Eglises, chapelles & paroisses.
C.H.G.H.47

Au bureau, 54 rue de Cocquard, à Villeneuve-sur-Lot, les adhérents peuvent consulter nos archives, de nombreux dépouillements et relevés de tables décennales.

Photos Catherine Bonhomme.

MONTPEZAT-D'AGENAIS.

Saint-Amans.

Valéri place cette paroisse dans l'archiprêtré du Siège.

L'église est située sur une colline. Elle est longue de dix pas, large de douze et lambrissée. Elle avait été en grande partie démolie pendant les guerres de religion. En attendant sa reconstruction, le service se faisait dans une petite chapelle du bourg.

La dîme du blé se paie au douzième, du vin et des menus grains à discrétion. Les chapelains de Montpezat prennent les trois huitièmes de la grosse dîme, le curé les cinq huitièmes et tous les menus grains. Le revenu de ce dernier est estimé 1.000 livres. Il y a un presbytère.

L'Évêque nomme au bénéfice.

On compte deux cents communiants. Avant la révocation de l'Édit de Nantes, il y avait sept ou huit familles de huguenots. Par son testament du 7 décembre 1748, Bernard de Bap, écuyer, a laissé 2.942 livres aux pauvres de la paroisse. Les 147 livres de revenu sont distribuées dans les mois d'avril et de mai, par le syndic de la communauté, du consentement du curé et des héritiers. Le patron est saint Amans, fêté le 4 novembre. Le curé est tenu au service ordinaire. Le titulaire actuel est Guillaume de Calbiac, qui prêtera le serment, le rétractera, subira la déportation et après le Concordat refusera de reprendre sa cure pour cause d'infirmités. 

Saint-Jean de Balesme et son annexe : Saint-André de Montpezat.

Valéri place dans l’archiprêtré de Opere la rectorie Montispezati, Sancti Andree et Sancti Joannis de Belesme.

L'église de la matrice est située dans un vallon, à un demi-quart de lieue du bourg. Elle est longue de vingt-cinq pas, large de seize, y compris la chapelle. Le sanctuaire est voûté, la nef lambrissée. Du côté de l'Épître, il y a une chapelle, voûtée, à deux arceaux et dédiée à Notre-Dame. Le clocher est en pointe.

Celle de l'annexe est située sur le penchant d'un coteau, à mille pas du bourg. Elle est longue de vingt-cinq pas, large de dix et lambrissée. Du côté de l'Évangile, il y a une chapelle voûtée, dédiée à Notre-Dame. Du côté de l'Épître, il y avait autrefois une autre chapelle qui a été démolie. Le clocher est de forme quadrangulaire.

Dans le bourg, il y a la chapelle du château, bâtie par les anciens seigneurs de Montpezat, sous le vocable de Notre-Dame de l'Assomption. Elle est longue de vingt pas, large de dix et voûtée. Le clocher est une petite tour en forme de dôme. En 1482, Charles de Montpezat fonda quatre chapellenies dans cette chapelle avec l'approbation du pape Sixte IV (1). Les chapelains, qui prennent volontiers le titre de chanoines de Montpezat, jouissent de douze sacs de froment pris sur les rentes de Montpezat, de quatre carterées de vigne dans la paroisse de Saint-Maurice, des trois quarts de la dîme de cette même paroisse, des trois huitièmes de celle de Saint-Martin de Pagnagues, de Dolmairac, de Saint-Denis, près Prayssas, de Saint-Agnan, annexe de Laugnac, de Saint-Amans prés Montpezat, du quart de celle de Sant-Michel de Lam, de la moitié du blé de celle de Saint-Jean du Bosc, qu'ils ont cédée au curé moyennant une redevance annuelle de 80 livres. Ils sont obligés, les jours fériaux, à dire en commun et en psalmodiant, l'office de la Sainte-Vierge et celui des morts et à assister à une messe basse, dite par le semainier ; à psalmodier les vêpres les samedis, dimanches et fêtes ; à bénir les Rameaux, le jour de Pâques fleuries et à faire la procession du Saint-Sacrement le jour de la Fête-Dieu. Ils ont nommés par le duc d'Aiguillon, héritier du fondateur. En 1780, le père du duc actuel, avec l'autorisation de M. de Bonnac, transféra trois chapelains à Aiguillon, chef-lieu de son duché. Il n'en est resté qu'un seul à Montpezat, pour acquitter les charges spéciales de la fondation. C'est M. Malore qui habite, dans le bourg, une maison, dite du doyen des chapelains. Ce prêtre prêtera le serment et ne prendra pas de service après le Concordat, à cause de son âge trop avancé.

