine, à l'état-major général du gouverneur. Il était fils unique d'Antoine, appelé Monsieur de Preiche, chevalier de Saint-Louis, et de Rose Martin de Martinfort, morte à 85 ans, le 15 octobre 1847, et petit-fils de François de La Salle, chevalier, seigneur de Villauval, colonel mestre de camp du régiment de Bretagne, commandeur de Saint-Louis et des ordres militaires et hospitaliers de Notre-Dame-du-Mont-Carmel et de Saint-Lazare de Jérusalem, et de Marie-Thérèse Durand de Diestroff, inhumée en l'église de Saint-Simon de Metz, le 28 décembre 1767. François-Antoine de La Salle était neveu à la mode de Bretagne du brillant comte de La Salle, général de division, tué à Wagram le 6 juillet 1809, au moment de recevoir le bâton de maréchal de France, et dont le père (frère du seigneur de Villauval) était lieutenant-général à Sarrelouis et fut député du baillage de Metz à l'Assemblée constituante (10).

Agathe de Bastard d'Estang a épousé en secondes noces, le 31 décembre 1817, Armand Jean-Lambert De Brunet de Pujols de Castelpers-Panat De Villeneuve-Lévis, Marquis De Villeneuve, etc., appelé Le Marquis De Villeneuve-Lévis, son cousin germain, fils aîné de Marie-Lambert, marquis de Villeneuve-la-Créniade, vicomte de Lautrec, baron de Montredon et des Etats de Languedoc, appelé aussi le marquis de Villeneuve-Lévis, et de Marguerite-Mathurine-Joséphine de Perrin-Cabrille, appartenant à la noblesse de Languedoc. Armand de Villeneuve-Lévis, membre de la Chambre des Députés, démissionnaire en 1830, est mort le 31 octobre 1857, sans postérité. Son frère cadet, le comte Amédée de Villeneuve-Lévis, ancien capitaine de dragons, appelé depuis le marquis de Villeneuve-Lévis, étant mort le 11 février 1859, le dernier de sa branche et sans laisser d'enfants, en eux s'est éteinte l'obligation de relever le nom et les armes de Lévis, qui leur étaient advenus en conséquence des dispositions testamentaires de Marguerite de Lévis-Caylus, rappelées ci-dessus (page 450), à propos du mariage de Marie-Élizabeth de Villeneuve-Lévis (1782) avec Jean de Bastard, comte d'Estang (Voyez sur les Brunet la note C, à la fin de la généalogie].

XXVI. Dominique-François-Marie de Bastard, troisième comte d'Estang, appelé le Comte de Bastard, pair de France, vice-président de la Chambre des Pairs, ancien premier président de la Cour royale de Lyon, président à la Cour de cassation, grand officier de la Légion d'Honneur et membre du comité du môme ordre, était né à Nogaro, près d'Estang, le 31 octobre 1783 (11).

Lors de l'organisation de la magistrature, Dominique de Bastard fut attaché à la Cour d'appel de Paris, en qualité d'auditeur, et nommé conseiller (1810) aussitôt qu'il eut atteint l'âge exigé par les nouveaux règlements. Il présida les Cours d'assises de Paris et du ressort avec une grande distinction, et fut élevé, le 18 septembre 1815, à une présidence de chambre. A peine ces fonctions lui furent-elles données, qu'une députation de la Cour royale et du barreau de Lyon se rendit expressément à Paris, afin de le demander comme premier président. Il n'avait pas 32 ans au moment où il fut ainsi placé à la tôle de la seconde cour du royaume, le 25 octobre 1815, et il la présida durant treize ans, avec une dignité, une exactitude et une aménité dont le souvenir n'est pas perdu dans la ville de Lyon. Par une exception fort rare, il fut nommé, en 1829 (sans passer par les fonctions de conseiller), président de la chambre criminelle de la Cour de cassation. Il fut élevé à la pairie le 5 mars 1819.

A la Chambre des Pairs, le nom de Dominique de Bastard se rattache aux discussions les plus importantes de noire législation : aux lois qui ont établi en France la liberté de la presse (1819 et 1822) ; à celle dite du sacrilège (1825) ; à la réformation de la législation pénale, dont il fut le rapporteur (1852). Il a laissé, dans le rapport du procès suivi contre Louvel, assassin du duc de Berry, prononcé par lui devant la Cour des Pairs, le 15 mai 1820, un modèle d'éloquence judiciaire et la preuve de la droiture de son cœur et de la fermeté de son caractère. Au point de vue politique, cette œuvre fut diversement jugée ; mais son auteur trouva de nombreux défenseurs, parmi lesquels on doit ranger en première ligne Mgr de Quélen, archevêque de Paris ; M. Bellart, procureur général près de la Cour des Pairs dans ce procès, et qui, en son for intérieur, attribuait des complices à Louvel, et M. de Courvoisier, depuis garde des sceaux. Ce dernier magistrat disait, dans une occasion solennelle : « L'histoire tracera le récit de cette catastrophe déplorable, et le comte de Bastard y vivra avec le renom de l'homme intègre et du vertueux citoyen. » Le rapport du procès des derniers ministres de Charles X fut une œuvre plus douloureuse peut-être, et qui ne fut pas moins honorablement accomplie.

Dominique de Bastard, quoique siégeant au centre gauche de la Chambre des Pairs, était loin de s'attendre à la catastrophe de 1850 ; il la déplora vivement, et ne cessa d'être uni par des sentiments d'amitié à l'illustre défenseur du prince de Polignac.

Les procès faits aux auteurs des attentats des 25 juin 1836 et 15 septembre 1841 (Alibaud, Guénisset, etc.), furent aussi rapportés à la Cour des Pairs par le comte de Bastard. Le dernier de ces actes contient des documents curieux sur l'état de la société à celte époque. Le comte de Bastard fut président des collèges électoraux des départements du Gers, de la Haute-Garonne et de la Loire, où étaient ses propriétés, et appelé à la vice-présidence de la Chambre des Pairs (1835) avec le duc de Broglie, ancien ministre des affaires étrangères, le comte Portalis, premier président de la Cour de cassation, et le baron Séguier, premier président à la Cour royale de Paris. En 1838, il a prononcé devant la Chambre des Pairs l'éloge de Jean-Antoine, marquis de Catellan, son oncle à la mode de Bretagne (Voy. p. 447).

Sa filiation, ses armoiries et les services de ses ancêtres, à partir de Guillaume de Bastard, sixième vicomte de Fussy et seigneur de Terland, son onzième aïeul, qui reçut du roi Charles VII la devise héréditaire : cunctis nota fides, ont été reconnus, à plusieurs reprises, par ordonnances royales rendues en Conseil d'État, notamment en 1819 et 1829, lors de l'enregistrement des lettres de pairie et de la transmission du majorai qui devait rendre la dignité de pair héréditaire dans sa famille (12). On a son portrait en costume de pair de France et en costume de président à la Cour de cassation, qui est celui des anciens présidents à mortier du Parlement. Le comte de Bastard est mort à Paris le 18 janvier 1844. Deux discours ont été prononcés en son honneur : le premier devant les chambres réunies de la Cour de cassation, par le premier avocat général (M. Pascalis), le 11 novembre 1844 ; le second, à la Chambre des Pairs, le 11 juillet suivant, par le comte Portalis. L'un et l'autre avaient été précédés d'une notice historique, publiée en mai 1844.

Dominique, comte de Bastard, avait épousé, au château de Margaux (Gironde), le 8 mai 1818, Mariquitta Douat de La Colonilla, fille du marquis de La Colonilla et de Marie-Antoinette Power y Echabarry, d'une famille irlandaise qui compte plusieurs officiers généraux. Il eut de cette union :

1° Jean-Joseph-Albert de Bastard d'Estang, né à Lyon le 13 mars 1819, mort à Paris le 23 décembre 1834 ;

2° Marie-Elisabeth (dite Isabelle) de Bastard d'Etang, mariée, le 18 juillet 1844, à François-Joseph de Pérusse des Cars, marquis de Pérusse, appelé le comte François des Cars, fils aîné d'Amédée-François-Régis de Pérusse des Cars, duc des Cars, ancien pair de France, lieutenant-général (encore propriétaire des terres de Pérusse et des Cars, en Limousin, que ses auteurs possédaient dès le XIe siècle), et d'Augustine-Frédérique-Joséphine du Bouchet de Sourches de Tourzel, sœur du duc de Tourzel et petite-fille de la marquise de Tourzel, gouvernante des enfants de France.

La maison de Pérusse des Cars a son histoire tout naturellement liée à celle de la province de Guienne, dans laquelle elle a, durant des siècles, possédé de grands fiefs : les baronnes et les seigneuries de Tonneins, Caubun, Castelnau, Saint Avril, Taillecavat, etc., et rempli de grandes charges. Cette famille, connue filiativement depuis Aimeri de Pérusse, vivant en 1027, a donné un chevalier croisé en 1248 (Hardoin de Pérusse) ; un évêque de Langres, duc et pair de France en 1569 ; cinq lieutenants généraux des armées françaises, quatre chevaliers de l'ordre du Saint-Esprit ; un grand sénéchal de Guienne en 1576, gouverneur de Bordeaux et du château du Hâ ; un second sénéchal de Guienne, mort eu 1606 ; un troisième grand sénéchal de Guienne, gouverneur du château du Hâ, appelé le marquis de Montal, tué à Paris en 1631.

