Eglises, chapelles & paroisses.
C.H.G.H.47

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Photos Christian Capdegelle.

PINDÈRES.

Eglise de Pindères

Toponymie.

Cartulaire d’Agen (XIIIe siècle). Bulle A.L.F.S : Parrochia sancti Petri de Pinhères. Bulle G.O. : Parrochia de Pindera. Compte de 1326 : capella sancti Petri de Pinderiis.

Saints Patrons.

Cette paroisse est placée sous le patronage de Saint-Pierre et de Saint-Paul, prince des Apôtres (29 juin). La fête patronale se célèbre le dimanche qui suit la Saint-Pierre. Il y a une autre fête locale le 3e dimanche d’avril.

Titres.

Sous l’ancien régime, cette paroisse était une cure du diocèse de Condom, archiprêtré de Cayran, à la nomination de l’Evêque. Dans leur projet de circonscription de 1792, les Constitutionnels lui conservèrent son titre de cure et lui donnèrent l’église de Pompogne comme succursale. A l’organisation (1803), elle a été érigée en succursale du canton de Houeillès.

Églises disparues. A – Saint-Martin de Nauzan. Le pouillé (1) Larcher donne comme annexe à Pindères, Saint-Martin-de-Nauzan, église depuis longtemps disparue. B – Notre-Dame-de-Mazères. Eglise citée dans le Cartulaire d’Agen. Son emplacement de 3 lattes fut estimé 68 livres 15 sols en 1790.

Topographie.

Le territoire de cette paroisse se confond avec celui de la commune de même nom. La superficie est de 4.123 hectares. On y remarque « des étangs ou lagunes, comme la Pindérèse, la Tusque dite : Lou ley de la nobio, le Bug, le Papetier, très poissonneux. Des ruisseaux assez nombreux disparaissent parfois sous le sable, sont généralement peuplés d’écrevisses principalement le ruisseau de Lescourre et celui de Pindères ; dans celui de la Gubla, on trouve des sangsues. Sources ferrugineuses abondantes à Lassègues et à Lasbernèdes. Carrières importantes de pierres dites de Lasplaces. Pindères est séparé d’Allons par la rivière très poissonneuse du Ciron. » (Annuaire de 1908). Les principaux lieux sont : Peyrouliès à 5.200 mètres de l’église, Léchide à 4.800 mètres, Hersin à 1.800 mètres.

A 10 km de Houeillès, à 32 km de Nérac et à 55 km d’Agen. Bureau de PTT à Casteljaloux (à 7 km). Gare la plus rapprochée : Pompogne-Pindères à 2 km.

Note d’archéologie. « Près de Lasplaces, au milieu des bois, à 600 mètres environ du ruisseau du Tren, il existe une mordelle désignée dans le pays sous le nom de Les Clottes. Son diamètre est d’environ 20 mètres et sa profondeur de 10 mètres. » (G. THOLIN, note inédite).

Église.

M.THOLIN a consacré à l’église de Pindères la petite notice inédite suivante : « Église du XIVe siècle. Plan rectangulaire, chevet plat. Deux petites chapelles formant croisillons sont des additions modernes. Les quatre travées de la nef sont voûtées en croisés d’ogives. Le portail est ouvert sous un arc tréflé. » Les deux chapelles sont respectivement dédiées à la Sainte Vierge et à Saint-Roch. Il y a une cloche de 13 quintaux. Cette église fut interdite le 30 novembre 1813 « à cause de son état ruineux et de son dénûment ». Un ouragan terrible dans la nuit du 12 au 13 mars enleva la toiture de cette église, brisa l’autel sculpté et antique et jeta par terre le lambris. Le curé de l’époque, M. DALLET s’adressa à l’Empereur et à l’Impératrice pour obtenir un secours de l’État. Sur la recommandation de l’Empereur, le ministre des cultes accorda un secours de 1.000 francs le 21 juin 1865. D’après le devis, la dépense pour la restauration de l’édifice devait s’élever à 8.047 livres 83 centimes. La part contributive de la commune fut de 2.730 francs 35. La fabrique  comptant sur l’aide de l’État, prit à sa charge, le reste de la dépense.

Temporel.

Il est fait mention dans le Cartulaire d’Agen de la dîme de Pindères… Le curé prenait sans doute toute la dîme dans cette paroisse. La fabrique jouissait de deux pièces de terre labourable à Lesplace, l’une de 1 journal et la seconde de 5 lattes 5 escats, estimées 560 livres. Note. Les P. Bernabistes, directeurs du Séminaire de Bazas, possédaient dans la paroisse de Pindères, certains biens dont voici le détail : 1° Une métairie appelée à Thomas, affermée 370 livres et 3 paires de chapons ; 2° Une métairie appelée au Bourg, affermée 330 livres et 3 paires de chapons ; 3° Une métairie, appelée à Mounet, quartier de l’Échide, affermée 170 livres et 3 paires de chapons ; 4° Une maison, jardin, chenevier et un pré au bourg de Pindères affermés 74 livres. Le tout affermé 961 livres, fut estimé 15.444 livres en 1790. Il y avait un presbytère qui fut vendu à sa destination après le Concordat.

