Eglises & chapelles.
C.H.G.H.47
Au bureau, 54 rue de Cocquard, à Villeneuve-sur-Lot, les adhérents peuvent consulter nos archives, de nombreux dépouillements et relevés de tables décennales.

VILLENEUVE-SUR-LOT.

Villeneuve-sur-Lot

L'église Sainte-Catherine.

Ancienne église Sainte-Catherine.

 

Dès sa fondation en ville libre, Villeneuve avait fait ériger une église Sainte-Catherine, en souvenir d’Alexandrie et de l’Orient chrétien où Alphonse de Poitiers avait participé avec Louis IX, son frère, aux deux dernières croisades.

Cette église appartenait au vieux style gothique d’alors. Il est donc permis de dire que cette Sainte-Catherine, qui existait encore à la fin du siècle dernier, remontait au XIIIe et avait été voûtée au XVe, mais la ruine des temps et les dégradations successives que lui avaient fait subir les hommes ne permettaient plus de juger sa valeur architecturale. Ce monument construit avec des matériaux friables – briques mal cuites et pierre de tuf – était dans un grand état de vétusté et la municipalité de Villeneuve fut obligée de désaffecter cette église, son manque de solidité la rendant dangereuse pour les fidèles.

La nef avait 40 m de long et 20 de large. Elle comptait 10 chapelles latérales et quelques très belles sculptures qui sont maintenant au musée Gaston Rapin.

 

Église Sainte-Catherine ou église des Saints.

 

En 1897 un grave accident de voûte obligea la municipalité à démolir l’ancienne église. (1909).

Les fondations de la nouvelle église commencèrent en mai 1898.

De 1902 à 1907 les travaux furent interrompus. Ils reprirent et furent menés à bonne fin ou presque de 1907 à 1909.

Les derniers travaux se terminèrent en 1937, année de la consécration de l’église (22 Juillet 1937). Cette construction est l’aboutissement des efforts conjugués de nombreux architectes, sculpteurs, peintres et artisans dont les noms resteront attachés à cette œuvre.

Les plans sont du maître architecte Corroyer, membre de l’Institut dont la science en ce qui concerne l’Art Roman était célèbre. On lui doit dans toute la France des reconstitutions ou restaurations dont celle du Mont Saint-Michel qui reste parmi les plus remarquables de la fin du siècle dernier. Une des œuvres maîtresse de Corroyer est certainement la Sainte-Catherine de Villeneuve.

Après le décès de Corroyer, ce fut son collaborateur et ami Lucien Roy qui prit en charge l’exécution de l’Eglise. C’est Gaston Rapin architecte, ami de Georges Leygues et villeneuvois qui dirigea les travaux et après la mort de Lucien Roy, fit terminer le porche et les sacristies. Il assuma sa tâche pendant 20 ans et était assisté d’un autre villeneuvois Roger Viguié.

Enfin  un entrepreneur de Villeneuve Monsieur Corne mit tout son cœur à l’ouvrage avec l’aide d’artisans villeneuvois tels que Mrs. Bergounioux, Lafon, Arnaud, Colliard, Mesplet, et Grafeille.

L’église Sainte-Catherine ou Eglise des Saints est un des plus beaux modèles de style romano-byzantin. A l’inverse de l’ancienne église qui était orientée d’Est-Ouest suivant la position liturgique, la nouvelle Sainte-Catherine est orientée Nord-Sud en raison de la topographie des lieux et de la dimension du bâtiment. L’édifice a été entièrement bâti en briques apparentes (matériau du pays) d’où sa couleur rose, le tout reposant sur un socle de granit.

Cette église a 47 mètres de long et 19 mètres de large.

En entrant : une impression agréable et de recueillement. L’ensemble est bien proportionné, les colonnes équilibrées. Deux chœurs principaux faisant face aux deux entrées. Belle allure des Colonnes en granit poli, deux en marbre. Remarquez les chapiteaux taillés dans la pierre, tous différents : personnages, animaux, feuilles. Trois coupoles de 10 mètres de diamètre chacune.

Par trois : bien des éléments de cette église vont par trois et symbolisent donc la Sainte Trinité : 3 nefs, 3 coupoles, 3 travées, de chaque côté de la nef centrale les arcades sont par 3 – 3 chapelles côté levant, 3 vitraux à la chapelle de la Vierge et au chœur, dans le chœur les angelots sont par trois… cette disposition donne l’impression d’une harmonie parfaite…

… Peintures : mosaïques du chœur : les Saintes-Catherine  de droite à gauche : de Bologne, de Suède, de Sienne, d’Alexandrie, de Gênes, de Ricci. A la voûte une fresque : le Christ en majesté. Celle-ci est de 1938.

Autres peintures : Les Saints : au nombre de 66, tout au long de l’église à la naissance de la voûte sur « étoffe » adhérente au mur. Remarquez aussi celles du chœur de la Vierge en partie mosaïques.

Cinq Statues classées en bois creux doré sur légère couche de plâtre : Saint-Joseph, Notre-Dame du Rosaire, Sainte-Madeleine, Saint-Jérôme, Sainte-Catherine.

Les vitraux : ceux du chœur sont du XXe siècle, au centre la légende de Notre-Dame du Bout du Pont. Sur les côtés latéraux, à partir de la sacristie et de la chapelle de la Paix, les deux premiers sont de la fin du XIVe siècle et classés. Les autres en allant vers le fond, du XVe siècle (chapelle de la Vierge) Ce sont les vitraux de l’ancienne église construite entre celle-ci et la rue de Penne.

Les orgues : belles à voir et à entendre.

Le baptistère : au fond à droite de belle conception.

A l’extérieur le clocher s’impose au regard : 55 mètres de haut, 10 cloches. Ne se visite pas et pourtant 293 marches permettent d’y accéder.

Il faut remarquer l’entrée principale : au sud, avec ses colonnes de granit poli ou de marbre : bel ensemble.

(Notes relevées sur des coupures de journaux et sur une feuille mise à la disposition des visiteurs dans l’église.)

 

Saint-Sernin d'Eysses et ses annexes :

Saint-Pierre de Lamothe-Fey et Sainte-Catherine de Villeneuve.

 

Le pouillé de Valéri porte : « In archipresbyteratu Montaldensi : Rector Exiensis Villanove, Sancte-Catharine et de Monte Faieto. »

L'église d’Eysses est longue de trente-quatre pas, large de douze. Le chœur est voûté, la nef n'est pas lambrissée. Il y a un clocher. En 1668, Claude Joly écrivait dans son verbal de visite : « Il y a sur cette paroisse une chapelle dite de l'Enseigne autrement de Saint-Aignan, distante de cinq cents pas de Villeneuve. Il paraît par les fondements qu'elle a été plus longue de dix à douze pas. Il ne reste que le chœur voûté, soutenu d'une arcade de pierre sur laquelle est un clocher à trois ouvertures. Le mardi des Rogations, le curé de Sainte Catherine ou de Saint-Sernin part de Sainte-Catherine avec le peuple processionnellement et y vient dire la messe. Il y a un cimetière ». En 1734 rien n'avait encore changé, mais aujourd'hui il ne reste qu'une masure avec un cartonnat de terre. Il est de fait qu'on trouve une paroisse de ce nom parmi celles qui composèrent à l'origine la juridiction de Villeneuve (1).

Dans les trois paroisses la dîme du blé se paie au dixième, du vin et des menus grains à discrétion. Les bénédictins d'Eysses prennent les trois quarts de la dîme, le curé a l'autre quart. La dîme verte tout entière est aux religieux. Le curé qui s'était réduit à la portion congrue est redevenu depuis quelque temps part prenante.

Le bénéfice est évalué officiellement à 910 livres, et il est, malgré quelque prétention de l'Évêque, à la nomination de l’abbé d'Eysses.

Il y a présentement douze cents communiants dans cette paroisse qui en comptait à peine quatre cents en 1668 et deux cents en 1659 (2). Un vicaire de Sainte-Catherine y vient dire la messe tous les dimanches et fêtes. Les vêpres ne s'y chantent que la veille et le jour du patron. Il est vrai que les paroissiens ont la ressource d'assister aux offices dans l'église voisine des Bénédictins. Une confrérie de Saint-Sernin est établie dans l'église paroissiale.

L'antique abbaye de Saint-Gervais et de Saint-Protais d'Eysses est à quelques pas. « Sa situation, dit son historien (3), est où était anciennement l’Excisum de l'Itinéraire d'Antonin, à présent Eysses, à un quart de lieue de Villeneuve d'Agenais, où le peuple s'est retiré depuis qu'on l'a bâtie, à l'occasion des guerres et de la commodité de la rivière, en une grande, belle et fertile plaine, qui commence trois lieues au-dessus du monastère, du côté du levant, et continue cinq grandes lieues au-dessous, tirant vers le couchant, ayant presque partout une grande demi-lieue de largeur, étant bornée des deux côtés et de bout en bout de fort belles et hautes collines couvertes presque toutes de beaux vignobles, le surplus étant cultivé et propre à produire toutes sortes de grains et de fruits, ayant au milieu la rivière du Lot, en latin Ollus, qui, prenant sa source en Gévaudan, au diocèse de Mende, traversant le Rouergue et le Quercy, se rend à Villeneuve où elle commence à porter bateau, et suivant la plaine va se joindre à la rivière de Garonne une lieue au-dessous de Clairac, proche de la ville et duché d'Aiguillon. Le monastère a une très belle vue et très agréable aspect sur toute la largeur de ladite plaine et sur une grande étendue de longueur et presque sur toutes les collines ».

