Eglises & chapelles.
C.H.G.H.47
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POMPOGNE.

Toponymie.

Cartulaire d’Agen (XIIIe siècle). Bulle R. Parrochia sancte Pomponhe. Bulle (Idem). Lettre de Clément VI (1). Eccl. De Pompungha. Compte de 1326 : capella sancte Pomponie.

Saints Patrons.

Dans les anciens actes et documents, cette paroisse est désignée sous le nom de Sainte Pompogne. Une sancta Pomponia, martyre en Afrique et fêtée le 11 février figure dans la liste générale des saints, donnée par GUÉRIN, Petits Bollandistes, (T. XV, p. 410). Il n’est pas douteux que cette sainte ne soit la patronne primitive de cette paroisse. Dans les registres paroissiaux antérieurs à 1789, on trouve comme dans ceux de nos jours : Saint Jean-Baptiste de Pompogne. Depuis longtemps le précurseur du Sauveur est donc considéré sinon comme le patron du lieu, au moins comme le titulaire de l’église sous le double titre de la Nativité (24 juin) et de la Décollation (23 août). De fait, il y a deux fêtes locales : l’une le 24 juin, l’autre le 1er dimanche de septembre.

Titres. Il y a toute raison de croire que cette paroisse était à l’origine une cure indépendante. Elle fut dans la suite des temps unie comme annexe à celle de Fargues. Cette union qui a persisté plutôt nominale qu’effective jusqu’à la Révolution, était déjà un fait accompli au commencement du XVIe siècle. Dans une lettre datée du prieuré de Granselle, le 10 novembre 1309, Clément (2) visite les églises de Pompungha et de Fargüs archidiaconalin cayranensi unita. La paroisse de Pompogne est désignée dans le projet des Constitutionnels de 1792, comme succursale de Pindères. Elle a été érigée à l’organisation (1803) en succursale du canton d’Houeillès.

Topographie.

Le territoire de cette paroisse se confond avec celui de la commune du même nom. Sa superficie est de 3.406 hectares. Il n’y a ni bourg ni village mais seulement des habitations éparses.

A 7 km d’Houeillès, à 23 km de Nérac et à 53 km d’Agen. Bureau de PTT à Houeillès. Gare à Pompogne-Pindères à 500 mètres.

Note d’archéologie. Tumulus à la Palanque. Ruines gallo-romaines, mosaïques et tombes anciennes découvertes autour de l’église (sur ces mosaïques voir SAMAZEUILH, Dictionnaire, p. 590. Rapport au Ministre de l’Instruction publique du 23 avril 1845). Voir aussi BERGUES-LAGARDE, Esquisses historiques, Pompogne, Marmande, impr. PELAUSEN, 1845, in 8°.

Église.

M. THOLIN a consacré à l’église de Pompogne la note inédite suivante : « Eglise de la dernière époque gothique. Une partie du mur de cloître nord, en petit appareil, pourrait remonter aux premiers siècles du moyen âge. Le chevet est à cinq pans. La nef se compose de deux travées carrées, recouvertes par des voûtes en étoiles. Une petite travée au sud correspondant avec le fond de l’église est voûtée en simples croisées d’ogives. Cette travée est surmontée par le clocher-arcade. Ce pignon de gable (3), décoré de crochets, porte sur les murs de clôture sud de la nef. Il est donc tourné dans le sens de l’axe de l’église. De gros bourrelets jouant le rôle de chapiteaux au-dessus de l’arc triomphal et quelques clefs de voûte ornées de sujets de sculpture assez étranges : animaux fantastiques, agneau surmonté d’une main, tête surmontée d’un agneau avec l’inscription Jésus, tête entourée de rayons en écusson ayant au centre une seule fleur de lys. Les murs du cimetière qui entoure l’église sont solidement construits et percés de meurtrières. »

Temporel.

Le cartulaire d’Agen fait plusieurs mentions de la dîme de Pompogne. Bulle R. Cum Arnaldus et Bernardus de Tarix, burgenses Castrigelosii, quitassent…

Sous l’ancien régime, l’Evêque de Condom était décimateur dans cette paroisse. Il y avait un presbytère avec jardin et sol, estimée 750 livres en 1790, qui fut vendu pendant la Révolution.

Spirituel.

Sous l’ancien régime comme depuis le Concordat, cette paroisse a toujours eu droit au service curial. Ce service était assuré avant la Révolution par un vicaire plus ou moins résidant. Depuis le Concordat, la paroisse de Pompogne a été le plus souvent desservie par les curés voisins soit de Pindères, soit de Sauméjan. Il y avait une confrérie de Saint-Jean qui n’est guère plus aujourd’hui qu’un souvenir. La fête de l’Adoration se célèbre le 3 février.

