Eglises & chapelles.
C.H.G.H.47
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MONCLAR D'AGENAIS.

Saint-Clair de Monclar et ses annexes :

Saint-Eutrope, Saint-Martin, Notre-Dame des Prélats et Saint-Jean de Cuniac.

Valéri place cette paroisse avec ses quatre annexes dans l'archiprêtré de Montaut.

L'église de Monclar se trouvait autrefois, extra muros, dans ce qu'on appelait la vieille ville. Elle a été reconstruite sur son emplacement actuel en 1503, et restaurée en 1609 (1). Bâtie en pierre de taille, placée au sommet d'une colline élevée, elle a l'aspect d'une citadelle. Par un de ses côtés, elle fait partie du mur d'enceinte et entre dans le système de défense de la ville moderne. Elle est longue de vingt cannes, large de six, haute de huit et lambrissée. Du côté de l'Évangile il y a les chapelles voûtées de Notre-Dame et de Saint-Joseph ; du côté de l’Épître, celles de Sainte-Anne, de Saint-Côme et de Saint-Damien, du Purgatoire ou de la Charité. Au bas de l'église, du côté de l’Évangile, s'élève le clocher. C'est une tour octogone formée d'une double rangée d'arceaux superposés et terminée par une aiguille couverte d'ardoise.

L'église de Saint-Eutrope est sur une petite éminence, auprès de deux maisons, à un quart de lieue de Monclar, sur la route de Montastruc. Elle est longue de dix cannes, large de trois, haute de quatre. Elle n'est pas voûtée. Le clocher est sur le mur du fond en forme de triangle.

Celle de Saint-Martin est champêtre, dans un vallon, auprès de deux maisons. Elle est longue de dix cannes, large de trois, haute seulement de trois. Elle n'est pas voûtée. Le clocher est sur le mur du fond en forme de triangle.

Celle de Notre-Dame de Prélats est champêtre, dans un grand vallon. Il y a deux ou trois maisons à deux cents pas. Elle est longue de seize cannes, large de cinq, haute de huit. Elle n'est pas voûtée. Il y a du côté de l'Évangile une chapelle voûtée, dédiée à Notre-Dame. Elle a été bâtie par Jacques Born, Jean Born dit Roudié et Jean Teyssier, prêtre de Monclar. Deux chapellenies y ont été fondées, l'une en 1516 par Jean Born, dit Habila, l'autre par Jean Born dit Majoreau, en 1529. La première ne peut être conférée qu'à un prêtre et consiste en plusieurs biens d'une valeur de 9.900 livres ; la seconde peut être donnée à un simple tonsuré et consiste en plusieurs biens, de moindre importance, d'une valeur de 1.800 livres. Elles obligent chacune à une messe par semaine. Les fondateurs en ont laissé la nomination à leur famille qui est aujourd'hui représentée par Jacques, Alexis et Françoise Queilles. Le titulaire actuel est Jean-Baptiste Grellière, curé de Couls.

Celle de Saint-Jean de Cuniac est champêtre, au bas de la colline de Monclar. Elle est longue de sept cannes, large de trois, haute de quatre, fort basse et enfoncée. Elle n'est pas voûtée. Le clocher est sur le mur du fond, en forme de triangle.

Dans toute l'étendue du bénéfice, la dîme du blé, méture, tabac (quand il est permis d'en planter), chanvre, se paie au douzième, des menus grains au quinzième, du vin pris à la vigne au quinzième, du vin pris au chai au trentième, des agneaux au treizième. Ce tarif a été établi par une transaction entre la communauté et les gros décimateurs en date de 1672. L'archidiacre de Monclar, qui est un personnat de l’église cathédrale, et le curé, se partagent la dîme grosse et menue et le carnelage par égales portions. Ils donnent l'un et l'autre 50 livres au prédicateur (2), font par moitié toutes les réparations. Le curé paie seul les vicaires et ne perçoit rien pour les novales. Tout cela a été réglé par une transaction passée par l'archidiacre et le premier curé pacifique (3) de Monclar, en 1661, et homologuée dans la Cour du Parlement, le 15 juin de la même année. Le rendement total de la dîme dépasse 6.000 livres. La part du curé est exactement de 3.331 livres. Il y a un presbytère et un gleysage obituaire de six cartonnats en vigne, chargé de soixante-quatorze messes. Dans l'étendue de la paroisse se trouvent aussi les biens d'une chapellenie, dite de Pilles, dont le service devrait se faire dans l'église de Monclar. Ces biens sont estimés 1.250 livres, et donnent au titulaire, N. Fournier, 95 livres de revenu. La confrérie du Saint Sacrement possède quatre cartonnats de pré et sept picotins de vigne, le tout estimé 2.300 livres ; celle de Saint-Côme, une vigne de deux cartonnats et demi, estimée 500 livres.

