Eglises, chapelles & paroisses.
C.H.G.H.47

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Photos Christian Capdegelle.

RUFFIAC & BACHAC.

L'église de Ruffiac

L'église de Ruffiac.

Saints Patrons.

Le patron de Ruffiac est Saint-Pierre ès liens (1er août). Sa fête n’est pas célébrée par le peuple. Il y a deux fêtes locales, l’une le dimanche qui suit le 1er mai, l’autre le 15 août. La 1ère est due à une très ancienne frérie sur le vocable de Saint-Remède ou Rémy, évêque de Rouen (1er mai). La seconde est peut-être une survivance du culte de Saint-Laurent, titulaire d’un prieuré existant autrefois dans la paroisse de Ruffiac. Le jour de Saint-Laurent est le 10 août, mais la fête populaire avait pu être renvoyé au grand jour férié suivant.

L’annexe Bachac reconnaît pour son patron Saint-Martin, évêque de Tours (11 novembre).

Titres

Sous l’ancien régime, Ruffiac était une cure de l’Archiprêtre de Sadirac, dans le diocèse de Bazas. Bachac était annexe de Figuès. Dans leur projet de circonscription (1792) les conventionnels avaient fait de l’église de Ruffiac un oratoire d’Antagnac et avait supprimé celle de Bachac. A l’organisation (1803) les deux églises furent supprimées. Le territoire de Ruffiac fut donné à Pons, celui de Bachac à Figuès. Par décret du 17 avril 1806, l’église de Ruffiac fut érigée en annexe, puis en succursale du canton de Bouglon par une ordonnance royale du 7 août 1847, suivie d’une ordonnance épiscopale du 27 août suivant. L’église de Bachac avec son territoire fut alors rattachée à Ruffiac comme annexe mais son titre légal.

Etablissement religieux disparu

Avant la révolution il existait sur cette paroisse un prieuré dit de Ruffiac ou de Saint-Laurent. (On a quelques présomptions qu’il était autrefois membre de Buzet). Il en est fait mention dans le département de la somme de quatre vingt neuf livres douze solds un denier à quoi le présent diocèse (de Bazas) a esté taxé par l’assemblée générale du clergé de France tenue à Saint-Germain-en-Laye le huitième juillet 1680 pour sa part de trente deux mille huit cent vingt trois livres onze solds deux deniers qui ladite assemblée a imposée dès l’année 1675 pour l’entretien des ministres et proposants convertis à la religion catholique apostolique romaine pour este levée à ce pacte de février et d’octobre mil sept cens onze… (Bazas et son diocèse. Lacaze, Bordeaux, 1863, p. 9).

Ce qui restait de ce prieuré fut vendu pendant la Révolution. On lit en effet sur une affiche de biens nationaux : « Un pactus d’environ 4 lattes, ci-devant cimetière, au milieu duquel est une chapelle, lieu dit à Saint-Laurent, au prieur de Saint-Laurent, d’une valeur locative de 4 livres et capitale de 88 livres. »

Topographie

Le territoire de cette paroisse se confond avec le celui de la commune de même nom. Il mesure 8 kilomètres du nord au sud et 6 kilomètres de l’est à l’ouest. Sa superficie est de 1.286 ares.

A 8 kilomètres de Bouglon, à 22 kilomètres de Marmande et à 57 kilomètres d’Agen. Bureau de poste et télégraphe à Casteljaloux. Halte sur le chemin de fer à Poussignac Labastide (4 kilomètres). Gare de Bouglon pour les marchandises à 7 kilomètres.

Églises

L’église de Ruffiac est du XVe siècle. Sa porte est romane et sa façade occidentale massive comme les murs d’une forteresse. A signaler un beau retable en pierre du XVe siècle (G. THOLIN, annuaire de 1905). Cette église se compose d’une grande nef lambrissée et d’une autre petite nef voûtée à trois arcades formant trois chapelles respectivement dédiées à la Sainte Vierge, à Saint-Remède ou Rémy et à Saint-Joseph. Le clocher triangulaire où se balance une cloche de 8 quintaux est au-dessus de la façade formée par une massive tour carrée d’une vingtaine de mètres de hauteur.

Chapelle de Bachac

La chapelle de Bachac.

Temporel

Avant la Révolution, le curé de Ruffiac jouissait : 1er. D’un pré au lieu dit au Pré de la Jeunesse, de 1 journal d’une valeur locative de 30 livres et capitale de 300 livres. 2e. D’un petit bariage, consistant en maison, terres labourables, pré et lande, au lieu dit du Cadet, d’une valeur locative de 150 livres et capitale de 1.500 livres.

Revenus de la fabrique : 320 francs en 1876 ; 200 francs en 1882. Nota : Dans cette paroisse la coussure tient lieu de casuel.

Spirituel

Sous l’ancien régime la paroisse de Ruffiac avait droit à toutes les fonctions curiales par un curé titulaire. Bachac, annexe de Figuès, était desservie par le curé de cette dernière paroisse. Depuis l’érection de Ruffiac en succursale (1847) cette paroisse a recouvré son ancien droit. Avant la séparation, une fondation assurait à Bachac le service d’une messe tous les dimanches.

