Eglises, chapelles & paroisses.
C.H.G.H.47

Au bureau, 54 rue de Cocquard, à Villeneuve-sur-Lot, les adhérents peuvent consulter nos archives, de nombreux dépouillements et relevés de tables décennales.

Photos Catherine Bonhomme.

FAUILLET.

Saint-Jean de Fauillet et ses annexes :

Notre-Dame de Foussac ou de Tolsat et Saint-Martin.

Saint-Jean-Baptiste.

Le pouillé de Valéri porte : « In archipresbyteratu Montaldensi : Prior de Faulheto, rector ejusdem et de Tholosato, rector de Gurnaco et de Moleriis ». Avant les guerres de religion, il y avait, en effet, quatre églises sur le territoire de cette paroisse : l'église matrice, sous le vocable de saint Jean, située à trois ou quatre cents pas du bourg, dans le cimetière et dont il ne reste que des ruines ; l'église de Sainte-Madeleine, à deux cents pas du bourg entièrement démolie ; l'église de Saint-Martin de Molières située à une demi-lieue au nord de Fauilhet qui est aussi détruite ; enfin l'église de Notre-Dame de Foussac ou de Tolsat qui sert aujourd'hui d'église paroissiale.

Cette église, qui ne s'appelait originairement que la chapelle de Tolsat (1), est située dans une belle plaine au milieu d'un bourg muré, composé d'une centaine de feux. Elle est longue de seize cannes, large de quatre, haute de sept et entièrement lambrissée. Il y a deux chapelles de chaque côté, celle de droite est dédiée à Notre-Dame.

La dîme de tous les fruits se paie au onzième. Il y a trois sols : l'un s'appelle le Naval, l'autre le Grand Sol, le troisième la Tercerie. Au premier, l'Évêque prend les deux tiers des grains, le Chantre les trois douzièmes, le curé le douzième ; au deuxième, dit aussi sol de Saint-Jean, le chantre prend les trois quarts, le curé un quart; au troisième, le Chapitre du Mas-d'Agenais prend le quart, le curé de Saint-Caprais d'Ayres le tiers, le Chantre les trois douzièmes et le curé le douzième. Le Chantre prend, en outre, les trois quarts de tous les menus grains et le curé l'autre quart (2). Il est probable que le prieuré, mentionné dans le pouillé de Valéri et dont il n'est plus question depuis longtemps, a été, dans la suite des temps, uni à la grande Chantrerie. Le revenu du curé est évalué 2.000 livres. Il y a un presbytère qui a été bâti vers 1655, par la communauté moyennant l'abandon des menus grains et du carnelage. Une chapellenie fondée par le comte de Saint-Paul, seigneur du lieu, est unie à la cure.

L'Évêque nomme au bénéfice.

On compte cinq cents communiants et deux cents huguenots. Cette paroisse a été profondément infectée de l'hérésie calviniste. Au moment de la révocation de l'Édit de Nantes, il y avait cinq cent trente-huit catholiques et quatre-vingt-huit familles, les plus aisées, de la R. P. R. Jusqu'en 1655, le prêche se faisait alternativement avec Gontaud dans la maison de ville. A cette date on bâtit une autre maison communale, l'autre restant uniquement affectée au culte prétendu réformé. Le 3 février 1673, un arrêt du conseil prescrivit la démolition de ce temple. Cet arrêt fut notifié dans le courant du mois suivant au ministre et au consistoire. Le juge du lieu s'opposa à cet arrêt sous prétexte que ce temple était un édifice communal et qu'il suffisait de n'y plus faire le prêche. La raison ne fut pas reconnue valable et l'arrêt fut exécuté le 26 juin 1673. Il y a une confrérie de la Charité, approuvée par les Évêques, qui jouit de 50 livres de revenu. Le patron de la paroisse est toujours saint Jean-Baptiste, celui de l'église Notre-Dame de la Purification. Le titulaire actuel est François Lacombe, qui prêtera le serment, le rétractera et sera nommé à Born après le Concordat.

Sainte-Quitterie de Magnon.

Valéri place cette paroisse dans l'archiprêtré de Montaut. Il y avait autrefois un prieuré qui avait encore un titulaire du temps de Claude Joly. Ce prieuré était éteint en 1681.

L'église est champêtre, dans la plaine de la Garonne à deux cents pas du fleuve, à un gros quart de lieue de Tonneins. Comme toutes les églises de la contrée, elle a beaucoup souffert pendant les guerres de religion. Elle est présentement longue de sept cannes, large de trois, haute de quatre.

La dîme de tous les fruits se paie au onzième. Le curé prend prend tout le revenu qui vaut 1.734 livres 10 sols et 1.549 livres 10 sols toutes les charges payées. Il y a un petit presbytère et un jardin obituaire.

Malgré quelque prétention du Roi, comme substitué à l'abbé de Clairac, c'est l'Évêque qui nomme proprio jure au bénéfice.

On compte quinze communiants et une centaine de protestants. La patronne de la paroisse est Sainte-Quitterie, vierge et martyre, dont la fête se célèbre le 22 mai. Le curé ne réside que depuis 1670 environ, par suite d'une ordonnance de Claude Joly. Il ne chante pas les vêpres, faute d'assistance. Le titulaire actuel est Vincent Phiquepal qui prêtera le serment et mourra pendant la Révolution.

Note :

1. Le Tolsat est un ruisseau qui passe à Fauillet.

2. Le Chantre avait affermé sa part de dîme : 3.5oo livres ; le Chapitre du Mas, la sienne : 315.

L'Eglise d'Agen sous l'ancien régime. Pouillé historique du diocèse d'Agen pour l'année 1789 par le chanoine DURENGUES.

Photos de Catherine Bonhomme.

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