Eglises, chapelles & paroisses.
C.H.G.H.47
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TOURNON D'AGENAIS.

Saint-André de Carabaisse et ses annexes :

Saint-Barthélemy de Tournon, Saint-Basile ou Saint-Blaise de Toureil

et Saint-Jean de Lucante.

Le pouillé de Valéri porte : « In archipresbyteratu de Opere : Rector de Turnone et Sancti-Andree de Carabaissa. » Les autres annexes n'y sont pas mentionnées. Elles existaient cependant encore à la date du pouillé, 1520. Nicolas de Villars en parle ainsi dans ses Mémoires : « Juin, 1601. L'église de Saint-Basile de Toreil est toute découverte, hormis sur le grand autel où la voûte est entière, la muraille derrière le grand autel toute ouverte, point de portes, ni autel, ni cloches. Il y avait joignant l'église une caminade. Il y a un four et une maison en partie bâtis des ruines de l'église. L'on ne dit jamais la messe ; lorsqu'il y avait nombre de prêtres à Tournon, on y venait dire la messe le dimanche. Un cimetière, point d'ornements, les fondements des fonts baptismaux.

« L'église de Saint-Jean de Lucante ne ferme point, elle est découverte au coin du grand-autel, la voûte étant rompue. Les autels sont renversés, le cimetière ouvert, point de cloche… on y dit messe rarement, comme le jour de saint Jean-Baptiste, de saint Orens, de sainte Quitterie, le lundi des Rogations et aux enterrements ».

Ces deux églises furent abandonnées à l'action destructrice du temps, aujourd'hui leurs ruines mêmes ont péri.

Celle de Saint-André de Carabaisse, appelée encore de La Mothe d'Anthé, semble avoir été préservée pendant les troubles du XVIe siècle. « Elle est bien couverte et fermée, dit Nicolas de Villars, et il y a une chapelle appartenant à M. de La Mothe ». Cette chapelle existe encore. L'église est champêtre, dans un vallon, sur l'extrême penchant d'une colline. Elle est longue de douze cannes, large de trois, haute de six. Le sanctuaire est voûté, la nef n'est ni voûtée ni lambrissée.

Moins favorisée, l'église de Saint-Barthélemy fut détruite de fond en comble par les protestants. « Le lieu et le temps ne permettant pas de la rebâtir », Nicolas de Villars se borna à réconcilier in sepulturam son emplacement qui a servi depuis de cimetière. Le prélat obtint ensuite, non sans peine, du gouvernement et des consuls la rétrocession d'une maison, appelée l’Evescat, qui faisait partie, avant les brigandages huguenots, du domaine épiscopal. Il en fit l'église provisoire et c'est ainsi que le culte catholique fut restauré à Tournon après une interruption de vingt-deux ans. Dans la suite, les successeurs de M. de Villars abandonnèrent au moins tacitement leur droit de propriété. L’Evescat est resté l'église paroissiale non sans avoir subi de notables transformations. En 1727, notamment, la juridiction fut imposée, pour les réparations de l'église, de 2.350 livres dont 500 étaient payables par les décimateurs. Toutefois cette église a gardé quelques marques de sa destination première. C'est ainsi que le mur de clôture, au sud, représente la façade d'une maison romane du XIIIe siècle (1). Située au centre de la ville elle a quatorze cannes de long, huit de large et dix de haut. Elle n'est ni voûtée, ni lambrissée. Le clocher est en bas sur la muraille.

« Il y avait, dit Nicolas de Villars, à un quart de lieue de Tournon une chapelle, appelée Sainte-Gemme, qui est toute démolie avec un cimetière qui est mis en labourage ».

Les religieux pénitents du tiers-ordre de Saint- François, de la province de Saint-Louis et Elzéar, se sont établis à Tournon en 1639. M. Collis, gentilhomme ordinaire et premier valet de la garde-robe de Monsieur, leur donna l'emplacement où ils bâtirent leur couvent. Les consuls s'engagèrent à leur fournir à perpétuité une rente annuelle de 300 livres et pendant dix ans soixante sacs de froment et vingt barriques de vin. De leur côté les religieux du même ordre de Bon-Encontre promirent à la communauté naissante une rente également de 300 livres. Le but de cette fondation pieuse, de tout point réalisée de nos jours, était d'extirper de cette contrée l'hérésie calviniste. Le couvent pourrait loger huit religieux, il n'y en a que trois présentement qui sont : le P. Ferdinand Carrère, gardien, le P. Hilaire Calvet, syndic et vicaire de la maison, et le frère lai Yves Rousset.

Vers la même époque s'établit une confrérie de Pénitents sur le modèle des autres compagnies de ce nom. Leur chapelle fort modeste a quarante-et-un pieds de long sur seize de large.

La dîme du blé et des fèves se paie au dixième, du vin, etc., au quinzième. A la matrice le curé est seul décimateur.

Aux annexes l'évêque prend de seize parts les treize et le grand archidiacre les trois parts restantes. Le curé reçoit une pension de l'évêque pour y faire le service. « Les vignes et autres terres qu'on appelle Revalats (?), écrivait Nicolas de Villars, en 1601, qui soulaient être ville ne paient dîme ni rente, ni le bétail qui croît dans la ville. Car ce qui est aujourd'hui c'était le château où la noblesse habitait et les ecclésiastiques ; le reste les bourgeois et marchands : les portaux y sont encore quoique ruinés. Il y avait, ajoute-t-il, quatre-vingts cartonnats de terre ou plus et rentes qui appartenaient aux prêtres de Tournon, servants à l'église. Ces biens ont été aliénés ». Par une transaction entre l'évêque, l'archidiacre et le curé de l’an 1767, celui-ci prélève sur la pile commune vingt sacs de blé pour ses novales.

L'Évêque est collateur de plein droit de ce bénéfice dont la valeur, officiellement, ne dépasse guère le chiffre de la portion congrue.

On compte mille deux cents communiants. Les protestants qui étaient la grande majorité, se convertirent en masse du 4 au 8 septembre 1685. Le temple qu'ils avaient bâti en 1615 sur les murailles de la ville fut démoli le 29 et le 30 mars 1685. Le curé réside à Tournon et y fait toutes les fonctions curiales. Un vicaire dessert l'annexe. Il y a une station de l'Avent et du Carême. Le prédicateur a 60 écus d'honoraires. L'évêque en fournit 10, la ville 50. Une confrérie du Saint Sacrement y a été établie par Claude Joly. L'hôpital et sa chapelle dédiée à Notre-Dame ont été démolis pendant les guerres de religion. Il y a 150 livres de revenus pour les pauvres qui sont distribuées par une confrérie de Charité, fondée le 7 juin 1701. Deux chapellenies sont desservies dans l'église de Tournon, l'une dite de Delsouy, possédée par Guillaume Artigue, prébende de la cathédrale, l'autre appelée de Lacroix, possédée par Antoine Marabal, curé de Valeilles. Le titulaire actuel est Jean Marraud, futur assermenté qui se rétractera de bonne heure et sera maintenu à son poste après le Concordat.

Note :

1. G. Tholin, op. cit.

L'Eglise d'Agen sous l'ancien régime. Pouillé historique du diocèse d'Agen pour l'année 1789 par le chanoine DURENGUES.

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