Eglises, chapelles & chapelles.
C.H.G.H.47

Au bureau, 54 rue de Cocquard, à Villeneuve-sur-Lot, les adhérents peuvent consulter nos archives, de nombreux dépouillements et relevés de tables décennales.

Photos Catherine Bonhomme.

MONBAHUS

Notre-Dame de Monbahus et son annexe : Saint-Jean de Lasbardes.

On lit dans le pouillé de Valéri : « In archipresbyteratu Montaldensi : Rector de Montbaus et de las Bardas. »

L'église de la matrice est dans un bourg, composé d'une trentaine de feux. Elle est longue de quatorze cannes, large de quatre, haute de six. Elle n'est pas voûtée. Il y a une chapelle. Le clocher est sur le mur du fond en forme de triangle. Ruinée pendant les troubles du XVIe siècle, cette église a été rebâtie en 1612.

Celle de l'annexe est champêtre, assise sur une petite éminence, avec cinq ou six maisons à deux cents pas. Elle est longue de vingt cannes, large de quatre, haute de huit. Le sanctuaire est voûté. Le clocher est sur le mur du fond en forme de triangle.

Dans les deux paroisses, la dîme des gros grains se paie au douzième, du vin, des menus grains, dîme verte et carnelage au dix-septième. A la matrice le curé est seul décimateur. A l'annexe le chapitre Saint-Étienne et le curé se partagent la grosse dîme par portions égales. Le curé prend toute la dîme verte et le carnelage et trois sacs d'avoine par préciput sur la pile commune. Son revenu est estimé 1.000 livres. Il y a un presbytère avec jardin à Monbahus et un autre à Lasbardes. Dans cette dernière paroisse, il y a une métairie appelée des Pauvres qui s'afferme 150 livres et dont le revenu doit être employé par le curé à doter des jeunes filles pauvres de l'une et de l'autre paroisse. A Monbahus le curé doit acquitter une fondation d'une messe tous les lundis, dimanches et fêtes au capital de 4.000 livres produisent 200 livres de revenu.

Le chapitre Saint-Étienne nomme et présente au bénéfice.

On compte cinq cents communiants à la matrice et deux cent cinquante à l'annexe (1). La première est desservie par le curé, la seconde par un vicaire et toutes les deux ont droit au service ordinaire. Le titulaire actuel est Joseph Fournié qui mourra à la fin de la Révolution.

Saint-Vincent de Loupinat.

Valéri place cette paroisse dans l'archiprêtré de Montaut.

L'abbaye de Gondon est sur le territoire de cette paroisse. L'abbaye de Notre-Dame de Gondon-lez-Montastruc, dit l'abbé du Tems (2), résumant le Gallia Christiana, ordre de Cîteaux, fut fondée par des religieux de l'ordre de Saint-Benoît, vers le commencement du XIIe siècle (3), par le pieux abbé Géraud ou Gérard de Sales (4), aidé de la libéralité des seigneurs de Lauzun. Elle donna naissance peu de temps après au monastère de Font-Guillem (5) et embrassa ensuite la règle de Cîteaux, avec l'abbaye de Cadouin (6) à laquelle elle était soumise. Cette abbaye souffrit beaucoup de dommages dans les guerres entre l’Angleterre et la France, et fut comme ensevelie sous ses ruines par les Calvinistes. Elle est taxée 120 florins en cour de Rome.

Tel qu'elle a été restaurée et qu'elle existe aujourd'hui l'abbaye de Gondon est une belle maison composée de dix pièces sans y comprendre les salles, offices, cave, chai, écuries et autres dépendances. L'abbé y a ses appartements depuis qu'il a aliéné sa maison abbatiale de Monflanquin.

L'église de l'abbaye est très fréquentée au grand détriment de celle de la paroisse.

La mense de l'abbé et des religieux comprend des biens-fonds d'une valeur de 58.480 livres (7) ; des cens et rentes avec lods et ventes sur les paroisses de Loupinat et de Cabanes ; des dîmes sur celles de Monflanquin, Montastruc, Chapelle-Gabaldot, etc. Le revenu des religieux est de 7.926 livres (8) ; celui de l'abbé, de 4.150 (9).

La communauté se compose actuellement de quatre religieux qui sont : Dom Alexis Valet, profès de la Nauve et prieur de cette abbaye ; dom Dominique Boyé de Rivière, cellérier, profès de Saint-Marcel ; dom Philibert Coquet, et dom Charles-Augustin Dubois, tous les deux profès de cette maison de Gondon (10).

L'abbé commendataire est de Villeneuve-Esclapon qui a été nommé en 1785. Il est en même temps prévôt de Senez et jouit d'une pension de 1.500 livres sur l'abbaye de Mouzon.

L'église paroissiale est champêtre, auprès de quatre ou cinq maisons. Elle est longue de douze cannes, large de quatre, haute de cinq. Elle n'est pas voûtée. Le clocher est au bas en forme de triangle.

La dîme des gros fruits se paie au douzième, des menus grains, dîmes vertes et carnelage au seizième. L'abbé de Gondon qui levait autrefois toute la dîme, l'a cédée au curé à la place de la portion congrue qu'il lui payait ; se réservant seulement de son antique privilège que les enclos et les métairies de Gondon ne seraient point dîmes. Le revenu du curé est estimé 700 livres. Il y a un cartonnat de gleysage.

