Histoire de Sainte-Bazeille.
C.H.G.H.47
Au bureau, 54 rue de Cocquard, à Villeneuve-sur-Lot, les adhérents peuvent consulter nos archives, de nombreux dépouillements et relevés de tables décennales.

CHAPITRE VIII.

EPOQUE CONTEMPORAINE.

 

Sur la liste des prêtres qui figurent dans l'organisation du diocèse d'Agen le 8 octobre 1803, sous Mgr Jean Jacoupy, nous trouvons M. l'abbé Bascans, curé de Saint-Pardoux, et M. l'abbé Pasquerie, curé de Marcellus, tous deux vicaires de Sainte-Bazeille avant la révolution et prêtres insermentés. Nous avons déjà vu que M. Lugat avait repris son poste à la cure de cette dernière paroisse.

Un ouragan, furieux enlève les toits des maisons le 2 décembre 1801 et la Garonne déborde le 31 du même mois.

1803, 14 février. Le froid est si vif qu'il glace les eaux du fleuve.

1806, 19 février. Une mission s'ouvre à Sainte-Bazeille, fait un bien immense et se termine le 4 avril, jour du Vendredi Saint, par la pose d'une croix de bois.

1807, 9 février. Débordement de la Garonne.

1811, 16 février. Nouvelle inondation. En décembre, le blé se vend 36 francs 50 l'hectolitre.

En 1812 il vaut 3-4 francs, et au mois de mai 55 francs et jusqu'à 68 francs.

1814, 23 avril, « Séance extraordinaire du conseil municipal du 23 avril 1814.

« Aujourd'huy vingt trois avril mil huit cent quatorze, le conseil municipal de la commune de Ste-Bazeille, canton et arrondissement de Marmande, dép. de Lot-et-Garonne, convoqué extraordinairement par Monsieur le Maire de la présente commune, en exécution de la lettre qu'il a reçu de M. le Préfet sous la datte du 18 du présent mois, à l'effet de délibérer sur le décret du Sénat qui déchoit du trône Napoléon Bonaparte et abolit l'hérédité dans sa famille, et que le peuple français appelle librement au trône de France Louis Stanislas Xavier de France, frère du dernier Roy, et après lui les antres membres de la maison de Bourbon dans l'ordre ancien, et donner son adhésion aux actes du Sénat en reconnaissant le nouveau et véritable Roy des Français.

« Le Conseil municipal délibérant au nombre de 9 membres, le dixième absent, délibère à l'unanimité qu'il adhère d'autant plus volontiers à l'acte du Sénat conservateur, concernant la déchéance dudit Bonaparte et sa famille, qu'il a toujours soupiré après l'heureux retour qui vient de s'opérer et qui rappelle l'ancienne et illustre famille descendante du grand et bon Henry quatre.

« Fait et délibéré en conseil municipal, lesdits jour, mois et an que dessus,

« S. Rapin, maire, Mouchet, adjoint, Beylard, Chaubin, Uzard, Rapin aîné, Ferrand, Bordes, Bertrin, »

Dans les premiers mois de 1817, l'hectolitre de blé vaut 45 francs, et diminue de 3 francs en mai et en juin.

1819, 31 mars. La pose d'une croix en bois sur le grand chemin clôture la mission qui avait duré 31 jours.

L'hiver de 1821 est très froid, et celui de 1821 à 1822 est très doux ; le thermomètre, ne descend à zéro que quatre fois et au mois de mars la chaleur est de 210 et 280. En avril, viennent de fortes gelées dont les vignes souffrent beaucoup. Le 30, il y a 25° de chaleur. Orage et grêle le 4 mai. Le vin est en barrique à la fin d'août.

En 1827, inondation de la Garonne : l'eau dépasse l'étiage de 9 mètres 08, Pertes immenses, neiges extraordinaires.

1828, 7 juillet. Orage et grêle, arbres arrachés, récolte perdue.

1829, 6 janvier. Le R. P. Chambret ouvre la mission qui se termine par la pose d'une croix de fer devant l'église.

1829. De grands froids commencent le 19 décembre, avec verglas et neige les 22 et 23 du même mois et les 10, 12 et 17 janvier 183 o. Le 27 décembre précédent la Garonne charrie des glaces et est entièrement prise le 28 à midi. Le froid est moins vif du 9 au 14 janvier suivant, mais redouble d'intensité le 15 et le 16. Le 20, une forte pluie amène la débâcle ; les glaçons qui s'entrechoquent, produisent un bruit effrayant. Pendant 24 jours on avait pu traverser le fleuve avec chevaux, bœufs et charrettes.

La gelée fit fendre des arbres énormes ; le pain, le vin et la viande se gelaient, ainsi que la terré à 15 pouces de profondeur. Le thermomètre varia de 7° à 11°, du 25 décembre au 16 janvier. Le vent était nord et nord-est. La Garonne fut prise de nouveau le 4 février. - Les 20 et 23 mai, grêle ; le 25 juillet, chaleur extraordinaire.