« Il n'y a rien de certain, dit l'abbé du Tems, sur l'époque de l'établissement de cette abbaye. Les uns disent qu'un comte appelé Seguin, la fonda dans le IVe siècle, par ordre du pape Sylvestre, en expiation de la mort de son fils qu'il avait tué en chassant. D'autres en attribuent l'origine à Charlemagne. Le premier sentiment n'est appuyé que sur la tradition populaire. Le second manque de vraisemblance, puisque ce monastère ne fut point compté dans le concile d'Aix-la-Chapelle parmi ceux qui devaient des prières ou le service militaire (4) ». D'après ceux qui admettent le premier sentiment, les religieux de Saint-Basile auraient à l'origine possédé l'abbaye d'Eysses où ils auraient été remplacés sous Charlemagne par les Bénédictins. Quoi qu'il en soit, il est certain que cette abbaye était unie à la congrégation de Cluny dès l'année 1088 (5). Outre cette union à Cluny, Eysses fut aussi uni vers l'an 1100 à l'abbaye de Moissac, comme membre immédiatement dépendant. Vers cette époque, il y avait jusqu'à quarante religieux, on en comptait encore vingt-deux en 1300 et vingt-trois en 1332 (6). En 1626, l'abbaye d'Eysses fut donnée à la Congrégation de Saint-Maur. Cependant, les religieux réformés n'y furent introduits que le 12 juin 1631. Ils la possèdent encore et sont actuellement au nombre de cinq : Jean-François Duthoya, prieur depuis l'an dernier, Pierre Malateste de Beaufort, Joseph Frégefond, Jean-Barthélemy Dubois, Jean-Louis Guittard qui avait été nommé prieur en 1781. Tous déclareront, en 1791, vouloir mener la vie privée.

Le catalogue des abbés renferme trente-six noms (7). Le premier est celui d'Arnaud que l’on trouve dans une charte de la Sauve-majeure. Par une transaction en date du 5 mars 1264, il fut décidé que « quand l’abbaye viendrait à vaquer, les religieux se rendraient à Moissac pour y élire un abbé du corps et chapitre de Moissac, et que l'abbé de Moissac le confirmerait (8) ». Les religieux usèrent de leur droit d'élection jusqu'au commencement du XVIe siècle. A cette époque l'abbaye commença à tomber en commende. Le dernier abbé régulier est Antoine Roques qui se démit en 1646. Le titulaire actuel est Jean Chrysostome Dupleix de Cadignan, vicaire-général de Reims, nommé en 1777, futur insermenté qui subira la déportation, rentrera de bonne heure, exercera pendant quelque temps les fonctions de vicaire-général de Condom, et sera nommé chanoine honoraire d'Agen après le Concordat.

L'importance de l'abbaye d'Eysses paraît avoir été considérable au Moyen-Age. « On sait par tradition assurée, dit son historien, que l'église d'Eysses, avant qu'on la ruinât, était fréquentée d'un grand abord de peuple, qui y venait non seulement du voisinage, mais encore de très loin, des extrémités du royaume et des pays étrangers, à cause de la dévotion qu'on portait à saint Gervais pour être délivré ou préservé du haut mal ou caduc, accompagné d'un fréquent et ordinaire aboiement ; et il y avait une confrérie dont les confrères se rendaient à Eysses, même après la démolition de l'église. Mais peu à peu cela se changea en abus, à cause des courses des hérétiques voisins, du temps de la Ligue ; ce qui occasionnait que les confrères y venaient en armes, et ce que l'on faisait pour lors par nécessité, or le faisait après par coutume, y venant tambour battant avec les mousquets, la mèche allumée et plutôt en soldats qu'en confrères. » Enfin tout cela est aboli et il ne reste plus rien qu'une foire qui se tient à l'entour du monastère le jour de saint Gervais. Dans un rôle de l’an 1579, il y avait encore soixante-neuf confrères (9).

« L'abbaye et monastère portait anciennement le titre de baronnie, ce qui a fait que les abbés et même les religieux prenaient la qualité de barons. De quoi il n'y a pas fondement de s'étonner ; au contraire, tant l'abbé que les religieux pouvaient prendre le titre de comte, puisqu'ils possédoient la ville d'Eysses avec toute la paroisse, et celles de Corbiac, de Sainte-Radegonde, et la moitié de celle de Trémons qui sont toutes contiguës, en haute justice, moyenne et basse, ce qui suffisait pour porter ledit titre… Le monastère jouissait encore de la justice du temps de la fondation de Villeneuve, comme appert par l'acte de 1264 (10). Mais du depuis les officiers du Roi l'ont et il est croyable que l'abbé et les religieux s'en privèrent de gré ou de force dans le traité passé avec les gens du Roi, le 13 juillet 1323 (11) ».

Ce n'est pas la seule disgrâce que l'abbaye ait eu à supporter dans le cours du temps. Sans parler de sa destruction purement hypothétique par les Wisigoths, les Sarrasins ou les Normands, il est certain qu'elle eut beaucoup à souffrir pendant les guerres des Albigeois et des Anglais. Pendant cette période malheureuse, les religieux furent obligés d'élire pour leur défense un abbé-chevalier et de s'entourer de fossés, de murailles et de tours. Peu rassurés derrière leurs remparts, ils aménagèrent à Villeneuve une maison et une chapelle dite Saint-Martial qui avaient, paraît-il, appartenu aux Templiers (12) ; ils en firent une sorte de succursale ou d'hospice où ils se réfugièrent avec leurs reliques au moment des plus grands dangers. Mais « la plus grande destruction, qui fut entière, arriva l'an 1577, le premier jour de l'an, par l'impiété des hérétiques calvinistes. On mit le feu à l'église, on sapa quatre gros et puissants piliers qui portoient un beau dôme au milieu, et la voûte, qui étoit toute de belle pierre de taille, tomba, sans qu'il en soit rien resté que la coquille qui couvre le grand autel, à quelques pas du côté du grand portail de l'église. On fit fondre huit grosses cloches des plus belles qui fussent en Guyenne qu'on emporta comme on sait par tradition. Le feu fut aussi mis aux logements tant de l'abbé que des religieux, et les habitants de Villeneuve contribuèrent à faire ruiner certaines tours belles et fortes qui avaient triple voûte. L'an 1570, le 12e d'avril, les papiers avaient été brûlés et disparus ou enlevés par lesdits hérétiques, et les religieux qui pouvaient bien résister s'ils l'eussent voulu, ce lieu étant fort, furent extrêmement négligens et lâches. Enfin il ne resta rien que quelques murailles de l'église et de quelques bâtiments qui ont demeuré environ soixante ans découvertes ; jusqu'à ce que les religieux de la congrégation de saint Maur y ont fait de grandes réparations pour y habiter et y faire l'office divin (13) ».

Le monastère tel qu'il est aujourd'hui se compose « d'un corps de bâtisse flanqué de deux pavillons couverts d'ardoise, de ses cloîtres, d'une église avec sacristie et clocher, décharges, écuries, qui par leurs enclaves forment deux cours. Le corps des bâtisses pour le logement des religieux contient huit chambres et quatre chambres pour les malades étrangers avec d'autres appartements qui servent de recepte dans le haut ; et dans le bas, plusieurs sales, salons, réfectoire, la cuisine et la cave… ».

L'église, qu'on a commencé de reconstruire vers 1688, est « d'une longueur de vingt-deux toises dans oeuvre sur dix toises de largeur aussi dans oeuvre et huit toises de hauteur… composée d'une nef, quatre chapelles de chaque côté, formées par des portiques et la sacristie au couchant, le tout bâti en pierre, moellon et brique avec mortier de chaux et sable, couvert d'une charpente ordinaire, suivant les régies de l'art, et recouverte de tuiles canal ». Au midi s'élève le clocher, « c'est un carré de bâtisse attenant, de douze pieds en carré dans oeuvre sur dix toises de hauteur, bâti de même, couvert d'une charpente en dôme, recouverte d'ardoise (14) ».

« L'enclos du monastère contient environ cinq septerées d'espace, la septerée huit cartonnats et chaque cartonnat mesure de Villeneuve, huit lattes et demie en carré et chaque latte douze pieds de roi aussi en carré (15) ».

Les revenus de l'abbaye sont certaines dîmes dans les paroisses de Saint-Sernin et ses annexes, de Saint-Pierre de Courbiac, de Saint-Martin de Trémons, Sainte-Radegonde d'Ognac, Soubirous et son annexe, Bias et son annexe, Saint-Nicolas de Pujols, Notre-Dame de Monségur et Monflanquin, etc. L'abbé qui présentait autrefois à toutes ces églises a perdu ce droit pour plusieurs. Les religieux qui avaient encore les honorifiques à Villeneuve en 1668 en étaient évincés en 1733 définitivement (16).

« Les cens, rentes foncières dépendantes du monastère consistent en huit cents quartons de blé froment, cinq quartons de seigle, sept cent quatre-vingt-trois quartons d'avoine, 294 livres en argent, trois cent vingt-huit poules ou manœuvres avec les lods et ventes y attachés, le tout représentant un capital de 93.100 livres ».

Les biens-fonds sont : un jardin joignant le monastère, enclavé de murs, de la contenance de huit cartonnats.

Un local de huit cartonnats formant une promenade en charmille et contisru audit monastère.

Une vigne de huit cartonnats à la suite des charmilles.

Un verger de la contenance de neuf cartonnats contigu à ladite vigne.

Lesdites charmille, vigne et verger formant un enclos entouré de fossés et de haies vives.

Un emplacement de six à sept cartonnats où se trouve uneavenue en hormière.

Un domaine joignant appelé d'Eysses, avec ses bâtisses consistant en trois chambres sur le bas, avec un grenier pardessus, et des différentes décharges qui forment une petite cour murée, et une grange pour enfermer les foins et pailles et contenir le chateil, lequel chateil consiste en une paire de bœufs, une paire de vaches, deux charrettes, un tombereau et deux araires garnies. Ce domaine, où il se sème douze à treize sacs, contient cent vingt-quatre cartonnats en une seule pièce ou enclos.

Une pièce de terre labourable de quatorze cartonnats au lieu de Ressiguié.

Une pièce de vigne de deux cartonnats, située au sommet du Pech de la Calvitie.

Un pré de six cartonnats situé au lieu de la Boissière, paroisse de Sainte-Radegonde.

Un moulin, situé à Romas, avec quatre cartonnats en dépendant.

L'ensemble de ces biens-fonds a une valeur de 125.000 livres (17).

