Eglises, chapelles & paroisses.
C.H.G.H.47

Au bureau, 54 rue de Cocquard, à Villeneuve-sur-Lot, les adhérents peuvent consulter nos archives, de nombreux dépouillements et relevés de tables décennales.

Photos Catherine Bonhomme.

FONGRAVE.

Saint-Léger de Fongrave.

Le pouillé de Valéri porte : « In archipresbyteratu Montaldensi : Prior domus Fontis Gravii, rector ejusdem. » Le monastère de Fongrave, de l'ordre de Fontevrault, se prétend de fondation royale (1). Incendié deux ou trois fois par les huguenots il a perdu toutes ses vieilles archives, ce qui fait qu'on ne sait rien ou à peu près rien de son histoire. De ses antiques privilèges, il a gardé la seigneurie temporelle du lieu. A ce titre il prélève les rentes et rend la justice dans les causes civiles. Les criminelles relèvent du juge de Monclar. Nicolas de Villars unit à ce monastère la rectorie de Fongrave, ce qui lui donna la totalité de la dîme. Il est vrai qu'en 1665, sur les instances de Claude Joly, il dut consentir à l'érection de la paroisse en vicairie perpétuelle et abandonner au curé le quart des fruits décimaux. Il possède en outre un certain nombre de biens-fonds d'une certaine importance (2). Son revenu total monte à 12.173 livres, 1 sol, 3 deniers, ses charges à 6.746 livres, 7 sols. Il y a vingt-quatre religieuses de chœur, toutes de noble extraction, et neuf sœurs converses. Avant les troubles de la Réforme la paroisse et le monastère avaient leurs églises séparées (3). La moins endommagée sans doute, fut seule conservée. Nicolas de Villars la réconcilia le 27 septembre 1597 : les huguenots y avaient massacré plus de deux cents personnes qui s'y étaient réfugiées. Située près des bords du Lot, à l'extrémité d'un bourg composé d'une trentaine de feux, cette église est bâtie de brique, à chaux et à sable, et lambrissée. Il y a une chapelle dédiée à saint Roch où est établie une confrérie de ce nom avec l'autorisation donnée par les vicaires capitulaires « sede vacante » le 14 août 1663. Le monastère est contigu à l'église. Du côté de l'Épître se trouvent la grille et le chœur des religieuses dans la possession duquel elles ont été maintenues par un arrêt du Grand Conseil en date de 1714. Le maître-autel, décoré d'un magnifique retable, est spécialement affecté au service du monastère. Le service paroissial se fait à l'autel de saint Léger placé aussi du côté de l'Épître, au-dessous du chœur et faisant face à la nef. Le clocher est une tour carrée couverte d'ardoise. Il y a hors de l'église une chapelle publique qui a été bâtie par les paroissiens.

La dîme des grains se paie au douzième, celle du vin au dix-huitième et au treizième suivant qu'il est pris au chai où à la vigne, du carnelage au douzième. Les religieuses prennent les trois quarts de tous les fruits, le curé l'autre quart, sans novales. Cela été définitivement réglé par un arrêt du Conseil en date du 14 février 1715. Le revenu du curé est estimé 700 livres. Il n'y a ni presbytère, ni gleysage.

Les religieuses présentent à la cure.

On compte quatre cent cinquante communiants. Il y a tous les dimanches et fêtes deux messes, l'une au maître-autel, l'autre à l'autel de saint Léger. Les vêpres des religieuses servent pour la paroisse. On va, tous les ans, le quatrième dimanche de mai, en procession à Notre-Dame de la Rose, par suite d'un vœu de paroisse. Il a été longtemps incertain quel était le patron : de Notre-Dame-de-Septembre ou de saint Léger, évêque d'Autun. Un arrêt du grand Conseil a tranché la question en faveur du dernier. Le titulaire actuel est Hippolyte Pépichon, qui refusera le serment, subira la déportation et sera maintenu à son poste après le Concordat.

Note :

1. D'après M. Andrieu (Hist. de l'Agenais), il aurait été fondé la même année que le couvent du Paravis, c'est-à-dire en 1130.

2. 1° Trois métairies dans la paroisse de Fongrave, consistant en cent quatre carterées de terre labourable, pré, vignes, bois taillis, chènevières, etc. ; 2° Le jardin du couvent ; 3° Une tuilerie dans la paroisse de Fongrave ; 4° Une métairie située au lieu de Crozac, dans la paroisse de Saint-André de Montpezat, de la contenance de quarante-deux carterées en terres, prés et vignes ; 5° Une métairie et un moulin à eau, le tout situé au lieu de Labrousse, paroisse Saint-Michel de Dolmayrac ; 6° Une maison et un cartonnat de terre avec le droit de passage sur le Lot ; 7° Un pré et atterrissement, de la contenance de trente cartonnats, le tout situé sur le bord de la Garonne, près de Marmande.

3. Autrefois, l'église des dames était à part, mais à présent il ne s'y connaît rien. (Visite de l'archiprêtre en 1614.)

L'Eglise d'Agen sous l'ancien régime. Pouillé historique du diocèse d'Agen pour l'année 1789 par le chanoine DURENGUES.

Photos de Catherine Bonhomme.

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