Eglises, chapelles & paroisses.
C.H.G.H.47

Au bureau, 54 rue de Cocquard, à Villeneuve-sur-Lot, les adhérents peuvent consulter nos archives, de nombreux dépouillements et relevés de tables décennales.

Photos Christian Capdegelle.

MONFLANQUIN.

Saint André de Monflanquin.

Le pouillé de Valéri porte : « In archipresbyteratu Fumellensi : Prior de Monteflanquino et Sancti Avicti, rector ejusdem. » Le prieuré simple et régulier dépendait autrefois de l'abbaye d'Eysses et ne pouvait être occupé que par un religieux de cette abbaye. Il est conféré aujourd'hui indistinctement à tout religieux de la congrégation de Saint-Maur. Le titulaire actuel est dom François Lemerle.

Avant les troubles de la Réforme, il y avait quatre églises à Monflanquin : trois paroissiales et une conventuelle. L'église matrice sous le vocable de saint André, était située à trois cents pas de la ville. Les huguenots n’y laissèrent pas pierre sur pierre et elle n’a pas été relevée. Il y avait une annexe, Saint-Avit d'Aleyroux, dont l'église, située près de la Lède, fut à la même époque pour jamais détruite. Au cœur de la ville s'élevait la belle église Notre Dame, qui était comme la succursale de l'église matrice Saint-André. Cette église comprenait un chœur, une vaste nef, sept chapelles et une sacristie. Elle fut rasée par les huguenots qui n'épargnèrent que le clocher et une petite chapelle où le culte catholique fut provisoirement rétabli après l'Édit de Nantes. Des matériaux on construisit le temple, à quelques pas, sur l'emplacement des maisons du prieur et du recteur (1). Au milieu du XVIIe siècle, le service paroissial fut pendant quelque temps transféré dans l'église des Augustins. Mais M. Joly obtint du Conseil du Roi un arrêt, en date du 13 mars 1673, par lequel le temple des huguenots devait être remis à la disposition des catholiques. Ceux-ci en prirent possession le 3 juin suivant. La nouvelle église fut bénite le lendemain sous le nom de Saint-André. Le Très Sacrement y fut porté solennellement, à travers les rues pavoisées, par 60 prêtres ayant chacun à la main un cierge allumé. Longue de quinze cannes, large de dix, haute de quatre, ni voûtée, ni lambrissée, cette église était à peine décente et devint bientôt insuffisante. Le toit s'étant effondré vers l'an 1700, le service paroissial fut de nouveau transféré dans l'église des Augustins jusqu'à ce que l'église actuelle eut été construite sur les fondements mêmes de l'ancienne (2).

Le temple, que les religionnaires s'étaient bâti en 1673, fut interdit par arrêt du Parlement de Bordeaux, en date du 5 septembre 1683 et démoli en 1685.

La quatrième église est celle du couvent des Augustins.

Ce couvent était situé hors ville avant d'être rasé par les huguenots. On a peu de détails sur ses origines : « Je voudrais bien, écrivait un prieur en 1715, de tout mon cœur, qu'il y eut dans notre couvent quelque chose qui pût mériter la curiosité de Monseigneur le comte d'Eu, notre gouverneur. Je ne doute pas qu'anciennement il n'ait été considérable soit par le nombre de ses religieux, soit par ses revenus, soit enfin par ses privilèges, puisqu'on prétend qu'il est de fondation royale depuis plus de quatre cents ans ; mais ayant été brûlé jusqu'à deux fois par les hérétiques et perdu tous ses titres, il n'a rien conservé de sa première grandeur. Le nombre de ses religieux est maintenant réduit à quatre et ses domaines (3) à deux petites métairies qui donnent toutes deux environ vingt-cinq à trente sacs de blé par an pour notre part, sur quoi il faut payer la taille et la dîme royale qui consument la meilleure partie de ces revenus; de sorte que nous ne subsistons proprement que par le moyen des classes ou du service des paroisses. Voilà l'état présent de notre couvent. Sa ruine par les huguenots est tout ce qu'il y a de plus mémorable, surtout lorsqu'on y ajoute le massacre de ses religieux, dont la chair fut exposée au crochet de la boucherie et criée par la ville à quatre deniers la livre… » La communauté est actuellement représentée par les frères Bonnal et Goulesque qui passeront au clergé constitutionnel.

