Eglises, chapelles & paroisses.
C.H.G.H.47
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VILLERÉAL.

Saint-Étienne de Lézenne et son annexe : Notre-Dame de Villeréal.

Le pouillé de Valéri place la rectorie de Villeréal (Villeregalis) dans l’archiprêtré de Fumel, sans faire mention de Saint-Étienne de Lezenne.

L'église de Saint-Étienne est champêtre, dans un vallon, sur la croupe d'une colline. Il y a dix ou douze maisons auprès. Elle est longue de quatorze cannes, large de cinq, haute de huit. Le sanctuaire est voûté, la nef n'est pas lambrissée. Des trois chapelles, l'une est dédiée à Notre-Dame, l'autre à saint Eutrope, la troisième à saint Rémy. Le clocher, à quatre ouvertures, est sur le mur du fond en forme de râtelier.

Celle de Notre-Dame est située au cœur de la ville. Elle date du XIIIe siècle comme la bastide et a été fortifiée (1). Au XVIIe siècle on y accédait encore par un pont-levis. Bâtie sur un plan cruciforme, elle est longue de trente cannes, large de dix, haute de quinze, et lambrissée. Au-dessous du sanctuaire, du côté de l’Évangile, est la chapelle du Rosaire ; au-dessous, celle de Saint-Crépin. En face, se trouve d'abord la chapelle de Saint-Éloy, puis celle de Saint-Eutrope. Ces chapelles étaient primitivement dédiées : la première à sainte Catherine, la seconde à saint Fabien et saint Sébastien, la troisième à saint André, la quatrième à saint Antoine.

Il y a, hors ville, dans le cimetière, une chapelle dédiée à saint Michel. On y fait tous les offices le jour de la fête de ce saint et le lundi de Pâques on s'y transporte pour y entendre la messe et la prédication.

A la porte du Drot, au bout du Pont, s'élève une autre petite chapelle, appelée Notre-Dame du Pouget ou du Drot. Elle a été rebâtie en 1665, sur les anciens fondements, par Jean Rogier, qui en tut récompensé par le droit de sépulture pour lui et sa famille.

A la porte de Landel est une troisième chapelle dédiée à saint Roch. On y dit la messe le jour de saint Roch et les aumônes des pèlerins servent à l'entretenir.

Il y a enfin la chapelle du couvent des Filles de la Foi. A la requête du curé, des consuls et de Marie Bonnet, fille de la Foi, fondatrice, M. Hébert approuva le 11 novembre 1715, l'établissement de ces religieuses à Villeréal. Ce projet ne devait se réaliser que quelques années plus tard. En effet, la communauté de Villeréal appelait une seconde fois les Filles de la Foi dans ses murs par une délibération en date du 21 juin 1732 et le 20 décembre 1746, elle fixa un emplacement pour y bâtir leur couvent et consentit de nouveau à leur établissement. On obtint, au mois de janvier 1747, les lettres patentes qui furent enregistrées, le 15 mai suivant, au Parlement de Bordeaux. Enfin M. de Chabannes donna l'acte de confirmation le 25 novembre 1751. Les ressources de cette maison sont 1.379 livres de revenu propre (2) et 2.723 livres provenant des pensions fournies par les jeunes filles qui s'y font éduquer. Le personnel se compose de neuf religieuses choristes et de deux sœurs converses. Toutes, en 1791, déclareront vouloir continuer la vie commune. Dans les deux paroisses, la dîme du blé, du chanvre, du lin et du carnelage se paie au douzième, celle des menus grains à discrétion. Le Chapitre Saint-Étienne prend les trois huitièmes des fruits décimaux et paie le vicaire. Sa part quitte est affermée 1.268 livres. Le curé prend tout le reste et son revenu est évalué à 1.750 livres. Autrefois l'hôpital de Gavaudun prenait le tiers de la dîme ; aujourd'hui le curé en bénéficie pour ses pauvres (3). Il y a à Saint-Étienne un presbytère où loge le vicaire et un gleysage de trois cartonnats en pré.

C'est le Chapitre Saint-Étienne qui nomme au bénéfice.

On compte quatre cent cinquante communiants à l'annexe et huit cents à la matrice. Celle-ci est desservie par le curé, celle-là par un vicaire résidant. Au rapport de Nicolas de Villars, ces églises étaient anciennement desservies par quarante prêtres. Les confréries du Rosaire, de Saint-Crépin, de Saint-Éloi et de Saint-Eutrope sont établies aux chapelles de même nom dans l'église Notre-Dame et celle du Saint-Sacrement au maître-autel. Il y a une station d'Avent et de Carême dans cette église, et le prédicateur est nommé par l'Évêque. La Fête-Dieu y est célébrée comme une fête votive. Le titulaire actuel est Jean Thouret qui sera un des hommes les plus recommandables de l'Église constitutionnelle en ce diocèse. Il sera maintenu à son poste après le Concordat.

Note :

1. G. Tholin, op, cit.

2. De cette maison dépendaient notamment : 1. Une maison avec jardin dans la ville, rue Montaud, estimée 1.540 livres ; 2. Une autre maison et four, rue Saint-Michel, estimée 1.400 livres ; 3. Un clos de terre et vigne située à la Plante de deux sesterées, quatre cartonnats ; 4. Une pièce de terre, au champ de Pouget, de un cartonnat, quatre boisselats.

3. Voir Saint-Sardos et Sainte-Anne de Laurenque.

L'Eglise d'Agen sous l'ancien régime. Pouillé historique du diocèse d'Agen pour l'année 1789 par le chanoine DURENGUES.

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