Nous lisons dans le Registre des délibérations du conseil municipal :

« Aujourd'hui six janvier mil huit cent trente-un, le Conseil municipal assemblé extraordinairement à l'hôtel de la mairie en vertu de l'autorisation donnée par Monsieur le sous-préfet en date du 24 décembre dernier, au nombre de dix-huit, sous la présidence de Monsieur le Maire, Monsieur le Maire a remercié l'assemblée de l'honneur qu'elle lui avait fait de le nommer ainsi que son fils pour

porter au Roi Louis-Philippe ier les félicitations des habitans de la commune sur son avènement au trône, et a demandé que l'adresse et la réponse de S. M., ainsi que l'adresse et la réponse du général Lafayette fussent transcrites sur le registre de délibération pour perpétuer ces actes

de patriotisme ; il a également déposé pour être conservé aux archives le Moniteur du 28 novembre où était contenue l'adresse, et la réponse du Roi.

« Sur cet exposé le Conseil a été à l'unanimité de cet avis ; en conséquence les pièces ci-dessus mentionnées seront transcrites à la suite de la présente délibération avec les noms des signataires.

« Fait et délibéré à la mairie les jour, mois et an que dessus. »

« Blazimet, Uteau, Bordes, Bertrin, Claris, Teyssier, De Bentzmann. »

Adresse des habitans de la commune de Sainte-Bazeille à Sa Majesté le Roi Louis-Philippe 1er :

« La députation de Sainte-Bazeille a été présentée au Roi par Monsieur Merle de Massonneau, député, Monsieur de Bentzmann, maire et président de la députation, a lu l'adresse suivante :

« Sire,

« Les habitans de la commune de Ste-Bazeille, l'une des plus considérables de l’arrondissement de Marmande, qui dès le 3 août, ont arboré le drapeau de la liberté et de la victoire, ne veulent pas être indifférens aux grands événements qui vous ont porté au trône des Français.

« Comme votre aïeul, Henri-le-Grand, que nous n'oublierons jamais, vous avez arrêté l'anarchie et étouffé la guerre civile prête à nous dévorer ;

« Le jour que vous êtes monté, au trône ; Sire, nous avons espéré ; deux mois de votre règne nous ont convaincus que nous serons, heureux et libres sous un si bon prince ; mais aussi aucun sacrifice ne nous coûtera pour défendre votre trône si dès insensés osaient l'attaquer : nous sommes organisés en gardes nationales ; nos officiers ont connu autrefois les chemins de la victoire, ils sauront nous guider encore, heureux de verser notre sang pour le Roi, la patrie et la liberté.

« Comptez, Sire, sur vos fidèles habitans de Ste-Bazeille ; leurs vœux sont l'expression du cœur ; ils parlent, à Philippe comme leurs aïeux parlaient au bon Henri. »

Le Roi a répondu :

« J'ai la confiance que si les besoins de la patrie vous appelaient sous ses étendards, pour la défendre contre les ennemis du dehors, on vous verrait accourir avec le zèle dont j'ai été témoin lorsqu'en 1792 les bataillons de Lot-et-Garonne sont arrivés à l'armée où je me trouvais. Animé des mêmes sentimens, je saurai défendre la patrie contre toute invasion, maintenir son honneur et l'indépendance nationale. Je sens que tout dévient facile quand on est soutenu par le concours et l'assistance de la nation. Le trône qu'elle a élevé et sur lequel je suis assis aujourd'hui, par son vœu, ne peut être appuyé que sur les libertés nationales. Il n'y a de garantie pour le trône que celle du règne des lois et du respect des droits de tous. C'est ainsi que j'ai entendu la royauté, c'est le seul motif qui m'a porté à accepter la couronne. Soyez sûrs que je serai fidèle à ces principes tant que j'existerai. »

Monsieur de Bentzmann a eu l'honneur de dîner avec S. M.

« Signataires de l'adresse au Roi : MM. de Bentzmann, maire, Baudet, adjoint, Dupons, Jules Rapin, légionnaire, Dupont, Bordes, Uteau, Capdeville, Sarrazin, Blazimet, Claris, Maubourguet, Gautier, Teissier, membres du conseil municipal, Chaubin, capitaine de la garde nationale légionnaire, Cahuac, notaire, Douet, percepteur, Martinet, négociant, Bertrin, négociant, Teyssier, officier en

retraite. »

Adresse de la garde nationale de Sainte-Bazeille

« A Monsieur le Général Lafayette, commandant les gardes nationales de France.