Revenu de la fabrique : en 1876, 150 francs ; en 1880, 240 livres ; en 1890, 250 livres.

Spirituel.

Sous l’ancien régime comme depuis le Consulat cette paroisse a toujours eu droit au service curial ordinaire. La fête de Saint-Roch (16 août) est célébrée à Pindères avec une solennité particulière. Le jour de la fête qui est en même temps jour de foire, le curé assisté des prêtres du canton, se rend processionnellement au foirail pour y bénir les bêtes à cornes et autres animaux qui s’y trouvent. Cette procession est précédée du chant des vêpres à l’église et suivie de la bénédiction du Très Saint Sacrement. L’usage de prêcher en aptois s’est perpétué jusqu’à nos jours dans cette paroisse et dans les autres paroisses des Landes. Le 18 mai 1883, le curé de canton, M. BONNIS, écrivant à l’Évêque pour le prier d’envoyer un titulaire à Pindères, disait : « Nous avons besoin d’un prêtre né si c’est possible de ce côté de la Garonne. L’usage du patois, auquel je me suis astreint par devoir, m’a donné de tels résultats et de si invraisemblables consolation que je ne crains pas d’affirmer à V. G. que le relèvement de nos Landes est à ce prix. Le Landais a, dans toute l’intégrité des anciens jours, le respect de la religion et du prêtre… Il aime son église, il est docile, mais il n’apprend rien à l’église si le prêtre s’en tient au français. » (Arch. modernes de l’Évêché, liasse Pindères). La fête de l’Adoration se célèbre à Pindères le 16 janvier. Il y a deux écoles laïques.

Démographie.

En 1843, 550 âmes. En 1876, 700 âmes, 20 hommes et 60 femmes font leurs Pâques. En 1890, 580 âmes. L’ordo de 1917 donne 532 âmes.

Titulaires depuis le Concordat.

1° DENEZ Casimir, ordonné prêtre par BARTHE, évêque du Gers, desservant à Condom, fut nommé à Pindères à l’organisation (1803), mais il refusa ce poste.

2° Jean LAGLEYRE, né le 30 août 1755, était curé de Saint-Michel au diocèse de Bazas avant la Révolution. Il refusa le serment et subit la réclusion à Agen et desservit Argenton à l’époque du Concordat. A l’organisation (1803), il fut nommé à Saint-Pé-de-Caubadex, puis transféré le 28 août 1804 à Pindères où il mourut le 19 décembre 1807.

3° Guillaume BRUSAC, né le 3 décembre 1752, transféré d’Allons à Pindères le 9 janvier 1808, mort le 24 mars 1830.

4° LARRIBEAU.

5° LASSUDERIE.

6° DUCOS en 1842 avec résidence à Casteljaloux.

7° Thomas DALLET, né le 9 avril 1813 à Aiguillon, prêtre le 6 mars 1842, vicaire au Mas le 1er avril 1842, recteur de Pindères le 1er janvier 1847, en retraite à Casteljaloux en 1877, recteur de Pompogne le 1er octobre 1881, décédé le 20 octobre 1883.

8° Jacques REY, né à Beauville le 10 janvier 1850, prêtre le 20 octobre 1875, vicaire à Saint-Sernin d’Eysses (Villeneuve-sur-Lot) en 1875, recteur de Pindères le 31 juillet 1877, de Frespech le 12 mai 1885 d’Anthé le 1er juillet 1902.

9° Pierre BOURRILLON, né le 15 novembre 1852, nommé recteur de Pindères le 13 juin 1881, puis vicaire de Puch le 3 juin 1882 (voir art. à Sainte-Marthe).

10° Philippe LABORIE, né le 27 septembre 1844, nommé à Pindères le 17 juillet 1882, quitte le diocèse en 1883 (voir art. à Sainte-Gemme).

11° Jean Frédéric VERGNES, né le 12 décembre 1858, nommé à Pindères le 4 mai 1883, transféré à Pardaillan en 1886 (voir art. à Pardaillan).

12° Antoine Gabriel DÉSALONS, né le 10 juin 1859, nommé à Pindères le 4 février 1886, transféré à Saint-Pé le 15 septembre 1887 (voir art. à Houeillès).

13° Jean CAMPAGNE, alias CAMAPGNAC, né le 17 mars 1862, nommé à Pindères le 15 juin 1890, transféré à Cuq le 15 décembre 1898 (voir art. à Hautes Vignes).

14° Jean MALARTIC, né le 28 novembre 1860 à Houeillès, prêtre le 28 mai 1888, vicaire de Meilhan en 1888, desservant Barbonvielle (Astaffort) le 1er juillet 1892, Marsac (Laugnac) le 15 juin 1895, nommé à Pindères le 5 décembre 1898.

(1) - Sous l'Ancien Régime, relevé de tous les biens et bénéfices d'une abbaye, d'un diocèse, d'une province, registre ou liste de ces biens.

Texte du chanoine DURENGUES. 18 J 36 à 42. Archives départementales de Lot-et-Garonne.

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