Il y a une école laïque mixte dirigée par une institutrice.

Titulaires depuis le Concordat.

1° Armand THOU, né le 19 mai 1754, vicaire de Dunes, desservant Sistels avant la Révolution, prêtre assermenté, fut nommé à Pompogne à l’organisation (1803) et transféré le 27 mars 1804 à Saint-Martial, canton d’Auvillars.

2° Bernard MOULENQ, né le 19 juin 1749, religieux avant la Révolution, nommé le 2 avril 1804 à Pompogne où il est mort le 12 octobre 1811.

3° Jean LAVAL, né à La Sauvetat-du-Dropt le 24 juillet 1796, prêtre le 9 juin 1827, recteur de Pompogne le 1er août 1827, de Montaut le 18 octobre 1830, de Milhac (Cancon) le 20 octobre 1855, mort le 10 octobre 1866.

4° Jean BELLADE, né le 17 février 1802, nommé à Pompogne le 6 février 1835, transféré à Bourbon (Le Castella) le 2 décembre 1835 (Voir art. à Bourbon).

5° Pierre BÉCANNE, né le 15 août 1799, nommé à Pompogne au mois d’octobre 1861, décédé le 22 juin 1869 (Voir art. à Granges).

6° Joseph LASCAZES, né à Duravel (Lot) le 21 mai 1839, prêtre le 30 mai 1863, vicaire à Sainte-Livrade le 15 juin 1863, recteur de Sauméjan le 1er juillet 1866, de Pompogne le 1er octobre 1869, de Souliès (Pauilhac) le 17 juillet 1871, de Noaillac (Pujols) le 1er mai 1895, de Pauilhac et aumônier des Petits travailleurs de Lacépède le 10 octobre 1902, décédé.

7° Thomas DALLET, né le 9 avril 1813 à Aiguillon, prêtre le 6 mars 1842, vicaire au Mas le 1er avril 1842, nommé à Pompogne le 1er octobre 1881, décédé le 20 octobre 1883. De nos jours la paroisse de Pindères est desservie par le curé de Pindères.

Note :

(1) Clément VI, pape de 1342 à 1352. Ancien archevêque de Sens, de Rouen et chancelier de France, Pierre Roger fut élu à l'unanimité. Il aimait le faste (il décida, par exemple, que l'année sainte n'aurait plus lieu tous les cent ans mais tous les cinquante et annonça la suivante pour 1350), les profiteurs écartés par Benoît XII se pressent par milliers. Homme de goût et amoureux des arts, il attira les artistes, savants et hommes de lettres, il fit construire la plus belle partie du Palais des Papes.
Le luxe et ses actions ruinèrent le trésor pontifical, il fut néanmoins très admiré par ses contemporains et son règne marqua l'apogée de la papauté avignonnaise. Lors de la terrible épidémie de peste, en 1348, il offrit sa protection aux juifs accusés par l'Europe entière d'en être la cause. En cette même année, il achète la ville à Jeanne de Sicile.
Clément VI meurt le 6 décembre 1352.

(2) Clément V, pape de 1305 à 1314. Bertrand de Got est né en Gironde, à Villandraut. Après son couronnement qui se fait à Lyon, le pape décide de rester en Franceà cause des troubles qui règnent en Italie d'une part, mais surtout pour essayer de réconcilier rois de France et d'Angleterre qui s'opposent au sujet de l'Aquitaine, pour les unir dans une nouvelle croisade en Orient.
Il gagne Bordeaux dont il avait été archevêque, puis, il se rend à Avignon. Il y entre le 9 mars 1309, où il profite de l'hospitalité des frères prêcheurs dominicains dont le couvent est le plus grand de toute la ville. Il demeurera ensuite à Malaucène, Carpentras et Caromb. En 1311, il prépare le concile de Vienne au prieuré du Groseau, près de Malaucène au pied du Mont Ventoux. Il autorise la suppression de l'ordre des Templiers à la demande de Philippe le Bel. Cette faiblesse pour le Roi se retrouve aussi dans l'obtention de mesures contre les actes de Boniface VIII et l'absolution de l'attentat d'Anagni.
Malade tout au long de son pontificat et sentant sa fin proche, (Il souffre vraisemblablement d'un cancer à l'estomac ou aux intestins) il voulut retourner dans sa Guyenne natale. Il meurt au début de son voyage, le 20 avril 1314, à Roquemaure, de l'autre côté du Rhône après avoir ingurgité un plat d'émeraudes pilées destiné à le guérir.

(3) Fronton triangulaire ajouré et sculpté qui couronne le portail d'une cathédrale gothique.

Texte du chanoine DURENGUES. 18 J 36 à 42. Archives départementales de Lot-et-Garonne.

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