« Général,

« Depuis quarante ans votre nom est l'écho de la liberté. Quel mortel a jamais parcouru une carrière aussi complète : aussi grand dans le Nouveau Monde que dans la vieille Europe. Heureuse France si féconde en grands hommes, tu as produit des conquérants et des libérateurs ! Nous aimons à parler des grandes actions des uns et des bienfaits des autres ; mais, lorsqu'assis au foyer domestique nous

parlons de Napoléon et de Lafayette, que nous racontons... les hauts faits du grand capitaine auxquels plusieurs de nous, ont pris part, nos femmes et nos filles en essuyant quelques larmes, nous disent : plus, heureux Lafayette ! Son épée n'est sortie du fourreau que pour là liberté des peuples ; elle est pure d'ambition. L'histoire dira ce que nous disons tous : l'un a jeté de l'éclat sur un grand peuple, l'autre a fondé et constamment défendu les libertés de ce même peuple.

« Nous avons une faveur à vous demander, Général, et vous ne nous la refuserez pas, notre nouveau maire qui vous offrira cette adresse, est chargé de vous présenter un drapeau : les ministres de la religion refusent, assure-t-on, de le bénir ; eh bien, avons-nous dit, que le vénérable Lafayette, le patriarche de la liberté, y appose ses mains libres et pures, et si le moment du danger arrivait, nous  crierions tous : Au drapeau de la liberté béni par Lafayette ! et nouvel oriflamme nous trouverions notre tombeau, autour de lui, ou nous serions vainqueurs !

« Recevez, Général, l'hommage du profond respect avec lequel nous avons l'honneur d'être, Général,

« Vos très humbles serviteurs.

« Chaubin, capitaine commandant, légionnaire, Jules Rapin, lieutenant légionnaire, Dupont, lieutenant, Ricard, sous-lieutenant, Bertrin, sergent-major, Ragot, sergent, Caillé, fourrier, Teissier, sous-lieutenant en retraite. »

La même députation s'est aussi rendue chez M. le général Lafayette, qui a bien voulu attacher la cravate au drapeau qui lui a été présenté et il a remis à Monsieur le Maire la réponse suivante pour la garde nationale de Sainte-Bazeille.

« À Messieurs de la Garde nationale de Sainte-Bazeille.

« Mes chers frères d'armes,

« J'ai été bien sensible à la bonté que vous avez eue de faite attacher de ma main la cravate de votre drapeau, et quoique nos amis se soient chargés d'être les interprètes de ma gratitude, j'ai voulu vous témoigner moi-même toute la réciprocité des sentimens d'amitié et de confiance dont vous voulez bien m'honorer.

« Agréez-en, je vous en prie, la cordiale et reconnaissante expression,

« Lafayette.

« Paris, le 4 décembre 1830. »

En 1833, débordement de la Garonne. En juin, la petite vérole attaque les personnes de tout âge.

1835, décembre. La Garonne est prise par les glaces, ainsi qu'en janvier 1836.

1837. Hiver long et rigoureux. Le 2 mai, inondation du fleuve. En juin et en août, très fortes chaleurs.

1840, 16 décembre. Le froid, de 8° Réaumur, glace la Garonne.

Le débordement de janvier 1843 monte à 9 mètres 32,5 au-dessus de l'étiage.

1846. De mai à septembre, grandes chaleurs.

1851, 3 décembre. À la nouvelle du coup d'Etat, les républicains de Marmande s'agitent. La cour de la mairie est envahie par la foule des manifestants, qui force le conseil municipal à déclarer la déchéance de L. N. Bonaparte. L'émotion est plus vive le lendemain à la lecture de la proclamation du ministre de la guerre, Saint-Arnaud, qui ordonnait de fusiller tout individu pris, construisant ou défendant une barricade, ou les armes à la main. Depuis onze heures du matin les rassemblements se multiplient et le mouvement devient général et menaçant, vers six heures du soir, à l'annonce que M. le sous-préfet, Pellenc, vient d'organiser dans son hôtel une réunion armée pour empêcher toute manifestation. En effet, M. Duffour, maire de Marmande, suivi de son personnel et les fonctionnaires, gendarmes et hommes du parti de l'ordre s'étaient groupés autour de M. le Sous-Préfet, dès qu'il eut fait publier en ville et aux environs « de faire respecter les décrets du Président de la République, même par les armes s'il le fallait ». Les républicains exaltés ne parlent de rien moins que d'emporter d'assaut l'hôtel de la sous-préfecture et d'en enlever les armes pour les distribuer au peuple.

L'heure suivante, quelques meneurs entraînent des masses de gens résolus devant ledit hôtel, lorsque heureusement MM. Vergnes, Laffiteau, conseillers municipaux, Bacarisse et Mouran, députés par une partie plus modérée de la population, se présentent auprès de M. Pellenc et ont ensemble une convention qui apaise les mécontents. De part et d'autre, on devait attendre les événements de Paris ; M. le Sous-Préfet acceptait le concours du peuple, qui devait respecter l'enceinte de son hôtel et n'avoir que la garde de la ville. Il s'engageait à défendre l'entrée à tout corps armé venant à son secours, et pareillement la population ne laisserait venir à son aide, dans les mêmes conditions, aucun étranger.