Du mariage d'Isabelle de Bastard d'Estang et du fils aîné du duc des Cars sont nés :

A. Louis de Pérusse des Cars, né en 1848 ;

B. Marie-Thérèse de Pérusse des Cars, née le 15 octobre 1845 ;

C. Antoinette de Pérusse des Cars, née en juillet 1851.

XXVI. Adélaïde-Philibert-Marthe-Victor de Bastard, quatrième comte d'Estang, appelé d'abord le vicomte, puis le Comte de Bastard, aujourd'hui chef de nom et d'armes de sa maison, ancien capitaine au 5e régiment d'infanterie delà garde royale, nommé trois fois député du département de Lot-et-Garonne pour l'arrondissement de Marmande, après le vicomte de Martignac, et membre du Conseil général du môme département pendant près de trente ans, chevalier de la Légion d'Honneur, etc , est né à Nogaro (Gers) le 10 novembre 1785. Il s'engage dans les vélites en 1806, est incorporé dans les chasseurs de la garde impériale, prend pari aux combats de Pukusk, au passage du Bug, etc., fait la campagne de 1806, prend part aux batailles d'Eylau et de Friedland (7 et 8 février et 11 juin 1807), entre à Königsberg, où il obtient le brevet d'officier, après l'entrevue el la paix de Tilsitt (18 juillet 1807) (13).

M. Victor de Bastard tient garnison à Paris durant deux ans, est envoyé en Espagne en qualité d'aide-de-camp du général Janin (division Bonnet), et prend part au siège d'Astorga ; revient en Allemagne en 1812, comme capitaine au 21e régiment de ligne ; après la campagne de Russie, il est renfermé à Dantzig pour la défense de la place et attaché à l’état-major général du gouverneur comte Rapp, en même temps que son compatriote et ami le capitaine N... de Lafon, de La Réole, adjudant major au 12e régiment de ligne. Lors de la reddition de la ville (2 janvier 1811), les capitulations sont violées par l'ennemi, et la garnison est conduite en Ukraine, dans les gouvernements de Kief et de Tchernigov ; mais le capitaine de Lafon s'échappe, gagne la France, et trouve moyen de venir donner à Mont-Saint-Père (Aisne), au comte de Bastard, des nouvelles de son fils. Rentré à la paix de 1814, Victor de Bastard est nommé aide-de-camp du général comte d'Héricourt, puis capitaine, avec rang et brevet de chef de bataillon, au 5e régiment d'infanterie de la garde royale (1815) ; quitte le service militaire à l'époque de son mariage et vient se fixer dans le département de Lot-et-Garonne, canton de Bouglon.

Victor de Bastard a épousé :

1° A Casteljaloux, le 19 février 1819, Octavie de Gascq de La Salle, dame de Bachac-en-Bazadais, fille d'Antoine, comte de Gascq, seigneur de La Salle, d'abord page du duc d'Orléans, puis capitaine de dragons, chevalier de l'ordre royal de Saint-Louis, et de Jeanne-Antoinette Raillard de Grandvel, d'une famille de Vezoul, en Franche-Comté, proche alliée des Calonne, qui figure au Parlement de Besançon. Les Gascq ont fourni à la première croisade de Saint-Louis (1250) un chevalier (Hugues de Gascq) dont les armes sont reproduites au Musée de Versailles ; un chevalier du Temple (Bertrand de Gascq), de Rhodez, entendu comme témoin en 1311, et plusieurs membres distingués au Parlement de Bordeaux, entre autres le premier président de Gascq, grand oncle de la comtesse de Bastard. Ils ont possédé dans le Midi les terres de Mialet, de La Gasquie, de Cocumont, de Marcellus-sur-Garonne, la baronnie de Portets, etc. ; ils avaient une branche en la paroisse de Saint-Cyr, juridiction d'Agen, à laquelle appartient Pierre-Blaise-Bernard de Gascq, ancien pair de France, grand officier de la Légion d'Honneur, président de la Cour des Comptes en retraite, président du Conseil général de Seine-et-Marne ; et ils comptent parmi leurs dernières alliances les Ségur, les Brocas, les d'Abzac, les d'Abbadie d'Arboucave, etc. C'est à eux qu'appartient le fondateur de la Chartreuse de Bordeaux, Blaise de Gascq, alors novice en Calabre, sous le nom de frère Ambroise. Bernadau fait connaître le testament de Blaise, reçu à Arguslo, au royaume de Naples, le 5 décembre 1605, et enregistré à Bordeaux le 4 septembre 1608, en vertu d'un arrêt du Parlement rendu le même jour. Octavie de Gascq décéda sans enfants, à sa terre de Bachac, le 18 juillet 1845, et institua pour son héritier universel son neveu et filleul Octave de Bastard d'Estang. On a vu, à l'article du comte Octave de Bastard, qu'à l'occasion de son mariage avec Marie de Lancosme (22 mai 1856), cette terre de Bachac lui fut entièrement abandonnée par son oncle, auquel Octavie de Gascq en avait réservé la jouissance.

2° A Bordeaux, le 6 novembre 1850, Louise de Pont-de-Gault, morte à Paris le 16 mars 1856, fille de Pierre-Henri, comte du Pont-de-Gault, et de Catherine de Vaublanc, sœur du comte de Vaublanc, ministre de l'intérieur sous le roi Louis XVIII.

Résidence : Paris et Barsac, département de la Gironde.

XXVI. Jean-Marie-Hyacinthe-Armand de Bastard d'Estang, comte d'Estang, appelé le Baron de Bastard, né à Nogaro le 7 octobre 1786, fut successivement auditeur au Conseil d'État, sous l'Empire, puis maître des requêtes sous la Restauration, et préfet de la Haute-Loire et du Cher (1817-1830), l'un des administrateurs gratuits de l'institut royal des sourds et muets, membre du Conseil général de surveillance des établissements de bienfaisance en France, membre de la Société d'Agriculture, Sciences et Arts et Commerce du Puy, officier de la Légion d'Honneur, etc., mort au château de Maligny (Yonne) le 17 décembre 1857. Durant son administration du département de la Haute-Loire, l'hôtel de la préfecture est construit ; les plans du nouvel évêché sont arrêtés ; le Musée Caroline est créé et organisé ; la Société Littéraire (aux travaux de laquelle il prit une part active) est constituée, la statistique du département publiée ; plusieurs routes royales et départementales votées et exécutées. Une inscription placée dans le Musée Caroline est dédiée « au protecteur des sciences, des arts et de l'industrie, baron de Bastard, préfet de la Haute-Loire de 1817 à 1828. »

Le baron Armand de Bastard avait épousé à Paris, le 19 mai 1821, Herminie de Vin de Belleville, fille de Denis-Juvénal de Vin, comte de Maligny, ancien seigneur de Belleville, près Chevreuse, et de Marie-Antoinette Mélin, et petite-fille de messire Jacques-Julien de Vin, comte de Maligny, seigneur de Fontenay-aux-Roses, président à la Chambre des comptes, et de Marie Le Couteulx, tante de la comtesse d'Ayen, qui eut pour fils le duc de Noailles, actuellement vivant.

De ce mariage sont issus :

1° Jean-Denis-Léon de Bastard d'Estang, comte d'Estang, appelé le Comte Léon de Bastard, secrétaire d'ambassade, membre de la Société des Sciences naturelles et historiques de l'Yonne, chevalier de l'ordre impérial de la Légion d'Honneur, de l'ordre royal espagnol d'Isabelle-la-Catholique et de l'ordre impérial de Sainte-Anne de Russie, né à Paris le 16 avril 1822, reçu élève pensionnaire de l'École des Chartes le 31 mars 1847. Sa thèse de sortie fut un premier début qui fit sensation dans le monde littéraire. A propos de l'insurrection communale de Vezelay, au XIIe siècle, sujet qui lui avait été signalé, il ne craignit pas, guidé par des conseils amis, de revenir sur les recherches d'Augustin Thierry et de relever les erreurs singulières du grand écrivain (Voyez le Bulletin de la Société des Sciences naturelles et historiques de l'Yonne, tom. Il, p. 257 ; également la Bibliothèque de l'École des Charles, 1851, 3e série, tom. II, p. 339 et suivantes).

En 1849, Léon de Bastard fut attaché au ministère des affaires étrangères, obtint du ministre de l'Instruction publique une mission scientifique à Rome, fut nommé, en 1857, secrétaire d'ambassade de deuxième classe, avec la désignation de Constantinople, et appelé, le 8 mars 1860, à remplir près du baron Gros les fonctions de secrétaire de l'ambassade extraordinaire de France en Chine. Ce voyage, qui devait lui être fatal, s'ouvrit, le 11mai, par le naufrage du Malabar, à la rade de Pointe de Galle (Ceylan), où les ambassades anglaise et française perdirent tous leurs bagages. Après la prise de Pékin, revenant à Suez sur le Duchayla, il mourut à Hong-Kong, le 2 décembre 1800, ayant reçu de Mgr Pèlerin, évêque de Cochinchine, les secours de la religion. Son corps a été ramené en France par les soins de l'ambassadeur, et il a été enterré à Maligny, à côté de son père, entouré des membres de sa famille, d'un grand nombre d'amis et au milieu des regrets de toute la population. Une notice lui a été consacrée dans la Bibliothèque de l'École des Chartes, 1801, 5e série, tom. II.

Léon de Bastard est auteur de la Vie de Jeun de Ferrières, vidame de Chartres, seigneur de Maligny, 1858, et de plusieurs autres publications moins importantes, insérées dans le Bulletin de la Société des Sciences naturelles et historiques de l'Yonne. Il a fondé, au château de Maligny, qui devait lui appartenir, une Bibliothèque auxerroise intéressant le département de l'Yonne, et particulièrement les villes d'Auxerre et de Sens ;

2° Denis-Adhémar, qui suit :

XXVII. Denis-Adhémar de Bastard d'Estang, comte d'Estang, appelé, avant la mort de son frère, le vicomte de Bastard, né au Puy-en-Velay le 14 mai 1825, élève de l'École navale (1840), lieutenant de vaisseau (1853), chevalier de la Légion d'Honneur, a fait le voyage de Chine lors de l'ambassade du comte de Lagrenée, s'est alors signalé contre les pirates (rapport officiel) ; il a fait la campagne de Crimée, où il a conservé durant plusieurs mois le commandement intérimaire du Bertholet (capitaine Dubut), bâtiment sur lequel le maréchal de Saint-Arnaud est venu rendre les derniers soupirs, après sa victoire de l'Alma. Le Comte Adhémar De Bastard, appelé à devenir le chef des noms et armes de sa famille, a quitté la marine en 1861, après vingt-un ans de service.