Malgré quelque prétention de l'abbé de Gondon, c'est l'Évêque qui nomme au bénéfice.

On compte cent cinquante communiants auxquels le curé doit le service ordinaire. Le titulaire actuel est Pierre Auzeral, qui mourra en 1790 et aura pour successeur Blaise Abadie qui prêtera le serment, le rétractera et sera nommé à Montignac-de-Lauzun après le Concordat.

Saint-Martin de Rouffiac.

Valéri place cette paroisse dans l'archiprêtré de Besaume.

L'église est lambrissée, elle a douze cannes de long, sept de large et autant de haut. Du côté de l'Évangile, il y a une chapelle dédiée à saint Roch, appartenant à la famille de Lamothe-Galaup, La dîme du vin et du blé se paie au douzième, des menus grains à discrétion. Le curé prend tout le revenu qui est estimé 1.050 livres. Il y a un petit presbytère.

L'Évêque confère pleno jure ce bénéfice.

On compte deux cent cinquante communiants auxquels le curé doit le service ordinaire. Il y a une fête votive le jour de saint Roch. La confrérie de l'Adoration perpétuelle y est établie.

Le titulaire actuel est Pierre Teyssier, qui prêtera le serment, le rétractera et mourra peu après le Concordat.

Note :

1. M. J. Massip, op. cit. prétend que les Bardes dont le nom roman, las Vardas ou Wardas correspond au mot tudesque warta qui a le sens de protection, de garde et de surveillance, était la capitale d'un petit pays goth après la défaite des Wisioths par les Francs à Vouilié.

2. Le Clergé de France, tome II.

3. Vers 1105 ou 1110, (J. Massip., op. cit.)

4. « C'était l'un des plus illustres disciples de Robert d'Arbrissel, auquel il se joignit dans ses courses apostoliques, marchant revêtu du cilice, et de la chappe, et menant une vie fort austère. On lui attribue la fondation de plusieurs monastères. »

5. Abbaye de l’ordre de Cîteaux, au diocèse de Bazas, taxe en cour de Rome : 66 florins ; revenu : 2.200 livres.

6. Abbaye de l'ordre de Cîteaux, au diocèse de Sarlat ; taxe : 500 florins ; revenu : 5.600 livres. Elle était fille de celle de Pontigny, mais indépendante dans le gouvernement des autres maisons qu'elle avait enfantées… L'abbaye de Pontigny, au diocèse d'Auxerre, du même ordre de Cîteaux était régulière et son revenu estimé 1.600 livres.

7. Maison et jardin de six cartonnats : 8.100 livres ; Enclos de vigne et pré de réserve de douze cartonnats : 6.600 livres ; Métairie Haute consistant en terre labourable, prés, bois et tuilerie près de la forêt, de la contenance totale de deux cent quatre-vingts cartonnats : 27.040 livres ; Métairie du Cros de la contenance de deux cent cinquante cartonnats : 13.200 livres ; Moulin et quinze cartonnats de terre dans la paroisse de Cabanes : 2.640 livres ; Total 58.480 livres.

8. Maison et jardin (valeur locat.) : 450 livres ; Vigne, pré et bois de réserve (id.) : 300 livres ; Métairie Haute et tuilerie : 1.270 livres ; Métairie du Cros : 600 livres ; Moulin et dépendances : 120 livres ; Cens et rentes : 1.048 livres ;  Dîme de Montastruc : 1.245 livres ; Part de la dîme de Monflanquin : 1.750 livres ; Chapelle de Gabaldot : 45 livres ; La moitié de la coupe annuelle des taillis de la forêt de Gondon : 1.100 livres ; Total : 7.926 livres.

Nota : Par un arrêt du Conseil d'Etat, en date du 30 janvier 1759, l'abbé et les religieux étaient autorisés à faire une coupe annuelle de bois de l'âge de vingt-cinq ans.

9. Dîmes dans les paroisses de Saint-André de Monflanquin et de Saint-Avit d'Aleyroux ; rente de la maison abbatiale; rentes directes et foncières, lods, ventes, acaptes et suites dans la juridiction de Monflanquin : 2.800 livres ; Cinquante piles de paille de réserve : 50 livres ; La moitié de la coupe de bois : 1.100 livres ; A la suite d'un accord passé entre l'abbé et les religieux le 27 novembre 1785, ceux-ci donnent annuellement à celui-là 200 livres, ci… 200 livres ; Total 4.150 livres. De cette somme il faut extraire 125 livres 10 sols pour les charges, savoir : 65 livres, 10 sols pour les trois huitièmes de l'honoraire du vicaire de Monflanquin qui doivent être payés moitié par l’abbé et moitié par les religieux ; et 60 livres pour les trois huitièmes des réparations de l'église de Monflanquin. Reste donc 4.024 livres, 10 sols de revenu net.

10. A tort ou à raison les religieux de Gondon n'ont pas échappé aux méchantes plaisanteries contre les moines : « Ils avaient, dit M. Massip, op. cit., la réputation d'aimer à bien vivre et à boire encore plus : « A Gondon, disait-on, quand on perce une barrique, si le vin est bon on s'empresse de le boire de peur qu'il ne se gâte ; s'il est mauvais on le boit encore plus vite pour essayer d'un autre. »

L'Eglise d'Agen sous l'ancien régime. Pouillé historique du diocèse d'Agen pour l'année 1789 par le chanoine DURENGUES.

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