Le 5 décembre, les nouvelles de Paris et des principales villes de province étant mauvaises pour les républicains, l'agitation recommence de bonne heure et devient tumultueuse. M. Vergnes harangue la foule pour la dissuader de prendre les armes et d'engager une lutte inutile. De sourds murmures lui répondent, et, devant cette obstination à vouloir résister quand même, l'orateur s'écrie : « Le sort en est jeté, organisons-nous, chiens, pour la défense de la loi ! » A neuf heures du matin, M. Duffour, maire et MM. Morin et Dupont, adjoints, donnent leur démission devant le Conseil municipal, qui prononce aussitôt la destitution de M. le Sous-Préfet et nomme une commission provisoire de trois membres : MM. Vergnes, président, Goyneau et Mouran, aîné, vice-présidents, et lui délègue ses pouvoirs.

L'insurrection armée est décidée.

La garde nationale reconstituée a pour commandant le citoyen Bacarisse qui fait sur le champ accepter pour commandant général de la garde nationale de Marmande et des troupes de l'arrondissement l'ex-chef d'escadron Peyronny, dont la réputation de brave officier égalait celle de bon républicain. L'hôtel de la mairie sert dès ce moment à la fabrication des poudres et à la confection des cartouches et des boîtes à mitraille.

Une proclamation de la commission provisoire et un ordre du jour de Peyronny engagent les communes voisines à suivre l'exemple de la ville.

La nuit se passe dans le calme. Le samedi, 6 décembre, jour de foire, des gardes nationaux de plusieurs communes des environs arrivent à Marmande, vêtus de blouses, de vestes, de chapeaux, de bérets et de casquettes et armés de fusils de chasse, de vieilles carabines, de fourches en fer, de faux emmanchées au rebours et même de broches et de bâtons. Les Marmandais seuls fournissent plus de 1.200 hommes, assez bien armés et équipés et deux pièces d'artillerie.

Sur ces entrefaites, MM le sous-préfet Pellenc et l'ingénieur Joly étaient à Bordeaux demandant des troupes pour marcher sur la ville insurgée. Le général d'Arbouville les renvoie à La Réole rejoindre le lieutenant de gendarmerie Flayelle et ses 33 hommes pour attendre les événements.

Nos révoltés pensaient se relier avec ceux des arrondissements de Villeneuve et de Nérac qui avaient pris les armes, et marcher sur Bordeaux en recueillant le contingent de La Réole. Des estafettes mettraient ces villes en relation.

Mais ce jour-là, les dépêches de Paris et de la province annonçaient la défaite du parti républicain et la complète : réussite du coup d'Etat. On apprenait aussi que des troupes de Bordeaux étaient prêtes à marcher sur Marmande, et que les insurgés de Nérac avaient subi un échec définitif aux portes d'Agen. Peyronny, dont le zèle se ralentissait à ces nouvelles décourageantes, passe la revue de tous ses hommes, les félicite de leur tenue et congédie dans leurs foyers les paysans venus d'ailleurs. Cette dernière mesure exaspère les républicains exaltés qui crient à la trahison. On provoque une revue pour l'après-midi, et l'on fait appel à tous ceux qui voudront se battre. Un peu plus de 200 citoyens sortent des rangs décidés à lutter jusqu'au dernier. Mais à la nouvelle que la tranquillité règne à Paris et dans les grandes villes et qu'une colonne expéditionnaire de 800 hommes composée d'un bataillon d'infanterie, d’un escadron de cavalerie et d'une batterie de canons est en marche de Bordeaux sur Marmande, le désarroi est à son comble, tellement que les chefs eux-mêmes se retirent et vont se coucher vers 10 heures du soir. Pendant la nuit, les plus exaltés s'écrient : « Trahison ! nos chefs se sauvent ! » Des rassemblements se forment partout dans la ville, le tocsin sonne, la générale est battue : « Aux armes ! aux armes ! nous voulons nous battre ! Où sont nos chefs ? » clame-t-on de toutes parts. On fait lever MM. Vergnes, Peyronny et Séré Lanauze : « Mes amis, s'écrie le commandant d'une voix enrouée, je ne puis vous conduire !... Nous ne pouvons courir à un désastre certain, à une déroute inévitable. D'ailleurs, d'après la résolution prise en conseil, dans la soirée, par la majorité des officiers de la garde nationale, la résistance est devenue inutile et nous nous exposons à de grands dangers de la continuer. » - « Nous voulons aller à la rencontre de la troupe, pour nous battre ! » disent les uns. « Vous êtes venu ici nous armer et maintenant vous ne voulez plus marcher ! Allons ! aux armes ! » crient les autres. - « Eh bien ! marchons ! allons-nous battre ! » répond Peyronny de sa voix enrouée.

Et la foule répète : « Aux armes ! » Ils sortent de la ville au nombre de mille ou douze cents, entonnant la Marseillaise et le Chant du départ et criant : Vive la République !

