Eglises & chapelles.
C.H.G.H.47

Au bureau, 54 rue de Cocquard, à Villeneuve-sur-Lot, les adhérents peuvent consulter nos archives, de nombreux dépouillements et relevés de tables décennales.

Photos Catherine Bonhomme.

MARMANDE.

Notre-Dame de Marmande et son annexe : Saint-André de Bouillas.

Le pouillé de Valéri porte : « In archipresbyteratu Vesalmensi : Prior Marmande, rector ejusdem et de Grenon, rector Sancti-Andree de Boilhas. » Le prieuré, de l’ordre de Saint-Benoît, dépendait de l'abbaye de Clairac. Après avoir été possédé en commende par des prêtres séculiers, au moins depuis la seconde moitié du XVIe siècle, il a été uni au collège d'Agen, en 1715. Il vaut aujourd'hui environ 5.000 livres qu'il tire des trois quarts de la dîme dans toute l'étendue du bénéfice et d'un quart de celle de Puyguiraud. Non loin de Marmande, il y a une petite enclave, où s'élevait jadis une église appelée Saint-Jean de Ferran, dépendante de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Les chevaliers de Malte, y possédaient au XVIe siècle une belle maison, deux moulins et quelques carterées de terre et de bois. Ces biens sont depuis longtemps aliénés ; l'église en ruines, dès avant 1600, n'a pas été relevée (1). L'ordre prélève encore la dîme et quelques rentes. C'était çà l'origine un hospice pour les pauvres passants.

L'église de Saint-Pierre de Granon, située à mille pas de la ville, était autrefois l'église paroissiale. Détruite pendant les guerres de religion, soit par les huguenots en haine de la foi catholique, soit peut-être par les Marmandais eux-mêmes dans l'intérêt de leur défense, elle a été un peu restaurée vers 1666. Telle qu'elle est aujourd'hui elle a vingt-trois cannes de long sur douze de large et six ou sept de haut. Tout autour s'étend le cimetière de la ville.

Notre-Dame de Marmande était l'église prieurale et conventuelle. Elle n'est devenue paroissiale que dans le courant du XVIe siècle, après la destruction de Saint-Pierre de Granon et la sécularisation du prieuré. En 1568, les huguenots se contentèrent de la saccager et de briser les autels. Démolie en partie, en 1672, par suite d'une explosion (2), elle fut aussitôt restaurée. De là, sans doute, les grandes irrégularités que l'on remarque dans sa construction. L'édifice, dans son ensemble, paraît dater du commencement du XIVe siècle et avoir été bâti par les Anglais (3). Il est entièrement voûté et se compose d'un sanctuaire, d'un presbytère, d'une grande nef flanquée de deux bas-côtés moins élevés. Le chevet coupé à sept pans est précédé d'une travée. Il est sensiblement incliné à gauche. Chaque travée des bas-côtés correspond à huit petites chapelles construites entre les piliers butant.

Celles de droite sont plus larges que celles de gauche. La première du côté de l'Évangile est dédiée à sainte Luce. Puis viennent successivement celles de saint Blaise, de saint Cloud et de saint Eutrope. La première du côté de l'Épître est dédiée à saint Sixte. Viennent ensuite celles de saint Joseph, de saint Jean ou de sainte Anne et enfin de la Nativité de Notre-Dame. Un clocher sans caractère a remplacé la tour démolie par la foudre en 1672 (4). Il y a au midi de l'église un cloître dont quelques murs sont fort anciens, mais dont les arcades datent de la Renaissance. Sa chapelle est dite de Caillade. Il a, pendant des siècles, avec le terrain qu'il comprend, servi de cimetière.

Il y a une quinzaine de chapellenies fondées et desservies dans cette église : celle de la Cauzée qui a pour collateurs le curé de Marmande et le gardien des Cordeliers et pour titulaire Jean-Baptiste Boc, curé de Thivras (diocèse de Bazas). Elle oblige à deux messes à l'autel de saint Jean, l'une le mardi, l'autre le vendredi.

Celle d'Iveau possédée par le même titulaire.

Celle de sainte Anne qui a pour collateur Jacques de Thoumazeau et pour titulaire Michel Croizat et qui oblige à deux messes par semaine à l'autel du même nom, l'une le lundi, l'autre le vendredi.

Celle de Bournier, fondée en 1521, par un prêtre nommé Chevalier, qui a pour collateur le curé de Marmande et pour titulaire François Daubas et qui oblige à une messe, le jeudi de chaque semaine, à l'autel de Notre-Dame.

Celle du Bot, fondée par Ramond du Bot, qui est unie à la cure de Marmande et qui oblige à une messe tous les vendredis à l'autel de saint Jean.