Résidence : Le château de Maligny, près Auxerre (Yonne).

Armoiries : Comme aux vicomtes de Fussy, page 418, avec la devise : cunctis nota fides, accordée héréditairement par le roi Charles VII à Guillaume de Bastard, chevalier, vicomte de Fussy, seigneur de Terland, etc., reconnu par ordonnance royale, lors de l'enregistrement des lettres de pairie et de transmission du majorât, pour onzième aïeul du comte de Bastard, vice-président de la Chambre des pairs.

BRANCHES CADETTES VIVANTES.

§ I. - SEIGNEURS DE SAINT-DENIS-SUR-GARONNE ET DE L'ISLE CHRÉTIENNE, en Bruilhois, etc. BARONS DE BASTARD-SAINT-DENIS (14).

Les seigneurs de Saint-Denis-sur-Garonne, dans la vicomté de Bruilhois, sont une branche cadette des seigneurs du Bosq, en Armagnac, et descendent, par conséquent, comme les comtes d'Estang, leurs ainés, des vicomtes de Fussy, seigneurs de Terland et de Maultrot, en Berry, qui sortaient eux-mêmes des seigneurs de Bastardière-sur-Sèvre et du Pèlerin-sur-Loire, en Bretagne, connus filiativement depuis la première moitié du XIe siècle.

La filiation des seigneurs de Saint-Denis-sur-Garonne, mal indiquée par l'auteur de la généalogie imprimée dans le tome XIV de La Chesnaye-des-Bois, a été rectifiée par la généalogie imprimée, en 1847, sur titres authentiques, notamment sur le testament (1659) de Nicolas de Bastard, seigneur du Bosq, auteur commun des branches d'Estang et de Saint-Denis (Voyez p. 458), et sur les testament et codicille de Lousteau (Voyez p. 463), seconde femme de Dominique I de Bastard-Saint-Denis, fils cadet du dit Nicolas. Ces deux derniers actes sont des 22 mai 1701 et 22 octobre 1707.

XXI. Les seigneurs de Saint-Denis-sur-Garonne, de l'Isle Chrétienne, du Bosq, de Guerpont, de Cavagnan, de Pominet, de Truqueloli et de Bustet, en Bruilhois et en Armagnac, ont pour auteur au XXIe degré Dominique de Bastard, chevalier, seigneur de Saint-Denis-sur-Garonne, né vers 1620, deuxième fils de Nicolas de Bastard, seigneur du Bosq, et de Jeanne de Rébésies La Rouquette (15). Il suivit avec succès la carrière des finances, comme l'apprend le testament de son père, rapporté ci-dessus, p. 458. Il était conseiller du Roi et receveur des finances à Bordeaux, puis dans l'Agenais (1656-65), et dans le comté de Gaure (1684). Il ne parait pas avoir exercé cette charge en personne, étant déjà avancé en âge. Il avait aussi acheté, en 1677, l'office de trésorier général, grand-voyer de France, général des finances en la généralité de Toulouse.

Les trésoriers de France, crées par François Ier, composaient un véritable tribunal, par suite de l'organisation d'Henri II, en 1551. Leur juridiction s'étendait sur des matières dont les Cours des Aides connaissaient au second degré, et ils statuaient par voie réglementaire sur tout ce qui concernait les grandes routes ; leurs règlements s'intitulaient : Ordonnances des grands-voyers de France. A Toulouse, le corps des capitouls et celui des trésoriers passaient immédiatement après les parlements, et ils se disputaient la préséance entre eux. Dominique de Bastard acquit la terre et seigneurie de Saint-Denis, possédées par la maison d'Esparbès (1667-68), terre qui n'est plus sortie de sa famille. Il acquit la partie du domaine du Bosq aliénée par son père et y joignit le fief de Vidalot.

Il mourut à Bordeaux le 27 mai 1696, et son corps fut rapporté de Bordeaux, par les soins de sa veuve, dans la chapelle des Bastard, à Saint-Laurent de Fleurance.

Dominique de Bastard avait épousé en premières noces (vers 1656-57) Marie de Bastard-Vidalot, appelée Manon, sa cousine au huitième degré, morte sans enfants l'année même de son mariage, et sœur cadette d'autre Marie de Bastard-Vidalot, qui avait épousé (1644) Jean de Bastard, seigneur du Bosq, frère aîné de Dominique.

Il s'était marié en secondes noces, le 29 juin 1658, à Cécile de Lousteau, fille d'un conseiller à la Cour des Aides de Bordeaux. Cécile est également nommée dans le testament de son beau-père Nicolas de Bastard, seigneur du Bosq, en date du 20 octobre 1659, et elle-même testa le 22 mai 1701 et le 22 octobre 1707. Ces actes suffiraient pour faire connaître tous les membres de la famille existants alors dans le Midi de la France et le rapport exact de leur parenté, telle qu'elle est établie dans ce travail. L'année même de la mort de Dominique (1696), Cécile de Lousteau fit faire un inventaire du château du Bosq, près Fleurance, résidence de Nicolas de Bastard, son beau-père (Archives du château de Suint-Denis-sur-Garonne).

Dominique de Bastard eut de Cécile de Lousteau :

1° Nicolas de Bastard-Saint-Denis, IIe du nom, qui suit ;

2° Jean de Bastard-Saint-Denis (Ier du nom de sa branche), doyen du chapitre de Montauban, prieur de Pisseluys, abbé prieur commanda taire et seigneur d'Eauze ; ses armes sont inexactement rapportées dans le grand Armoriai manuscrit de 1696. On a conservé son portrait au château de Saint-Denis ;

3° Dom Antoine de Bastard-Saint-Denis, nommé le quatrième dans les Nouveaux Documents, religieux bénédictin de Saint-Orens d'Auch, prieur de Saint-Luper d'Eauze, vivait encore en 1730. On a de lui un certificat délivré le 14 septembre 1708 à Dominique de Bastard (fils d'Antoine de Bastard, 1er du nom, seigneur de Bréchan), diacre et sacristain d'Eauze, pour son élévation à la prêtrise, signé : « Sub signo et sigillo nostro et secretarii nostri, Bastard, prior Elizonae, » et scellé aux armes de Bastard : une aigle, mi-parti d'une fleur de lis. L'écu est appuyé sur le bâton prieural ;

4° Dominique de Bastard-Saint-Denis, appelé le chevalier de Saint-Denis, puis Monsieur de l'Isle, né vers 1674-75, capitaine d'infanterie, fit les dernières guerres de Louis XIV. Il quitta l'épée pour la robe et devint conseiller du Roi, président, juge-mage et lieutenant-général civil et criminel du présidial de Lectoure et subdélégué de l'intendant de Béarn, Navarre et généralité d'Auch, à la résidence de la même ville. Il fut inhumé, le 27 septembre 1745, en l'église cathédrale de Saint-Gervais de Lectoure, dans la chapelle de Saint-Luc (qu'il avait fondée, disent les Nouveaux Documents).

Il avait épousé, le 22 juin 1700, Marguerite ne Lucas, fille de Louis, seigneur du Mirail de Castaing, proche parent de Paul de Castaing, lieutenant des gardes du corps du roi Louis XIV et maréchal des camps et armées. A l'occasion de son mariage, sa mère, Cécile de Lousteau, lui fit une donation qui est de l'année 1700 (Archives du château de Saint-Denis) ;

5° Jeanne de Bastard-Saint-Denis, morte le 3 juillet 1678, dans l'année môme de son mariage. Elle avait épousé dans la paroisse de Saint-Denis, le 13 novembre 1677, Léonard d'Aignan, fils de Louis, seigneur de La Davière, et de Marguerite de Poudenhan. Les d'Aignan, peut-être plus connus sous le nom de d'Orbessan, existent encore en Gascogne ; ils ont donné deux magistrats de grand mérite, présidents à mortier au Parlement de Toulouse;

6° Catherine de Bastard-Saint-Denis, née dans la ville d'Agen le 21 août 1666, morte à Toulouse avant 1707, avait épousé, le 2 avril 1682, Jean de Bastard, coseigneur de La Fitte, son cousin au dixième degré, avocat au Parlement de Toulouse, et depuis capitoul, fils de messire Léonard de Bastard, ancien capitoul, et de Perrette d'André. Jean de Bastard, seigneur du Bosq et de Bréchan, assistait à ce contrat, en qualité de procureur fondé de Dominique de Bastard, seigneur de Saint-Denis, son frère puîné ;

7° Marie da Bastard-Saint-Denis, mariée avant 1701 à Bernard d'André d'Escalquens, seigneur d'Escalquens, d'une maison originaire de Languedoc ;

8° Autre Marie de Bastard-Saint-Denis, vivante en 1727, avait épousé Dominique Le Lousteau, conseiller à la Cour des Aides de Bordeaux, son cousin-germain, neveu de Cécile de Lousteau, ci-dessus nommée. Les dispenses pour ce mariage sont de 1705 (Archives du château de Saint-Denis).

