Eglises, chapelles & paroisses.
C.H.G.H.47
Au bureau, 54 rue de Cocquard, à Villeneuve-sur-Lot, les adhérents peuvent consulter nos archives, de nombreux dépouillements et relevés de tables décennales.

TRENTELS.

Saint-Christophe de Trentels.

Valéri place cette paroisse dans l'archiprêtré de Fumel. En 1360, Jean de Lespinasse fonda une chapellenie pour être desservie dans les paroisses de Trentels et de Sainte-Croix de Penne et dont il attribua la collation à l'Évêque.

L’église, de la fin du XIe ou du commencement du XIIe siècle, offre, à l'extérieur, l'aspect d'une véritable forteresse. Elle est à chevet plat, en forme de croix latine, le sanctuaire est voûté en berceau plein cintre ; le reste est lambrissé (1).

L'Évêque prend la moitié du blé, sauf vingt-quatre sacs, sur le sol, que le curé prend pour les novales, qui sont mises en masse. Le curé prend en outre la moitié du blé, tout le vin, la dîme verte, le carnelage, toutes les pailles et autres choses décimables. Son revenu est exactement de 2.785 livres.

L'Évêque nomme au bénéfice.

On compte trois cent quarante communiants. Au commencement du XVIIe siècle les trois quarts des habitants étaient encore huguenots. Le curé est tenu à toutes les fonctions curiales requises de droit. Le titulaire actuel est Hugon Dantin, qui prêtera le serment, abdiquera la prêtrise et finira par le mariage.

Saint-Jean de Ladignac.

Valéri place cette paroisse dans l’archiprêtré de Fumel. Il y avait au XVIe siècle trois chapellenies qui ont disparu : de Saint-Michel, de Saint-Jean et de Notre-Dame. La première a dû être unie à l'archidiaconé de Monclar et de cette union proviennent les droits de l'archidiacre de Monclar sur cette paroisse. Une portion de la dîme appartient aux seigneurs de Monségur à titre d'inféodation. L'un d'eux au commencement du siècle en a doté la chapellenie de Peyroles-Lustrac qui est desservie dans l'église de Monségur. A Lustrac, sur le territoire de cette paroisse, il y avait un temple protestant qui a été interdit par arrêt du Parlement de Bordeaux, le 7 mars 1785.

L'église est champêtre, avec sept ou huit maisons auprès, dans une plaine sur le bord du Lot. Le sanctuaire est voûté, la nef lambrissée. Il y a trois chapelles, une dédiée à Notre-Dame à côté du maître-autel, une autre dédiée à saint Joseph du côté de l'Évangile, une autre du côté de l'Épître dédié à saint Michel. Au-dessus de celle-ci s'élève le clocher.

La dîme de tous les fruits se paie au douzième. L'Évêque prend un quart et un seizième des gros grains, l'archidiacre de Monclar un quart, le chapelain de Peyrolles un seizième, le curé un quart et demi avec les novales, le millet, tout le vin, la dîme verte et le carnelage. Il prélève seul la dîme en un certain tènement, appelé le fief de l'église, comprenant cent trente cartonnats. Son revenu est exactement de 2.504 livres. Il y avait un très beau gleysage qui est depuis longtemps usurpé.

L'Évêque nomme au bénéfice.

On compte quatre cents communiants auxquels le curé doit le service ordinaire. Plusieurs sont enrôlés dans la confrérie du Saint-Sacrement. Au XVIe siècle presque tous les habitants étaient tombés dans l'hérésie ; il n'y avait que douze catholiques en 1592. Le titulaire actuel est Joseph Delbrun, futur assermenté, et abdicataire qui sera maintenu à son poste après le Concordat.

Saint-Aignan et son annexe : Saint-Étienne de Laval.

Le pouillé de Valérl porte : « In archipresbyteratu Fumeliensi : Rector sancti Amani et sancti Stephani de Valle. » On trouve aussi dans les anciens actes (1319) Saint-Aman, mais le nom de Saint-Agnan ou Saint-Aignan a prévalu.

L'église de la matrice a vingt-trois pas de long sur dix de large. Le sanctuaire est voûté, la nef est lambrissée. Il y a une chapelle appartenant à la famille de Rancé. Il y en avait deux au XVIe siècle.

Celle de l'annexe est tombée en ruines vers la fin du même siècle, sans qu’on n’ait jamais songé à la relever, soit à cause de la négligence des paroissiens, dont les principaux étaient alors huguenots, soit à cause de son peu de commodité, étant située à l’xtrêmité de la paroisse. On en voit encore quelques restes à un demi-quart de lieue de Saint-Aignan.

A Saint-Aignan, la dîme du blé, orge, seigle, méture, avoine et de tout ce qui se lie se paie au dixième, du vin au vingtième, des fèves au dix-huitième, du millet au cinquantième, du chanvre et du lin au douzième, des agneaux au dixième, des cochons à chaque seconde ventrée un, suivant une transaction du 4 juin 1769. Le curé prend toute la dîme. A Laval, la cote est la même, suivant une transaction du 11 avril 1772. L'évêque prend les trois quarts de la grosse dîme et tout le vin. Le curé prend le quart des gros grains, tous les menus, dîme verte et carnelage. On prend par préciput dix sacs sur la pile commune dont neuf sont pour le curé et l'autre pour les métiviers. La part du curé est évaluée 1.190 livres. Il jouit en outre d'un beau presbytère (2) cédé à la paroisse en 1710, et d'un petit jardin, cédé en 1712. On a donné, la même année, treize cartonnats de terre labourable dont le revenu doit être employé à l'entretien du chœur de l'église.

Le bénéfice est pleno jure de la collation de l'évêque.

Il y a trois cent cinquante communiants dans les deux paroisses. Le service de l'annexe est depuis plus de deux siècles transféré à la matrice. Tant que l’état des ruines de l'église de Laval le permit, le curé allait y dire la messe le jour de l'Invention de Saint-Étienne, le 5 août, qui était la fête patronale. En 1666, saint Martial passait pour être le patron de la matrice. Le titulaire actuel est Pierre Vidal, qui mourra en 1790. Il sera aussitôt remplacé par Joseph de Vassal, futur assermenté qui prêtera le serment, le rétractera de bonne heure, et sera maintenu à son poste après le Concordat.

Note :

1. G.. Tholin, op. cit.

2. Voici en quels termes le curé, en 1782, décrit son presbytère : « Le presbytère est adossé au mur du couchant de l’église. Cette maison consiste en trois pièces en bas, quatre au deuxième et ses greniers. Au midi esi une aile où il y a la cuisine et le four, le puits adossé, au nord est une autre aile où il y a l'écurie, une petite grange et une élable. Au couchant est une terrasse, bâtie en pierres, ce qui forme une petite basse-cour fermée par un portail d'entrée, donnant au Nord. Du côté du Nord est un petit jardin au-devant de la maison. » Nicolas de Villars signale dans ses Mémoires (1601) « une maison près de l'église qu'on dit avoir été la caminade », et « une vieille maison, réduite en four qu'on appelle l’Evesguat, possédée par une demoiselle huguenote.

L'Eglise d'Agen sous l'ancien régime. Pouillé historique du diocèse d'Agen pour l'année 1789 par le chanoine DURENGUES.

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