Eglises, chapelles & paroisses.
C.H.G.H.47

Au bureau, 54 rue de Cocquard, à Villeneuve-sur-Lot, les adhérents peuvent consulter nos archives, de nombreux dépouillements et relevés de tables décennales.

Photos Catherine Bonhomme.

GRATELOUP.

Saint-Caprais de Grateloup et son annexe : Sainte-Marthe.

Saint-Caprais.

Le pouillé de Valéri porte : « In archipresbyteratu Montaldensi : Rector de Gratalupa et de Sancta-Marsa. »

L'église matrice est placée sur une hauteur à l'extrémité d'un bourg non muré, composé d'une vingtaine de feux. C'était un bel édifice, de seize cannes de long, avant sa destruction par les hérétiques. Reconstruite dans des proportions moindres, elle est longue de huit cannes, large de quatre, haute de cinq ou six. Elle n'est pas voûtée.

Celle de l'annexe, qui était aussi grande et belle, ayant quinze cannes de long, fut démolie comme la matrice pendant les guerres de Religion. Elle n'a été en partie relevée qu'en 1672. Elle a cinq cannes de long, trois de large et quatre de haut. Elle n'est pas voûtée. Il y a sept ou huit maisons auprès.

La dîme de tous les fruits se paie au onzième. Le curé prend tout le revenu qui est estimé 2.650 livres. Il y a un presbytère.

L'Évêque nomme au bénéfice.

A l'époque de la Réforme la grande majorité des habitants embrassa l'hérésie. A la veille de la révocation de l'Édit de Nantes, c'est à peine s'il y avait soixante-dix catholiques sur sept cents huguenots. En 1734 il y avait seulement quatre-vingts catholiques pratiquants. Le verbal de M. de Bonnac en mentionne trois cents en 1776. Mais ce chiffre est évidemment exagéré. Le temple a été démoli par un arrêt du Conseil, en date du 15 mars 1673. Le curé dessert la matrice. Un vicaire va dire la messe à l'annexe tous les dimanches et fêtes, mais il n'y chante les vêpres que le jour de sainte Marthe. Le titulaire actuel est Marius Jayan, qui prêtera le serment et se mariera dans sa paroisse pendant la Révolution.

Saint-Pierre des Pins.

Celle paroisse faisait partie de l’archiprêtré de Montaut. Elle est mentionnée dans le pouillé de Valéri sous le nom de Saint-Pierre « de Boisso » (1).

L'église est en rase campagne, au pied d'une colline, loin de toute maison d'habitation. Elle est longue de six cannes, large de deux et demie. En ruines depuis les guerres de religion et pendant longtemps abandonnée, elle n’a été restaurée que dans les dernières années du XVIIe siècle. Le clocher est sur le mur du fond, en forme de triangle.

La dîme du froment, vin, tabac, seigle se paie au onzième, des novales au treizième, des menus grains au grenier à discrétion. Le curé, qui autrefois prenait la moitié de la grosse dîme, avec tous les menus grains et les vertes dîmes, s'est depuis quelque temps réduit à la congrue. L'abbaye de Clairac prélève tous les fruits. Il n'y a que l'emplacement du presbytère qui forme un gleysage d'un cartonnât et demi.

L'Évêque, comme vicaire général du Roi, dans l'abbaye de Clairac, nomme au bénéfice.

On compte cent cinquante âmes. Les protestants abondent. Avant la révocation de l'Édit de Nantes, il n'y avait que deux familles catholiques. Claude Gelas et Barthélémy Delbène transférèrent le service à l'autel paroissial de Clairac. Puis, les temps étant devenus plus sûrs, Claude Joly et Mascaron le transférèrent à leur tour dans l'église de Grateloup, distante seulement d'un quart de lieue. Enfin, après les nombreuses conversions amenées par suite de la révocation de l'Édit de Nantes, le service a été rétabli dans l'église restaurée. Le curé est tenu à toutes les fonctions de son état. Le titulaire actuel est Pierre Dupuch, qui, par suite d'un arrangement avec le Chapitre de Saint-Jean de Latran, dessert, en même temps, les paroisses de Notre-Dame des Peyriéres et Notre-Dame de Subrebosc, moyennant un traitement de 2.100 livres et la Jouissance d'un journal, deux tiers, de terre labourable. Il prêtera le serment et se mariera pendant la Révolution.

Note :

1. Il ne faut pas la confondre cependant avec la succursale actuelle, Saint-Pierre-les-Bois, canton de Monclar. Cette dernière paroisse était connue, avant la Révolution, sous le nom de Saint-Pierre de Belvès et faisait partie de l'archiprêtré de Monclar.

L'Eglise d'Agen sous l'ancien régime. Pouillé historique du diocèse d'Agen pour l'année 1789 par le chanoine DURENGUES.

Photos de Catherine Bonhomme.

Retour haut de page