Histoire de Sainte-Bazeille.
C.H.G.H.47
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CHAPITRE V.

LES BOURBON.

I.

HENRI III, ROI DE NAVARRE.

(FUTUR HENRI IV, 1572-1610).

 

Le futur Henri IV ne semble avoir fait qu'une seule visite à sa ville de Sainte-Bazeille : il y passa les journées du 22 et 23 janvier 1577 ( ).

Après la révocation de l'édit de mai 1576, résolu d'assiéger Marmande, quoique cette ville fut alors très, bien fortifiée et abondamment pourvue de munitions, ce prince ordonna en 1577 à Lavardin de faire les approches de la place, mais il commençait à se repentir de cette tentative regardée comme une folie par ses plus anciens capitaines quand il apprend que Biron et le comte de Foix se sont avancés jusqu'à Sainte-Bazeille, afin de surveiller les travaux du siège. Il leur envoie sur le champ Ségur et Duplessis-Mornay, les chargeant d'entamer avec eux des négociations. Le canonnier qui servait la seule couleuvrine qu'eussent les calvinistes venait d'être tué, les boulets manquaient d'ailleurs et l'on n'entendait plus depuis Sainte-Bazeille aucune décharge dans le lointain. Les deux généraux catholiques en témoignent leur étonneinent à Duplessis, mais l'habile diplomate se tire d'embarras en leur affirmant que si le canon se taisait, c'est parce que les boulets ont assez élargi la brèche pour faire donner l'assaut. Biron et le comte de Foix se laissent prendre à cette ruse et engagent eux-mêmes les gens de Marmande à conclure une trêve avec Henri de Bourbon ( ).

En la même année, la portion calviniste des habitants de Sainte-Bazeille adresse au roi de Navarre la requête suivante, à laquelle ce prince répondit favorablement comme on va le voir.

« Au Roy de Navarre, gouverneur lieutenant général en Guienne.

« Sire, les habitants de votre ville et juridiction de Sainte-Bazeilhe vous remontrent très humblement que la [plus] part d'eulx sont de la relligionrefourmée et pour ceste cause se sont tousjours employés à l'entretenement des ministres de la parolle de Dieu selon le peu des moyens que Dieu leur a donné, d'autant qu'ils sont fort paouvres et en ces guerres ont grandement souffert, tellement que à cause de ce ils n'ont heu moien, long temps y a, de soulager le sieur de Cazaulx, leur ministre aussi que, à la vérité, led. sieur de Cazaulx avoit, des moyens a luy particuliers, pour s'entretenir et pour ceste cause, veu leur paouvreté, il les soulageoit. Mais maintenant que led. sieur de Cazaulx est privé de la joissance de ses biens qui sont à Marmande et ez, environs et les ennemis les possèdent, ils sont sans aucune commodité ne moien d'entretenir led. sieur de Cazaulx ; comme il est aussi en sorte que en défaut d'entretenernent il sera contrainct de les abandonner et se retirer ailheurs. Par quoy, sire, il plairra à Vostre Majesté donner moien aux supplians d'entretenir led. de Cazaulx et, pour ce faire, vouloir, donner et accorder la dixme des blés et vins de la paroisse de lad. ville de Sainte-Bazeille, appartenans aux chanoines de Bazas, prieur et recteur de la Reule (La Réole), lesquels tiennent contraire party, et les supplians prieront Dieu pour vostre prospérité et santé. »

« Le Roy de Navarre, gouverneur et lieutenant-général pour le Roy en Guienne a accordé et donné, accorde et donne aux habitants de Saincte-Bazeilhe supplians la somme de quinze livres ts. par chacun mois, à iceulx prendre sur les deniers des décymes et biens ecclésiastiques, pour leur ayder à entretenir le sieur de Cazaulx, leur ministre, de laquelle somme leur sera expédié mandement. Faict au conseil de la Majesté dud. seigneur tenu à Bergerac, messires de la Noue de Glatteins, chancelier et autres y estans, le dernier jour de may mil cinq cens soixante-dix-sept.

« Henry ( ). »

Le roi de Navarre a signé lui-même.

En conséquence, fut expédiée la lettre suivante :

« A Monsieur et frère Monsieur de Chalup, commis par le Roy et notre caissier de la recette des deniers et affermes ecclésiastiques de Bazadois, à Bazas.

« Monsieur et frère. Je vous prie bailler et délivrer des deniers de votre reeepte que vous pouvez avoir en voz mains et avez receu jusques au XVIIe de septembre dernier, à Me Jehan de Cazaulx, ministre de la parolle de Dieu en la ville de Saincte-Bazeilhe, la somme de trente livres tz. à lui ordonnez, par le Roy de Navarre pour ses gaiges et entretenement pour le mois d'aoust et de septembre derniers passez, qui est à raison de XV l. par mois et en me raportant la carte et quictance dud. de Cazaulx au nom de Me Marc Duperray, trésorier de l'extraordinaire de la guerre, de lad. somme de XV l. pour chacun desd. deux mois revenant à l'a somme de XXX l. Je vous tiendray compte d'icelle et, vous en fournirai de ma quictance sur les deniers de l'ordinaire et recepte (?).

« Faict à Agen, le XVIIe jour d'octobre mil v c. soixante dix-sept.

« Votre amy : Nicolau. »

Jean de Cazaulx avait écrit le 3 septembre précédent à Monsieur de Chalup, à la Réole :

« Monsieur, je ne vous scaurois rescrire aultre chose si ce n'est que je vous eusse commnnicqué et fait voir mes mandements, si j'eusse peu aller en seureté jusques a la Réole, comme j'espère de faire, que Dieu me donne le moien d'aler jusques à Bergerac ; cependant pour le regard de ce que j'ay receu, je vous en rendray bon comte quant il sera besoing, et si vous n'avez point plus de fascherie d'aultre affaire, je vous prie pour ce regard ne vous en donnez point de peine, et en cest endroit je pryrai Dieu, Monsieur, vous tenir en sa garde.

