Eglises, chapelles & paroisses.
C.H.G.H.47

Au bureau, 54 rue de Cocquard, à Villeneuve-sur-Lot, les adhérents peuvent consulter nos archives, de nombreux dépouillements et relevés de tables décennales.

Photos Catherine Bonhomme.

FOULAYRONNES.

Saint-Martin de Foulayronnes.

Le pouillé de Valéri porte : « In archipresbyteratu Sedis : Rector sancti Martini fontis Litronum ».

L'église est champêtre, au fond d'un vallon, entièrement voûtée et flanquée d'une chapelle de chaque côté. Le clocher-arcades est au bas de l'église.

A l'origine, l'Évêque et le Chapitre Saint-Caprais étaient tous deux parts prenantes à la dîme. Par la célèbre transaction de 1235, l'Évêque fit cession de ses droits au Chapitre qui, depuis, est resté seul gros décimateur. Le curé prend le quart du blé et tous les menus grains. Sa part vaut 1.400 livres. Le Chapitre Saint- Caprais prend les trois quarts du blé et aussi tout le vin, moyennant une indemnité en argent au curé. Longtemps il n'y eut d'autre presbytère que cette petite masure inhabitable et inhabitée que l'on voit encore attenante à l'église. On a bâti, dans le courant de ce siècle, une belle maison à plusieurs étages avec grange, jardin, etc… Le gleysage comprend deux cartonnats en pré et terre labourable.

Le Chapitre Saint-Caprais nomme au bénéfice.

Il y a quatre cent cinquante communiants auxquels le curé doit le service ordinaire. Le titulaire actuel est Pierre Vernède, qui se réfugiera en Espagne après avoir courageusement refusé le serment schismatique. Sa santé ne lui permettra pas de prendre de l'emploi après le Concordat.

Saint-Sernin d'Artigues.

Cette paroisse est placée par le pouillé de Valéri dans l’archiprêtré du Siège : « In archipresbyteratu Sedis : Rector de Artigis et sancti Petri de La Cuelhe. » Saint-Pierre La Feuille est depuis longtemps une cure indépendante. L'église est champêtre, sur une éminence, avec cinq ou six maisons auprès. Elle est du XIIe siècle. Ses dimensions sont : douze cannes de long, cinq de large et cinq de haut. Le sanctuaire est voûté, la ni lambrissée. Il y a du côté de l'Évangile une chapelle voûtée en croisées d'ogives de la fin de la période gothique. Elle est dédiée à la Purification de Notre-Dame. Un petit clocher roman, de forme quadrangulaire s'élève sur la façade occidentale.

La dîme du blé se paie au dixième, du vin au vingtième, des menus grains et carnelage au treizième. Le Chapitre Saint-Caprais, gros décimateur, prend les trois quarts du blé et tout le vin. Le curé prend le quart du blé, une cinquantaine de livres pour sa portion de vin, tous les menus grains, le carnelage et seize sacs de blé sur la pile commune pour ses novales. Son revenu peut aller à 1.000 livres. Le presbytère est contigu à l'église. Il y a un petit jardin et une carterée de pré de gleysage. Le curé jouit en outre d'une carterée de vignes à la charge de seize messes par an et de quelques rentes en menus cens.

Ce bénéfice est de la nomination du Chapitre Saint-Caprais.

On estime à cinq cents environ le nombre des communiants disséminés en sept ou huit petits village de huit feux en moyenne. Le curé est tenu aux fonctions curiales requises de droit. L'adoration perpétuelle a été établie en 1697 par permission de Jules Mascaron. Elle dure quinze jours à partir du 15 décembre. Il y a une confrérie du Saint-Sacrement, avec des statuts, approuvée en 1702, et de temps immémorial les confréries de Notre-Dame et de Saint-Clair. On a des reliques de ce saint, de saint Eutrope, de sainte Raffine, de sainte Victoire, de mensa Domini, de terra montis Calvarii. Le titulaire actuel est Pierre-Saturnin Péchimbert, futur assermenté et abdicataire et grand chasseur devant l'Eternel. Il sera maintenu à son poste après le Concordat.

Saint-Jean de Monbran et son annexe : Saint-Pierre de Caissac.

L'église principale a été érigée en vicairie perpétuelle sous le nom qu'elle porte aujourd'hui en 1686. Avant, les Évêques auxquels elle appartient la faisaient desservir par des vicaires amovibles. Elle est appelée Notre-Dame de Fignac dans le Pouillé Latin, de Sérignac dans les actes des XIIIe et XIVe siècles (1).

Saint-Pierre de Caissac était une église indépendante lorsqu’elle fut unie en 1740 à celle de Monbran (2), Elle avait été érigée en vicairie perpétuelle en 1681.

L'église de Monbran est située sur le sommet d'une colline élevée, à quelques pas du château épiscopal. Elle a été reconstruite presque en entier par M. Joli. Elle est toute voûtée. Le clocher-arcades est sur la façade occidentale en forme de triangle.