XXII. Nicolas de Bastard-Saint-Denis, Ier du nom de sa branche (IIe en Guienne), chevalier, appelé Monsieur de L'Isle, puis Monsieur de Saint-Denis, seigneur de Saint-Denis-sur-Garonne, de L'Isle-Chrétienne, en Bruilhois, et du Bosq, en Armagnac, né le 14 juin 1660, succède à son père (par provisions du 10 janvier 1687) dans la charge de trésorier général, grand-voyer de France en la généralité de Toulouse, titre changé peu après en celui de président trésorier-général. Nicolas était le quatrième membre de sa famille qui remplissait les mômes fonctions. Il rendit cette charge en 1700. Ce fut lui (et non Dominique de Bastard, son père, comme le rapporte le Dictionnaire de la Noblesse), qui acheta, en 1699, la charge de grand-maître enquesteur et général réformateur des Eaux et Forêts de France aux départements et provinces de Guienne, Périgord, Gascogne, Quercy, Béarn, Bigorre, Soûle, Labour, Basse-Navarre, comtés de Foix et de Rodez. Celte charge fut payée 118.000 livres ; mais le vendeur, messire Blaignac, et précédent titulaire, exigea, à ses risques et périls, que 97.000 seulement fussent déclarées au contrat (Archives du château de Saint-Denis).

Sauf une interruption d'une vingtaine d'années, celte charge fut exercée durant près d'un siècle par Nicolas de Bastard et ses deux descendants immédiats. Elle donnait entrée aux trois Parlements de Bordeaux, de Toulouse et de Pau. Le grand-maître siégeait immédiatement après le doyen, en habit noir et manteau, avec l'épée et le chapeau à plumes. Son office, d'abord unique, était compatible avec le service militaire, et fut ensuite fractionné successivement par divers rois jusqu'à Louis XIV, qui divisa la France en seize grandes maîtrises, dont furent pourvues les familles les plus considérées de leur province. Le titulaire avait rang de chevalier, qualification de monseigneur, du moins dans les actes de son administration, et sa veuve restait exemple de toutes charges publiques.

Nous avons dans nos archives deux actes authentiques du commencement de l'administration de Nicolas de Bastard ; l'un, que nous allons reproduire ici textuellement, est de l'année 1700 ; l'autre, de l'an 1702 :

« Nicolas de Bastard, chevalier, seigneur de Lisle Chrétienne, conseiller du Roi, grand maître enquêteur et général réformateur des Eaux et Forêts de France au département de Guienne, Béarn, Bigorre, Labour, pays de Soule et Basse-Navarre, sur les plaintes qui nous ont esté faites dans le pays et viscomté de Bruilhois et Condomois, dépendant des maîtrises de l'Isle-Jourdain et de Bourdeaux, que les marchands et artisans et laboureurs chassent et pèchent, contre les prohibitions de l'ordonnance du mois d'août mil six cens soixante-neuf, et que les particuliers et communautés coupent indifféremment leurs bois à tous âges, sans que les officiers desdites maîtrises fassent aucune procédure pour arrêter le cours de ces contraventions, quy demeurent par ce moyen impunies, à cause que les lieux sont trop éloignés de la résidence desdits officiers ;

« Nous, pour faire cesser ces abus, avons commis et commettons Me Pierre Besse de Bouhebent, bachelier ès droit et substitut de M. le procureur général du Roy au bailliage de Bruilhois, habitant du lieu de Moncaut, pour, à la requête du procureur du Roy, au siège desdites maîtrises, ou tel gradué qu'il en trouvera capable en son absence, informer dans toute l'étendue de ladite viscomté de Bruilhois et Condomois, des contrevantions à ladite ordonnance du mois d'août 1669, tant sur la coupe des bois que sur le fait de la pèche et de la chasse ; dresser les procès-verbaux des abus quy ne méritent pas une procédure extraordinaire, et nous envoyer le tout clos et scellé pour y estre pourveu, ainsi que de raison. Fait à Fleurance, le vingt-quatriesme décembre mil sept cens.

« Bastard.

« Par mondit sieur le grand maître,

« Rochefort. »

(Copie authentique datée à La Plume, le 16 mai 1702, signée : « Pour avoir retiré l'original, Besse Bouhebent. Descoutures, notaire royal. » Cette pièce fait partie de nos archives. J. De Bourrousse De Laffore).

On voit par une seconde ordonnance, datée de Toulouse le 5 avril 1702, dans laquelle il prend exactement les mêmes qualifications, que Nicolas de Bastard révoque toutes les commissions de subdélégations qu'il avait précédemment données, entre autres celles de Me Pierre Besse de Bouhebent, qui fut substitut de M. le Procureur général du Roi du Parlement de Toulouse, au bailliage de Bruilhois, du 23 août 1697 à 1712 ; puis conseiller et procureur du Roi au même bailliage, du 31 décembre 1712 à 1751, ce qui donne cinquante-quatre ans de magistrature (Mêmes arch. de l’auteur).

Après vingt-deux ans d'exercice, Nicolas de Bastard se démit de ses fondions (1721) en faveur de son fils, et mourut le 23 février 1722 dans la ville d'Agen, étant âgé de soixante-deux ans. Il fut inhumé en l’église de Saint-Hilaire de cette ville, devant l'autel de Saint-Martin, au tombeau qui, depuis lors, servit à la sépulture des seigneurs de Saint-Denis morts à Agen. Il avait acquis, à côté de sa terre seigneuriale de Saint-Denis, le fief de L'Isle-Chrétienne ou des Iles-Chrétiennes-sur-Garonne, venant de N… de Faudoas, comte de Sérilhac, seigneur d'Augé, de Martel, de l'Isle-Chrétienne, etc. Le 2 juillet 1499, noble Louis de Gimberlion, seigneur d'Augé et de Martel, dans la commune de La Plume, possédait l'Isle-Chrétienne, sur la Garonne, dans la juridiction de Caudecoste, en Bruilhois ; le 6 mai 1516, la même île appartenait à Olivier de Faudoas, écuyer, seigneur d'Augé, Martel et l’IsIe-Chrétienne, qui la transmit à ses descendants, comtes de Sérilhac (Voir p. 128).

Nicolas de Bastard avait épousé en premières noces, à Bordeaux, le 22 septembre 1692, Françoise-Marie-Marguerite de Jean, des marquis de Manville et barons de Launac, qui testa le 6 février 1704, dont le père était secrétaire général de l'intendance de Guienne, et de Marguerite de Caseneuve ; et en secondes noces, à Paris, le 17 juillet 1704, Marie-Denise Moreau de La Perrine, fille d'Antoine, seigneur de La Perrine, en Touraine, envoyé extraordinaire en Danemark, et de Geneviève Héron. Une généalogie manuscrite des Talon, proches parents de Geneviève Héron, fille de Jeanne Talon, rappelle cette alliance ; les armoiries de Nicolas de Bastard y sont ainsi libellées ; D'or, à l'aigle d'empire ; mi-parti d'azur, à la fleur de lis d'or, à l'écusson d'hermines, au point d'honneur de la partition. Il eut de Marguerite de Jean :

1° Dominique de Bastard-Saint-Denis, IIe du nom de sa branche, qui suit ;

2° Antoine de Bastard-Saint-Denis de Guerpont, appelé Monsieur de Guerpont, seigneur (du chef de sa femme) de Guerpont et de Silmon, prés Saint-Dizier, en Lorraine. Il servit dans la cavalerie (1710), passa capitaine dans le régiment de Boufflers (depuis du prince de Pons), qui tenait garnison à Saint-Dizier, et y fut nommé chevalier de Saint-Louis en 1735.

Antoine de Bastard avait épousé en la ville de Trêves, en 1721, haute et puissante princesse noble dame Barbe-Marguerite d'Igny de Risancourt, baronne de Guerpont et de Silmon, princesse du Saint-Empire-Romain, fille de haut et puissant seigneur Humbert d'Igny, appelé le Comte Risancourt, baron de Guerpont, prince du Saint-Empire, etc., lieutenant des maréchaux de France, d'une maison lorraine, d'ancienne chevalerie. Barbe d'Igny mourut à Béziers en 1769, et fut enterrée dans le cloître de la cathédrale, où se voyait sa pierre tumulaire, sur laquelle étaient gravés ses noms, qualités et armoiries : Burelé d'argent et de gueules, alias fascé d'argent et de gueules de huit pièces.

Les enfants d'Antoine de Bastard, seigneur de Guerpont, et de Marguerite d'Igny de Risancourt, furent :

A. François-Antoine de Bastard-Guerpont, appelé le Chevalier de Bastard, capitaine au bataillon de Guienne, chevalier de Saint-Louis, mort sans alliance à Lectoure, le 14 novembre 1795 ;

B. Louis-Estienne de Bastard-Guerpont, appelé l'Abbé de Bastard, grand-vicaire de Béziers, chanoine sacristain de l'église cathédrale de Saint-Nazaire et membre de l'Académie de Béziers, mort en 1704. Le secrétaire de la nouvelle Société archéologique fondée de nos jours à Béziers, a dit de l'abbé de Bastard, dans les notices consacrées aux anciens membres de l'Académie, qu'« il fut l'homme d'esprit par excellence de l'ancienne Académie, qu'il aidait de ses recherches et qu'il égayait par ses bons mots. »

3° Jean-Baptiste de Bastard-Saint-Denis, IIe du nom, appelé le Chevalier de Bastard, né au château de Saint-Denis le 1er mars 1696, mort à Lectoure le 16 octobre 1763, fut capitaine commandant (sic) au régiment de Pons et de Mailly, chevalier de Saint-Louis (1736), et fit les guerres d'Italie et de Flandres (1734 à 1763) en même temps que ses cousins de la branche aînée (de Bastard d'Estang, seigneurs de Cantiran) et de la branche du Maine (de Bastard, seigneurs de Fontenay et de Voisins). Jean fut inhumé en l'église de Saint-Esprit de Lectoure.