Trois heures du matin viennent de sonner. Laissons parler ici M. Neuville (Proscription de Marmande, p. 84-93) auquel nous avons emprunté ce qui précède,

« A sa sortie de Marmande, la garde nationale rentra dans le calme le plus absolu... et poursuivit son chemin en très bon ordre, sur la route de Sainte-Bazeille.

« Peu à peu, beaucoup de Marmandais, qui marchaient dans les rangs, s'étaient mis à réfléchir.

« Cette marche, par un froid assez vif et par une nuit silencieuse troublée par les seuls pas cadencés des hommes, avait calmé les têtes trop chaudes. Ce fut pour eux une véritable douche...

« On avait à peine fait deux ou trois kilomètres que quelques courageux soldats citoyens commencèrent à déserter, en se débandant de la troupe et en se cachant dans les fossés ou derrière de gros arbres, qui à cette époque garnissaient la longue et droite avenue ; de la route...

« Les gardes nationaux qui formaient le gros de la colonne allaient cependant d'un pas forme et résolu.

« Il faisait une nuit étincelante d'étoiles et un clair de lune brillant ; mais avant d'arriver à Sainte-Bazeille, vers les 4 heures du matin, une épaisse vapeur de brouillards s'éleva dans l'atmosphère, qui empêchait de distinguer les objets de loin ; on y voyait à peine à trente pas.

« On arriva au bourg.

« À l'entrée... se trouvent deux chemins, l'un à gauche, allant vers Couthures, et l'autre à droite, à quelques cents mètres plus loin, se dirigeant vers Castelnau.

« Comme le bruit courait que la troupe de ligne débarquait aux environs de Couthures et pouvait déboucher par le premier chemin, le commandant Peyronny laissa sur ce point un fort peloton avec ordre d'en défendre le passage coûte que coûte et de s'y maintenir vaillamment.

« À peine ces dispositions étaient-elles prises et la colonne venait de continuer sa marche en avant, que le capitaine Séré Lanauze, qui était en tête de l'avant-garde, rebroussa subitement chemin et se replia vivement en disant à son commandant qu'on entendait la cavalerie arriver au galop.

« Alors Peyronny s'avança à grands pas et entendit, en effet, des cavaliers qui galopaient a toute bride, il arrêta sa troupe, fit battre la charge et cria lui-même avec le râle enroué qui remplaçait son tonnerre habituel : « Qui y vive ! » à ceux qui approchaient. Mais comme il pouvait à peine parler, une voix plus forte, que la sienne : répéta ce cri. On n'y répondit pas. Le commandant, devant ce silence fit-taire le tambour et crier de nouveau « Qui vive ! » On répéta pour la troisième fois le même, appel. La troupe répondit par le mot « carabine ! » aux trois sommations de Peyronny. La route s'éclaira, tout-à-coup, puis l'on entendit le fracas roulant d'un feu de file. Une grêle de balles fondit sur le bataillon Marmandais, plusieurs de ces balles passèrent au-dessus de la tête des hommes de ce bataillon, mais toutes ne furent pas perdues. L'une d'elles vint atteindre la casquette du commandant dont la visière fut trouée, d'autres blessèrent bien légèrement quelques hommes de la colonne... Peyronny à cette décharge inattendue, se porta vers, la gauche, se retourna vers ses, hommes, et, comme la troupe qui venait de faire feu, prenait le galop, le sabre en main, pour passer sur la Garde nationale et la fouler aux pieds, il tira lui-même ses deux coups de pistolet sur les assaillants, puis, agitant son sabre en l'air, il s'écria : « Feu ! feu ! mais tirez donc ! »

« Ce commandement, qu'on ne pouvait entendre, fut encore répété par une autre voix et alors une fusillade s'engagea sur toute la ligne des gardes nationaux.

« Elle fut meurtrière dans les rangs des cavaliers. Plusieurs chevaux chancelèrent et s'abattirent.

« Quand le nuage de fumée fut dissipé, Peyronny s'aperçut que ce qu'il avait pris pour un escadron de cavalerie, n'était qu'un détachement de gendarmes, qui, après avoir reçu la première décharge tirée par les Marmandais, tournant bride, s'enfuyait au galop, laissant sur le champ de bataille un maréchal des logis blessé et un ou deux chevaux tués ou démontés.

« Après la dispersion de la cavalerie, un feu de tirailleurs fut dirigé sur elle au commandement d'une voix forte qui n'était pas celle de Peyronny, parti de la colonne Marmandaise qui criait : « Feu ! feu ! sur les fuyards ! »

« Cette seconde décharge ne toucha personne, elle ne fit qu'accélérer la déroute des gendarmes…

« ... Après ce court échange de coups de fusils lorsque l'exaltation causée par l’odeur de la poudre se fut calmée et que les Marmandais jugèrent de la gravité de leur situation et de l'impossibilité de lutter contre des troupes aguerries et disciplinées qui accouraient sur eux, le découragement fut subit et la démoralisation fit de rapides progrès,

« Bon nombre d'entre eux qui n'avaient jamais vu le feu dans aucun combat, furent saisis de terreur aux premières détonations qui éclatèrent, et regrettaient, amèrement d'avoir quitté, leurs lits bien chauds.