La mense particulière de l'abbé se compose des trois huitièmes de la dîme de Bias ; des trois quarts de celle de Courbiac ; de la dîme totale de Soubirous ; de la moitié de celle de Mazerac ; des trois seizièmes de celle de Sainte-Radegonde ; de la moitié de celle de Collongues ; d'une pension de 1.200 livres fournie par les religieux, d'après une transaction du 14 septembre 1778. Cela fait 10.208 livres d'où il faut soustraire 1.349 livres de charges réelles et les décimes (18). Le bénéfice est évalué officiellement 3.000 livres et il est taxé en cour de Rome 800 florins, c'est-à-dire 620 pistoles.

L'église de Lamothe-Fey (19) est longue de vingt-cinq pas, large de huit. Le chœur est voûté,

La dîme de cette paroisse se lève et se partage comme à la matrice. Il y a un presbytère.

On compte cinquante-cinq communiants. Il doit y avoir un vicaire résident. Actuellement c'est le curé de Labarthe qui fait le service. Ce service consiste dans la messe tous les dimanches et les vêpres toutes les trois semaines.

L'église de Sainte-Catherine est construite mi-partie en pierre, mi-partie en brique. Fondée, sans doute, en même temps que la bastide, elle n'a été terminée qu'aux XVe et XVIe siècles (20). Elle est longue de quarante-huit pas, large de quatorze non compris les chapelles, bien voûtée et peinte. Il y a quatorze vitraux et une tribune au fond de la nef. Le clocher-arcades est au-dessus du grand portail en forme de triangle. Six cloches y sont suspendues, la plus grosse pesant trente quintaux, la seconde vingt-deux, la troisième seize, la quatrième sept, la cinquième cinq. Sur celle-là frappe le marteau de l'horloge.

La nef est flanquée de onze chapelles voûtées, de six à droite et de cinq à gauche. La première à droite en commençant par le haut portait autrefois le nom de Saint-Côme et les confréries de Saint-Côme, de Saint-Jacques et de Saint-Philippe y étaient établies. Actuellement elle est dédiée au Sacré-Cœur et il y a une confrérie de ce nom. Une porte la met en communication avec la rue.

Vient ensuite la chapelle de Notre-Dame. Une confrérie du même nom, dont les statuts sont approuvés par M. Delbène, y est établie.

La troisième chapelle sur la même ligne est dite de Saint-Pierre et Saint-Paul. Elle a aussi une porte de sortie dans la rue. Elle appartient de temps immémorial à la famille de Fumel-Montaigut qui y a son banc et son tombeau. Une confrérie de maçons était autrefois établie dans cette chapelle. Deux chapellenies y sont fondées dont la famille de Fumel a le patronage comme héritière, sans doute, des maisons de Cieutat, de Tombebouc et de Vignal. La première s'appelle de Petra du nom de son fondateur qui était prêtre. Elle oblige à deux messes par semaine. Ses biens consistent en une maison sise vis-à-vis la chapelle Notre-Dame, rue de Penne, un jardin d'un cartonnat avec une petite maison dans la paroisse de Saint-Sernin près du cimetière, quatre cartonnats de terre labourable près de l'abbaye, confrontant avec le jardin des Pères, une vigne d'un cartonnât au lieu dit de Praliau (?) et enfin quelques rentes. Le titulaire est Jean de Fumel, doyen de Pujols. La seconde chapellenie porte le nom de la chapelle. Elle n'a pas de service réglé. Ses biens sont vingt-et-un cartonnats de terre dans la paroisse de Bias.

Au-dessous, c'est la chapelle de la Trinité qui a aussi une porte de sortie dans la rue. Une pipe de seigle de rente est affectée à l'entretien de cette chapelle. La confrérie des marchands drapiers y a été établie pendant des siècles.

Puis vient la chapelle du Purgatoire. Elle appartient à la famille Hébrard (21) de Cadrès. Deux chapellenies y sont fondées : l'une dite de Saint-Michel, du patronage de cette famille Hébrard, oblige à deux messes par semaine, le vendredi et le mardi. Le fonds consiste en vingt cartons de blé froment de rente directe au tènement de Cailladelle et Visson, paroisse de Labarthe, avec quelque argent, avoine et poules.

L'autre chapellenie est dite de Baby, elle a été fondée par un prêtre de ce nom, elle est de collation épiscopale et oblige à deux messes par mois. Le fonds consiste en une maison sise à Villeneuve, rue Casseneuil, en deux cartonnats de pré situés al Marès, paroisse de Saint-Sernin, un cartonnat et demie en chanvrière, même paroisse ainsi que deux cartonnats de vigne. Il y a aussi une confrérie du Purgatoire.

La dernière chapelle de ce côté est dédiée à saint Jean. La confrérie de ce nom y est établie. Il y a les fonts baptismaux. La chapellenie de saint Jean de Limoges y est fondée. Les Crossac en sont patrons. Elle oblige à une messe par mois. Le fonds est une maison de la ville.

La première chapelle du côté de l'Évangile est dédiée à sainte Catherine. Il y avait autrefois une chapellenie qui s'est perdue et les confréries des marchands graisseux et des mangonniers y étaient installées. Au bas de cette chapelle se trouve la porte de la sacristie qui est voûtée.

Au-dessous c'est la chapelle de sainte Anne. La maison de Laval Dalbert de Parasol y prétend droit. La confrérie de sainte Anne y était établie. Il y a une chapellenie, dite de Fompuis, fondée par un prêtre de ce nom. Les marguilliers du Purgatoire s'en disent les patrons. Elle oblige à une messe par semaine. Le fonds consiste en une maison, rue des Capucins, avec cinq pugnerées de vigne et une pugnerée de terre labourable.

Vient ensuite la chapelle de saint Éloi, appelée aussi quelquefois de saint Louis et sainte Foy. Il y a deux chapellenies. L'une, dite de sainte Foy, a été fondée par un prêtre nommé Simon, ancien curé de Sainte-Foy de Penne. Les consuls s'en disent les patrons. Le service est une messe haute et une messe basse par semaine. Les fonds consistent en une maison, rue Casseneuil, avec un petit jardin hors la ville, près de la grande porte, un cartonnât et demi de vigne, deux cartonnats de pré, trois cartonnats de terre labourable au lieu de Malconte avec rente. La deuxième, dite de Domilio (?) n'a d'autre fonds que trois livres de rente foncière, le curé et les consuls s'en disent patrons. Il y avait aussi autrefois les confréries de saint Éloy et de sainte Luce. Entre cette chapelle et la suivante se trouvent la chaire du prédicateur avec les orgues (22) au-dessus et une porte donnant dans le cimetière.

La quatrième chapelle à gauche est celle de saint Roch, autrefois de saint Blaise. Il y avait autrefois une confrérie de S. Antoine pour les bouchers, et une de S. Blaise pour les cardeurs. Une chapellenie de saint Blaise y est fondée. La famille d'Hébrard y nomme. Le titulaire actuel est Joseph-Henri Deshoms de Favols, vicaire général de Saintes. Le fonds consiste en une maison située vis-à-vis la chapelle de saint Pierre et de saint Paul et en plusieurs rentes foncières dans les paroisses de Sainte-Catherine et de Lamothe-Fey. La dernière chapelle s'appelle de saint Clair et de saint Eutrope, à cause des deux confréries de même nom qui y sont attachées (23).

Dans l'ancien cimetière (24) qui est contigu à l'église du côté de l'Évangile est une chapelle dédiée à Notre-Dame du Rosaire, longue de quatre pas, large de six et voûtée. Elle a un petit clocher avec une cloche d'un quintal. La confrérie du Rosaire y est établie et on y dit la messe les fêtes de Notre-Dame et les premiers dimanches du mois. Ces jours-là on y va en procession à l'issue des vêpres et on y chante les litanies de la Sainte-Vierge (25).

Autrefois, l'hôpital venait après le cimetière. Il y avait une petite chapelle de quatre pas en carré, dédiée à saint Nicolas. Cet hôpital se composait de deux grandes salles l'une de douze toises de long sur six de large, et l'autre de huit de long sur six de large. Celle-là était pour les hommes, celle-ci pour les femmes ; elles avaient chacune huit ou dix lits. A côté, une petite chambre pour l'hospitalier. C'est, aujourd'hui, le presbytère. On dut l'abandonner en 1689, comme malsain et humide, et on construisit alors l’hôpital actuel au nord de la rue d'Albert. Il fut inauguré peu après par Charles de Jouard, curé de Sainte-Catherine, accompagné de tout !e clergé séculier et régulier, des confréries de Pénitents, etc., et en présence des consuls. « Jusques à l'année 1694, cet hôpital a été gouverné par des syndics qui se nommaient successivement les uns les autres et qui rendaient leurs comptes devant les sieurs consuls, le curé présent. Ladite année 1694, le corps de ville régla que ledit hôpital serait gouverné par un bureau composé du sieur maire, un consul, le sieur curé et cinq jurats de la paroisse Sainte-Catherine ; qu'il serait présidé par un desdits laïques selon l'ordre du tableau ; hors le cas de la visite de l'Évêque où il présiderait lui-même ; que pendant la visite de l'Évêque, les comptes lui seraient représentés et qu'on prendrait audit bureau où il présiderait toutes les délibérations nécessaires. Ledit bureau règle tout ce qu'il y a à décider dans l'administration de l’hôpital, et il y a outre cela un syndic chargé de l'administration des revenus, qui en rend compte devant le bureau ; le compte particulier de la dépense est réglé audit bureau un jour de vendredi chaque mois. Il y a trois filles de la Charité (26) de la Congrégation instituée par le Bienheureux Vincent qui ont soin des pauvres. Le sieur curé et ses vicaires en ont soin pour l'administration des sacrements ; les prêtres du Collège y doivent dire la messe tous les jours de dimanche, de fête et vendredi de l’année, et y faire le catéchisme. On leur donne pour cela 163 livres ; on donne aux dames de la Charité des deux paroisses Sainte-Catherine et Saint-Étienne de cette ville 235 livres pour les pauvres honteux et malades : 90 livres à un particulier pour rente à lui due ; 70 livres au chirurgien et au monastère de Notre-Dame, et 180 livres pour les Sœurs de l’hôplial ; les charges montent en tout environ à 750 livres, et le revenu qui consiste en quelques biens-fonds, rentes sur le trésor royal et quelques particuliers, à environ 2.600 livres, il reste pour les pauvres 1.850 livres (27) ».