La dîme du blé, des menus grains, du carnelage se paie au dixième, du chanvre au douzième et du vin à discrétion. L'Évêque prend les trois huitièmes du blé, l'abbé de Gondon une égale fraction, le prieur un huitième, le curé un huitième. Le vin se partage par moitié entre l'Évêque et l'abbé de Gondon (4) ; les menus grains aussi par moitié entre le prieur et le curé. Celui-ci prélève par préciput pour les novales au chai et sur la pile commune une certaine quantité de blé et de vin. Son revenu est exactement de 1.751 livres (5).

L’Évêque nomme au bénéfice.

On compte mille quatre cents communiants auxquels le curé doit le service ordinaire. On y prêche deux fois par semaine le dimanche et le jeudi pendant le carême. Lorsque la ville tomba au pouvoir des huguenots le 31 août 1674, la population entière embrassa l'hérésie. On sait à quels excès se livrèrent contre les prêtres et les églises les nouveaux sectaires dans toute la rage de leur apostasie. Le 16 mai 1601 Nicolas de Villars rétablit dans cette ville le culte catholique interrompu depuis 22 ans (6). En 1641, il n'y avait encore que trois cents communiants ; trois mille personnes faisaient la cène au temple quatre fois l'an (7). A la révocation de l’Édit de Nantes, les conversions furent encore plus générales et plus rapides que ne l'avaient été les apostasies. Dans Monflanquin et sa juridiction, écrit Labénazie, du 1er au 4 septembre près de cinq mille huguenots firent abjuration (8). Le titulaire actuel est Claude de Falque qui mourra dans quelques mois. Il aura pour successeur, le 19 juillet 1789, René Lapeyrière qui prêtera le serment, le rétractera presque aussitôt, subira la déportation et sera maintenu à son poste après le Concordat.

Note :

1. Dans la suite, le maréchal d’Ornano condamna les protestants à donner aux catholiques une indemnité de 600 livres pour les matériaux de l'église et une de 400 livres pour les maisons du prieur et du recteur.

2. Il  y avait dans cette église, au rapport de Nicolas de Villars, une chapellenie desservie à l'autel de Notre-Dame de Pitié. Elle obligeait à dire une messe tous les lundis et à réciter une antienne de la Vierge, selon le temps. Elle avait été fondée par un prêtre nommé François Boyer. Ses biens ont dû être usurpés pendant les troubles de la Réforme.

3. Ils s'accrurent dans la suite et comprenaient en 1789 : 1. Une maison et une église situées dans la ville, estimées 10.000 livres ; 2. Le domaine de Lesclots de quatre sesterées, trois quartonnats, trois boisselats, produisant net 656 livres, d'une valeur de 14.000 livres ; 3. Une pièce de terre, près de la métairie de Miseaupuy, d'un revenu de 14 livres, d'une valeur de 308 livres ; 4. Un pré sous les murs de la ville, de trois cartonnats, deux boisselats, d'un revenu de 90 livres, d'une valeur de 2.000 livres ; 5. Un pré, aux Fâcheries, de trois cartonnats, six boisselats, d'un revenu de 100 livres, d'une valeur de 2.200 livres ; 6. Le domaine de Béraudon de quatorze sesterées, d'un revenu de 586 livres, d'une valeur de 8.503 livres ; 7. Une pièce de terre, paroisse de Cailladèles, de huit sesterées, deux cartonnats, deux boisselats, d'un revenu de 90 livres, d'une valeur de 1.980 livres ; 8. Un pré, à Boulède, paroisse de Calviac, de trois sesterées, quatre cartonnats, d'un revenu de 550 livres, d'une valeur de 7.700 livres ; 9. Un domaine, à Lamothe-Fey, de quarante-sept sesterées, d'un revenu de 1.400 livres, d'une valeur de 24.200 livres.