Celle des Ampeaux, dont les héritiers du fondateur de ce nom sont collateurs, qui a pour titulaire Jean-Baptiste Ballias et qui oblige à deux messes, l'une le mardi, l'autre le vendredi.

Celle de Baudris, dont est collateur le curé de Marmande, qui oblige à une messe par semaine à l'autel sainte Anne. Elle a été fondée par Jean Baudris, prêtre, elle est possédée par les Enfants-prêtres et oblige à deux messes par semaine et à l'assistance aux offices de la paroisse.

Celle de Sallié, qui a pour collateur l'Évêque, pour titulaire Jacques-Isidore Lantié, a été fondée en 1374 par Hugo de Guiren, vicaire général de Raymond, évêque d'Agen. Elle oblige à deux messes par semaine, l'une le lundi, l'autre le mardi.

Celle de saint Martin du Mirail, fondée en 1535, de patronage laïque, qui a pour titulaire J.-B. Ballias. Elle oblige à trois messes par semaine, l'une le lundi de requiem, une autre le mercredi, ad ubitum, la troisième le vendredi, de la Passion de Notre-Seigneur. Ces messes se disent au maître-autel, depuis la démolition de l'autel irrégulier de saint Martin, ordonnée par Claude de Gelas en 1629.

Celle de Patras ou Castéra, dont le curé de Marmande est collateur et qui oblige à une messe au maître-autel tous les lundis.

Celle de saint Jean, dont le curé de Marmande est collateur, qui oblige à une messe tous les vendredis à la chapelle de ce nom.

Celle de saint Blaise, qui a été fondée par noble Pierre Dauber ; le service qui consiste en quatre ou cinq grandes messes par an est fait par le Collège de prêtres.

Celle de saint Nicolas, dont le revenu est très minime et qui a été uni au Collège de prêtres en 1692.

Celle de saint Joseph ou de Laliman.

Celle de Meynier, dont le titulaire est J.-B. Ballias et qui est desservie à la chapelle de saint Cloud.

Celle de Caillade, attachée à la chapelle du cloître.

Tous ces bénéfices onl leurs revenus établis sur des biens-fonds d'importance très diverse.

Les confréries ne sont pas moins nombreuses (5). Citons celles de sainte Luce pour les tailleurs, de saint Sixte pour les vignerons, des marchands à la chapelle de la Nativité, des dames de la Charité à la chapelle de saint Cloud. Cette dernière a été instituée vers 1666, par Claude Joly, pour porter des aumônes à domicile. Ses principales ressources proviennent des quêtes. Elle fait dire tous les 25 du mois une messe pendant laquelle on chante les litanies. La frérie de saint Pierre est établie à l'église de Granon de temps immémorial. Les offrandes en nature qu'elle recueille à l'occasion de la saint Pierre lui ont permis de relever l'église de ses ruines. Il y a enfin la confrérie des Pénitents bleus, de toutes la plus importante. Créée dès l'arrivée de Nicolas de Villars dans le diocèse, c'est-à-dire vers l'an 1590, elle s'installa d'abord dans la chapelle de l'hôpital. Ce n'est que vers le milieu du siècle suivant qu'elle eut sa chapelle particulière. Les capucins desservent cet oratoire et y disent la messe tous les vendredis, aux fêtes annuelles, le dimanche de l'octave du Saint-Sacrement et le jour de saint Jérôme et de sainte-Madeleine. Ils y confessent les Pénitents et y prêchent les vendredis du carême. Les statuts de la confrérie sont les mêmes que ceux des autres confréries du même nom établies dans le diocèse.

Les Ordres religieux sont représentés à Marmande par cinq couvents, dont trois d'hommes et deux de femmes. Le premier, par rang d'ancienneté, est celui des Cordeliers qui a été fondé en 1265, par les rois d'Angleterre, maîtres alors de la Guienne (6). Il était, paraît-il, fort riche à l'origine, mais depuis qu'il a été occupé par les Observantins, à la suite de la réforme de 1522, il n'a plus eu d'autre ressource que la Providence. Les huguenots achevèrent de l'incendier en 1569 après avoir commencé en 1560. « Le Frère Jean Gassou, dit Labénazie, septuagénaire, n'ayant pas voulu renoncer à la foi, fut tué à coups de mousquets ; le Frère Raimond Roissel fut pris à Beaupuy comme il était allé chercher le seigneur de Bajamont ou de Beaumont, il fut percé d'un coup d'épée. » La communauté qui, en 1715, comprenait quinze religieux dont treize prêtres et deux frères, n'est composée aujourd'hui que de huit prêtres et d'un frère lai qui sont : Félix Annat, gardien ; Antoine Auzet, Étienne Vergés, Marcelin Rabier, Bernard Rabier, Bernard Moulin, Georges-Gaspard Pacau, J.-B. Lanthier, et le frère lai, Pierre Magnac. Le P. Lespinasse, actuellement au couvent de Roquefort, est affilié à la présente maison. Interrogés en 1790 s'ils veulent quitter le couvent ou y rester, ils répondront tous, sauf le P. Lanthié, vouloir y rester. Ce qui ne les empêchera pas de fournir plusieurs membres au clergé constitutionnel, notamment un curé de Marmande dans la personne d’Ét. Vergés.