L'établissement des Capucins sur la paroisse de Sainte-Catherine date du 22 juillet 1619. « Le jour de Saint-André de la même année, sur les supplications qui lui furent faites par les Pérès Capucins, Mgr de Gelas s'est transporté à leur demeure où il a posé la première pierre du bâtiment de l'église, sur laquelle est écrit ce qui suit : « D. D. R. R. Claudius Gelas Epus et comes aginnensis hoc anno 1619, regnante rege Ludovico XIII° Galliæ christianissimo hunc lapidum in honorem B. M. Magdalenæ et pietatis suæ pignus… posuit et consecravit ». Trois autres pierres furent posées portant les noms des consuls et des bienfaiteurs, en présence des consuls en robe rouge et d'une grande affluence de peuple (28).

« A peine établis, les Capucins travaillèrent avec beaucoup de zèle, d'édification et de succès à la conversion des Calvinistes qui estaient répandus dans ces quartiers. Ils convertirent bientôt toute la famille de Pujols ; cette maison est une des plus anciennes et des plus illustres de tout ce pays ; en 1630 et en 1653, la peste affligea cruellement cette ville et tout le pays circonvoisin, la majeure partie des Pères s'exposèrent toutes les deux fois pour secourir les pestiférés. Il en périt six dans cette sainte action de charité. La Communauté se compose ordinairement de douze religieux dont sept prêtres, un clerc et quatre frères lais (29). »

Peu après les Capucins, les Religieuses de Notre-Dame s'établirent à Villeneuve. « Leur couvent est bâti sur trois ailes, la plus grande le long de la rivière du Lot du couchant au levant, les autres allant du nord au midi et jointes au grand corps de logis, une partie de la grande aile est plus reculée du côté de la ville qui est au nord, et il y a une petite plateforme entre la rivière et ledit corps de logis ; cette partie du bâtiment est faite à neuf. Il y a un petit jardin borné par les trois côtés de la maison et par un petit mur de l'autre, qui le sépare du reste de la ville. Les religieuses, de la même Congrégation que les Dames de Paulin, à Agen, sont cloîtrées et tiennent un pensionnat (30) ». Le 15 décembre 1672, Jules de Mascaron, sur la demande des consuls, établit dans l'église des religieuses de Notre-Dame la confrérie de l'Enfant-Jésus. Le but de cette confrérie, fondée sur le modèle de celle qui est au monastère des mêmes religieuses, à Aurillac, est la pratique de la perfection, la pacification, la propagation du culte des morts. Mascaron lui donna des statuts dans lesquels il réserve toute supériorité pour lui et ses successeurs. Le gouvernement est dévolu à un prêtre avec le titre de préfet et à deux laïques avec celui de mages. Préfet et mages sont renouvelables tous les trois ans (31).

Une confrérie plus importante est celle des Pénitents bleus. Bien que la plupart des titres de la Compagnie aient été brûlés avec la maison d'un secrétaire pendant la contagion de 1653, on sait cependant que les statuts qui la régissent ont été approuvés par Barthélémy de Gelas, vicaire-général de son frère, évêque d'Agen. Le même vicaire-général permit aux pénitents de jeter les fondements de leur chapelle le 4 septembre 1624. Cette chapelle est située rue Saint-Nicolas, vulgairement appelée rue des Pénitents bleus. Elle est longue de trente pas, large de douze, bordée de bancs à deux étages tout autour et lambrissée. Derrière l'autel, il y a une grande sacristie où l'on chante l'office, et une vaste tribune du côté de l'Évangile. Les confrères disent tous les jours de fête et de dimanche les sept psaumes de la pénitence, ils entendent la messe ensuite, et le soir ils disent complies. Ils disent encore complies tous les vendredis soir. Depuis le dimanche dans l'octave du Saint-Sacrement jusqu'à l'autre octave suivant, ils récitent l'office du Saint-Sacrement ; ils ont le Saint-Sacrement exposé le soir, à complies, qu'ils disent à six heures ; ils en demandent tous les ans la permission à l'Ordinaire. Tous les vendredis de Carême, ils disent l'office de la Croix, et le soir ils ont le Très Saint-Sacrement exposé pendant les complies. Ordinairement ils font prêcher ces jours-là. Ils font l'office les mercredi, jeudi et vendredi de la Semaine-Sainte et vont en procession visiter les églises ; ils ont l’oraison des Quarante-Heures pendant les trois jours qui précèdent le mercredi des Cendres avec exposition et bénédiction du Très Saint-Sacrement et indulgence accordée par le Pape Innocent XI, visée par M. Collier, vicaire-général de M. de Mascaron, le 5 février 1689. Ils font avec les mêmes cérémonies les fêtes de Saint-Jérôme et de Sainte-Madeleine, lis célèbrent le dimanche qui suit le 9 mai, ou qui tombe ce jour-là, la Translation des reliques de saint Jérôme et portent en procession les reliques qu'ils ont dans leur chapelle. Ils font la procession du Très Saint-Sacrement le dimanche dans l'octave de la fête qui lui est consacrée, et ils portent le poële alternativement avec les Pénitents blancs. Enfin ils chantent un service pour les confrères défunts les vendredis des Quatre-Temps, et un autre le lundi après le décès de l'un d'eux. Les personnages les plus considérables de la ville tiennent à honneur de faire partie de la compagnie. Chacun des principaux officiers doit fournir un tableau à la chapelle dans l'an de sa charge.

Au bout du pont s'élève la petite chapelle de Notre-Dame de Liesse, vulgairement appelée de Gauch, c'est-à-dire Gaudii, de Joie. Elle est longue de dix ou douze pas, large de sept ou huit, et lambrissée. Il y a une tribune au bas de la nef qui est séparée de la rue par un mur à hauteur d'appui. Ce mur est surmonté d'une balustrade de bois à jour fermée par un volet. Il y a un petit clocher. On admire le beau rétable qui décore le chœur et les ex-voto : cierges, mains et cœurs de cire qui le tapissent. Cette chapelle a été construite en 1641, sur un emplacement donné par les consuls, aux dépens des habitants de la ville. La tradition rapporte qu'il y aurait eu une chapelle sur le milieu du pont dès la fondation de la ville ; que cette chapelle s'étant écroulée en 1600, la statue de Notre-Dame qu'on y vénérait fut miraculeusement sauvée par les anges et pieusement recueillie dans l'église de Sainte-Catherine. A peine la statue fut-elle placée, en 1641. Sur l'autel de la chapelle nouvellement rebâtie, que cette chapelle, nous disent les contemporains, devint un lieu de pèlerinage aussi fréquenté que Notre-Dame de Lorette, de Monserrat, de Garaison et de Bon-Encontre. Il y a dans cette chapelle une importante confrérie dont les statuts ont été approuvés par M. Delbène le 20 janvier 1643. Le curé de Sainte-Catherine est le directeur de droit et l'intendant de cette confrérie. Le préfet doit être prêtre et il est élu par le curé et les mages. Il est en même temps chapelain à gage et obligé de dire la messe tous les jours dans la chapelle, d'y chanter les litanies, tous les samedis, les quatre fêtes annuelles et tous les jours depuis la fête de Noël jusqu'à celle des Rois. Les mages, au nombre de trois, sont comptables envers le curé. Le jour de la Nativité de la Sainte-Vierge, qui est la fête de cette chapelle, le curé de Sainte-Catherine y vient en procession chanter la messe de paroisse. Il y a, ce jour-là, avec indulgence, exposition et bénédiction du Très Saint-Sacrement (32).

Le curé n'a pour tout revenu dans cette paroisse que le casuel. On compte 6.000 communiants. Le service consiste en la grande messe et les vêpres, tous les dimanches et fêtes, les matines les quatre fêtes annuelles, la bénédiction tous les jeudis, et les autres fonctions curiales requises de droit. Le curé est aidé dans son ministère par trois vicaires et un collège de six prêtres qui ne forment avec lui qu'un même corps. Mascaron a érigé ce collège par ordonnance du 21 novembre 1692. Les prêtres qui y sont admis ne peuvent être ni curés, ni vicaires, avoir aucun bénéfice obligeant à résidence. Les membres du collège nomment aux places vacantes, mais ils ne peuvent élire que des prêtres nés ou au moins baptisés dans la paroisse (33). Autrefois, les bénédictins d'Eysses, comme curés primitifs, avaient les honorifiques ; ils venaient aux quatre fêtes annuelles chanter la grand-messe à Sainte-Catherine, le jour de la fête patronale et de Notre-Dame, et ils portaient le Saint-Sacrement le jour de la Fête-Dieu alternativement avec le curé. Mais ils avaient perdu ces prérogatives en 1733. Une coutume touchante est celle dont les consuls se faisaient les interprètes auprès de l'Évêque en 1674 : « Il est de coutume, disaient-ils, de tout temps et ancienneté, que le curé de Sainte-Catherine, le dernier jour de la semaine des Rogaisons, se rend en procession sur le pont qui traverse le Lot, et le curé de Saint-Étienne se rend de même en procession sur le pont et, après s'étant entresaluès réciproquement, le curé de Sainte-Catherine s'en va avec son peuple se rendre dans l'église Saint-Étienne, et là, il célèbre la sainte messe, et le curé de Saint-Étienne agit de même à Sainte-Catherine. Cette cérémonie a été établie pour témoigner la communion qu'il y a entre le peuple des deux paroisses, lesquels, bien que divisés par la rivière du Lot, ne composent néanmoins qu'un même corps. Il y a d'autres cérémonies ecclésiastiques qui sont établies sur le même fondement, et qui sont observées inviolablement pour maintenir le peuple en union et concorde (34) ». On prêche à Sainte-Catherine avent et carême. Les honoraires du prédicateur sont payés par la ville qui donne 180 livres, et par les religieux d'Eysses qui donnent 120 livres. La ville donne en outre 20 livres au prédicateur de l'Octave. Le titulaire actuel est Pierre Ménoire, futur assermenté, abdicataire et relaps, qui sera maintenu à Saint-Sernin après le Concordat.