4. L'abbé de Gondon avait sa maison abbatiale à Monflanquin.

5. Voici l'historique de la dîme de Monflanquin : En 1252, par un acte passé à Tournon, le seigneur de Colairac (?) donne au comte Alphonse la montagne de Monflanquin. A cette époque, la moitié de la dîme appartenait sans conteste à l’abbé de Gondon. L'autre moitié était en litige entre l'évêque d'Agen et l’abbé d'Eysses. Le 15 mars 1265, les deux parties transigèrent. L'abbé abandonna à l'évêque ses prétendus droits sur Monflanquin et celui-ci en échange lui céda le quart de la dîme de Bias que d'autre part le même abbé lui contestait. Il fut réglé en même temps que le prieur et le curé se partageraient par égales portions toute la prémice et les dîmes du lin, chanvre, laine, agneaux, chevreaux, pourceaux et autres dîmes personnelles, oblations, legs faits au prieur, au curé et aux églises. Le 9 septembre 1266, cette transaction fut confirmée par les intéressés et par l'abbé de Moissac qui avait alors une certaine juridiction sur celui d'Eysses. On avait aux archives de l'Évêché une copie de l'acte qui fut alors dressé sous ce titre : Résignation et renonciation faite par Bernard Jourde (Jourdain), abbé d'Eysses à Pierre, évêque d'Agen, de toute l'entière moitié du dîme des blé et vin des paroisses de Saint-André de Monflanquin et Saint-Avit, son annexe, par indivis entre eux sauf et excepté le chanvre, lin et dix dinorades de vigne dépendant du prieuré de Monflanquin lesquelles sont immunes de dîmes. Laquelle renonciation fut faite entre ledit évêque, l'abbé de Moissac et l'abbé d'Eysses. Le prieur résidait alors sur les lieux, y avait une maison, car les bénédictins, avant leur réforme, desservaient eux-mêmes leurs cures et y résidaient. Dans la suite, le prieur dut rentrer à l'abbaye, mais s'il cessa tout service, il garda ses droits. Par un accord du 50 décembre 1499, l'évêque, l’abbé de Gondon, le prieur et le curé éteignirent la prémice et y substituèrent pour la subsistance du prieur et du curé qui faisaient le service, le quart des dîmes. Le prieur et le curé se partagèrent ce quart comme ils faisaient la prémice, ce qui leur fit à chacun un huitième de la dîme totale et ils continuèrent à prendre chacun la moitié de la menue dîme. En 1709, le curé opta pour la portion congrue et son huitième fut rétrocédé à l'évêque et à l’abbé de Gondon chargés de lui payer sa pension. Plus tard, il trouva son avantage à redevenir part prenant et les choses retombèrent dans le statu quo ante.

6. Voir ses Mémoires. – Archives de l'Évêché.

7. Voir le procès-verbal de la visite faite par l'archiprêtre, en 1641. – Archives de l'Évêché, liasse Monflanquin.

8. Les biens des religionnaires fugitifs furent attribues à l'hôpital en vertu d'une déclaration du roi, en date de 1685.

L'Eglise d'Agen sous l'ancien régime. Pouillé historique du diocèse d'Agen pour l'année 1789 par le chanoine DURENGUES.

Saint-Sernin de Labarthe et son annexe de Lamothe-Fey.

Lamothe-Feyt

Toponymie.

Saisimentum de 1271 : Parrochia de Santo saturnimo - Parrochia de Facta. - Compte de 1326 : capella Sancti Saturnini. - Lettre de Clément V, 7 décembre 1305 Eccl. de Faicto. - Liste de Valin, 1320 : R. sancti Saturnini. - Pouillé de Mascaron - (XVIIe siècle). - Saint Sernin de Rivalède ou de Labarthe. - Nota. - Le nom de Labarthe, porté par le lieu principal de la paroisse, a fini par prévaloir. Liste de Valin, 1320 : R. de Monte Faicto.

Saints Patrons.

Le patron de l'église principale est Saint Sernin, évêque de Toulouse, (29 novembre). Celui de l'annexe est Saint Pierre, sous le titre de Saint Pierre ès liens. (1er août).

Titres.