4° Nicolas-Dominique de Bastard-Saint-Denis, prieur de Chin, chanoine de Saint-Gervais de Lectoure, mort dans celte ville, le 3 avril 1745, à l'âge de quarante-deux ans, et inhumé dans la cathédrale ;

5° Dominique-Nicolas de Bastard-Saint-Denis, appelé Monsieur de L'Isle, capitaine d'infanterie, chevalier de Saint-Louis, se distingue aux batailles de Fontenoy, de Rocoux et de Lawfeld (1745-47), et meurt à Lectoure en 1765, âgé d'environ soixante ans ;

6° Marie de Bastard-Saint-Denis, IIIe du nom, religieuse à Longages, près Muret, ordre de Fontevrault, paya 3.500 livres pour sa dot et frais de profession ;

7° Marguerite de Bastard-Saint-Denis, Ier du nom, mariée, le 9 août 1719, avec, Antoine de Galard de L'Isle, marquis de L'Isle, fils de Jean et de Catherine de Cours, dont un fils, dans lequel s'éteignit cette branche de la maison de Galard, qu'on dit issue des comtes de Condom, eux-mêmes sortis des ducs de Gascogne, et qui existe encore dans les marquis de Terraube et dans les comtes de Galard et de Béarn ;

8° Louise de Bastard-Saint-Denis, née à Lectoure le 13 novembre 1703, et baptisée le 24 du même mois, religieuse à Longages.

Nicolas de Bastard eut de sa seconde union avec Marie-Denise Moreau de La Perrine :

9° Nicolas de Bastard-Saint-Denis, capitaine de dragons, mort jeune au service ;

10° Cécile de Bastard-Saint-Denis, mariée, le 29 janvier 1722, à messire Jean-Florimond de Raymond, écuyer, seigneur de La Garde, mousquetaire gris de la garde du Roi, et qui exerça plus tard la charge de grand maître des eaux et forêts de Guienne, fils de messire Gratien de Raymond, seigneur de La Garde, lieutenant de nos seigneurs les maréchaux de France, et de noble dame Marguerite Anceau. Le fils, le petit-fils et l'arrière-petit-fils de Jean-Florimond de Raymond et de Cécile de Bastard-Saint-Denis, ont été successivement maires de la ville d'Agen. Le comte do Raymond, chevalier de la Légion d'Honneur, arrière-petit-fils de Jean-Florimond et le troisième de sa famille qui ail été maire d'Agen, avait pour frère le vicomte de Raymond, commandeur de la Légion d'Honneur, chevalier des ordres de Saint-Louis, de Charles III et de la Réunion, etc. (Voir la Généalogie de Raymond, au tome II, pag. 285-9 du Nobiliaire de Guienne et de Gascogne).

XXIII. Dominique de Bastard-Saint-Denis, IIe du nom de sa brandie, chevalier, appelé Monsieur de Saint-Denis, seigneur de Saint-Denis, de l'Isle-Chrétienne et du Bosq, né vers 1693-94, mort à Agen, le 7 mars 1729, après avoir testé le 2 du même mois. Il succède à son père (1721) dans la charge de conseiller du Roi, grand-maître enquesteur et général réformateur des eaux et forêts de France aux départements et provinces de Guienne, Périgord, Gascogne, Béarn, etc., charge qu'il n'exerça que pendant sept ans. A la mort de son père (1722), il fit faire un inventaire en présence d'Antoine de Galard, marquis de L'Isle, son beau-frère ; de messire Dominique de Bastard, ancien capitaine d'infanterie, lieutenant général civil et criminel de Lectoure, oncle paternel ; et de messire Claude Barbier de Lasserre, conseiller à la Cour des Aides de Bordeaux, oncle maternel. Dominique fut enterré, comme son père, à Saint-Hilaire d'Agen. Il fit, en 1725, un règlement pour la dot de Cécile de Bastard, sa sœur du second lit, femme de Jean-Florimond de Raymond.

Il avait épousé à Agen, le 5 décembre 1721, Marie-Catherine de Becquet, fille de messire François, écuyer, secrétaire général de l'Intendance de Bordeaux, d'une famille originaire de Vitry-le-François, alliée aux maisons des Cars, de Monterey, de Gouy, etc., et de Marie-Marthe de Bétaille. Après la mort de son mari, Catherine de Becquey vendit (1729) à son beau-frère, Jean-Florimond de Raymond, la charge de grand maître enquesteur des eaux et forêts de Guienne, Béarn, etc. (Voyez, au degré suivant, le procès qui survint, en 1717, à l'occasion de celle vente). Dominique de Bastard eut de Catherine de Becquey, entre autres enfants :

1° François-Dominique de Bastard-Saint-Denis, IIIe du nom, qui suit ;

2° Jean-Dominique de Bastard-Saint-Denis, né le 24 août 1726, mort sans alliance, au château de Saint-Denis, le 23 février 1767, et dont La Chesnaye-des-Bois parle en ces termes : « Jean-Dominique, appelé le Baron de Saint-Denis, capitaine au régiment de Guienne et chevalier de Saint-Louis, mort sans alliance » (tom. XIV, pag. 47). Jean de Bastard-Saint-Denis est dit ailleurs lieutenant au régiment de Bouzols, et capitaine aux régiments de Nailli et de Talaru. Il fut nommé chevalier de Saint-Louis le 15 avril 1758, et avait fait la guerre de Sept Ans en même temps que MM. de Bastard, marquis et comtes de Fontenay, ses cousins de la branche du Maine ;

3° François de Bastard-Saint-Denis, mort jeune, enterré en l'église de Saint-Denis-sur-Garonne ;

4° Marie-Marguerite de Bastard-Saint-Denis, née le 7 janvier 1723, morte le 7 janvier 1766, avait épousé noble Louis de Castaing, seigneur du Mirail, de La Coste, de Pradoulin, de Gabrielle et de Téque, conseiller du Roi, lieutenant général et criminel à la sénéchaussée et présidial de Lectoure, fils de noble Octavien, colonel d'infanterie, et de Marie de Lucas ;

5° Marie-Josèphe-Françoise de Bastard-Saint-Denis, inhumée en l'église de Saint-Denis-sur-Garonne.

XXIV. François-Dominique de Bastard-Saint-Denis, IIIe du nom, appelé habituellement Monsieur le Grand-Maître, chevalier, seigneur de Saint-Denis et de L'Isle-Chrétienne-sur-Garonne, du Bosq, de Cavagnan, de La Bastide, et (du chef de sa première femme) seigneur de Réaup, né en 1724. Catherine de Becquey, sa mère, soutint pour lui, contre Jean-Florimond de Raymond, seigneur de La Garde et autres lieux, grand-maître des eaux et forêts de Guienne et Béarn, un procès, au sujet de la charge qu'elle lui avait vendue en 1729. En 1747, un arrêt du Parlement de Bordeaux obligea M. de Raymond de rendre cette charge à son neveu. En 1749, François-Dominique obtint dispense d'âge pour pouvoir l'exercer, n'ayant pas vingt-quatre ans. Ses provisions furent enregistrées au Parlement de Bordeaux en 1749, et, en 1750, il y eut arrêt du Parlement de Toulouse, par rapport à ces provisions (Archives du château de Saint-Denis). Dominique de Bastard fut donc réintégré dans la charge de grand-maître enquesteur et général réformateur des eaux et forêts de France, aux départements et provinces de Guienne, Périgord, Gascogne, Béarn, etc. Il exerça pendant plus de quarante ans (1750-91) celte charge, qui était précédemment dans sa famille, depuis deux générations, par suite de l'achat qu'en avait fait, en 1699, Nicolas, son aïeul paternel.

Une ordonnance du 24 décembre 1700, insérée pages 464 et 465, prouve que le grand maître des Eaux et Forêts avait le titre de chevalier. L'ordonnance suivante montre que cette charge donnait aussi le titre de monseigneur :

« Sur la requette présentée à monseigneur de Bastart, grand maître des Eaux et Forêts de France au département de Guienne par le sindic du chapitre collégial Saint-Caprais, de la ville d'Agen, au sujet du recurement du ruisseau La Masse, est intervenu l'ordonnance qui suit :

« Vu la requette cy dessus, nous, grand maître des Eaux et Forêts, ordonnons que les aboutissants au ruisseau de La Masse seront tenus, chaqu'un endroit soi, d'avoir récuré ledit ruisseau, à vieux bords et vieux sols, dans la quinzaine de la publication de notre présente ordonnance…  Fait et donné en cours de visite à Layrac, ce trois septembre mil sept cents quatre vingt quatre.

« Bastard.

« Par Monseigneur,

« de Loume. »

(Titre faisant partie de nos archives. J. de Bourrousse de Laffore.)

Les souvenirs laissés par son administration ne sont point encore effacés. La Biographie universelle (t. XLVII, p. 283) le fait naître en 1736, et commet quelques erreurs de peu d'importance rectifiées dans cet article. On y lit qu'il a laissé plusieurs ouvrages manuscrits, entre autres un Traité sur le défrichement et le semis des Landes. Ce travail eut l'approbation du gouvernement, qui en fit faire l'application, el le succès ayant justifié la théorie et les essais du grand-maître, le Roi ordonna, par arrêt du Conseil du 1er décembre 1778, que les forêts de l'État dites de Larron et de Barrial, situées à deux lieues de Pau, porteraient à l'avenir le nom de Forêt-Bastard. Un autre arrêt du Conseil (du 18 juin 1785) accorde au grand-maître, « auquel le Roi voulait donner une preuve de sa satisfaction, » une gratification de 10.000 livres, somme assez considérable pour l'époque. Sa conduite courageuse et prudente, lors des soulèvements occasionnés par le retrait des alluvions de la Garonne (1781-86), illustra son administration. On en peut voir le récit, trop long pour être ici relaté, dans le Recueil des arrêts du Parlement de Bordeaux.