Celle de Caissac est champêtre, avec quatre ou cinq maisons à cinquante pas. Elle est longue de vingt cannes, large de quatre, haute de dix. Le sanctuaire est voûté, la nef n'est ni voûtée ni lambrissée. Le clocher en triangle est sur l’arceau du sanctuaire.

La dîme du blé se paie au dixième, des menus grains au treizième, et du vin à discrétion. L'Évêque est seul décimateur à Monbran, et le Chapitre Saint-Caprais à Caissac. Le curé a toujours été à la portion congrue. Il y a un presbytère à Monbran, construit en 1742. Auparavant, le curé occupait un mauvais appartement sous l'horloge du château. Il jouit aussi d’un petit jardin. A Caissac il y a une grange et une écurie attenantes à l'église pour le cheval du vicaire.

L'Évêque nomme directement à ce bénéfice.

II peut y avoir trois cents communiants à Monbran, et cent quinze à Caissac. L'une et l'autre paroisse ont droit à tout le service curial. L'annexe est desservie par un vicaire. Le titulaire actuel est Joseph Labrunie, homme aussi savant que pieux, dont le nom restera intimement lié à l'histoire civile et religieuse de l'Agenais. Il démissionnera en juillet 1790, sera incarcéré pendant la Révolution et sera nommé, un des premiers, chanoine honoraire en 1803. Son successeur, Jean Fabre, loin de marcher sur ses traces, tombera de chute en chute jusque dans l'apostasie. 

Saint-Julien de Terrefosse et son annexe : Saint-Jacques de Pauillac.

Dans le pouillé de Valéri, les trois paroisses voisines de Caissac, de Pauillac et de Saint-Julien de Terrefosse sont unies sous le même recteur. En 1651, Saint-Julien fut érigée en vicairie perpétuelle avec Pauillac comme annexe.

L'église de la matrice est champêtre, dans un vallon, avec sept ou huit maisons à cinquante pas. Elle est longue de seize cannes, large de cinq, haute de dix. Le sanctuaire est voûté, la nef n'est ni voûtée, ni lambrissée. Le clocher-arcades est sur la porte au bas de l’édifice.

Celle de l'annexe est champêtre aussi, sur une éminence, longue de douze cannes, large de quatre, haute de huit, non lambrissée, le sanctuaire seul étant voûté. Du côté de l'Évangile il y a une chapelle voûtée. Le clocher-arcades est aussi au-dessus de la porte en forme de triangle.

Dans les deux paroisses, la dîme du blé se paie au dixième, des menus grains au treizième, du vin à discrétion. Le Chapitre Saint-Caprais est seul décimateur et son revenu dépasse 1.000 écus quittes. Le curé est à la portion congrue. Il y a à Saint-Julien un pré de trois cartonnats dont le revenu, qui est de 54 livres 12 sols, est affecté à l'entretien de l'église.

La nomination et la présentation sont au chapitre Saint-Caprais.

Les paroissiens, au nombre de six cents, habitent trois petits bourgs. Le curé dessert la matrice et il devrait y avoir un vicaire pour l'annexe. Le titulaire actuel est Jean Barsalou, futur assermenté et abdicataire, qui mourra pendant la Révolution.

Note :

1. «  Il m'est tombé entre les mains, dit Labrunie, l'Inventaire des titres et documents féodals et autres de la maison et Table épiscopale d'Agen, etc., fait par ordre de M. Delbène, évêque et comte d'Agen en 1640, par Antoine Paraygue. » J'y ai vu qu'au XIIIe siècle et le suivant Monbran y est toujours appelé Serinhac et quelquefois avec addition deçà Garonne ; qu'il y avait alors un recteur. (Voir la soixantième reconnaissance du 17 décembre 1335)… En quel temps cette église a-t-elle été donnée à nos Prélats ? (Pièces justificatives, etc. ms. Tournié au Petit Séminaire).

Cependant dans le compte des subsides levés pour le Pape en 1326 dans la Province de Bordeaux, c'est l'évêque et non le recteur qui paie pour l'église de Sérignac : Idem episcopus pro Ecclesia de Serinhac. (Archives historiques de la Gironde, tome XIX).

2. En 1731, M. Gouaux, curé de Monbran demanda judiciairement ses Novales à M. de Saléon, et l'instance se poursuivait encore lorsque ce prélat fut transféré à Rodez. M. de Chabannes ne les relâcha jamais à la vérité à M. Couaux, mais il réunit Caissac à Monbran en 1740. (Labrunie, pièces justificatives, loco. Cit).

Le Chapitre Saint-Caprais à qui l'église de Caissac appartenait en vertu de la célèbre transaction de 1235, garda tous ses droits sur les dîmes, mais perdit celui de nomination. En compensation, l'Évêque lui abandonna le droit de nommer à la cure de Saint-Pierre Lafeuille. Les revenus et les charges du curé de Caissac, passèrent à celui de Monbran, qui se vit obligé notamment à entretenir un vicaire. (Archives de l'Évêché, H. liasse Monbran).

L'Eglise d'Agen sous l'ancien régime. Pouillé historique du diocèse d'Agen pour l'année 1789 par le chanoine DURENGUES.

Photos de Catherine Bonhomme.

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