Les Capucins n'ont paru à Marmande que plusieurs siècles après les Cordeliers. « Leur Couvent, écrivait en 1715, à M. Hébert, le P. Gardien, fut fondé l'an 1609, la croix fut portée le 15 février de ladite année de l'église paroissiale de Notre-Dame en procession de tout le clergé séculier et régulier, des MM. de la Justice et de la Jurade en corps et d'une infinité de peuple et plantée dans la place qui leur fut donnée au nom de la communauté de cette ville par les jurats qui se réservèrent la qualité de patrons et de fondateurs du couvent qui par les libéralités du peuple fut achevé dans deux ans et en état d'y chanter l'office de nuit et de jour et ainsi qu'on a toujours fait sans interruption dans les heures accoutumées. Ce Couvent s'est toujours distingué des autres Couvents de notre province par une plus grande régularité, il y est mort plusieurs religieux en odeur de sainteté. Il était habité autrefois par un plus grand nombre de religieux, la mortalité et le mauvais temps font qu'il n'y en a présentement que douze, savoir sept prêtres, un clerc et quatre frères lais. La situation en serait une des plus heureuses s'il était à l'abri des ravages que fait la Garonne aux murs et aux maisons de cette ville… » Le personnel est aujourd'hui réduit à sept religieux dont cinq prêtres et deux frères lais, qui sont : François Pellet de Mestrerieux, en religion P. Bruno, gardien ; Pierre Laroque, en religion P. Daniel, vicaire ; Nicolas Dufour, en religion P. Sigismond ; Simon Merlateau, en religion P. Maximin ; P. Simon ; frère Joseph Marie ; Dominique Grenier, en religion, frère Didace. Interrogés en 1790 sur leur intention de rester au Couvent ou de se retirer, ils hésiteront généralement à se prononcer. Leur maison qui pourrait contenir vingt religieux est estimée 23.000 livres.

Les Carmes s'étaient d'abord établis à Tonneins. Lorsque cette ville fut rasée, en 1622, par ordre du Roi, en punition de ses rébellions, ils furent appelés à Marmande par les Consuls en 1629. Ils possèdent plusieurs biens-fonds, d'abord l'emplacement de leur ancien Couvent à Tonneins, formant un enclos de six cartonnats ; deux métairies l'une appelée La Borde, située à Saint-Georges, juridiction de Tonneins, l'autre dite du Paradis, située paroisse de Bugassat, contenant ensemble cinquante-deux journaux, quinze escais et affermées 2.000 livres, une faisande près de Marmande et plusieurs pièces de terre, rentes et fiefs. La communauté ne se compose présentement que de trois religieux : P. Sérapion Blanquefort, prieur ; Jean Bayssac et Athanase Pradines. Les deux premiers déclareront, en 1790, vouloir rester ; le troisième sortir.

Les Annonciades ont précédé de quelques années l'arrivée des Carmes à Marmande. Leur monastère, sous le vocable de Notre-Dame, a été fondé, en 1622, par dame Anne de Massiot, veuve de messire Jean de Dafis, chevalier-conseiller du Roi en ses Conseils d'État et privés, second président au parlement de Bordeaux, seigneur de Goudourville, etc… L'acte de fondation est du 11 décembre 1622. Claude Gelas, évêque d'Agen, donna son approbation le 18 mars 1623. Les magistrats municipaux de Marmande avaient déjà donné leur autorisation par acte de jurade, le 13 novembre 1622. Par son ordonnance, en date du 15 mers 1625, le cardinal de Sourdis autorisa sœur Finette de Mantel, mère Ancelle, et trois de ses compagnes à sortir du Couvent de Bordeaux pour aller fonder celui de Marmande. Le Roi donna en 1626 ses lettres patentes qui furent enregistrées la même année au Parlement de Bordeaux. Les Annonciades bâtirent leur Couvent trop prés du fleuve et furent obligées, pour se protéger, de bâtir à grands frais un mur de clôture. Elles sont soumises à la direction des Cordeliers. Leurs biens consistent en deux maisons avec jardin sises à Marmande, en un domaine dit de Laclotte, situé dans la juridiction de Sainte-Bazeille en Albret, le tout donné par la fondatrice, et en rentes provenant des dots des religieuses, etc. Tout leur revenu monte à la somme de 7.193 livres. La communauté se compose de douze religieuses de chœur, dont une supérieure, une vice-gérante, une discrète, une dépositaire et une portière et de quatre sœurs converses. En 1715 il y avait vingt-deux religieuses.