 

Notre-Dame de Bias et son annexe :

Saint-Étienne de Villeneuve.

 

Le pouillé de Valéri porte : « In archipresbyteratu de Opere : Rector Sancti Stephani Villanove, de Bias, Sancti Nicolai de Pujolibus. » Anciennement Saint-Nicolas et Notre Dame de Bias ne faisaient qu'une seule et même correctorerie à laquelle l'Évêque nommait par tour avec l'abbé d'Eysses. Dans la suite Villeneuve ayant été bâtie sur le Lot, comme Bias et Saint-Nicolas étaient éloignés de près d'une demi-lieue de la ville, on dut aussi pour la commodité des habitants y bâtir une chapelle que l'on dédia à saint Étienne. Cette chapelle devint succursale de l'église de Bias ; elle est depuis longtemps, sinon par le titre, du moins par l'importance, l'église principale.

L'église de Saint Étienne a été sans doute fondée en même temps que la bastide (1264), mais ne fut terminée qu'au XVe et au XVIe siècle (35). Elle est longue de quarante pas, large de dix, chapelles non comprises et voûtée. La nef est flanquée de quatre chapelles à droite et de trois à gauche. La première du côté de l’Épître est appelée vulgairement de Teyssonat. Il y a une porte qui donne dans le cimetière. La confrérie de Saint-Éloy y est établie. Au-dessous se trouve la chapelle de Saint-Jean. La chapellenie dite de Pauliac y est desservie. Chapelle et chapellenie ont été fondées par une famille de ce nom qui en a tous les droits. Les revenus de la chapellenie sont huit sacs et demi de froment, un demi-sac de seigle et 20 sols en argent à la charge d'une messe par semaine. La confrérie de Saint-Jean pour les hommes et de Sainte-Marguerite pour les femmes y sont établies. Puis vient la chapelle de Saint Fabien et de Saint Sébastien. Il y a écrit à la clef de voûte : « Daymes, notaire, m'a fait faire. » Géraude Comparot, veuve de François Daymes, notaire, y fonda, le 14 mai 1523, la chapellenie de Saint-Fabien et de Saint-Sébastien, qui est encore du patronage lai de la famille de Souffran. Le service est de deux messes par semaine. La moitié des biens sont perdus. Il reste encore une maison sise rue de la Porte d'Agen, une vigne de cinq cartonnats dans la paroisse de Colongue, 5 livres de rente au village de Gaumetou, près Paulliac, etc… Dans la même chapelle est desservie la chapellenie de Marrauset, fondée par un prêtre de ce nom qui en a laissé le patronage à sa famille. Le service est une messe tous les jeudis. Les biens, qui n'ont pas été aliénés, sont neuf cartonnats de terre labourable dans la paroisse de Bias, huit de vigne dans la paroisse de Collongue et enfin une maison à Villeneuve, rue Saint-Étienne. La quatrième chapelle est dédiée à saint Michel. Du côté de l'Évangile, il y a la sacristie voûtée, puis la chapelle de saint Pierre, de sainte Marguerite et celle de Notre-Dame dans laquelle les confréries de Saint-Clair et de Notre-Dame sont établies. Cette église fut profanée pendant les guerres de religion, elle fut réconciliée par Nicolas de Villars le 10 juin 1592. Ce prélat consacra ce jour-là le maître-autel. Au bas de l'édifice s'élevait le clocher, grosse tour carrée, couverte de tuiles qui a été renversée par la foudre en 1775 et qui n'a pas été relevée.

Dans le quartier même de Saint-Étienne (36) il y a un couvent de Cordeliers. Cette maison a été fondée en 1502, par Jean de Saint-Chamans, seigneur baron de Pujols. En 1561, les huguenots en chassèrent les religieux et en 1577 la démolirent en partie. Elle a été restaurée depuis grâce à la libéralité des habitants. L'église mesure, hors d'œuvre, vingt quatre toises trois pieds de long, six toises de large et quatre de haut. Elle est lambrissée et flanquée d'une chapelle également lambrissée. Une tour carrée sert de clocher. Il y avait à l'origine dix-huit religieux, le malheur des temps les a réduits à douze. A l'exemple de leur Père saint François, ils ont épousé la pauvreté et avec elle comme donna et madonna, ils vivent en mendiants et n'ont d'autres ressources que la besace et la charité des fidèles (37).

Les Cordeliers usèrent de leur influence pour déterminer Antoinette de Raffin Poton, à fonder à Villeneuve un couvent d'Annonciades. Ils réussirent et l'acte de fondation fut passé le 13 avril 162., Toutefois les premières religieuses n'arrivèrent qu'en 1624. Elles venaient du monastère d'Agen. La maison dans laquelle elles s'installèrent est située à quelques pas de l'église Saint-Étienne et occupe tout l'emplacement qui sera plus tard le « quai d'Alsace ». Les sœurs n'eurent d'abord qu'une modeste chapelle ; mais dans la suite on bâtit dans le style du XIIIe siècle la belle église actuelle. Claude Joly en autorisa l'érection le 31 août 1669 (38). Le couvent, à rencontre de celui d'Agen, est demeuré jusqu'à nos jours sous la direction des Cordeliers.

Dans la rue basse, s'élève la chapelle des Pénitents blancs. La confrérie fut établie le 2 juillet 1657, par permission de Soldadié, vicaire général de M. Delbène. Elle est sous le patronage de saint Jean-Baptiste et observe les statuts de celle du même nom établie à Agen. On permit d’abord aux confrères de faire leurs exercices dans l'église paroissiale et on leur donna un délai de deux ans pour se construire une chapelle particulière. Ils firent donc bâtir à leurs dépens la chapelle qu'ils possèdent actuellement et qui fut bénite par ordre de Claude Joly, le 6 janvier 1667. Cette chapelle est longue de trente pas, large de huit et non voûtée. Il y a derrière l'autel un vaste chœur où les confrères s'assemblent et chantent l'office. Leurs principales obligations consistent à dire tous les vendredis de l'année les sept psaumes de la pénitence à sept heures du matin et complies à six heures en été, à quatre heures en hiver; les mercredis de carême, les psaumes graduels le matin et le Stabat le soir avec la prédication et les complies ; toutes les fêtes de Notre-Dame, le petit office de la Sainte Vierge et la messe le matin, vêpres et complies, le soir ; les quatre fêtes annuelles, les fêtes de saint Jean-Baptiste, de l’octave du Saint Sacrement, l'office du jour et prédication, tous les troisièmes dimanches du mois, l'office de la Sainte Vierge. Ils font une procession le Jeudi saint qui sort à sept heures du soir et rentre à 10 heures, ils assistent à celle du Saint Sacrement où ils portent le poële alternativement avec les Pénitents bleus de la paroisse de Sainte-Catherine.

L'église de Bias est champêtre, longue de vingt-cinq pas, large de dix. Le chœur est voûté, la nef lambrissée. Il y a deux chapelles voûtées, l'une du côté de l’Épître vulgairement appelée de Broval, où la famille de Cieutat a son tombeau, l'autre dite de Lancasterie, du côté de l'Évangile, dédiée à saint Michel.

Il y avait autrefois un prieuré, dans la paroisse de Bias, appelé de Ribeyroles, de l'ordre de Grammont. Ce prieuré avait été annexé à celui du Deffez, en 1317, et on le retrouve encore de nos jours sur les listes officielles des prieurés de nomination royale. Ce qui restait des édifices a été rasé au commencement du siècle. Les biens sont possédés par la famille de Favols, et il y a un tènement considérable d'où le curé ne retire ni dîmes, ni novales. Voici ce qu'en dit Claude Joly dans son procès-verbal de visite de 1668 : « Le prieuré de Notre-Dame de Ribeyrolles est distant de l'église paroissiale d'un demi-quart de lieue. Il reste de l'église du prieuré le chœur et la nef dont les murailles sont de leur hauteur ordinaire. Le chœur est couvert de tuiles sans autel, la nef bâtie un tiers de pierre de taille, le reste en brique avec un cordon de pierre de taille à demi toise près de la hauteur. Elle est longue de dix-huit ou vingt pas à demi pleine d'herbes et d'arbres, toute découverte sauf le choeur. En bas, une porte murée. Le propriétaire est le sieur Favols de Ribeyrolles qui a dit que ladite église et bâtiments joignant et dépendant avoient été achetés par le feu sieur son père du sieur Billon, il va vingt-cinq ans. Lequel sieur Billon l'avait acquis du sieur Roquepiquet de Verteuil de la R. P. R., son beau-frère, deux ans auparavant, et le sieur de Roquepiquet, du prieur du Deffès, proche d'Agen, lequel, à ce qu'on nous a dit, aliéna et vendit les biens temporels dudit prieuré audit sieur de Roquepiquet par enchère faite à Villeneuve, la somme de 700 livres qui furent employées pour payer au roi Charles IX les arrérages des sommes dues à S. M. par ledit prieur du Deffès, en conséquence d'un arrêt du grand Conseil, confirmé par une bulle du Saint-Père et consentement de l'évêque diocésain. Lesdits biens aliénés consistent en un jardin, qui est à Villeneuve, de deux cartonnats aboutissant au gleysage et quelques vignes dans le territoire de Pujols, et autre domaine. Il y a, joignant ladite église, une espèce de cloître de vingt-cinq pas en carré, dont les murailles sont de leur hauteur, joignant un bâtiment et jardin. »

La dîme du blé se paie au dixième, du vin et des menus grains à discrétion. L'abbé d'Eysses prend un quart et demi. M. Deshoms de Favols un quart, M. de Monbrun un huitième, le curé un quart avec les novales, toute la dîme verte et menue et le carnelage. Les droits de l'abbé d'Eysses sont surtout fondés sur une transaction du 15 mars 1265, par laquelle un de ses prédécesseurs abandonna à l'évêque d'Agen la moitié des dîmes de Monflanquin en échange du quart de celles de Bias. Le quart et demi possédé par MM. Deshoms et de Monbrun, provient de l'inféodation qui a été longtemps attachée à la seigneurie de Pujols, mais qui par vente ou héritage a souvent changé de possesseurs. Il y a un gleysage de dix cartonnats dans la paroisse de Bias et un autre de trois cartonnats près du cimetière de Saint-Étienne dont le curé jouit. Le revenu de celui-ci est évalué à 1.150 livres. Il y a un presbytère à Saint-Étienne et une chambre près de l'église de Bias.