« Le détachement que l'on avait mis en vedette sur la route de Couthures, avait quitté son poste et était venu se joindre au gros de la colonne, aux premières décharges qu'il avait entendues.

« La débandade commença bientôt dans les rangs. De toutes parts on abandonnait le bataillon.

« Les gardes nationaux revenaient sur leurs pas pour s'enfuir vers Marmande ; le long de la route, ils jetaient leurs armes dans les fossés, dans les haies, dans les champs, etc.

« Le commandant Peyronny, sans perdre son temps, releva le moral de ses hommes épouvantés, remit de l'ordre dans, leurs rangs et commanda à ceux qui ne s'étaient pas enfuis de se diriger sur Castelnau-sur-Gupie.

« Cette marche de retraite se fit en assez bon ordre et, en arrivant sur les hauteurs de ce village, le corps des gardes nationaux se composait de deux cents hommes environ qui se trouvaient réunis sous son commandement...

« Arrivés à Castelnau, on prit une forte position et on y fit une grande halte.

« Au moment où la colonne marmandaise prenait quelques instants de repos, des hommes s'en détachèrent ; ils allèrent aux cloches et sonnèrent le tocsin pour exciter les habitants de ce village et des environs à se mettre dans leurs rangs ; mais ils carillonnèrent en vain, à peine reçoit-on les recrues de trois ou quatre volontaires.

« C'est aussi pendant cette halte que plusieurs citoyens et des mieux armés avaient déserté sans mot dire. »

« Une telle conduite indigna Peyronny, et, s'adressant à ces hommes, il leur demanda quels étaient ceux qui étaient décidés à mourir. Il ne lui resta, au sortir du village, que soixante-dix à quatre-vingt volontaires, dont le nombre s'éclairait encore bientôt après.

« M. Peyronny entraîna ces quelques hommes et les fit arrêter tout près de Caubon, sur le bord des bois immenses qui couvrent ce pays. Là, découragé et ne sachant quelle détermination prendre, après une ou deux heures de repos, il réunit ses compagnons, leur remontra l'impossibilité de soutenir la lutte, du moins en ce moment, et les engagea à rentrer chez eux en rapportant leurs armes, qu'un bon soldat, leur dit-il, ne doit jamais abandonner.

« Pendant que Peyronny marchait avec sa colonne vers Castelnau, voyons ce qui se passa à Sainte-Bazeille, sur le lieu où l'engagement s'était livré.

« Les cavaliers qui avaient donné sur la Garde nationale étaient bien des gendarmes, qui, au nombre de 35, sous le commandement du lieutenant Flayelle, ayant dans leurs rangs M. le Sous-Préfet, étaient partis de La Réole, à 3 heures du matin, pour se rendre à Couthures, afin d'y favoriser le débarquement des troupes.

« Ils poussèrent leur fuite jusqu'au second pont de Gupie.

« Dans la journée, M. Pellenc parvint à rallier une douzaine de gendarmes avec lesquels, après avoir eu connaissance de la direction qu'avait prise le corps d'armée de Peyronny, il se rendit à Sainte-Bazeille où il attendit la force armée pour rentrer à Marmande avec elle.

« Sur le champ de bataille, Flayelle, de son côté, se dégagea de dessous son cheval et vint dans l'intérieur du bourg, où il trouva quatre ou cinq de ses hommes, qu'il reprit sous son commandement. Incertain sur la conduite qu'il aurait à tenir, il fut averti par la fumée et par le bruit

Des roues, de l'arrivée du bateau à vapeur. Un paysan conduisit M. Flayelle et les quelques gendarmes qu'il venait de rallier, sur les bords de la Garonne.

« Il y arrivèrent trop tard, le bateau avait déjà effectué son débarquement et les soldats qu'il portait étaient en marche sur Sainte-Bazeille et le maréchal des logis, Gardette, qui avait eu également son cheval tué sous lui, comme son lieutenant Flayelle, moins heureux que ce dernier, avait été atteint de deux balles dans la cuisse droite !

« Après s'être délivré de dessous son cheval, ce malheureux sous-officier essayait de se traîner sur la cuisse gauche, lorsqu'il fut entouré par deux ou trois retardataires de la colonne insurrectionnelle qui gagnait Castelnau.

« Dans un moment de délire, ils se ruèrent sur le pauvre blessé, qui sans mouvement gisait baigné dans son sang et le frappèrent impitoyablement.

« ... Gardette fit le mort devant les actes sans nom dont il était victime...

