Eglises, chapelles & paroisses.
C.H.G.H.47

Au bureau, 54 rue de Cocquard, à Villeneuve-sur-Lot, les adhérents peuvent consulter nos archives, de nombreux dépouillements et relevés de tables décennales.

Photos Catherine Bonhomme.

GONTAUD.

Notre-Dame de Gontaud.

Valéri place dans l’archiprêtré de Besaume le prieuré et la rectorie de Gonte Alto. Le prieuré est éteint depuis le XVIe siècle, la maison prieurale était prés de la porte de l'église. Pendant les guerres de religion elle fut usurpée par un huguenot. Le pouillé de Valéri ne mentionne pas l'église de Saint-Pierre de Gajac, située à une certaine distance du bourg, qui était la matrice et qui fut détruite par les Calvinistes. Il y avait aussi à six cents pas de Gontaud un oratoire appelé Notre-Dame de Loulou (?) qui fut détruit à la même époque.

L'église est située au milieu de la ville. C'était, avant les guerres religieuses, un beau monument entièrement voûté et ceint de nombreuses chapelles. Après avoir été profanée, pendant quelque temps, par les huguenots qui s'en servirent pour leur prêche, elle fut en partie démolie par eux. Ces vandales n'épargnèrent pas son clocher que six cloches remplissaient de bonne et grosse sonnerie. Comme elle finissait par s'écrouler tout à fait, en 1633, on dut presque entièrement la reconstruire. La nef est longue de vingt cannes, large de quatre, haute de six. Elle n'est pas voûtée. Il y a trois chapelles ; deux du côté de l'Évangile dont l'une sert de sacristie, l'autre est dédiée au Saint-Esprit ; une du côté de l'Épître, voûtée et dédiée à saint Jean. Dans cette dernière est fondée une chapellenie dite Saint-Jean des Vigneaux. « Depuis Pâques jusques en juin, dit Nicolas de Villars, on y disait la messe tous les vendredis appelés blancs. Plusieurs rentes y étaient attachées dont jouissait le recteur et les prêtres servants de la communauté. » Le patron s'étant fait huguenot au XVIe siècle, elle perdit le meilleur de ses biens. Aujourd'hui son revenu ne consiste plus qu'en quelques rentes et menus gens établis sur quelques terres de la paroisse, qui, avec le casuel insignifiant des lods et ventes ne dépassent pas 50 sols annuellement. Aussi le service est-il réduit à une messe le jour de saint Jean-Baptiste. Le collateur est M. Bacalan, le titulaire, Vincent Darche, trésorier de l'église Saint-Seurin de Bordeaux.

La dîme des gros grains se paie au treizième, des menus et des dîmes vertes au seizième, du vin au vingtième. L'Évêque prend les trois quarts des gros fruits, le curé le quart avec tous les menus grains, dîmes vertes et novales. Le prieur de Nogaret est substitué à l'Évêque dans le quartier d'Aurioles. Le revenu du curé est exactement de 1.500 livres.

L'Évêque nomme au bénéfice.

On compte neuf cents communiants et une douzaine de protestants. Ces derniers étaient, en 1600, par rapport aux catholiques, dans la proportion de un sur six, mais ils étaient les plus riches et les plus influents. Ils avaient un temple qui a été démoli au moment de la révocation de l'Édit de Nantes. Le curé est tenu au service ordinaire et doit avoir un vicaire. En consacrant le maître autel, le 21 avril 1603, en l'honneur de Notre-Dame de l'Assomption, Nicolas de Villars décida qu'on ferait à cette date la fête de la dédicace de l'église, ce qui est encore exécuté de nos jours. On vénère dans cette église une statue de la Sainte-Vierge qui paraît très antique (1). Le titulaire actuel est Joseph-Denis Bonhomme de Pomaret, qui refusera le serment, ira en exil et mourra pendant la Révolution.

Note : 

1. Voir : Histoire de Notre-Dame de Gontaud, par M. Jacoupy, curé de Gontaud, 1807. – Pendant quelques années, notre annaliste Noël Proché exerça à Gontaud, avec l'approbation de l'Évêque, les fonctions de régent latiniste… il enseignait le latin, le français et l'arithmétique, avait des élèves internes et externes qu'il conduisait à la messe tous les jours de classe. La communauté lui donnait 200 livres de gage fixe y compris le loyer de l'école. En outre les commençants lui donnaient 8 sols par mois, ceux qui écrivaient, 15 sols, les arithméticiens, 20 sols et les latinistes, 50. En 1781, Proché quitta Gontaud pour aller s'établir à Agen.

L'Eglise d'Agen sous l'ancien régime. Pouillé historique du diocèse d'Agen pour l'année 1789 par le chanoine DURENGUES.

Photos de Catherine Bonhomme.

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