L'Évêque nomme au bénéfice.

On compte 1.000 communiants (4). Le patron de la matrice est saint Clair, fêté le 1er juin ; ceux des annexes sont saint Eutrope, fêté le 3 avril, saint Martin, fêté le 11 septembre, Notre-Dame, fêtée le 2 février, et saint Jean-Baptiste, fêté le 24 juin. Le curé dessert la matrice. Il y a deux vicaires, qui disent la messe le dimanche alternativement dans deux annexes, excepté le mois du temps pascal, le mois d'octobre, depuis Noël jusqu'aux Rois et toutes les fêtes chômées, sauf celle du patron. Il y a six confréries établies dans l'église de Monclar : de Notre-Dame, du Saint Sacrement, de Saint-Clair, de Saint-Joseph, de Saint-Côme et Saint-Damien et du Purgatoire, indépendamment de la confrérie des Dames de Charité pour le bouillon des pauvres. Cette confrérie a 1.200 livres de capital et centralise par des quêtes faites journellement dans l'église les aumônes des fidèles. Les pauvres ont une autre ressource dans l'hôpital. Cet établissement est très ancien, on ignore l'époque de sa fondation. On sait qu'il fut incendié une première fois en 1520 et une seconde fois peu après la bénédiction de la chapelle par Claude Joly, le 8 mai 1667. En 1682, l'ordre de Saint-Lazare prétendant que cet hôpital était une ancienne maladrerie, fit à la ville un procès en revendication, mais il n'eut pas gain de cause. Administré par le curé, le juge, le procureur du Roi, le premier consul et deux jurats, l'hôpital de Monclar possède un capital qui dépasse 10.000 livres et un revenu de plus de 500 livres. Le curé actuel est Antoine de Lavayssière, futur assermenté et abdicataire, qui se rétractera et que son âge et ses infirmités ne permettront pas de maintenir à son poste après le Concordat.

Note :

1. On lit dans les Mémoires de Nicolas de Villars, à la date de 1597 : « L'an 1503 lad. église fut bâtie appert de ce qui est écrit en la couverture de lad. église. » - Le verbal de Claude Gelas, daté de 1614 porte : « Dans l'église de Monclar on lit au haut de la muraille au-dessus du grand autel écrit en grosses lettres sur deux morceaux de bois : « feut faite aquesta glessia l'an 1253 (?) et l'an 1609 a esté refaite ». S'il n'y avait pas erreur dans la date donnée par Claude Gelas, il faudrait admettre que l'église de Monclar est contemporaine de la bastide.

2. Il y avait une station de carême tous les ans. Le prédicateur était nommé par l'Évêque et recevait de la Ville 25 écus d'honoraires et une indemnité de logement.

3. Auparavant la cure était unie à l’archidiaconé à la charge pour l'archidiacre de la faire desservir par des vicaires, (Voir, Mémoires de Nicolas de Villars).

4. Voici ce qu'écrivait un curé de Monclar en 1756 : « Monclar est une petite ville de juridiction royale, retendue de la paroisse et des annexes est presque un cercle qui a une demi-lieue de diamètre et dont la ville est à peu près le centre. La population est catholique. Il n'y a qu'un village appelé Matalou où le voisinage de Sermet et de Laparade entretient quelques mystiques qui ne sont ni huguenots ni bons catholiques ; ils vont cependant à la messe et s'approchent à Pâques pour la plupart; ils appellent le prêtre quand ils sont malades ; on les enterre suivant le rit ordinaire… »

L'Eglise d'Agen sous l'ancien régime. Pouillé historique du diocèse d'Agen pour l'année 1789 par le chanoine DURENGUES.

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