Le couvent des religieuses de Saint-Benoît a été fondé, sous le vocable de Saint-Laurent, par haute et puissante dame Antoinette Esparbès de Lussan, veuve de messire Jean de Grignols. Le but de la fondatrice était de placer, comme prieure perpétuelle, dans le nouveau monastère, sa fille, Hippolyte de Grignols, religieuse de Saint-Benoît et professe de l'abbaye de Notre-Dame de Saintes. Par ordonnance du 26 septembre 1645, signé Soldadié, vicaire-général, Hippolyte de Grignols fut autorisée à s'établir à Marmande avec trois religieuses du monastère de Saintes. Il n'y a pas de lettres patentes. Dans le contrat de fondation, en date du 11 décembre 1645, insinué au Présidial de Bazas, le 14 juin 1647, la marquise de Grignols dota le nouveau couvent de 800 livres de rentes. Dans son testament elle porta ce revenu à 2.000 livres. Depuis, le patrimoine des Bénédictines s'est considérablement accru soit par legs pies, soit surtout par les dois des religieuses. Il se compose aujourd'hui de 79.450 livres de capital rapportant 4.122 livres d'intérêt, et de quelques biens-fonds : d'une métairie dite de la Carpède, paroisse de Granon, de vingt-trois journaux et demi, rapportant 546 livres de revenu net ; d'une vigne, paroisse de Bayssac, de trois quarts de journal, rapportant 18 livres ; d'une métairie dite de Bendautou, paroisse de la Madeleine, de dix journaux, rapportant 300 livres ; d'une métairie dite de Lisse, paroisses de Taillebourg et de Caumont, de soixante-dix journaux, rapportant 2.100 livres. Le revenu des biens-fonds est de 2.064 livres, le revenu total de 7.086 livres. Le couvent est soumis à la règle mitigée de Saint-Benoît. Claude Joly ayant voulu astreindre les religieuses à toutes les austérités de cette règle : linge de laine, cuillers de bois, etc… celles-ci en appelèrent au Pape, qui commit pour juger cette affaire l'archevêque de Bordeaux et l'évêque de Bazas. La sentence fut favorable aux religieuses. L'Évêque d'Agen est leur supérieur majeur. Les postulantes sont admises à la pluralité des suffrages, mais elles ne prononcent leurs vœux qu'après avoir été examinées par l'Évêque ou son délégué. De même l'élection de la prieure se fait régulièrement tous les trois ans en présence de l'Évêque ou de son délégué. La communauté qui, en 1715, se composait de trente religieuses n'en compte plus aujourd'hui que dix-neuf, dont seize dames de chœur et trois sœurs converses. En 1790 elles répondront unanimement vouloir vivre et mourir dans leur état.

A peu près en même temps que les Bénédictines, c'est-à-dire en 1644, les Ursulines s'établirent à Marmande. Leur monastère tombé « dans l'irrégularité, le désordre et le décry » fut supprimé par arrêt du Conseil du 7 août 1762 et les religieuses dispersées en différents couvents du même ordre. Après leur décès, leurs biens à la requête du maire et des échevins furent unis au Petit Séminaire de Marmande, par un décret de M. de Bonnac, en date du 5 octobre 1775. Cet établissement, fondé dans les premières années du siècle, est dirigé par quatre prêtres qui furent unis en congrégation par M. d'Yse de Saléon en 1731. Le roi donna son autorisation par lettres patentes du mois de novembre 1737. Le décret de M. de Bonnac unissant au Petit Séminaire de Marmande « le monastère des Ursulines avec l'église, les jardins et généralement tous les biens meubles et immeubles en dépendant » fut approuvé par ordonnance royale en date du mois de mars 1779. Le supérieur, M. Durand, appartient depuis cinquante ans à cette maison. Son principal collaborateur, M. Chambret, mourra en 1791.