Sous l'ancien régime, Saint-Sernin de Rivalède ou de Labarthe, était une cure d'abord de l'ancien archiprêtré de Fumel, puis de l'archiprêtré de Villeréal, à la nomination de l'évêque. Les Constitutionnels, dans leur projet de circonscription de 1792, supprimèrent cette paroisse. À l'organisation (1803) elle a été érigée en succursale du canton de Monflanquin.
Sous l'ancien régime, Lamothe-Fey était une annexe de Saint-Sernin d'Eysses. Les Constitutionnels, dans leur projet de circonscription de 1792, en firent une succursale de Montmarès. Supprimée à l'organisation (1803), l'église de Lamothe-Fey est restée comme annexe sans titre légal de Saint-Sernin de Labarthe.
Ancien établissement religieux. Le prieuré de Saint-Sernin de Labarthe ou de Rivalède. Ce prieuré de l’ordre de Saint-Benoît, simple et régulier dépendait de l’abbaye d’Eysses. Avant l’introduction de la Réforme de Saint-Maur dans ce monastère, ce prieuré était tenu par un religieux d’Eysses qui avait rang après les officiers claustraux. Depuis les religieux de la même abbaye le possédèrent par indivis sous le nom de tel ou tel moine de leur congrégation auquel le titre était conféré. Le dernier titulaire fut dom Charles Henri François BOUNIOL, nommé le 20 juin 1787, par suite d’une résignation en cour de Rome. La dotation de cet établissement consistait dans l’entière dîme de la paroisse et en une pièce de terre de 3 sexterées située au lieu de Saint-Sernin de Labarthe d’une valeur locative de 210 livres en 1790 et capitale de 4.620.

Topographie.

Cette paroisse est une section de la commune de Monflanquin. Sa superficie est de 994 hectares. Resserrée entre Lavignac et Corconat, elle est très étroite à son centre et à 6 kilomètres de longueur du nord au sud. En y rajoutant Lamothe-Fey, sa longueur totale est de 8 kilomètres environ. Elle est limitée au nord par Calviac, à l’est par Savignac et Monmarès, au sud par Sainte-Radegonde, à l’ouest par la Sauvetat et Corconat. Les principaux lieux sont : Jean Barthe à 1.400 mètres de l’église, Lamothe-Fey à 3.000 mètres, Reyssou à 1.700 mètres, Costes, Labanie, Martinès, Masqueyrac…
Le bureau de Postes et Télégraphe est à Monflanquin.
Curiosités naturelles. « À signaler sous les maisons du village de Saint-Sernin de Labarthe, sortant d’un rocher à pic sur la vallée, une source abondante. Une grande excavation permet de pénétrer dans le calcaire et suivre le ruisseau sur une distance de quarante mètres. Ensuite les parois se resserrent et le visiteur doit se couler à plat ventre dans l’eau. Cinq mètres plus loin se trouve une salle assez vaste, mais de peu d’étendue au fond de laquelle le ruisseau filtre à travers des trous absolument impénétrables. Entre Saint Sernin de Labarthe et Lamothe-Fey, le pays est creusé de « gouffios » qui doivent donner naissance à l’importante source de Jean Barthe. Celle-ci à sa naissance, se jette dans le ruisseau de Malacasse. Elle est située à deux kilomètres de Saint-Sernin de Labarthe. » (Rev. de l’Ag. Année 1902, p. 285).
« Il y a une vingtaine d’années (note fournie en 1911 par M. l’abbé MAGOT), afin d’éviter aux habitants du village de Lamothe la descente de la côte très rapide pour aller puiser l’eau à la source, on résolut d’installer une pompe dont le tuyau traversant le rocher, prendrait l’eau directement dans la grotte. Au moment de perforer le rocher, on découvrit que le travail était déjà fait : une cheminée traversait de part en part tout le calcaire. L’installation fut donc très facile. »

Églises.