Il revendit, en 1754, à Jean-Pierre de Bastard, seigneur de Cantiran, son cousin, les terre et seigneurie du Bosq et les fiefs de Vidalot, du Hauret et de Peilheur, aliénés par Nicolas de Bastard, trisaïeul dudit Jean-Pierre. En 1772, à la mort de François de Becquey, trésorier de France à Bordeaux, son oncle, époux de Félice-Louise des Cars, il avait hérité des terres de Cavagnan, dans le canton de Bouglon, et de La Bastide, près Casteljaloux.

François-Dominique de Bastard, seigneur de Saint-Denis, en Bruilhois, figure, en mars 1789, parmi les membres de la noblesse d'Armagnac, assemblés à Auch et à Lectoure pour l'élection des députés aux Etats généraux du royaume. Son article est ainsi rapporté : « De Bastard, de la vicomté de Bruilhois, grand-maître des Eaux et Forêts de Guienne, commissaire de la Noblesse. » Nous avons vu page 449 que Jean de Bastard, comte d'Estang, faisait aussi partie de celte assemblée. La charge de grand-maître des Eaux et Forêts fut supprimée en 1791 ; mais François-Dominique fut temporairement maintenu en exercice, jusqu'à nouvelle organisation. Arrêté pendant cinq jours (du 25 avril au mai 1er  1793) et renfermé dans la maison de la Visitation de Toulouse, convertie en prison (où le comte d'Estang, son cousin, fut également détenu du 14 mai au 20 juin), il put échapper aux dangers de cette époque et se retirer au château de Saint-Denis, où il mourut le 26 septembre 1803, âgé de soixante-dix-neuf ans.

Dominique de Bastard avait épousé à Nérac, le 4 juillet 1752, Jeanne-Françoise-Catherine de La Mazelière, dame de Réaup, morte en couches à l'âge de vingt-deux ans (23 mai 1756), et en secondes noces, le 19 août 1768, Anne de Redon, fille de Jean de Redon, seigneur de Mansonville, de La Chapelle et de Fousseries, lieutenant général et juge-mage de la sénéchaussée d'Agenais, et de Jeanne du Gout ou de Goth de Daubèze.

Il eut d'Anne de Redon :

1° Jean-Baptiste de Bastard, qui suit ;

2° Jeanne-Françoise (Pouponne) de Bastard-Saint-Denis, née au château de Saint-Denis, le 22 octobre 1771, et mariée à Toulouse en 1795, à N... de Rodier du Puech, mort au château du Puech en 1826, fils de N... de Rodier du Puech, trésorier général de France ;

3° Louise-Henriette de Bastard-Saint-Denis, née au château de Saint-Denis, le 6 juin 1775, et mariée en 1795 à François-Benjamin de Gennes, mort le 30 mars 1841, fils de François-Benjamin, comte de Gennes, capitaine des vaisseaux du Roi, de la branche de La Cordinnaye, près Vitré. Cette famille, originaire de Bretagne, fut alliée aux Serent, aux Raguenal, aux Talleyrand, et copartageait avec les du Guesclin de La Boberie ;

4° Charlotte-Félice de Bastard-Saint-Denis, née au château de Saint-Denis, le 20 septembre 1778, filleule de messire Charles de Redon, capitaine de dragons, et de dame Félice-Louise des Cars, dame de Becquey, mariée, le 18 janvier 1800, à Edouard, marquis de Bon, ancien capitaine aux gardes wallonnes, chevalier de Saint-Louis, dont postérité, fils de Bernard-Joseph, aussi chevalier de Saint-Louis, et d'Amélie de Noaillan de Lamézan.

XXV. Jean-Baptiste, baron de Bastard-Saint-Denis, ancien soigneur de Saint-Denis-sur-Garonne, de l'Isle-Chrétienne et de Cavagnan, né au château de Saint-Denis, le 2 novembre 1769, mort à Lectoure le 14 février 1832, fut membre du Conseil général du Gers pendant plus de trente ans, et président de la députation envoyée par ce Conseil général à l'Empereur, en 1812. Il fut à celle occasion créé baron de l'empire, par décret du 20 avril 1812 et lettres-patentes du 5 août, même année. M. de Castaing, ancien maire de Lectoure, son cousin, l'institue son héritier (en 1820), et lui lègue entre autres domaines la terre du Mirail, près Lectoure.

Jean-Baptiste de Bastard avait épousé au château de Pominet, le 12 octobre 1791, Jeanne-Françoise-Marguerite de Bastard-la Fitte, sa cousine au huitième degré, fille de Paul-Dominique de Bastard, seigneur de Bustet et de Truqueloli, appelé Monsieur de La Fitte, d'abord capitaine de cavalerie, puis conseiller au Parlement de Toulouse (troisième fils de Dominique de Bastard-La Fitte, doyen du même Parlement), et de Jeanne-Marie-Gabrielle-Pierrette de Finiels-Bonrepaux (Voyez aux branches éteintes, g Ier). Instituée héritière par Jean-François de Bastard La Fitte, seigneur de Pominet, en Armagnac, son oncle paternel, mort en 1809, Jeanne de Bastard, seule survivante de la branche de La Fitte, a porté dans celle de Saint-Denis une partie des terres qui avaient appartenu aux anciens seigneurs de La Fitte, et notamment la terre et le château de Pominet. La baronne douairière de Bastard-Saint-Denis continue, depuis la mort de son mari, d'habiter la ville de Lectoure. Le baron de Bastard-Saint-Denis eut de Jeanne de Bastard-La-Fitte :

1° Edouard de Bastard-Saint-Denis, qui suit ;

2° Jean-Anne-Amédée de Bastard-Saint-Denis, appelé le chevalier de Bastard-Saint-Denis, né à Lectoure, le 21 mars 1800, mort dans la même ville le 8 octobre 1857. Entré au service en 1817, comme surnuméraire, dans les gardes du corps du roi Louis XVIII, il fut successivement breveté lieutenant et capitaine, sans quitter sa compagnie, et il accompagna Charles X à Cherbourg. Nommé capitaine-commandant au 5e régiment de hussards, il fit partie de l'expédition d'Anvers, servit avec distinction en Afrique, fut cité dans les bulletins de l'armée et nommé chevalier de la Légion d'Honneur. Il quitta le service en 1840, et habita jusqu'à sa mort la terre du Mirail, qui lui était échue en partage.

Amédée de Bastard Saint Denis avait épousé, en avril 1845, Amélie de Lary de La Tour, fille de Bernard-Marie-Joseph de Lary, comte de La Tour, ancien officier au régiment des Lyonnais, et d'Henriette de Batz de Mirepoix (Voir, pour la maison de Batz de Trenquelléon et de Mirepoix, le t. II, p. 393 à 405 du Nobiliaire de Guienne et de Gascogne).

Il avait eu de cette union :

A. Joseph-François-Raoul de Bastard-Saint-Denis, né à Lectoure le 20 juin 1840 ;

B. Jeanne-Marguerite de Bastard-Saint-Denis, née à Lectoure.

3° Gustave de Bastard-Saint-Denis, né à Lectoure le 23 mars 1802, mort à Paris en 1823 ;

4° Jean-Gabriel-Marie-Alfred de Bastard-Saint-Denis, appelé Monsieur de Bastard de Peyraube, né le 12 septembre 1806, mort au château de Peyraube, le 27 mars 1844. Il fut élève de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr, capitaine-commandant du 11e régiment de dragons, et quitta le service au moment de son mariage.

Il avait épousé à Tarbes, le 3 juillet 1838, Jeanne-Marie-Cécile Le Sage de Peyraude, fille unique de N... Le Sage, ancien seigneur de Peyraube, membre du Conseil général des Hautes-Pyrénées, et de demoiselle de Santis, dont :

A. Fernand de Bastard-Saint-Denis de Peyraube, né au château de Peyraube, le 20 juillet 1839, mort au même lieu le 18 mars 1849 ;

B. Jean-Dominique-Albert de Bastard-Saint-Denis de Peyraube, né au château de Peyraube, le 13 septembre 1840 ;

C. Marie de Bastard-Saint-Denis de Peyraube, née au même château.

D. Jeanne de Bastard-Saint-Denis de Peyraube, née au même château.

5° Ferdinand de Bastard-Saint-Denis, né le 27 novembre 1808, dans la ville d'Auch, où il est mort le 13 avril 1815 ;

6° Charles de Bastard-Saint-Denis, né au château de Saint-Denis, le 30 septembre 1815, mort à Paris le 23 décembre 1835 ;

7° Louise de Bastard Saint Denis (IIIe du nom), née à Lectoure le 11 août 1804, morte à Toulouse en 1816.

XXVI. Dominique-Gabriel-Édouard, IIe baron de Bastard-Saint-Denis, né à Lectoure le 28 mai 1797, chevalier de la Légion d'Honneur, ancien député de la Gironde pour la ville de Bordeaux (1846) et conseiller honoraire de la Cour impériale de celte ville (1858). Il a été autorisé à porter le titre de baron, conféré à son père, el à le transmettre à sa descendance en ligne directe, de mâle en mâle, par ordre de primogéniture. Il suivit la carrière de la magistrature, fut d'abord conseiller-auditeur à la Cour royale d'Agen, puis président du Tribunal civil de première instance à Pau, et enfin conseiller à la Cour royale de Bordeaux. Il vit maintenant près d'Agen, dans sa terre de Saint-Denis, dont il a fait reconstruire le château.

Le baron de Bastard-Saint-Denis a épousé à Bordeaux, le 20 décembre 1826, Marie-Thérèze-Élaïs Duffour de Barte, fille de noble Jean-Baptiste Duffour de Barte et de Françoise Dubergier. Le frère aîné de la baronne de Bastard a été maire de Bordeaux, colonel de la 2e légion de la garde nationale de cette ville et président du Conseil général de la Gironde.

