Eglises, chapelles & paroisses.
C.H.G.H.47

Au bureau, 54 rue de Cocquard, à Villeneuve-sur-Lot, les adhérents peuvent consulter nos archives, de nombreux dépouillements et relevés de tables décennales.

Photos Catherine Bonhomme.

FUMEL

Saint-Hippolyte de Condat et son annexe : Saint-Antoine de Fumel.

Saint-Hippolyte de Condat.

Le pouillé de Valéri porte : « In ArchipresbyteratuFumellensi : Rector Sancti Ypoliti de Condato, rector Sancti Anthonii de Fumello et Sancti Martini de Turaco. » On ne s'explique pas comment Saint-Hippolyte de Condat et Saint-Antoine de Fumel forment ici deux rectories distinctes et séparées. Tout prouve en effet que l'église de Fumel n'était à l'origine qu'une chapelle succursale de celle de Condat. De nos jours encore un grand nombre d'habitants de Fumel ont leur tombeau de famille dans cette dernière église. On ignore aussi quelle était cette paroisse de Saint-Martin de Turac. Dans ses Mémoires, Nicolas de Villars mentionne bien une église de Saint-Marc, annexe de Saint-Hippolyte de Condat. Voici ce qu'il en dit : « L'église de Saint-Marc annexe, à demi lieue de Fumel est toute découverte, les murailles bonnes, le cimetière ouvert, église champêtre, il s'y dit rarement messe, on y fait la procession le jour de Saint-Marc ». Faut-il penser que Saint-Martin de Turac et Saint-Marc ne sont qu'une même église sous une dénomination différente ? La masure de l'église de Saint-Marc existe encore et l'on continue d'y aller en procession tous les ans le 25 avril. Il y a aussi à cent pas de la ville une vieille chapelle, dite de la Recluse qui est longue de six cannes, haute de cinq et large de six. Le sanctuaire est voûté.

Saint-Antoine de Fumel.

L'église de la matrice est champêtre, dans un vallon au pied d'une colline. Il y a auprès douze ou quatorze maisons. Elle est longue de vingt-cinq cannes, large de huit, haute de douze. Le sanctuaire est voûté, la nef lambrissée. Il y a un clocher à quatre ouvertures sur les piliers du sanctuaire.

Celle de l'annexe est dans la ville. Elle est longue de vingt cannes, large de cinq, haute de huit et entièrement voûtée. Au-dessous du sanctuaire, du côté de l'Épître, se trouve une chapelle dédiée à Notre-Dame. Il y a deux clochers au-dessus de la porte d'entrée.

La dîme du blé se paie au dixième, du vin à discrétion, des menus grains au quinzième. Le curé ne prend qu'un quart du blé et du vin et tous les menus grains et il reçoit du chapitre Saint-Étienne un supplément de pension de 400 livres. Le Chapitre Saint-Étienne prend les trois autres quarts qui sont affermés 2.517 livres. La cure vaut 1.200 livres. Il y a un presbytère à Condat près de l'église.

Le Chapitre Saint-Étienne nomme au bénéfice.

On compte en tout mille communiants. Les fonctions curiales se font dans les deux églises par le curé et son vicaire. Une confrérie du Saint-Sacrement (1) approuvée par M. de Chabannes est établie dans la Chapelle Saint-Antoine de Fumel. Le titulaire actuel est Roch Lacam, qui prêtera le serment et sera néanmoins guillotiné à Bordeaux pendant la Révolution.

Note :

1. Voici quelques détails sur cette confrérie : 1° On n'en sait pas l'origine, on a des livres de compte de 1647. Nicolas de Villars, dans ses Mémoires, fait mention d'une confrérie « de Corpore Christi ». – 2° Elle comprend des personnes de tout sexe. – 3° Le troisième dimanche du mois après la Fête-Dieu les confrères sont convoqués pour nommer le dernier des marguilliers, lequel augmentant d'un degré tous les ans devient à son tour prieur de la confrérie et ainsi on n'a pas à nommer d'autres officiers. – 4° On reçoit le même jour les candidats. 5° - Il y a six officiers : Le prieur, le sous-prieur, le sacristain, le trésorier et deux marguilliers. – 6° L'office du prieur est de veiller sur la conduite des confrères. S'en trouve-t-il quelqu'un de scandaleux, il lui adresse avec charité trois monitions secrètes. S'il n'y a pas amélioration le cas est déféré à M. le curé qui, après avoir assemblé la confrérie, efface le coupable du catalogue des confrères. Dans le cas d'un crime public, après un sérieux examen la radiation est prononcée sans autre forme de procès. L’office du sous-prieur est d'assister le prieur et de le remplacer. – 8° L'office de sacristain est d'avoir soin de l'autel, des ornements, d'acheter les cierges et autres fournitures. – 9° Celui de trésorier est de garder les clefs du tronc qui ne doit s'ouvrir qu'en présence des principaux officiers. – 10° Celui des marguilliers est de faire passer le plat pendant la messe après l'élévation. L'un quête pour le Saint Sacrement, l'autre pour saint Joseph, à cause de l'union qui fut faite en 1702 de deux confréries ainsi nommées. – 11° Les confrères doivent assister au moins les troisièmes dimanches du mois aux vêpres pendant lesquelles le Saint Sacrement est exposé, puis ils suivent avec un cierge allumé la procession du Saint Sacrement qui sort par le grand portail et rentre par la porte de la chapelle Notre-Dame. Il en est de même aux processions de la Fête-Dieu qui vont à la chapelle de Notre-Dame de la Recluse. Pendant l'octave de cette fête, l'assistance aux compiles et au salut est prescrite. La confrérie fait dire une messe aux fêtes de Pâques, de la Pentecôte, de la Toussaint et de la Noël et au décès de chaque confrère. Tous les membres y assistent en corps. Un des premiers devoirs est d'accompagner le saint Viatique. On doit dire chaque jour en particulier trois fois le Pater, l’Ave Maria, une fois le Credo et le Salve Regina. – 12° La seule charge onéreuse c'est d'avoir à fournir tous les ans un cierge d'un quart. – 13° La confrérie fournit tous les cierges de l'autel, les troisièmes dimanches du mois, le jour de la Fête-Dieu, pendant l'octave, le jeudi saint et les quatre fêtes annuelles, la moitié seulement les autres dimanches et fêtes. – 14° En 1758, M. de Chabannes modifia un peu le règlement en ce sens qu'on devait nommer chaque année une prieure et une sous-prieure pour instruire tes personnes du sexe qui voudraient entrer dans la confrérie, pour avoir soin des linges d'autel, les blanchir, etc…

L'Eglise d'Agen sous l'ancien régime. Pouillé historique du diocèse d'Agen pour l'année 1789 par le chanoine DURENGUES.

Photos de Catherine Bonhomme.

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