Il y a enfin une communauté de soeurs pour desservir l'hôpital (7). Cet établissement passe pour avoir été fondé par un bourgeois de Marmande, Barthélémy de Labat, qui institua, en 1686, les pauvres ses héritiers universels. Les anciens titres ont été perdus pendant les guerres de religion. Les fonds consistent actuellement dans les rentes d'un petit fief volant et en divers contrats d'obligation rapportant un revenu annuel de 2.836 livres. Il en faut retrancher 707 livres de charge, savoir : 106 livres pour deux cent douze messes que doivent dire les Cordeliers, 20 livres pour le médecin, 50 livres pour le chirurgien, 25 livres pour l'aumônier, 230 livres pour le vestiaire de quatre sœurs, 240 livres pour les impôts, 36 livres pour autres menus frais, sans parler de l'entretien des bâtiments, de l'église, etc… On soigne en moyenne dans cet hôpital trente malades bien qu'il n'y ait que vingt-deux lits.

Les religieuses (8) sont au nombre de quatre et sont aidées par deux domestiques.

La dîme du blé se paie au onzième, du vin à discrétion. Le Collège d'Agen, auquel est uni le prieuré, prend les trois quarts de la dîme. Le curé, qui était à la congrue, a été admis par arrêt du Grand Conseil, en date du 1er mars 1781, à prendre le quart de la dîme, mais à la condition de salarier deux vicaires. Son revenu est exactement de 3.456 livres. Il y a un presbytère estimé 7.200 livres.

C'est l'Évêque, comme vicaire général du roi dans l'abbaye de Clairac, qui nomme au bénéfice.

On compte environ six mille communiants en y comprenant ceux de l'annexe, Saint-André de Bouillas, dont l'église a seize cannes de long sur six de large et de haut. Située sur les confins des trois diocèses d'Agen, de Condom et de Bazas (9), Notre-Dame de Marmande, est par le chiffre de sa population, le nombre et l'importance de ses établissements religieux une des premières paroisses du diocèse (10). Elle est desservie par un curé et trois vicaires. Il y a en outre un collège de prêtres composé de sept membres dont le curé est le chef. De tout temps les nombreux obits fondés dans l'église de Marmande, ont été acquittés par des prêtres habitués, natifs du lieu, résidant dans leur famille. En réglementant en 1604, le service paroissial, Nicolas de Villars (11) obligea ces prêtres à assister cà tous les offices publics. « Néanmoins Mgr Claude Gelas, faisant sa visite en ladite église l'an 1629, aurait réduit le service divin et toutes les fondations à la célébration de quatre messes pour les deffunts chaque semaine et fait et érigé un collège de prêtres naturels à ladite ville au nombre de dix, tant pour la célébration desdites messes obituaires que pour autres besoins de l’église, et pour cet effet, et avoir un plus ample revenu, il aurait uni au revenu desdites fondations (12) plusieurs chapellenies fondées en ladite église. Les statuts qu'il donna à cette association obligeaient les prêtres, qui en font partie, à résider dans la ville de Marmande, de servir dans l’église en tous les offices divins, messes paroissiales, obituaires, processions, visitation des malades et administration des sacrements selon qu'ils seraient employés par le recteur de ladite église. Une place étant vacante se donne à la pluralité des voix par ledit collège aux ecclésiastiques de la ville de Marmande (13) ». On cite encore sur la matière les règlements de M. Delbène en 1663, de Claude Joly en 1672, de Mascaron en 168o. Mascaron réduisit de dix à sept les membres du collège. Il les obligea de nouveau à assister à tous les offices de droit et d'usage dans la paroisse, la veille de Pâques, de la Pentecôte, le jour des Cendres, etc., et à toutes les processions. Il déclara tous les bénéfices incompatibles avec une place dans le collège, mit tout le revenu en distribution et le soumit à la pointe. Le curé a part aux distributions, non les vicaires et les chapelains qui ont un traitement particulier. Les biens de la Fabrique sont administrés par un syndic et quatre marguilliers. Il y a une station de Carême ; l'Évêque et le collège d'Agen donnent 80 livres pour leur part au prédicateur. Le titulaire actuel est François-Léandre Martin de Bonnefond, archiprêtre de Marmande, qui refusera tous les serments, vivra caché à Bordeaux, pendant la Révolution, sera maintenu à son poste après le Concordat et mourra en odeur de sainteté, le 15 mai 1809 (14).

 

Notre-Dame de Bayssac et son annexe : Sainte Mémoire (15) de Massurt.