Le baron de Bastard-Saint-Denis a eu d'Élaïs Duffour de Barte :

1° Jean-Anne-Paul de Bastard-Saint-Denis, sous-préfet de Châteaulin, département du Finistère, chevalier de la Légion d'Honneur, né à Pau le 28 octobre 1829 ;

2° Jeun-Martin-René de Bastard-Saint-Denis, né à Bordeaux le 21 octobre 1834, mort au château de Saint-Denis le 18 août 1860 ;

3° Jean-Marie-Arthur de Bastard-Saint-Denis, né à Bordeaux le 25 octobre 1836 ;

4° Jeanne-Cécile de Bastard-Saint-Denis, mariée, le 17 mai 1859, à Charles-Marius-Albert de Dompierre d'Hornoy, capitaine de vaisseau, ancien membre du Conseil de l'amirauté, commandeur de l'ordre impérial de la Légion d'Honneur, fils de Charles-Victor, ancien membre de la Chambre des Députés, et de Hélène-Adélaïde de Fayet. Le capitaine d'Hornoy avait le commandement de la Ville de Paris, monté par l'amiral Hamelin, lors du siège de Sébastopol, a eu pendant deux ans le commandement de la station d'été dans les mers du Nord ; il est aujourd'hui chef d'état-major de la flotte de la Méditerranée.

5° Marie-Elisabeth de Bastard-Saint-Denis.

Résidence : Au château de Saint-Denis-sur-Garonne, près d'Agen.

Armoiries : Comme les comtes d'Estang, et pour brisure un écusson d'hermines, au point d'honneur de la partition. Elles sont reproduites à la page 461, en tête de la filiation des seigneurs de Saint-Denis.

 

Notes.

 

1. C'est Roaud Bastard, seigneur de Bastardière et du Pèlerin, père de Païen, qui fonda ce monastère en 1049.

2. De 1814 à 1830, on compte cinq nominations de plus dans l'ordre de Saint-Louis, ce qui porte a vingt-huit le nombre total des chevaliers : 1° Jean-Gaspard de Bastard La Rolle (juin 1814), appelé le Chevalier de Bastard, lieutenant-colonel de cavalerie ; 2° Jean-François-Auguste de Bastard (3 septembre 1814), appelé le Comte Auguste de Bastard, brigadier dans la 1ère compagnie des mousquetaires de la garde du Roi ; 3° Jean de Bastard-Kerguiffinec (1814), appelé Monsieur de Kerguiffinec, capitaine de frégate ; 4° René de Bastard-Fontenay (7 novembre 1814), appelé Monsieur de Montreuil, chef d'escadron ; 5° Armand Denis de Bastard-Fontenay (26 novembre 1828), appelé le Comte de Fontenay, sous-intendant militaire. – L'ordre de Saint-Louis ayant duré 116 ans (de 1693 à 1793 et 16 ans de Restauration), chaque période de quatre ans, en moyenne, voyait une nomination nouvelle dans la famille de Bastard. — Les promotions à l'ordre de la Légion d'Honneur n'y sont pas moins nombreuses : on y compte un grand officier, membre du comité, un commandeur, quatre officiers et seize légionnaires. – Et depuis 1830 seulement, sept nominations dans les ordres étrangers, réparties entre MM. Auguste, Léon et Octave de Bastard d'Estang.

3. Bastardière, sur la rive droite de la Sevré nantaise, en la paroisse de Gorges, canton de Clisson, arrondissement de Nantes. Le château, rebâti au XVIe siècle, sur les bords de la Sèvre, existe encore. Le Pèlerin-sur-Loire, petite ville située sur la rive gauche de ce fleuve, au-dessous de Nantes, est actuellement un chef-lieu de canton du département de la Loire-Inférieure. Le château n'existe plus.

4. Ce nom de Coumaillière ou Cormaillère a été remplacé depuis par ceux des Bastardières-lès-Satigny et des Bastardières-en-Rillé, qui se sont conservés jusqu'à nous.

5. Hervé Bastard, seigneur de Bois-Glé, appartenait à la branche de La Porte-au-Bastard, dont il occupe le septième degré.

6. La Chesnaye-des-Bois et Badier, dans le quatorzième volume du Dictionnaire de la Noblesse, les disent ancêtres des branches établies en Berry et en Guienne ; ils commettent en cela une erreur aujourd’hui évidente, comme le prouve la présente généalogie.
D'un autre côté, Thomas Bastard ne serait-il pas un bâtard des comtes de La Marche ? Diverses considérations ne nous permettent pas de le penser. Les chroniqueurs de l'époque et les historiens ne mentionnent pas qu'un Bourbon comte de La Marche ait eu un bâtard nommé Thomas, vivant dans la première moitié du XIVe siècle, et pouvant soutenir on combat singulier en 1330. Si le chevalier, victorieux en présence du roi et de la cour d'Angleterre, eût été un billard de Bourbon, on n'aurait pas négligé de signaler son origine princière. Enfin, à une époque où les bâtards de maisons souveraines, sans être absolument traités comme des enfants légitimes, étaient cependant toujours de grands personnages et ne manquaient jamais de se qualifier bâtards de telle maison princière, Jean de Valois, duc de Normandie, faisant compter une somme d'argent pour les préparatifs de ce combat singulier, que l'on pourrait appeler international, aurait exprimé par un mot que ce chevalier était fils, quoique non légitime, d'un duc de Bourbon, et cousin issu de germain du roi de France Philippe de Valois. Ces motifs réunis nous portent à penser que « Thomas Bastard, miles, de francia veniens in Angliam, » appartient à la maison de Bastard.
L'auteur de la généalogie de Bastard, imprimée en 1847, cherchant à prouver qu'il est impossible que Thomas Bastard soit un bâtard des comtes de La Marche, ajoute une raison qui serait péremptoire si elle était exacte : « Jacques de Bourbon, premier comte de La Marche, né au plus tôt en 1314, ne pouvait avoir en 1350 un fils qui eût t'ait l'expédition de Sicile avec Louis d'Aragon et qui vint livrer un combat singulier en Angleterre. De plus, comment le roi Jean aurait-il oublié la naissance de Thomas, et ne l'aurait-il pas rappelée dans ses lettres du 16 juillet ? Il faut donc reconnaître qu'une transposition de mots dans les lettres d'Édouard III, en date du 13 octobre, pourrait seule donner lieu à la fausse interprétation de leur texte, qui doit être ainsi rétablie : « Thomas Bastardus, nuncupatus de La Marche, miles, de Francia (veniens) ». Ce dernier mot, oublié dans les lettres du 13 octobre, se retrouve dans celles du 21 juin précédent. Le surnom de La Marche venait, soit de ce que Thomas appartenait au pays de La Marche ou des Marches, terme générique des frontières, plus spécialement Frontière de Bretagne, de Poitou et d'Anjou, soit de quelque lier dont il avait ajouté le nom au sien. – Nous ne pouvons admettre avec l'auteur cité que Jacques de Bourbon, connétable de France, soit le premier de sa race devenu comte de La Marche. Le père de ce connétable, Louis, premier duc de Bourbon par lettres-patentes du 27 décembre 1327, fils aîné de Robert de France, comte de Clermont, et petit-fils de Saint-Louis, épousa Marie de Hainaut en 1310 et fut le premier Bourbon comte de La Marche. Jacques de Bourbon, connétable, son troisième fils, ne vers 1314, ne-fut que le deuxième comte de La Marche. Ainsi, le chevalier français qui se battit en 1350 en présence du roi d'Angleterre pourrait donc, à la rigueur, être le fils bâtard de Louis I, duc de Bourbon, comte de La Marche, et frère de Jacques de Bourbon, comte de La Marche, connétable de France ; mais, nous le répétons, si le fait n'est pas impossible, il est Invraisemblable, et nous croyons, jusqu'à preuve contraire, que Thomas Bastard, chevalier en 1350, appartient à la maison de Bastard.

7. Le comté de Gaure, en Armagnac, conquis sur les Anglais par Louis VIII, était une des divisions de la Gascogne. Fleurance, sa capitale, dont le commandement militaire était confié à un officier d'un grade élevé, supporta plusieurs sièges contre les Anglais, sous le règne de Châties V, et un dernier, en 1578, contre Henri IV, qui fit pendre ses consuls et la démantela : la ville elle-même ne fut sauvée du pillage que par l'intercession de son ancien gouverneur, qui servait alors dans les troupes du roi (Ordonn. Au roi de Navarre du 23 nov. 1578). Fleurance est aujourd'hui chef-lieu de canton, et jusqu'à ces dernières années, la mercuriale de son marché était une des quatre qui, avec celles de Toulouse, de Marseille et de Grey, fixaient le prix des céréales pour toute la France. Vers 1421-1429, Charles VII donna le comté de Gaure à Charles d'Albret, IIe du nom, gouverneur et lieutenant-général sur le fait de la guerre au pays de Berry, et commandant les troupes du Roi au siège d'Orléans ; ses descendants le possédèrent pendant plus de deux siècles, et il ne retourna a la couronne que par ravinement de Henri IV.

