Eglises, chapelles & paroisses.
C.H.G.H.47

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Photos Catherine Bonhomme.

HAUTEFAGE.

Saint-Pierre de Sarède ou Notre-Dame d'Hautefage

et ses annexes : Saint-Martin d'Auradou et Sainte-Radegonde de Pépinès.

Notre-Dame.

On lit dans le pouillé de Valéri : « In archipresbyteratu de Opere : Rector de Oratorio de Sarreda de Manhaval, de Bonsolle, Sancte Radegundis et de Podio Pinesio. » « Hautefage, dit Labénazie, qui était autrefois une dévotion de Notre-Dame dans le diocèse d'Agen, fut bâti à cause du concours des pèlerins et par les aumônes qu'ils y faisaient. De là vient qu'Hautefage est devenu un fief ecclésiastique et que le curé est seigneur du village de ce nom ».

L'église de Notre-Dame où était établie celle dévotion, dont parle Labénazie, n'appartient cependant par son style qu'à la fin du XVe siècle (1). Elle a dû remplacer un monument plus ancien. Elle est longue de trente-cinq pas, large de douze et entièrement voûtée. Le maître-autel a été consacré par Nicolas de Villars, le 15 août 1598. Au-dessus est l'image vénérée de Notre-Dame. Le sanctuaire est élevé de plusieurs marches au-dessus de la nef. Au bas de la dernière marche sous une petite voûte se trouve la fontaine miraculeuse (2), dont les eaux s'écoulant par un canal au-dessous de l’église, vont se perdre dans le cimetière. Dans la nef du côté de l'Épître s'ouvre une chapelle voûtée dédiée à saint Éloi. A six pas de l'église s'élève une grande et belle tour qui sert de clocher. « Elle est de forme hexagone et flanquée d'une tour circulaire à l'un de ses angles (3) ». Commencée par Léonard de La Rovère, elle a été continuée par Antoine, son neveu, et son successeur. Ces prélats ayant encouru le reproche de l'Ecriture : Qui coepit ædificare et non potuit consummare, elle est restée inachevée, mais n'en reste pas moins un des plus beaux monuments du diocèse. Depuis au moins deux siècles le service paroissial est transféré dans cette église.

A quatre pas au-dessous se trouve l'ancienne église matrice et paroissiale : Saint-Pierre de Sarède. Elle est longue de vingt pas, large de huit, le choeur est voûté, la nef n'est pas lambrissée. Profanée pendant les troubles du XVIe siècle, elle servit même, pendant quelque temps, pour le prêche des huguenots. Très humide à cause de sa position en contre-bas, trop petite d'ailleurs pour la population, elle est depuis abandonnée en faveur de rêglise votive de Notre-Dame, plus saine, plus spacieuse et plus belle. Il est d'usage cependant d'y dire la messe paroissiale les jours de saint Pierre, de saint Barthélémy et de saint Roch et d'y chanter les vêpres des morts aux quatre fêtes annuelles.

L'église de Saint-Martin d'Auradou a vingt pas de long sur huit de large. Elle n'est pas lambrissée. Du côté de l'Évangile il y a une grande chapelle voûtée, dédiée à Notre-Dame, qui menace ruine. Le clocher-arcade est au-dessus de la porte d'entrée.

Celle de Sainte-Radegonde de Pépinès a dix-huit pas de long sur sept de large. Du côté de l'Évangile il y a une chapelle dédiée à saint Jean. Au-dessus s'élève le clocher-arcades.

La dîme du blé dans les trois paroisses se paie au dixième, du vin et des menus grains abusivement à discrétion. L'Évêque prend des gros grains de huit parts les trois et la moitié du vin ; le curé l'autre moitié du vin, les cinq parts restantes des gros grains et tous les menus. A Hautefage le curé a une rente de cent paires de poules et la jouissance d'un gleysage de huit ou neuf cartonnats en terre labourable ; à Auradou une rente de quatre ou cinq sacs de blé et de sept ou huit paires de poules et la jouissance de trois cartonnats en pré ; à Pépinés, la jouissance de sept carterées en pré ou terre labourable. Il y avait un presbytère dans les trois paroisses, celui de Pépinés est démoli, celui d'Auradou est inhabitable. Le bénéfice est évalué à 2.500 livres.

C'est l'Évêque qui a la nomination.

On compte cinq cents communiants à Hautefage, quatre cent cinquante à Auradou et cinquante à Pépinès. La matrice est desservie par un curé et un vicaire. En outre du service, ordinaire, on chante les vêpres et les complies tous les samedis dans l'église de Notre-Dame. Pour cela, le curé prend seul la dîme en un hameau appelé Miles (?) Dans la même église, à l’autel saint Éloi, il y a une chapellenie fondée qui s'appelle de Labatut. Une métairie consistant en maison, terre, vigne et pré est attachée à cette fondation qui est du patronage laïque de la famille de Feydit et qui a pour titulaire Jean-Baptiste Falque. Le service consiste en une messe le lundi et le samedi de chaque semaine. Il y a un vicaire résident à Auradou où il fait toutes les fonctions curiales. Le vicaire d'Hautefage va tous les dimanches dire la messe à Pépinés, Le titulaire actuel est Bernard Roux qui prêtera le serment constitutionnel, le rétractera de très bonne heure, subira la déportation et sera nommé curé de Saint-Jean de Thurac et presque aussitôt de Bon-Encontre après le Concordat.

Note :

 

1. G. Tholin, op. cit.

2. Qui habitare facit, ut aiunt, sterilem in domo, matrem filiorum lætantem.

3. G. Tholin, op. cit.

L'Eglise d'Agen sous l'ancien régime. Pouillé historique du diocèse d'Agen pour l'année 1789 par le chanoine DURENGUES.

Photos de Catherine Bonhomme.

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