On lit dans le pouillé de Valéri : « In archipresbyteratu Vesalmensi : Rector sancti Michaelis, alias sancti Martini de Villars. »

On disait aussi Sainte-Mémoire de Massurt, et ce dernier nom a prévalu définitivement. Notre-Dame de Bayssac était une sorte d'annexé de l'évêché. Les évêques d'Agen la faisaient desservir par des vicaires amovibles, sans qu'elle n’ait jamais eu, avant 1678, de recteur particulier. L'église fut détruite, dit-on, par les huguenots lors de leur première révolte. On en voyait encore les fondements à fleur de terre en 1680. Sans église et sans pasteur, les habitants se répandirent dans les paroisses voisines pour y remplir leurs devoirs religieux. Ce ne fut pas sans protestations de la part des curés, notamment de Massurt et de Marmande, qui n'avaient aucun intérêt dans le dimaire de Bayssac. En 1678, Claude Joly se décida à ériger cette paroisse en vicairie perpétuelle, il nomma un titulaire et lui assigna, pour y faire ses fonctions, l'église de Massurt. Enfin, en 1680, Mascaron unit les deux bénéfices. Entre temps ils avaient dû être rattachés à Marmande, car, encore en 1789, le titre de cette cure les porte comme annexes.

L'église est isolée, longue de neuf cannes, large et haute de quatre, non voûtée.

La dîme du blé se paie au douzième, du vin et des menus grains à discrétion. Primitivement, l'Évêque prenait à Bayssac la moitié des gros grains, les deux tiers du vin et des menus grains : le prieur de Puyguiraud le quart des gros grains ; l'archidiacre de Marmande le quart des gros grains et le tiers du vin et des menus grains. En érigeant la vicairie perpétuelle, Claude Joly abandonna au curé le quart de ce qu'il prenait. Mais celui-ci trouvant sa part insuffisante, Mascaron modifia ainsi la répartition : à l'Évêque, les cinq seizièmes des gros grains et les sept seizièmes du vin ; au prieur de Puyguiraud, les quatre seizièmes des gros grains ; à l'archidiacre de Marmande, les quatre seizièmes des gros grains et aussi les quatre seizièmes du vin : au curé les trois seizièmes des gros grains, les cinq seizièmes du vin avec tous les menus grains, dîmes vertes et carnelage. Le revenu de l'Évêque s'afferme 1.800 livres, celui de l'archidiacre 1.200, celui des autres à proportion. Le curé prend toute la dîme à Massurt et son revenu total est exactement de 1.650 livres.

L'Évêque nomme au bénéfice.

On compte quatre cents communiants auxquels le curé doit le service ordinaire. Le titulaire actuel est Jean Constant, qui mourra pendant la Révolution.

Notre-Dame de Garrigues.

Valéri place dans l'archiprêtré de Besaume le prieuré de Garrigia. Outre le nom de Notre-Dame, l'église porte encore ceux de Sainte-Quitterie et de Saint-Faustin. Cela vient de deux antiques confréries ainsi dénommées, qui ont depuis longtemps disparu. Le prieuré est de l'ordre de Grammont. Il était occupé par huit religieux en 1295, par vingt-deux en 1317, par douze encore au XVIe siècle. Il a été complètement détruit pendant les guerres de Religion. Comme il avait un territoire distinct et séparé des paroisses voisines, les habitants se trouvèrent ainsi sans église et sans pasteur, et ils se mirent à suivre les offices à Marmande et à enterrer leurs morts à Virazeil. Nous sommes, disaient-ils en 1604, vifs de Marmande et morts de Virazeil. De fait, on montrait encore, en 1666, dans le cimetière de cette dernière paroisse, une place que l'on appelait le cimetière des Garrigaux. Vers cette époque, l'abbé de Grammont intenta vainement une action contre le prieur pour le forcer à relever le prieuré et y entretenir trois religieux. Enfin, Mascaron fit tous ses efforts pour que cette église si longtemps abandonnée, fut érigée en vicairie perpétuelle, il y réussit le 7 mai 1686. Depuis l'expulsion des religieux, le prieuré est tombé en commende. Le roi y nomme par suite d'une transaction passée entre un des prédécesseurs de Sa Majesté et un abbé de Grammont. Il vaut 3.600 livres y compris les charges qui sont de 1.500 livres : 450 livres sont rapportées par un domaine de soixante-quatre journaux, estimé 9.900 livres ; 2.000 par les rentes, lods et ventes du fief ; 400, par la dîme de l'annexe Mérignac (16) située près de Miramont ; le reste par la dîme de la présente paroisse. Le titulaire actuel du prieuré est Joseph Delherm.

L'église qui était un beau monument et qui avait été consacrée, fut détruite en môme temps que le monastère. « Le prieuré est tout démoli, écrivait Claude Gelas en 1619, l'église toute découverte est pleine d'herbes ; les chapelles voûtées servent pour mettre bœufs et moutons ». Une d'elles cependant fut rendue au culte et sert d'église paroissiale. Elle a vingt pas de long sur dix de large et elle est entièrement voûtée.

Le prieur prend toute la dîme. Le curé est à la congrue.