8. Nous citerons, à l'occasion de Pierre de Bastard, un passage du travail de M. Labat, ancien avocat général a la Cour royale d'Agen, intitulé : Souvenirs du château de Nérac, imprimé dans le Recueil des travaux d'une Société académique dont nous avions, en 1860, l'honneur d'être président : « Nos contrées virent alors le roi de Navarre (Henri IV) se livrer, a la tête des troupes, a de brillants faits d'armes. Marmande, Villeneuve, Cahors, Mirande, Éauze, Lectoure, Fleurance, Montauban et autres cités voisines, furent le théâtre de ses expéditions militaires. Là se manifestèrent de milles courages, une valeur héroïque. De brillants coups de main, des luttes corps à corps, à l'arme blanche, au pistolet, des combats singuliers à l'instar des anciens preux, eurent lieu dans le pays. Les alentours du château de Nérac, la place du Gravier, à Agen, furent arrosés d'un sang généreux. Les deux frères Durfort se battirent sur le Gravier, à Agen, contre Turenne et Biron (Mémoires de Sully, ann. 1571). Des hommes de guerre dont les noms sont populaires dans notre pays, les Lusignan, les Vezins, les Batz, les Lussan, les Bastard, les du Bouzet, les Castillon, les Ladevèze, paraissent avec éclat dans ces mêlées, où Henri pouvait se mettre à la tête de deux cents enfants de Nérac, toujours prêts à le suivre. » Histoire de France par un contemporain, citée par M. de Villeneuve, p. 127 (Recueil des travaux de la Société d'Agriculture, Sciences et Arts d'Agen, t. VIII, 2e partie, p. 279 et 280).

9. Voyez sur les changements de carrière la note A, imprimée à la fin de la généalogie.

10. Nous avons cru devoir entrer dans ces détails, qui intéressent le Nobiliaire de Guienne et de Gascogne ; car la famille de La Salle de Preiche et de Villauval, confondue par l'éditeur de la Biographie universelle (t. LXX, p. 318) avec celle de Collinet de La Salle (Voyez Nobiliaire de Lorraine, Bibliothèque de l'Arsenal, manuscrits n. 250), appartient à l'ancienne province de Guienne, ou elle existait en 1789, en la personne des marquis de Rochefort ; l'un de ses membres représenta la noblesse de Mont-de-Marsan à l'Assemblée constituante. La branche établie dans le pays Messin s'y est alliée aux comtes du Coetlosquet, qui y demeurent encore, et elle s'est étendue dans le Palatinat, où existent aussi les barons de Doresthal, également du nom de La Salle, dont les armes sont identiques à celles qu'on voyait sur la tombe de Marie-Thérèse Diestroff, à Saint-Simon de Metz, et à celles du général comte de La Salle.

11. Diverses publications ont donné au comte de Bastard le nom de François, qu'il n'a jamais pris seul, an lien de celui de Dominique, qu'il aurait exclusivement porté (nous écrit-on à ce sujet) si, en sa qualité d'aîné et d'après un usage très fréquent dans le Midi, il n'eût été appelé d'Estang. Le comte de Bastard regardait saint Dominique comme son patron ; il en parlait quelquefois, et l'on nous demande de le designer par ce prénom. Au surplus, en étudiant la généalogie de 1847 et les Nouveaux documents, on remarque qu'avant la Révolution, le prénom de François ne se rencontre jamais, comme appellatif, chez des membres de la branche aînée. Dominique, au contraire, y revient au moins dix fois, toujours comme appellatif, et six fois de la même manière dans les branches de Saint-Denis et de La Fitte. Mais les recherches faites à celte occasion prouvent, en outre, que le besoin de nouveauté, qui travaillait les esprits vers la fin du XVIIe siècle, se manifestait jusque sur les actes de baptême ; c'est à peine si l'aîné de chaque famille reçoit un des anciens noms portés par ses pères. Tandis qu'ici, dans la brandie aînée, les enfants sont appelés Victor, Armand, Auguste, Henri, Fanny, Agathe, prénoms qui n'avaient jamais paru, à aucun titre, chez les Bastard de Guienne et de Gascogne, la branche de Saint-Denis fournit ceux d'Edouard, d'Amédée, de Gustave, d'Alfred, de Ferdinand, également étrangers à tout le passé de leur famille, et la branche de La Fitte, quand elle va s'éteindre, montre pour la première fois ceux de Philibert et d'Adelaïde. La vielle Bretagne elle-même, infidèle a ses souvenirs, introduit aussi pour la première fois les noms d'Achille, d'Adrien, d'Adélaïde, etc.

12. La Commission du Sceau de France qui reconnaît pour onzième aïeul du comte de Bastard, pair de France, Guillaume Il de Bastard, sixième vicomte de Fussy, seigneur de Terland, lieutenant-général pour le Roi en Berry, auquel le roi Charles VII donna la devise héréditaire : cunctis nota fides, était composée de MM. le Carde des Sceaux, président ; – le comte de l'Astorel, commissaire du Roi ; . – D'Hozeir, juge d'armes ; – Tercier, le vicomte Dambray, le baron de Longuève, le vicomte de Senonnes, le baron Malouet, conseillers d'État, membres de la Commission ; – le bacon de Forges (rapporteur), le marquis de Portes, le baron de La Villeleon, maîtres des Requêtes, membres de la Commission ; – le marquis de Bouthillier, auditeur un Conseil d'Etat, attaché à la Commission, – Ce fut sur l'avis conforme de cette Commission que l'ordonnance royale fut rendue.

13. Nous tenons du comte de Bastard lui-même, témoin oculaire, certains détails de l'entrevue de Tilsitt, sur le Niémen, qui rappellent tout à fait ce qui se passait dans le moyen âge, en pareille circonstance. C'est aussi M. de Bastard qui nous a raconté l'épisode de la fuite miraculeuse de notre compatriote M. de Lafon, capitaine, son compagnon de captivité.

14. L'auteur du travail auquel on donne ici le titre de Nouveaux documents s'est occupé principalement des branches de Saint-Denis et de La Tille. Il cite avec soin les sources ou il a puise, et n'omet que la généalogie imprimée en 1847, quoique ce livre lui ait été très utile et qu'il en cite des passages. Mais ce qui est plus grave, c'est que l’auteur, se trompant d'un degré dans son excursion en Berry (tête de son travail), fait de Tanneguy de Bastard, ou Tanguy Bastard, vicomte de Fussy, né vers 1415, un lieutenant général de Berry pour les rois Charles VI et Charles VII, et suppose que ce dernier prince donna la devise Cunctis nota fides à Tanneguy de Bastard, tandis qu'il est démontré, comme on vient de le voir, que Tannegny n'avait qu'environ sept ans a la mort de Charles VI, qu'il ne fut jamais lieutenant général du Berry, el que la devise fut accordée en 1429 à Guillaume de Bastard, chevalier, vicomte de Fussy, seigneur de Terland, etc, père dudit Tanneguy. Toutefois, les Nouveaux documents nous ont été utiles ; nous leur avons emprunté, surtout pour les deux derniers siècles, des faits et des dates qui nous étaient inconnus.

Nous devons cependant relever une opinion singulière de l'auteur de ce travail, qui, suivant son expression, trouve impropre l'usage du mot Saint-Denis employé, « dans quelques ouvrages modernes » comme appellation indicative de la branche cadette de Guienne, dont les membres eurent pour résidence l'ancien fief et seigneurie de Saint Denis-sur-Garonne, en Bruilhois ; ce qui ne l'empêche pas d'ailleurs de donner, avec raison, le nom de branche de La Fitte, ou de Fitte, aux anciens seigneurs de La Fitte, en Languedoc, et de Pominet, en Armagnac, éteints, dans les mâles, vers 1794. Peut-on dresser la généalogie d’une famille nombreuse sans la diviser par branches et sans désigner chacune de ces branches par un nom ? Et si l'on doit agir ainsi, à l'exemple de tous les généalogistes, le P. Anselme, du Chesne, d'Hozier, de Courcelles, de Saint-Allais, Lainé, etc., etc., et suivant l'exemple fourni par l'auteur lui-même, comme on vient de le dire, quel nom, autre que celui de Saint-Denis, conviendra-t-il d'appliquer à la branche en question ? D’ailleurs, ces « quelques ouvrages modernes » (c'est-à-dire la généalogie imprimée en 1847) n'ont fait que suivre la marche tracée par leurs devanciers, et suivie par les Bastard-Saint-Denis eux-mêmes, lorsque, dans le XVIIIe siècle, ils prennent le nom de Saint-Denis. La Chesnaye-des-Bois ayant à parler de Jean-Dominique de Bastard, capitaine au régiment de Guienne (Voyez au vingt-troisième degré de la branche cadette de Guienne, § I), ajoute à son nom patronymique celui de Saint-Denis. Dans son Essai historique sur les régiments (1767), Roussel l'appelle Saint-Denis tout court (p, 51). Aux tables des chevaliers de Saint-Louis, de 1758 (il y a plus d'un siècle), on lit : Saint-Denis, de Saint-Denis (p. 56) et Bastard de Saint-Denis (p. 66) comme on disait Bastard-La Fine, comme on dirait aujourd'hui Bastard-d'Estang, s'il y avait lieu de distinguer l'un de l'autre deux personnages de mêmes noms et prénoms et de branches différentes.

15. Nicolas de Bastard, seigneur du Bosq, père de Dominique, Ier du nom, seigneur de Saint-Denis, avait vendu, sous réserve des honneurs seigneuriaux, pour lui, sa vie durant et pour celle de son fils aîné, le domaine utile de la terre du Bosq, à Jean de Bastard du Hauret, appelé le capitaine de Fauville, son frère ; et celui-ci le revendit à Dominique, son neveu. Mais en Pierre de Bastard, appelé alors le baron de Goudin, ou monsieur de Cantiran, racheta de Dominique de Bastard, IIIe du nom, seigneur de Saint-Denis, la seigneurie et le château du Bosq et leurs dépendances, aliénés par Nicolas, son trisaïeul, et qui avaient été le premier apanage de ses auteurs en Gascogne. Il en rendit nommage au Roi l'année suivante.

Nobiliaire de Guienne et de Gascogne, par Henri Gabriel O'Gilvy et Pierre Jules de Bourrousse de Laffore.

 

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