L'Évêque nomme au bénéfice, malgré les prétentions de l'abbé d'Eysses et du Chapitre Saint-Étienne.

On compte trois cents communiants à la matrice qui est desservie par un vicaire de Saint-Étienne. Il y en a mille à l'annexe. Le curé réside à l'annexe et y fait toutes les fonctions curiales. Les confréries de Saint-Étienne ont été mentionnées ; celles de Bias sont au nombre de trois : du Saint-Sacrement, de Notre-Dame et de Saint-Roch. Le titulaire actuel est Jean Boissiéres, futur assermenté et abdicataire. Il sera député par le clergé constitutionnel du département aux deux conciles prétendus nationaux et sera maintenu à son poste après le Concordat.

 

Saint-Sulpice de Rivelot.

 

Valéri place dans l'archiprêtré de Opere cette paroisse qui est un membre du prieuré de la Grâce.

L'église a dix-huit pas de long sur huit de large. L'abside est voûtée, la nef lambrissée. Le gros œuvre est de l'époque romane. Le maître-autel et le rétable sont dans le style du dernier siècle (39). Du côté de l'Épître il y a une chapelle lambrissée, dédiée à Notre-Dame et bâtie par un ancien curé.

La confrérie de Notre-Dame de Pitié y est établie. On en célèbre la fête le 3 mai au milieu d'un grand concours de peuple. Il y a ce jour-là, fête de l'Invention de la Sainte-Croix, des indulgences accordées à perpétuité par le pape Innocent X. Une image en relief de Notre-Dame de Pitié est exposée à la vénération des fidèles.

La dîme de tous les fruits décimaux se paie au dixième. Le Prieur de la Grâce prend les trois quarts du vin, du blé, méture, seigle et fèves ; le curé l'autre quart, les menus grains, la dîme verte et le carnelage. Il jouit en outre d'un beau gleysage de la contenance de quatorze cartonnats en pré, terre, vigne et jardin. Le presbytère est attenant à l'église.

L'Évêque, actuellement du moins, nomme au bénéfice.

On compte cent soixante-dix communiants auxquels le curé doit le service ordinaire. Le titulaire actuel est Jean-Joseph Malateste de Beaufort, qui ne prêtera pas le serment schismatique, sera détenu à Agen pendant la Terreur et mourra après avoir adhéré au Concordat.

 

Saint-Pierre de Courbiac.

 

Valéri place cette paroisse dans l'archiprêtré de Fumel. L'église est du XIe siècle (40). Elle est longue de trente pas, large de huit. Le sanctuaire et le tiers de la nef sont voûtés. Une partie des voûtes est de 1486. Le clocher-arcades est au-dessus du sanctuaire.

Il y a à quelques pas de l'église une chapelle très ancienne, dédiée à Notre-Dame, longue de dix pas, large de six, ni voûtée, ni lambrissée. Le mur du bas qui longe le chemin public est à hauteur d'appui et surmonté d'une balustrade à jour. Il est d'usage de dire la messe dans cet oratoire le jour de la Purification.

La dîme du blé se paie au dixième, du vin au vingtième, des menus grains au douzième. L'abbé d'Eysses prend les trois quarts du blé et tout le vin à la réserve de trois barriques qu'il abandonne au curé. Celui-ci prend le quart du blé, tous les menus grains et le carnelage. Il y a un cartonnat de gleysage en jardin et un boisselat en terre labourable dont le curé a la jouissance. M. de Sangruères laissa, le 23 avril 1671, pour une fondation, une vigne de cinq cartonnats. Le presbytère est attenant à l'église.

L'abbé d'Eysses nomme au bénéfice.

On compte deux cent cinquante communiants auxquels le curé doit le service ordinaire. L'église possède plusieurs reliquaires contenant une cinquantaine de reliques, notamment du bois de la vraie Croix, de la tunique de Notre-Seigneur, etc… La confrérie de Saint-Pierre y est établie de temps immémorial. Interrompue à cause des guerres civiles et de la peste qui ruinèrent et dépeuplèrent la paroisse, elle a repris en 1658. Le titulaire actuel est Jean Fauché qui refusera le serment, subira la déportation et sera maintenu à son poste après le Concordat.

 

Saint-Pierre de Soubirous et son annexe :

Notre-Dame de Mazerac.

 

Dans le pouillé de Valéri ces deux paroisses forment deux rectories distinctes de l'archiprêtré de Montaud. Dans la première moitié du XVIIe siècle, Mazerac était considéré comme la matrice et appartenait à l'archiprêtré de Monclar. Le recteur y résidait.

L'église de Soubirous a vingt pas de long sur huit de large. Celle de Mazerac a les mêmes dimensions, elle est en partie voûtée.

Dans les deux paroisses, la dîme du blé se paie au dixième, du vin et des menus grains abusivement à discrétion. Il y a à Soubirous un gleysage de huit cartonnats, et un autre à Mazerac de trois cartonnats. Il n'y a pas de presbytère à Soubirous, on vient d'en construire un à Mazerac. Le curé prenait autrefois le quart, puis le tiers de la dîme. Il est aujourd'hui à la portion congrue, et l'abbé d'Eysses est seul décimateur.

Le bénéfice est à la nomination de l'abbé d'Eysses.

On compte cent vingt communiants à la matrice et quatre-vingt-dix à l'annexe. Le curé dit la messe tous les dimanches et fêtes dans les deux paroisses. Les vêpres ne se chantent à l'annexe qu'aux fêtes annuelles et le jour du patron. La fête de Soubirous est Saint-Pierre ès liens, celle de Mazerac, Notre-Dame-de-Septembre. Il devrait y avoir un vicaire pour l'annexe. Le titulaire actuel est Pierre Labie, futur assermenté et abdicataire, constitutionnel persévérant qui sera maintenu à son poste après le Concordat.

 

Saint-Martin de Campagnac.

 

Valéri place cette paroisse dans l'archiprêtré de Montaut.

L'église est champêtre, dans une plaine, auprès de cinq ou six maisons. Elle est longue de dix cannes, large de trois, haute de six et lambrissée. Du côté de l'Épître, il y a une chapelle voûtée dédiée à Notre-Dame.

La dîme des gros grains se paie au dixième, du vin et des menus grains au vingtième. L'Évêque prend les trois quarts des gros grains, le curé l'autre quart, tout le vin, la menue et la verte dîme et le carnelage. Son revenu atteint à peine le chiffre de la portion congrue.

L'Évêque nomme au bénéfice.

On compte deux cents communiants auxquels le curé doit le service ordinaire. Plusieurs sont enrôlés dans la confrérie de Notre-Dame. Le titulaire actuel est Jean-Baptiste Rambaud qui prêtera le serment, le rétractera, subira la déportation et sera nommé à Saint-Sardos de Laurenque après le Concordat.

 

Saint-Hilaire de Roger et son annexe :

Saint-Germain de Teyssonac.

 

Il y a dans le pouillé de Valéri : « In archipresbyteratu de Opere : Prior de la Grassa. Rector Sancti Hilarii et Sancti Germani de Teyssonaco. »

Le prieuré de Notre-Dame de la Grâce, autrefois de l'ordre de Saint-Benoît, aujourd'hui séculier, est situé dans l'étendue de la paroisse de Saint-Hilaire. Il dépendait de l'abbaye du Bourgdieu, au diocèse de Bourges. Lorsque cette abbaye fut unie au duché de Châteauroux par une bulle du Pape et par une concession expresse du Roi, le prieuré de la Grâce partagea d'abord sa destinée et passa sous le patronage lai de la maison de Condé. Il a été enfin uni au Chapitre de Saint-Jean de Latran en 1740. Le prieur est curé primitif de Saint-Hilaire du Roger et de Saint-Germain, son annexe, de Saint-Sulpice Rivelot et d'Aubiac en Brulhois, diocèse de Condon.

L'église du prieuré est longue de vingt pas, large de huit, bien voûtée. Dans le chœur est le tombeau de la famille de Bourran. Du côté de l'Épître s'ouvre une chapelle voûtée, dédiée à Saint-Barthélémy. Le clocher est une flèche qui s'élève du milieu de la nef. Le sanctuaire et une partie des gros murs de cette église datent de l'époque romane. Une partie de la nef fut voûtée au commencement du XVIIe siècle, ainsi que l'atteste cette inscription : 1603, Frère George de Ladugnie, prieur de Notre-Dame de la Grâce (41). Cette église passe pour avoir été un de nos sanctuaires les plus fréquentés au Moyen-Age. « Il est vrai, écrit un prieur, M. de Villemont, vers le commencement du siècle, que la tradition commune est qu'il y a eu autrefois en ce lieu une grande dévotion et un grand concours de peuple et de pèlerins qui y venaient de divers endroits et des provinces éloignées et qu'il s'y faisait des miracles par l'intercession de la Sainte Vierge dont il ne reste qu'une seule marque qui est que quoique cette église ne soit point une église paroissiale et qu'au contraire elle soit bâtie et située dans l'étendue de la paroisse de Saint-Hilaire de Roger, de laquelle le prieur de Notre-Dame de la Grâce est curé primitif et où il y a un vicaire perpétuel chargé de la charge des âmes, et qu'il y ait joignant cette paroisse un grand cimetière pour la sépulture des habitants du lieu, il y a néanmoins tout proche l'église du prieuré un autre cimetière aussi fort grand que l'on appelle encore aujourd'hui le cimetière des pauvres et des passants, dans lequel on trouve quantité de têtes de morts et d'ossements qui sont apparemment ceux des pauvres passants et pèlerins décédés dans ce lieu où ils étaient venus de loin avec beaucoup de peine pour fane leurs dévotions et accomplir leurs vœux. »

L'église de la matrice est longue de vingt pas, large de sept. Le choeur est voûté, la nef n'est pas lambrissée.