Le prieur nomme au bénéfice.

Il y a une cinquantaine de paroissiens auxquels le curé doit le service ordinaire. Le titulaire actuel est Marc-Antoine Bouic, qui mourra en 1790 et aura pour successeur Jean Roullaud. Celui-ci refusera le serment, subira la déportation et sera nommé à Birac après le Concordat.

Sainte-Madeleine de Puyguiraud.

L'appeau synodal de 1593 porte : « In archipresbyteratu Vesalmensi : Prior de Podio Guiraldo et de Capella. » Ce prieuré, de l'ordre de saint Benoît, dépendait de l'abbaye de Clairac. Il a été uni au Collège d'Agen en 1713. L'église du prieuré, sous le vocable de saint Martin, était au bas de la colline. Elle fut détruite si complètement qu'il n'en restait pas pierre sur pierre en 1603. L'église de Sainte-Madeleine n'était que la chapelle du château que le seigneur donna pour remplacer l'église disparue. Elle se trouvait elle-même en 1603 dans le plus déplorable état et elle a dû attendre jusqu'en 1734 une restauration sérieuse. Elle est longue de seize cannes, large de six, haute de cinq.

La dîme du blé se paie au onzième, du vin et des menus grains à discrétion. Le prieur prend la moitié du blé et le tiers du vin avec tous les menus grains, dîme verte et carnelage. Le prieur de La Réole et celui du Mas prennent chacun le huitième du blé et le sixième du vin, et le prieur de Marmande le quart du blé et le tiers du vin. Le prieur de Puyguiguiraud a droit encore au quart des grains dans la paroisse de Bayssac.

On compte cent communiants. Cette paroisse a été desserservie par un prieur jusque vers l'année 1584. A partir de cette époque, elle fut longtemps sans église et sans prêtre. En 1594, Nicolas de Villars la plaça sous la houlette du vicaire de Bouillas. Par abus, le curé de Marmande la fit longtemps desservir par ses vicaires, mais il fut exonéré en 1674, par un arrêt du Parlement, de cette prétendue obligation. Claude Joly et Mascaron se préoccupèrent de la fausse situation où languissait depuis tant d'années cette paroisse. Voyant que faute de ressources, elle ne pouvait être érigée en vicairie perpétuelle, ils voulurent la déclarer prieuré-cure. Mais leurs ordonnances à ce sujet furent cassées et déclarées abusives par arrêt du Parlement en 1672. On prit alors le parti d'y placer un vicaire amovible aux dépens des décimateurs et ce modus vivendi dure encore aujourd'hui.

Note :

1. En 1789 il ne restait qu'un petit champ de sept escats, appelé cimetière des Malthes, situé dans la section de Granon, il fut estimé 165 livres.

2. Voici comment un contemporain raconte le fait : « Embrasement de l'église paroissiale de Marmande. Le 17e du mois de juin, jour de vendredi de l'année 1672, le feu du ciel s'étant pris à quelques quintaux de poudre que la ville de Marmande réservait dans le clocher de l'église paroissiale, il se fit un si grand embrasement que la moitié de l’église du côté du choeur, la sacristie, le clocher et les archives furent entièrement renversées avec plusieurs maisons circonvoisines qui par leur cheute escrazèrent douze ou quinze personnes, le service fut transféré par provision en l'église de l'hospital où les Pénitents faisaient leurs fonctions et dès lamesme annéeon commença à rebastir lad. église paroissiale, il ne faut pas oublier de remarquer une chose très mémorable que dans ce bouleversement de l'église où la voûte fondit sur le maître-autel le tabernacle se trouva couvert de deux grosses colonnes de bois torses qui servaient de retable et le ciboire qui estait dans led. tabernacle avec plusieurs hosties de réserve se trouva tout entier et sur son pied sans qu'il y eut la moindre fraction ni altération. Une image de bois doré d'un pied de hauteur représentant la sainte Vierge se trouva comme auparavant placé (sic) dans la petite niche au haut du tabernacle sans lésion ni fraction debout sur son pied, bien qu'il y eut plus d'une pique de hauteur au dessus dud. tabernacle des pierres de taille et autres matériaux tant des ruines de la voûte du chœur que du clocher et des murailles de l'église, cette grande merveille fut reconnue comme une espèce de miracle et plusieurs personnes ont attesté avoir receu de grandes grâces de Dieu par l'entremise de l'honneur rendu à cette image de la sainte Vierge qui fut porté plusieurs fois en procession dans les maisons religieuses et par toute la ville. » (Archives de l'Évêché, liasse Marmande).

3. G. Tholin, passim. op. cit. – Voir la description que donne de cette église M. l'abbé Barrère dans son Histoire religieuse et monumentale, tome II, page 128 et suivantes).