« Quelques instants après, des habitants de Sainte-Bazeille vinrent au secours du blessé et le portèrent à la mairie où les premiers soins lui furent donnés par M. le docteur Espagnet.

« Une ou deux heures après la bataille, la troupe de ligne qui remontait la Garonne en bateau à vapeur et venait d'atterrir, en face de Sainte-Bazeille, contre les alluvions, au lieu-dit de Cachet, à l'instant où la fusillade, grondait, entra dans le village. C'était dans la matinée du lundi, 8 décembre, au moment où le bataillon Marmandais occupait les hauteurs de Castelnau.

« L'infanterie, justement inquiète de la défaite des gendarmes, très mal informée du reste par les gens de la contrée et comptant sur une vive résistance de la part des insurgés, que l'on croyait repliés sur Marmande, s'arrêta à Sainte-Bazeille où elle campa jusqu'à l'après-midi, pour laisser arriver la cavalerie qui faisait partie du même corps expéditionnaire.

« Enfin, vers les 3 heures de relevée, ce corps composé d'un bataillon du 75e de ligne, d'un escadron du 13e chasseurs à cheval et d'une batterie du 9e d'artillerie, auquel s'étaient joints les quelques gendarmes que le lieutenant Flayelle et le sous-préfet Pellenc avaient pu réunir au point du jour après l'engagement, fit son entrée dans la ville de Marmande, tambours et clairons en tête avec toutes les autorités locales, qui l'avaient quittée le 5 décembre, lors de la levée de boucliers des républicains. »

1855, 5 juin. L'inondation de-la Garonne atteint la hauteur de 9 mètres 695, au-dessus de l'étiage. On ressent, le 5 décembre, un léger tremblement de terre.

1856, mai. Le débordement dépassé de 0 mètre 140 celui de l'année précédente. En juin, un second atteint 8 mètres 39.

1861, 27 juillet. Sainte-Bazeille est en fête. Des arcs de triomphe s'élèvent sur là route, de. Marniande à la limite des deux communes. La population entière, précédée du maire, M. Léopold Bentéjac, à la tête de son conseil municipal, va recevoir solennellement le général de Bentzmann, commandant en chef de l'artillerie du corps expéditionnaire en Chine, qui rentre dans sa patrie, après cette difficile et périlleuse campagne où il avait déployé de remarquables aptitudes militaires et contribué puissamment au succès de nos armes. Il veut faire hommage à sa vieille mère et à son pays des épaulettes étoffées que l'Empereur vient de lui donner en récompense de ses brillants services.

Le bruit du canon et une marche guerrière magistralement exécutée par l'habile fanfare de Sainte-Bazeille (1 ) signalent de loin l'arrivée du général. M. Bentéjac, son ami et son condisciple, lui souhaite la bienvenue, au nom de ses concitoyens, dans ces termes émus et vibrants :

« Général,

« La population qui vous, entoure, dit-il, suivait depuis longtemps d'un œil sympathique la marche de vos succès. La vigueur de vos débuts en Afrique. et plus tard la distinction de votre attitude-en Crimée, lui avaient donné une telle confiance dans votre avenir que son regard, devançant le temps, avait entrevu sur vos épaulettes de colonel l'étoile que vos glorieux services en Chine viennent d'y fixer. Aussi, nous sommes nous abstenus jusqu'ici de toute manifestation, comme d'une démarche prématurée. Nous vous pressentions général, et nous réservions nos acclamations pour, ce nom-là.

« Aujourd'hui, vous nous le rapportez, grandi par le prestige de la distance et rehaussé par le merveilleux éclatde la plus aventureuse expédition qui ait été risquée depuis la conquête du Nouveau-Monde.

« La brillante part que vous y avez prise mériterait, sans, doute, moins de simplicité dans les apprêts de notre accueil. Néanmoins, si ce titre de général a pu mieux vous flatter d'abord- quand, il vous est arrivé de France à travers les mers et que vos soldats l'ont, fait retentir sur la terre étrangère comme le lointain salut de la grande patrie, nous osons croire qu'il vous semblera plus doux, sortant de la bouche de vos concitoyens et vous suivant, comme un écho de gloire, jusqu'au seuil de votre foyer. C'est là que se savourent les joies du triomphe, là que se retrouvent les tendres affections, que se rattachent les longues amitiés.

« Au nombre de celles-là, Général, qu'il me soit permis de compter la mienne et de vous dire que, si dans les modestes fonctions que j'occupe, il y a eu un moment heureux, c'est, celui où il m'est donné d'être auprès de vous l'organe des félicitations et des vceux unanimes de ce pays qui s'enorgueillit désormais de compter parmi ses enfants un des plus glorieux soldats de l'armée française. »

« Ce discours est à peine achevé, les acclamations enthousiastes de la foule expriment éloquemment avec quelle fidélité le premier magistrat a su rendre les sentiments qui font battre tous les coeurs. Le général répond, à son tour, par quelques mots d'une tournure toute martiale et où respirent l'amour de la France et celui du pays qui fait en ce moment une si noble et si touchante réception à l'un des siens, heureux de lui rapporter ses lauriers... Mais loin de là une vénérable mère attend son aimable fils avec une impatience facile à comprendre.