A) De Saint-Sernin de Labarthe. L’ancienne église paroissiale s’élevait au centre du cimetière. C’est elle que visite Nicolas de Villars en 1601 et qu’il trouva toute découverte. Le verbal de MASCARON de 1682 en donne le signalement suivant : « Elle est dans un vallon avec 2 ou 3 maisons auprès, longue de 8 cannes, large de 4, haute de 6. Le sanctuaire est voûté. Il y a une chapelle du côté de l’évangile et un clocher. » Cette église était située à 7 ou 800 mètres du village de Labarthe. En 1776, les paroissiens se réunirent et prirent une délibération pour le transfert de l’église dans ce village. Dans l’exposé des motifs on lit que : « le ruisseau de la Laysse débordait et se répandait fréquemment comme une Garonne au point d’empêcher tout accès à l’église ; au mois de septembre deux personnes étaient mortes sans sacrements et une sépulture ne peut se faire qu’après deux fois 24 heures. Pour donner le viatique, le curé a été souvent obligé d’aller le chercher dans les paroisses voisines ».
Cette pétition n’aboutit pas, mais la chapelle privée de M. Albert de LAVAL, mentionné dans le verbal de M. de CHABANNES du 6 octobre 1739, dut devenir semi-publique puisque dès 1780 on trouve dans les registres paroissiaux plusieurs baptêmes et autres cérémonies religieuses faites dans cette chapelle.
En 1817, M. Gérard FRAY, curé de la paroisse, acheta dans le village de Labarthe, les immeubles appartenant à la famille FAURE d’AUDRIBRAUD. La maison devint le presbytère et sur l’emplacement de la grange fut bâtie l’église actuelle. Les voûtes et le clocher à flèche (32 mètres de haut) furent construits en 1865. C’est un édifice très simple de 22 mètres 50, 7 mètres 50, sans chapelles. Il y a trois cloches : une de 100 kilos fondue en 1829, une de 900 kilos fondue en 1891 et une autre de 440 kilos fondue en 1893.

B) De Lamothe-Fey. L'église de Lamothe-Fey, lieu où le géographe WALKAËN place, sans vraisemblance d'ailleurs, l'ancien Excisum, fut visité également en 1601 par Nicolas de Villars. Ce prélat nota dans ses Mémoires : « Elle est découverte, l'autel brisé, quelques ornements vieux et déchirés, gardés par un paysan. Pas de fonts baptismaux ni crémières ». Service : une messe par mois, ce dont les paroissiens se plaignent. Le verbal de Claude JOLY de 1668 porte : « L'église est longue de 25 pas et large de 8. Le chœur est voûté ». M. THOLIN a consacré à ce petit édifice, la note suivante : « Église de la dernière période gothique. Chevet carré séparé de la nef par une arcade brisée. Pas de voûtes. La façade occidentale dans laquelle s'ouvre un portail à moulures prismatiques est surmonté d'un pignon-arcades dont l'amortissement est horizontal ».

Temporel.

A) À Saint-Sernin de Labarthe. La dîme du blé se payait dans cette paroisse, sous l’ancien régime au 10e ; celle du vin, au 12e ; des menus grains, au 20e. comme il est dit au-dessus, le prieur prenait toute la dîme, le curé était à la congrue. En 1739, il y avait (verbal de M. de CHABANNES) sept obits, un de 3 poignerées de pré pour 2 messes, un d’un carton de froment pour 2 messes, un de 10 livres pour une messe, un autre comme le précédent et les autres de même. La loi de séparation (1905) a spolié la fabrique : 1° Du mobilier de l’église, le presbytère et la terre qui l’avoisine, 26 ares (testament du 14 octobre 1743 par Gérard FRAY, curé. Le tout pour 2 services funèbres par an et à perpétuité). Nota. Sous l’ancien régime, il y avait un presbytère qui ne fut pas aliéné pendant la Révolution et qui fut remplacé par celui dont il est ici question. 2° De la prairie de Ladevèze, 12 ares (testament du 6 février 1862 par Bernade MOUTEAU, veuve de Jean de LAVAL, 2 messes basses par an). 3° Enclos et prairie de Ladevèze (testament du 1er mars 1860 de Pierre GOULFIÉ et autre testament du 22 septembre 1882 d’Anne GASCON veuve GOULFIÉ (56 ares), 2 services funèbres et 8 messes basses. 4° Bois taillis et pièce de terre de 45 ares 10 centiares (testament du 16 avril 1898 par Guillaume LAGLAIRE, 2 messes chantées et 2 messes basses à perpétuité).