Il y avait extra muros une petite chapelle bâtie avec l'autorisation de Nicolas de Villars. Elle a été démolie en 1652 par ordre des consuls, sous prétexte qu'en cas de guerre elle gênerait la défense de la place. Son petit cimetière a été interdit par Claude Joly en 1668.

Dans les deux paroisses, la dîme du blé se paie au dixième, du vin et des menus grains à discrétion, A la matrice, l'Évêque prend les trois huitièmes, le Chapitre Saint-Caprais les trois huitièmes, le curé le quart avec tous les menus grains et les novales. A l'annexe, le Chapitre Saint-Étienne prend les trois quarts, le curé le quart et les novales. Près de l'église de Saint-Jean de Balesme, à l'est, il y a un important gleysage de vingt cartonnats en terre labourable et de quatre en pré. Le revenu du curé est estimé 2.000 livres.

L'Évêque nomme au bénéfice.

On compte deux cents communiants à la matrice et cinq cents à l'annexe. Le bourg se partage entre les deux paroisses. Dans l'une et dans l'autre la messe se dit tous les dimanches et fêtes. Les vêpres se chantent à Saint-Jean tous les premiers dimanches du mois, à Saint-André tous les troisièmes ainsi qu'aux quatre fêtes annuelles. Les habitants du bourg assistent aux offices dans la chapelle du château au grand détriment de leur instruction religieuse et des églises paroissiales. Le service est assuré par le curé et un vicaire qui résident dans le bourg. Le titulaire actuel est Étienne Dessoliès, qui prêtera d'abord le serment, le rétractera, subira la déportation et sera maintenu à son poste après le Concordat.

 

Saint-Pierre de Floirac et son annexe : Saint-Médard.

Valéri place dans l'archiprêtré du Siège la rectorie « de Floyraco et Sancti-Medardi ».

L'église de la matrice est sur la croupe d'une colline, longue de vingt pas, large de dix, aux deux tiers voûtée. Le clocher est au bas de l'église en forme de pavillon.

Celle de l'annexe est sur une petite colline. Le chœur est voûté. Le clocher est au bas de l'édifice, en forme de triangle.

La dîme du blé se paie au dixième, du vin et des menus grains à discrétion. A la matrice, le Chapitre Saint-Caprais prend la moitié des gros grains et les trois quarts du vin, le curé le reste avec les menus grains et le carnelage. A l'annexe, le Chapitre prend les trois quarts, le curé le quart. Sur sa part, le curé donne à la fabrique de Floirac, pour les réparations de l'église, deux cartons de blé et une demi-barrique de vin. On appelle cette redevance le droit de Saint-Pierre. Le curé est obligé de la fournir par arrêt du Parlement de Bordeaux, en date du 12 juin 1648. Son revenu est exactement de 1.418 livres. Il y a, à la matrice, un gleysage de quatre cartonnats.

Le Chapitre Saint-Caprais nomme au bénéfice.

On compte trois cents communiants à la matrice et cent à l'annexe (2). Le curé dessert alternativement les deux paroisses. Le titulaire actuel est Jean-Baptiste Leygue, futur assermenté, qui mourra pendant la Révolution.

Saint-Vincent de Pérignac et son annexe : Saint-Clair de Rides.

Valéri place dans l'archiprêtré du Siège la rectorie de Rides et Sancti Vincentii prope Perinlhaco.

L'abbaye de Notre-Dame de Pérignac est située sur le territoire de la paroisse Saint-Vincent. « Cette abbaye, dit l'abbé du Tems, ordre de Cîteaux, située dans une vallée, près de Montpezat, fut fondée vers le milieu du XIIe siècle, par l'abbé et les religieux de Bonnefont (3), dans un lieu qui leur fut cédé à cet effet par Flandrine dame de Montpezat. Les seigneurs de Montpezat et les Évêques d'Agen sont les principaux bienfaiteurs de ce monastère qui a été ruiné tour à tour par les Albigeois, par les guerres entre la France et l'Angleterre et parles Calvinistes ».

Elle est taxée 70 florins et vaut 3.000 livres. « La date exacte de la fondation serait 1175 d'après une ancienne tradition. Flandrine, dame de Montpezat, première bienfaitrice de cette abbaye, était sœur d'une autre Flandrine, dame du château qui portait aussi le nom de Montpezat, situé près de Saint- Martory, dans le comté de Cominge. Celle-ci avait fondé l'abbaye de Bonnefond, de l'ordre de Cîteaux, dans le même comté. Ce fut l'abbé de ce monastère, avec quelques-uns de ses religieux, qui vint jeter les fondements de l'abbaye de Pérignac, dans la vallée de Montpezat, resserrée entre des montagnes au nord et au sud (4) ». L'abbaye comprend une grande église, une maison où il y a six chambres de maître avec dépendances et un vaste jardin de quatre cartonnats. L’abbatiale est un château délabré dans le bourg de Granges.