Celle de l'annexe est longue de vingt pas sur dix de large, le chœur est voûté, la nef n'est pas lambrissée.

La dîme des gros et menus grains, du vin, etc., se paie au dixième. A l'origine le prieur prenait les trois quarts du revenu et le curé le quart. Depuis plus d'un siècle le curé s'est réduit à la portion congrue. Il y a un gleysage à Saint-Hilaire de trois cartonnats de terre labourable et de deux cartonnats de vigne, une maison prieurale à Notre-Dame de la Grâce et un presbytère dans les deux paroisses.

La cure est à la nomination de l’vêque.

Il y a deux cent soixante-quinze âmes dont cent quatre-vingt-quinze communiants à la matrice et deux cent cinq âmes dont cent quarante-cinq communiants à l'annexe. Le service de l'église prieurale consiste à y dire la messe les dimanches et les fêtes. Un prêtre désigné parle prieur en est chargé. Une importante confrérie est établie dans cette église depuis plusieurs siècles en l'honneur de l'Incarnation de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Presque tous les habitants des environs y sont enrôlés. Les confrères fournissent le luminaire de l'église, font dire une messe pour chacun des leurs à son décès, une grande messe le jour de l'Assomption qui est la fête principale de l'église et le lendemain un service pour les morts. Le curé dessert la matrice et un vicaire l'annexe. Le titulaire actuel est Pierre Delberg, futur assermenté et abdicataire qui se rétractera de bonne heure et sera maintenu à son poste après le Concordat.

 

Sainte-Anne de Montmarès.

 

Valéri place aussi cette paroisse dans l'archiprêtré de Fumel.

L'église a vingt pas de long sur sept de large. Le chœur était voûté, une partie de la voûte s'est effondrée dans les premières années du XVIIe siècle. La nef est lambrissée et il y a un clocher que l'on doit refaire en flèche.

La dîme du blé, seigle, avoine se paie au dixième, des fèves au douzième, du blé d'Espagne au cinquantième ; du chanvre, du lin et des agneaux, du vin au douzième ; on prend un cochon de lait d'une ventrée entre autre. Le curé est seul décimateur et son revenu est estimé 1.100 livres. Il y a un presbytère obituaire, laissé en 1732 par testament, à la charge de quinze messes par an. Une vigne de cinq cartonnats et une pièce de terre de quatre cartonnats ont été en même temps légués au curé à la charge de distribuer 10 livres aux pauvres tous les ans. Il y a en outre de temps immémorial quatre carterées environ de gleysage en pré et terre labourable.

L'Évêque nomme à ce bénéfice qui est une cure primitive.

On compte cent soixante communiants auxquels le curé doit le service ordinaire. Le titulaire actuel est Antoine Rivière, futur assermenté, qui subira la déportation et mourra pendant la Révolution.

 

Saint-Martin de Trémons le Petit.

 

Valérie place la rectorie de Tribus Montibus ultra Ollum dans l'archiprêtré de Fumel.

L'église est longue de vingt-cinq pas, large de huit ; le chœur est voûté, la nef n'est pas lambrissée. Du côté de l'Évangile il y a une chapelle voûtée dédiée à saint Jean. Il y a un clocher.

La dîme du blé se paie au dixième, du vin, des menus grains et du carnelage au treizième. Autrefois les bénédictins d'Eysses prenaient les trois quarts de la grosse dîme, le curé l'autre quart avec tous les menus grains et le carnelage. Ce dernier jouissait en outre d'un gleysage de trois cartonnats et d'une rente de huit poules et de douze sols d'argent. Dès avant 1675, les religieux prennent tous les fruits et paient la pension congrue du curé. Il y a un presbytère tout neuf.

L'abbé d'Eysses nomme au bénéfice.

Il y a cent cinquante communiants auxquels le curé doit le service ordinaire. Le titulaire actuel est Jean-Baptiste Calbiac qui démissionnera cette année même. Il sera remplacé le 13 octobre par Pierre Bergé, futur assermenté et abdicataire qui sera placé à Sainte-Radegonde de Villeneuve après le Concordat.

 

Notes :

 

1. Voir : Histoire de Villeneuve-sur-Lot, par Fernand Cassany de Mazet.

2. Comme toutes les paroisses voisines, Saint-Sernin d'Eysses dut être cruellement décimé par la peste de 1653.

3. Mémoire pour l'histoire de l'abbaye lès Villeneuve d'Agenais, publié par A. de Lantenay, dans la Revue de l'Agenais, tome XIX, 1892.

4. Le clergé de France, t. II, p. 289. – L'abbé du Tems résume en ces quelques lignes l’opinion du Gallia de 1720) Voir pour de plus amples détails le Mémoire déjà cité.

5. Mémoire pour l'histoire de l'abbaye, etc. loc. cit.

6. Il y avait à cette époque douze officiers claustraux, ayant chacun une dotation distincte : le prieur, le cellerier, l'aumônier, le chambrier, le sacristain, l'infirmier, le pitancier, l'hôtelier, le réfectorier et le chantre. (Ibid.)

7. Voir ce catalogue dans le Gallia de 1720 ou dans l'État de l'Eglise, etc., par l'abbé du Tems.

8. Mémoire pour l'hist. de l'abbaye, loc. cit.

9. Mémoire pour servir, etc. loc. cit. Le souvenir en était encore vivant à Villeneuve en 1645. On lit, en effet, dans les statuts approuvés cette année-là de la confrérie de Notre-Dame de Liesse : « Cette dévotion est le renouvellement de celle qui soulait faire anciennement à ce saint lieu et dévot monastère de Saint-Gervais et Protais en l'abbaye d'Eysses en laquelle reposent les sacrés ossements de ces grands martyrs saint Gervais et Protais et le tombeau du bienheureux saint Aubin (sic). » Au sujet de ce bienheureux, l’historien de l'abbaye s'exprime ainsi : « La tradition dure encore qu'on avait dans ce monastère le corps de saint Advin ; et outre la tradition il y reste une pierre d'autel de trois pieds dix pouces de long, d'un pied neuf pouces de large et épaisse de dix pouces ; au milieu il y a une petite fassette taillée en carré comme à deux petits degrés, et à l'entour de ladite pierre on trouve gravées ces lettres à la forme qu'elles sont ici couchées : Hic requies cit beatissimus advinis episcopus urbis romæ.

La tradition porte qu'on mit le corps saint dans une châsse d'argent en forme de demi corps, qui fut enlevée avec les reliques et quelques gouttes du lait de Notre-Dame et une petite pièce de sa robe, avant la démolition du monastère, la veille de la fête de la Purification, on ne sait précisément quelle année.

Personne, continue notre auteur, n'a su dire d'où était ce saint Advin, mais seulement que étant évêque et faisant voyage, il mourut et fut enterré au monastère. On n'a non plus pu savoir quel jour on faisait la fête de ce saint, ni quand on commença ; mais depuis quelques années sur la croyance que Messieurs les anciens religieux eurent qu'on avait fait fête ci-devant, ils recommencèrent de le faire avec office double, et assignèrent pour cet effet plutôt par accident qu'autrement, le quatrième jour de février et depuis on a toujours continué. On présume, par ces mots, Episcopus urbis Romæ, que peut-être il vivait du temps des Ariens et qu'à la distinction des évêques hérétiques, il s'appelait évêque de la ville de Rome pour exprimer sa religion et qu'il tenait la même croyance que le pape qui était évêque de Rome, comme nous nous disons chrétiens catholiques-romains ; car au reste, il n'y a aucun pape romain appelé Advin, ni dans le martyrologe on ne trouve aucun saint qui porte ce nom. On pourrait aussi avec fondement l'appeler évêque de la ville de Rome s'il avait été fait ou consacré évêque à Rome, et envoyé delà comme évêque régionnaire pour prêcher contre les hérétiques ; car en ce cas là, il n'avait point de siège épiscopal en particulier dont il pût être appelé évêque et serait appelé convenablement de Rome pour les raisons susdites et pour le distinguer des autres évêques qui avaient leur siège épiscopal désigné en particulier ; et c'est l'opinion la plus véritable… Suivant cette opinion qu'il était évêque et régionnaire, il serait fort croyable qu'il fut envoyé en cette qualité pour prêcher au pays Agenais contre les Albigeois qui étaient en très grand nombre, où il mourut et fut enterré à Eysses ». Ibidem. – Labénazie dans son histoire manuscrite émet à peu près la même opinion et il ajoute : « On lit dans le martyrologe gallican : Pridie nonas februarii in agro Aginnensi, monasterio extensi ad Oldum fluvium, commemoratio sancti Advini episcopi et confessoris cujus gloriosus transitus incidit in diem 16 Augusti… Les mémoires de l'abbaye d'Eysses portent que pendant la ligue ceux qui tenaient le parti de Henri IV furent à Villeneuve qui tenait pour la ligue. Ce parti contre les huguenots était conduit par le comte de Laroche, fils du maréchal de Matignon. Ceux de cette troupe où il y avait plus de huguenots que de catholiques firent effort pour tirer un tombeau de marbre que l’on croit être celui de ce saint pour le faire servir d'auge à abreuver les chevaux, mais quelque effort que l’on lit, l'on ne put jamais le tirer hors de l'église. Les bénédictins l'ont depuis ce temps-là en grande vénération. L'auteur du mémoire pour servir à l'histoire de l'abbaye, relate le même fait, ainsi que les deux bénédictins du Voyage litteraire, qui le donnent « comme attesté par des personnes auxquelles on n'a pu refuser créance. » Voir aussi labbé du Tems. – Cet autel, poursuit Labénazie, à subsisté jusqu'au temps où M. Hébert, qui pour n'avoir pas auprès de lui quelqu'un qui sache l'histoire du diocèse, a fait démolir cet autel qui était un monument d'un fait d'histoire très particulier. »

10. Ce fut l'abbé Bernard Jordanis qui en 1264, le 10e d'avril, bailla du consentement des religieux au tènement de Gajac, mouvant du monastère, la place où est à présent bâtie Villeneuve d'Agenois à Alphonse, comte de Poitiers et de Toulouse, frère de Saint-Louis. (Mémoire cité). « Cette cession, dit M. Cassany de Mazet, se fit sous réserve des droits féodaux du monastère, sur les terres non données et les édifices des habitants d'Eysses, qui transporteraient leur résidence dans la nouvelle ville, sous la réserve encore du port de Pontoue, des moulins de l'abbaye et des droits d'entrée et de péage. L'abbé réclama en outre la juridiction seigneuriale sur les habitants d'Eysses qui s'établiraient dans la ville et stipula que le baile ou bailly de la ville neuve ne pourrait forcer aucun habitant d'Eysses à venir plaider devant lui. » (Hist. de Villeneuve-sur-Lot).