B) À Lamothe-Fey. Sous l'ancien régime, les Bénédictins d'Eysses prenaient les trois quarts de la dîme, le curé de Saint-Sernin d'Eysses et de Villeneuve prenait l'autre quart. Les religieux jouissaient en outre d'un domaine de 48 sexterées, estimé 26.000 livres en 1790, qui avait été donné, parait-il, en 1274 à leur abbaye par Guilhem de Monfabès. Ce domaine et les trois quarts de la dîme étaient affermés 1.100 livres en 1790. Il y avait un presbytère avec jardin de 6 boisselats qui fut vendu 450 livres pendant la révolution.

Spirituel.

La paroisse de Saint-Sernin de Labarthe, sous l’ancien régime comme depuis le Concordat, a toujours eu droit au service curial ordinaire. Il existe actuellement une confrérie dans cette paroisse sous le nom de Notre-Dame du Suffrage. Cette pieuse association a pour objet de développer la prière pour les morts, elle garantit aux vivants des prières et des secours spirituels après leur mort. Elle est établie dans l’esprit de l’archiconfrérie du même nom fondée à Nîmes par Mgr PLANTIER et approuvé par un décret de Pie IX du 12 février 1873. Cette confrérie paroissiale a été approuvée par l’autorité diocésaine le 14 juillet 1902. Ses associés sont tenus d’assister à une messe mensuelle et d’y communier pour les confrères décédés.

À Lamothe-Fey, sous l'ancien régime, le service qui devait être assuré par un vicaire résident consistait dans une messe tous les dimanches et les vêpres toutes les trois semaines. Depuis le Concordat cette église a été assez régulièrement desservie par le curé de Labarthe. En 1731 il y avait une confrérie du Saint Sacrement.

La fête de l'Adoration se célèbre le 5 septembre. Il y a une école laïque à Lamothe-Fey.

Démographie.

En 1843, 486 habitants dont 2 protestants. L’ordo de 1819 ne donne que 280 âmes.

Titulaires depuis le Concordat.

1° Bernard GAUFFRE, né le 28 avril 1746, prêtre le 9 juin 1770, curé de Calviac avant La Révolution, prêta le serment en 1791, le rétracta aussitôt, fut condamné à 6 ans de gêne par le tribunal du district de Monflanquin, comme ayant été « convaincu d’avoir prêché publiquement contre la constitution et d’avoir cherché à alarmer les consciences pour exciter des désordres. » Il se réfugia alors en Espagne. À l’organisation (1803), il fut nommé à Saint-Sernin de Labarthe. Il passait pour être « un homme instruit, de bonnes mœurs et d’un caractère social ». (Note du sous-préfet). Il mourut le 16 juillet 1810.

2° Géraud FRAY, né le 16 août 1749, curé de Crousilhac avant la Révolution, prêta le serment en 1791, subit la déportation en Espagne. À sa rentrée en France, il reprit le service de sa paroisse. La fiche du sous-préfet porte : « Il a de la probité, de la piété et du zèle. Ses paroissiens lui paraissent fort attachés. » Et encore : « Homme d’un bon caractère, de bonnes mœurs et d’une conduite sage. » À l’organisation (1803), il fut d’abord nommé à Castelnau, puis transféré le 5 février 1811 à Saint-Sernin de Labarthe où il mourut en 1843. De 1843 à 1856, M. DANTY, curé de Savignac, fit le service de cette paroisse.

3° Jean MEYRAC, né à Puymiclan le 5 novembre 1826, prêtre le 18 décembre 1852, vicaire à Cancon le 1er janvier 1853, recteur de Saint-Sernin de Labarthe le 31 mai 1856, décédé le 16 septembre 1893.

4° Jean Paul Léon MAGOT, né le 16 juillet 1861, nommé à Saint-Sernin de Labarthe le 15 octobre 1893. (Voir art. Anzex).

Texte du chanoine DURENGUES. 18 J 36 à 42. Archives départementales de Lot-et-Garonne.

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