La dotation se compose : 1° de trois domaines de cent six sacs de semence de tous grains, l'un appelé de Pérignac, un autre de la Bordericole, le troisième de Repassat ; 2° de dîmes dans les paroisses de Saint-Vincent de Pérignac et de Saint-Clair de Rides, son annexe, de Lacenne, de Quittimont, Dolmairac, Pagnagues, Saint-Aignan, Saint-Denis, etc. ; 3° de rentes dans la paroisse de Granges, un four banal, droit de bac, deux moulins cédés à locaterie perpétuelle, etc. La portion de l'abbé vaut exactement 6.549 livres 2 sols (5) ; celle des religieux : 9.300 livres. L'abbé commendataire est Jean-Bernard de Passelaigue, vicaire général et official du diocèse d'Agen et chanoine de la Cathédrale. La communauté se compose de quatre religieux qui sont : dom Jean Baptiste Marchand de Milly, prieur, de Lille en Barrois (Lorraine) ; il demandera à rester dom Pierre-Stanislas Boucher, filiation de Morimon, profès et affilié de la présente abbaye et syndic ; il demandera à rester ; dom Pierre-Louis Delpech, qui a refusé une lieutenance en 1742, est entré dans l'ordre en 1745, a fait profession dans l'abbaye de Gimont, est agrégé de l'Université de Toulouse, et a eu une existence très mouvementée ; il demandera à se retirer dans sa famille sous condition (6) ; dom Xavier Cortade ; il demandera à se retirer. Sur ces quatre religieux un seul est affilié à cette abbaye ; en revanche, il y a deux affiliés qui résident l'un, dom Doizan, à l'abbaye de Bouillas, l'autre, dom Labarrie, à l'abbaye de Gimont.

L'église de la matrice est dans un vallon, dans l'enclos même de l'abbaye. Elle est longue de vingt pas, large de huit. Le sanctuaire est voûté. Le clocher est sur l'arceau qui le sépare de la nef, en forme de triangle.

Celle de l'annexe est sur une colline. Elle est longue aussi de vingt pas, large de huit et lambrissée. Le clocher, en pointe, est au bas de l'édifice.

Dans les deux paroisses, la dîme du blé se paie au dixième, du vin et des menus grains à discrétion. L'abbaye de Pérignac prend tout le revenu, le curé est à la congrue. Il y a à Rides un gleysage d'un cartonnat en terre labourable.

L'abbé de Pérignac nomme au bénéfice.

On compte deux cent vingt communiants dans les deux paroisses. Le curé y dit la messe alternativement de quinze en quinze, il ne chante les vêpres qu'à la matrice, et encore aux quatre fêtes annuelles seulement, à cause de la proximité de l'église abbatiale. Le titulaire actuel est Pierre Pasquet qui prêtera le serment et se mariera pendant la Révolution.

Note :

1. Voir la bulle d’érection, arch. de l'Évêché. H. 379.

2. Nicolas de Villars écrit dans ses Mémoires : « Il y a auprès de Saint-Miard (nom vulgaire de Saint-Médard) quelque tour ancienne et vieille masure où devait demeurer quelque cardinal, il y a un service d’église entier. »

3. L'abbaye de Bonnefond, du diocèse de Comminges, de l'ordre de Cîteaux était taxée 1.000 florins en Cour de Rome et valait officiellement 7.000 livres.

4. Abbé Barrère, Hist. mon. et relig, du Diocèse d'Agen.

5. Voici le détail des revenus et des charges de l'abbé de Pérignac pour l'année 1790, tiré des Archives de la Préfecture, liasse : Biens Nationaux.

Revenus : Dîme de Saint-Aignan et de Saint-Denis : 1315 livres ; Dîme de Quittiniont : 321 livres ; Rentes, four banal, droit de bac et moulins : 1.891 livres 10 sols ; Domaines, lods et ventes : 5.228 livres ; Autres menus droits : 180 livres. Total des revenus : 8.935 livres 10 sols. Charges : Décimes : 1.080 livres ; Oblat : 500 livres ; Honoraires du vicaire de Saint-Aignan : 350 livres ; Supplément de congrue au curé de Saint-Denis : 100 livres ; Aux régisseur et employés : 556 livres 8 sols. Total des charges : 2.386 livres 8 sols. Revenu net : 6.549 livres 2 sols. M. Passelaigue avait en outre 2.452 livres comme chanoine et une maison canoniale affermée 300 livres. Son revenu ecclésiastique était de 9.614 livres 15 sols.

6. En 1790 il soumettra au directoire du département un projet de catéchisme civique.

L'Eglise d'Agen sous l'ancien régime. Pouillé historique du diocèse d'Agen pour l'année 1789 par le chanoine DURENGUES.

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