4. Il avait déjà été fortement endommagé par la foudre le 3 juin 1648.

5. Il y en avait dix-sept en 1680.

6. Voir la lettre du gardien à M. Hébert, en date de 1715, Archives de l'Évêché, F. 22).

7. Il y avait encore, en 1594, une léproserie aux portes de Marmande. On lit en effet à cette date dans les Mémoires de Nicolas de Villars : « Joignant l'église de Granon, il y a une maison pour les lépreux auxquels je donne la permission de quêter et aux recteurs de la juridiction de les réprimander. »

8. Elles étaient de l’ordre de saint Vincent de Paul et avaient été établies dans cet hôpital par M. Hébert. La Supérieure, en 1789, sappciait Madame Cassabois.

9. « Il y a, dit Nicolas de Villars, de là l’eau un grand arbre qui sert de bornes et de limites à trois diocèses : dAgen, Condom et Bazas. »

10. Les curés disaient volontiers la première. Ils entendaient, sans doute, après Saint-Étienne d'Agen, mais ils auraient dû se souvenir aussi que Villeneuve avait obtenu la préséance sur Marmande par arrêt du Parlement et montrer plus de respect pour la chose jugée. S'il faut en croire Ducourneau (La Guyenne historique et monumentale), Charles VII aurait songé un instant à ériger Marmande en évêché. Cest à Marmande, en novembre 1605, que naquit François Combefis, dominicain célèbre par ses travaux sur les saints Pères de l’Église grecque. Il mourut le 23 mars 1679, dans la 74e année de son âge et la 54e de sa profession. Pour plus amples détails, lire la notice qui lui est consacrée dans les Scriptores ordinis Prædicatorum d’Échard, tome II, pages 678-687 en partie citée par M. Tamizey de Larroque, dans sa notice sur Marmande (page 92).

11. Les règlements de Nicolas de Villars, relatifs à Notre-Dame de Marmande, nous font connaître le service d'une paroisse importante au commencement du XVIIe siècle : Les vêpres étaient chantées tous les jours, la messe était chantée tous les samedis et tous les jours depuis la croix de mai jusqu'à celle de septembre et tous les dimanches avec diacre et sous-diacre ; le jour des grandes fêtes, elle était précédée du chant des matines. Outre les processions liturgiques, il y avait des processions de vœu, le 29 janvier, fête de saint Fabien et de saint Sébastien, le 25 mars, fête de l'Annonciation, le 15 août, (on portait ce jour-là le Saint Sacrement pour remercier Dieu de la moisson) ; le jour de saint Roch… etc… Nicolas de Villars supprima la procession de l'Ascension « pour plusieurs désordres avec tous les tours, courses et débats qui se faisaient sur l'eau pour emporter le cierge pascal. »

12. Parmi ces fondations, il faut citer celle « de la dîme de Lisse, en date du 9 novembre 1509, faite par Pierre Sagrestau, notaire bourgeois de Marmande, lequel lègue aux prêtres, fils et fillols bâtisés en l'église Notre-Dame de Marmande, la dîme dite de Lisse, qu'il soûlait prendre en la paroisse de Beaupuy, à la charge de diverses messes et autres services sous la condition expresse de l'autorisation du Pape ou de son représentant. »

13. Archives de l'Évêché, F. 19. Les Enfants-Prêtres se remplaçaient ainsi entre eux sans le concours de l'Évêque, sans visa et sans institution. Il n'y avait de vacance que par mort, démission et déplacement.

14. Voir : Vie de M. François-Léandre-Martin de Bonnefond, par le comte de Marcellus.

15. D'après la tradition, sainte Mémoire serait l'un des Saints Innocents.

16. Le prieuré de Mérignac avait été uni à La Garrigue en 1317 ainsi que le prieuré de Verdelais (de Viridi Luco) au diocèse de Bordeaux. Fondé au XIIe siècle par une dame de Candal, le prieuré de Verdelais comptait quatre religieux en 1295. Il fut abandonné au XVe ou au XVIe siècle par les Grand-Montains ou Bonshommes et occupé par les Célestins qui s'y maintinrent malgré les réclamations des anciens possesseurs. (A. de Biou et L. Guibert dans le Bulletin monumental, années 74 et 76. C'est à tort que Durand de Maillanc, dans son Dictionnaire canonique, dit de ce prieuré qu'il est l'ordre de Prémontré et qu'il est uni aux Missions Etrangères.

L'Eglise d'Agen sous l'ancien régime. Pouillé historique du diocèse d'Agen pour l'année 1789 par le chanoine DURENGUES.

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