11. Mémoire pour servir à l'hist. de l'abbaye, etc., loc. cit. En 1681, les fourches patibulaires appelées les Justices se trouvaient encore sur le territoire de labbaye, près de Romas. En 1691 encore l'abbé s'intitulait : Dominus supremus Villanovæ Aginensis.

12. M. Cassany de Mazet. – C'est dans cette maison Saint-Martial que les Bénédictins s'installèrent après la destruction de l'abbaye par les protestants et que les anciens religieux, vulgairement appelés de la Banderolle, continuèrent à séjourner, jusqu'à extinction, après l'introduction des réformés dans l'abbaye. Cet établisment fit alors retour à l'abbaye. Il était situé entre la halle moderne et la chapelle de Notre-Dame du bout du Pont, rue dite Fontarabie en 1790.

13. Mémoire déjà cité.

14. Archives de la Préfecture. – Procès-verbal d'estimation en 1791, transcrit à la suite du mémoire, loc. cit.

15. Mémoire pour servir à l'hist… etc., loc. cit.

16. Trois prieurés dépendaient aussi autrefois de labbaye d'Eysses : celui d'Eymet, au diocèse de Sarlat, qui fut cédé à l'abbaye de Moissac peu après 1331 ; celui de Monflanquin et enfin celui de Saint-Sernin de Rivelède ou de Labarthe. Ces deux derniers avaient nécessairement pour titulaires des religieux de la Congrégation de Saint-Maur.

17. L'abbaye possédait quelques autres terres notamment à Lamothe-Fey, à Bourlens, à Saint-Front, etc.

18. Voir les procès-verbaux d'estimation de l'abbaye, etc., en 1791, aux archives de la Préfecture. Ces pièces sont citées par A. de Lantenay, loc. cit. à la suite du Mémoire pour l'histoire de l'Abbaye.

19. C'est à Lamothe-Fey ou Fayet que le géographe Walknaër place, sans vraisemblance d'ailleurs, l'ancien Excisum.

20. G. Tholin, op. cit. – La confrérie de Saint-Joseph, dont les statuts ont été approuvés en 1666, était établie au maître-autel. Elle possédait une vigne de un cartonnat, un picotin.

21. Voir sur cette célèbre famille : La maison d'Hébrard, par Bourrousse de Laffore.

22. L'organiste était payé par la ville.

23. Outre les chapellenies mentionnées, il y en avait d'autres dont voici les principales : celle de Lalande, dont le patronage était à la famille de ce nom et le titulaire Jean de Fumel ; le fonds consistait en rentes foncières dans les paroisses de Sainte-Catherine et de Saint-Étienne. Celle de Gourdon et de Frontinon, fondée par la famille de Foissac ; le fonds était des rentes directes et foncières dans les mêmes paroisses. Celle des Andrieux, fondée par la famille de ce nom. Le fonds était une maison située près du presbytère. Celle dite de Petit, fondée par Pierre de Lurac de Petit, le fonds était de douze cartonnats de terre à Seigle (?) près de la Justice, paroisse de Saint-Sernin. Celle de Gametou dont le premier consul de Sainte-Catherine était patron et dont le fonds consistait en une maison et un pré de quatre cartonnats.

Le rôle des chapellenies de Sainte-Catherine de Villeneuve comprenait en 1592 les chapellenies de Petra, de Brobat, fondée par Catherine de Fontinac, de Balz, de Fonpure, de Salles, de Piot, de Rey appelée de Fongasset, de Lalande, de Gourdon, de Permorel de Pressignol, des Ébrards, de Moulz, de Courtade, de Nauville, de Charmeton, des Endrieux, de Petit, de Sainte-Foy, d'Aubilis, de Blanquefort, de Saint-Michel, etc…

Le rôle des confréries comprenait celles de la Corone pour les ecclésiastiques, de la Sainte Trinité pour les marchands drapiers, de Notre-Dame pour le commun peuple, de Sainte-Catherine pour les mangoniers, de Saint-Jean pour le commun peuple, de Saint-Louis pour la Justice, de Saint-Félix pour les maréchaux, de Sainte-Luce pour les couturiers, de Saint-Antoine pour les bouchers, de Saint-Crépin pour les cordonniers, de Saint-Clair pour les tissandiers, de Saint-Côme pour les médecins, apothicaires et chirurgiens.

Parmi les nombreuses reliques que l'église possédait alors, on doit citer : « De tunica Domini », une fiole du sang de sainte Catherine, un paquet de « crinibus » D. N. J. C. Un grand nombre d'écriteaux étaient illisibies à cause de leur ancienneté. (Mémoires de Nicolas de Villars).

24. Ce cimetière s'étant trouvé trop petit pour une population toujours croissante qui atteignait alors le chiffre de 6.000 communiants et surtout par suite de l’édit du 19 novembre 1776, interdisant les inhumations dans les églises, on le transféra en 1785 au lieu de Grabissol, hors de Tenceinte des habitations. Le nouveau cimetière avait l'avantage d'être exposé au nord et avait une superficie de deux cartonnats, deux picotins et sept escats. Cette opération ne s'effectua pas sans difficulté et faillit même soulever une révolution dans le peuple. Le bruit courut que les riches voulaient simplement conserver pour eux l'ancien cimetière et reléguer les pauvres dans le nouveau. Ces dames de Villeneuve firent un assez mauvais parti au prêtre envoyé par l'Évêque comme commissaire enquêteur. (Arch. de l'Év., liasse Sainte-Catherine). On voit dans le même procès-verbal que les habitants de Saint-Sernin avaient l'habitude de se faire enterrer dans le cimetière de Sainte-Catherine. « Nil novi sub sole ».

25. Dans ses Mémoires, Nicolas de Villars parle ainsi de cette chapelle : « Le 12 juin 1592, l'église du cimetière de Sainte-Catherine a été par nous réconciliée pour nous avoir été rapporté qu'on y aurait aux premiers troubles établi des huguenots et depuis le ministre y aurait dogmatisé et aussi qu'il y aurait eu quelque effusion de sang violente et autres profanations. »

26. Elles furent établies dans cet hôpital par M. Hébert. Il y en avait quatre en 1789.

27. Extrait du procès-verbal de la visite de M. d'Yse de Saléon à l'hôpital de Villeneuve, le 11 décembre 1733.

28. Arch. de l'Évêché. Visite de M. de Gelas. – Le 30 novembre 1619, les religieux d'Eysses « comme estans avec le roi conseigneurs de Villeneuve », assistèrent, ainsi que les consuls et autres magistrats, à la pose de la première pierre du couvent des Capucins établis dans cette ville : Claude de Gelas, évêque d'Agen, alors en cours de visite pastorale, fit la cérémonie. La croix avait été arborée le 25 juin précédent, en un lieu de la ville appelé Rochepiquet, appartenant à M. de Cieutat, lequel vendit ledit lieu 500 livres payables en deux ans. » (Archives municipales de Bordeaux ; Memorabilia præcipua provinciæ Aquitaniæ Fratrum minorum Ordinis Sancti Francisci Capucinorum, ab anno 1582, piæ posteritati dicata. – Cité par Ant. de Lantenay en note au mémoire pour servir à l'histoire de l'abbaye d'Eysses, etc., loc. cit.) Cette fois les Bénédictins se montrèrent de bonne composition. M. Cassany de Mazet les accuse, peut-être à tort, d'avoir démoli, de concert avec les consuls, le couvent des Cordeliers qui aurait été bientôt rétabli. Il est certain qu'ils avaient expulsé de Villeneuve les Dominicains. On lit, en effet, dans le Catalogue des abbés d'Eysses, par l'abbé du Tems, que Bernard IV de Roquemadour, abbé en 1381 et 1408…  plaida longtemps en cour de Rome contre les Dominicains qui avaient bâti une église et une maison malgré les moines d'Eysses. Il obtint urt jugement définitif contre les Frères-Prêcheurs. Les religieux d'Eysses avaient été obligés de vendre plusieurs ornements pour les frais de la poursuite du procès. – (du Tems, tom. II, p, 291).

29. Rapport du gardien à Mgr Hébert en 1715. – Archives de l'Évêché, F. 13.

30. Archives de l’Évêché. Verbal de M. d'Yse de Saléon.

31. Archives de l'Évêché, F. 57.

32. Voir : Esquisse historique et religieuse sur la chapelle de Notre-Dame-du-Bout-du-Pont de Villeneuve-sur-Lot, par Antonio de Zappino.

33. Les biens de ce collège appelé encore la Consorce, consistaient en édifices et pièces de terre qui furent estimés 17.020 livres en 1790.

34. Archives de l'Évêché, liasse Sainte-Catherine.

35. G. Tholin, op. cit.

36. Sur l'emplacement où se trouvent aujourd'hui les Haras.

37. Voir la lettre du gardien. Joseph Ricard à M. Hébert, arch. de l'Év. F. 34. Ils possédaient cependant deux jardins contigus, rue du Pont Salinier, de la contenance de neuf cartonnats.

38. Sainte Jeanne de Valois et l'ordre de l'Annonciade, par M. Hébrard, p, 425. Les biens des Annonciades de Villeneuve comprenaient notamment les cinq métairies de Parens, de Bordeneuve, de Barris, de Galinié et de Monterixte.

39. G. Tholin, op. cit.

40. G. Tholin, op. cit.

41. G. Tholin, op. cit.

L'Eglise d'Agen sous l'ancien régime. Pouillé historique du diocèse d'Agen pour l'année 1789 par le chanoine DURENGUES.

 

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