Le général donne à toute la population rendez-vous pour, le lendemain au château de Lalanne. Personne n'y manqua et tous ceux qui assistèrent à cette fête se souviendront longtemps de l'accueil qui leur fut fait par le Général entouré de sa famille.

1866. Le débordement de la Garonne monte à 7 mètres 65, et le 8 décembre de la même année, à 7 mètres 55.

Sainte-Bazeille gardera longtemps le souvenir de l'imposante cérémonie funèbre du 13 juin 1871. La dépouille mortelle du général de Bentzmann était ramenée de Paris où l'intrépide soldat était tombé, victime de son devoir, le 26 décembre 1870, dans le commandement de l'enceinte et des forts de la rive gauche de la capitale assiégée. Une population immense remplissait l'église du cimetière et tous

les alentours pour offrir son dernier hommage. Un éloquent éloge retraçant magistralement la belle carrière et les nobles qualités du général fut prononcé par M. l'abbé Castaing, chanoine de Saint-Denis, ancien aumônier de l'armée de Crimée. C'était à la fois un compatriote et presque un compagnon d'armes (2 ). Ces deux titres avaient valu à M. Castaing l'honneur de prendre la parole dans

cette circonstance ; ils ajoutèrent à son éloquence naturelle quelque chose de particulièrement ému et touchant qui, à plusieurs reprises, fit couler bien des larmes. Puis, M. Léopold Bentéjac, qui dix ans plus tôt accueillait le général à son retour de Chine, prononça sur le bord de la tombe les paroles des derniers adieux. On ne pouvait terminer cette émouvante cérémonie par une note plus patriotique et plus élevée. Le regretté général était le fils aîné de Monsieur Jean Joseph Timothée de Bentzmann et de Madame Thérèze Angélique Françoise Marie Julie de Nélis, habitant le château de Lalanne, dont il a été plus d'une fois question dans la présente Histoire. Nous renvoyons nos lecteurs au chapitre IX où sont racontés (généalogie des Bentzmann) les principaux événements de sa carrière militaire.

On trouvera aussi aux Notes et pièces justificatives n° VIII quelques-unes des lettres adressées à ce brillant officier par plusieurs maréchaux et généraux du second Empire.

1875, 25 juin. Les désastres delà terrible inondation de la Garonne sont trop présents au souvenir de tous pour que nous ayons besoin d'en faire le récit. Le débordement du mois de février 1879, moins élevé d'un mètre environ que le précédent, est cependant un des plus grands dont fassent mention nos annales.

La ville de Sainte-Bazeille a été pendant ce siècle, comme celle de Clairac, le siège d'importantes chapelleries, qui occupaient jusqu'à 600 ouvriers des deux sexes. Aussi la population a-t-elle atteint en 1832 le chiffre de 2.800 âmes, et en 1860, le chiffre de 3.000. Mais la décadence de cette industrie a été si profonde dans ces derniers temps, qu'en l’année 1874, on ne comptait plus qu'une seule de ces fabriques et que depuis une douzaine d'années il n'en existe aucune (3 ).

Au moment où paraîtra l'Histoire de la ville de Sainte-Bazeille, s'élèvera sur l'emplacement primitif, l'église paroissiale de Notre-Dame reconstruite dans un beau style ogival, avec tous les embellissements qui la rendent plus digne de la foi et de la charité des fidèles et de l'importance de l'antique cité, décorée au front d'un nom illustre et saint. Le nouvel édifice sera pour des siècles l'honneur de la municipalité et du Conseil de Fabrique, et proclamera le zèle du vénéré pasteur et la générosité de ses paroissiens, pour la gloire de Dieu et l'édification des âmes.

 

Notes :

 

1. En souvenir de ce jour, le général de Bentzmann donna à la fanfare de Sainte-Bazeille une belle bannière faite d'une robe impériale chinoise. Les musiciens l'ont dignement Iionorée en la couvrant de médailles et de trophées remportés dans d'importants concours. Puisse-t-elle bientôt sortir de son repos momentané et reprendre ses traditions de victoires pacifiques !

2. M. l'abbé Castaing était originaire de Meilhan et sortait du Séminaire d'Agen.

3. En 1889 un violent incendie anéantit la magnifique usine de céramique dont les voyageurs admiraient, au sortir de là ville, sur le bord de la voie ferrée de Toulouse à Bordeaux, les proportions grandioses et le style quasi-oriental. Il reste encore à Sainte-Bazeille deux excellentes distilleries d'où sortent des liqueurs de premier choix, au nombre desquelles on peut signaler la Bazeillaise, heureuse contrefaçon de la Chartreuse.

 

 

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