Il existe dans l’église de Ruffiac une confrérie très ancienne et encore très achalandée, sous le vocable de Saint-Remède ou Saint-Rémy. Jusqu’à nos jours on a cru qu’il s’agissait de Saint-Rémy évêque de Reims (1er octobre). Quelques probabilités paraîtraient militer en faveur de l’évêque de Rouen. Saint-Rémy (en latin Remigius, Remedius). La fête principale de ce saint est bien le 19 janvier ; mais il y a une fête secondaire le 15 mai. C’est celle de sa translation de l’abbaye de Saint-Médard de Soissons à celle de Saint-Ouen de Rouen. D’autre part on sait que la dévotion de Ruffiac est surtout en faveur des âmes du Purgatoire. Or l’histoire nous apprend que Saint-Rémy de Rouen assista en 765 au concile d’Attigny-sur-l’Aisne dans lequel fut institué une œuvre de prières en faveur des âmes du Purgatoire. « Il ne nous reste plus de ce concile, dit GADESCARD, que la promesse réciproque que les évêques et les abbés se firent, qu’à la mort de quelqu’un d’entre eux chacun ferait dire pour lui cent pisantus et chanter cent messes par les prêtres, et que chaque évêque chanterait lui-même trente mesures. » Tout cela en vérité est bien peu probant. Cette dévotion a été agrégée en 1882 à l’archiconfrérie de N.D. de l’Assomption établie à Rome. Il y a aussi une fontaine appelée de Saint-Remède. On en bénit les eaux le jour de la fête. La confrérie du Rosaire a été établie dans cette paroisse en 1848. La fête de l’Adoration se célèbre le 17 octobre. Nota : Elle se célébrait autrefois le 18 octobre, mais comme elle coïncidait avec la grande foire de Marmande, la date en fut changée en 1877 à la demande du comte Octave de BASTARD.

Il y a une école laïque mixte tenue par un instituteur et fréquentée par une quarantaine d’enfants.

Démographie

En 1847, 522 âmes ; en 1876, 504 âmes, 80 hommes à Pâques et 150 femmes ; en 1822, 482 âmes, 100 hommes et 135 femmes font leurs Pâques ; en 1890, 500 âmes, 50 hommes font leurs Pâques, 150 ne les font pas ; en 1892, 490 âmes, 50 hommes font leurs Pâques, 40 femmes ne les font pas. L’ordo de 1914 porte 420 âmes.

Titulaires depuis l’érection de la succursale.

1° Jean BINOT, né à Réaup, le 21 octobre 1804, nommé à Ruffiac en 1847, transféré à Figuès le 10 février 1871, en retraire en 1877 à Ruffiac où il régissait les propriétés de M. Camille de BEAUPUY, décédé le 15 avril 1891 (voir à Poussignac).

2° Bernard DUPRAT, né 15 avril 1827, nommé à Ruffiac le 8 février 1871, transféré à Frégimont le 10 juin 1872 (Voir à Frégimont).

3° Pierre AUROUX, né à Sainte-Bazeille le 4 septembre 1839, prêtre le 26 mai 1866, professeur à Saint-Caprais, vicaire à Villeneuve (Sainte-Catherine) le 5 juin 1868, recteur de Courbiac (Tournon) le 16 juillet 1870, de Ruffiac le 10 juin 1872, de Virazeil le 19 janvier 1880, de Sauveur-de-Meilhan le 1er octobre 1881, de Saint-Sernin-de-Duras le 3 août 1883, de la Chapelle le 1er juillet 1893, de Razimet le 15 février 1897, en retraite à Sainte-Bazeille le 31 juillet 1906.

4° Jean-Baptiste DUBOS, né à Sainte-Abondance le 25 juin 1852, prêtre le 10 juin 1876, vicaire au Port-Sainte-Marie en 1896, recteur de Pompogne le 30 octobre 1877, de Ruffiac le 19 janvier 1880, d’Auriac le 5 mars 1887, de Saint-Avit le 1er décembre 1889, de Saint-Colomb le 1er janvier 1902, démissionnaire le 2 juillet 1904.

5° Gustave PÉCOUL, né le 17 novembre 1860, nommé à Ruffiac le 4 novembre 1887, transféré à Clermont-Dessous le 15 avril 1894 (Voir à Clermont-Dessous).

6° Saturnin LESPARRE, né le 3 novembre 1863, nommé à Ruffiac le 15 août 1894, transféré à Frégimont le 1er juillet 1898 (Voir à Frégimont).

7° Mathieu DOUMAX, né à Fauillet le 23 avril 1870, prêtre le 30 mai 1893, vicaire à Sainte-Livrade le 15 juin 1896, recteur de Ruffiac le 1er juillet 1898, curé de Duras le 15 octobre 1806.

8° Jean GRATIAS, né à Saint-Eutrope-de-Meyrats (Dordogne) le 11 juin 1876, prêtre le 6 avril 1901, professeur à Saint-Caprais en 1901, vicaire à Casteljaloux le 15 octobre 1903, professeur à Saint-Caprais le 26 avril 1906, curé de Cavarc le 15 octobre 1906 (non installé), de Ruffiac le 15 novembre 1906, de Fargues en 1913.

9° Joseph Romain ARRAMONDE, né à Montaut (Basses Pyrénées) le 13 février 1882, prêtre le 29 juin 1906, vicaire au Petit-Nérac le 26 octobre 1906, recteur de Cardonnet le 3 janvier 1910, de Ruffiac en 1913.

Texte du chanoine DURENGUES. 18 J 36 à 42. Archives départementales de Lot-et-Garonne.

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