« De Saincte-Bazeilhe, ce IIIe de septembre 1577.

« J. de Casaulx ( ). »

Le 8 octobre 1578, Catherine de Médicis donne, de Sainte-Bazeille, des instructions à chacun des baillis et sénéchaux pour faire, exécuter l'édit de pacification ( ).

La guerre de surprises et de pillage que se faisaient catholiques et calvinistes n'était pas la seule cause des souffrances de la population. L'autorité royale elle-même procédait par des mesures violentes qui indignaient les vrais amis du roi. Le 26 février 1580, le maréchal de Biron ( ) envoyait à Henri III un mémoire dans lequel il dépeignait l'état des esprits et la situation cruelle des choses. Il lui signalait les meurtres qui se commettaient tous les jours, les arrestations arbitraires, les brigandages exercés sur les routes, les levées illégales d'impôts, la saisie des revenus municipaux, etc. Ce mémoire, qui avait pour objet d'ouvrir les yeux au roi sur les faux rapports qu'il recevait, était l'acte d'un bon citoyen ( ).

Le 5 mai de la même année, à minuit, le roi de Navarre fait enfoncer les portes de Cahors avec les pétards. De Cahors, ce prince s'était porté dans l'Armagnac, pour empêcher la noblesse de ce pays de se réunir au maréchal de Biron. Nuit et jour à cheval, il battit un de ces partis dans le voisinage de Vic-Fezensac, et un autre, aux portes de Beaumont-de-Lomagne. A la nouvelle de ces deux combats, Biron sentit l'urgence de se mettre en campagne, et comme il avait donné rendez-vous à toutes ses troupes dans la ville de Marmande, Henri partit de Nérac, pour le combattre, le 15 juin 1580. La veille, il avait nommé André de Meslon ( ) gouverneur de la ville de Monségur, dont ce capitaine s'était emparé le 18 mai précédent et qui était à présent chargé de pourvoir sa nouvelle conquête de vivres et de munitions ( ). Ce jour même (15 juin), à son passage par Casteljaloux, il lui écrivit de se trouver à Sainte-Bazeille avec le plus de gens de pied et de cheval qu'il pourrait rassembler, à la date qui lui avait été déjà indiquée par le capitaine Favas. Du voisinage de ces deux armées, l'une qui occupait Tonneins et Sainte-Bazeille, l'autre Marmande, il résulta divers combats entre les coureurs des deux partis, et l'on sent combien le pays dut souffrir de ces hostilités ().

« Cependant le roy de Navarre avec partie de ses forces, raconte François de Syreuilh ( ), estoit (juin 1580) dans la ville de Thouneins et Alavardin ( ), son lieutenant dans la ville de Sainte-Bazille. – Le vendredi VIII juillet, le sieur mareschal de Biron partit de La Réole pour s'en aller à Marmande et marcha en bataille avec deux pièces de baterie, d'autant qu'il avoit à passer au-devant la dite ville de Saincte Bazille où l'ennemi estoit, et s'arrêta quelques heures au-devant de la dite ville, mays les ennemyes ne firent semblant de sortir et craignant estre assiégés, navrent le feu aulx faubxbourg et les firent brûler, et environ dix granges pleines de bled, foin et paille. – Dans peu de jours après que le sieur mareschal fut arrivé à Marmande le roy de Navarre partit de la ville de Thouneins et s'en alla. Alavardin aussi s'en alla de Saincte-Bazille, y laissant garnison. – Au partir de Thouneins qui fut environ le VX juillet, monsieur le mareschal s'en vint à la Mothe-Moncauze ( ) et fit approcher son camp pour faire les préparatifs pour assiéger la ville de Saincte-Bazille, occupée par les ennemys qui furent sommés de se rendre, à quoi ils ne voulurent obéir. Mays tout aussitost il survint une grande maladie au camp dont plusieurs en moururent, qui fut causé que beaucoup de soldats s'en allèrent du camp, et plusieurs gentilshommes tombèrent malades et s'en alloint à la file, dont mondict sieur mareschal de Biron, marri et fasché luy-même, tumba malade et enfin fut contrainct, sur le commencement du mois d'aoust de licencier un chescun pour s'en aller repatrier et changer d'air, à la charge de le venir trouver dans quinze jours ou trois sempmaines après. »

C'est pourquoi Biron écrivit le 3 août au roi de France et lui raconta que voulant assiéger Sainte-Bazeille, la maladie dispersa son armée, et qu'un arquebusier accompagnant le sieur de Lassale envoyé pour traiter la paix, reçut devant cette ville un coup d'épée quand Favas arriva pour crier holà. Voici cette lettre :

« Sire, par mes deux précédentes des XXVe et XXXe du passé, Vostre Majesté aura veu la payne en quoy j'estois pour le manquement de gens de pied. Toutefois estant venu quelque argent, les mêstres de camp et cappitaines vindrent asseurer tous les sieurs et le président de Nesmond que leurs soldats, se rassembleroyent et asseuroyent d'emploier leurs vies, de sorte que monstrant quelque nombre d'hommes, je ne conseilhé de leur fayre faire monstre. L'on me donna par après advis qu'il y avoit ung très grand nombre de passevolants ; sur quoy je attandis trois jours ; enfin nous accordasmes avec les cappitaines et leur en fut diminué huict cens.

« Sur ce il intervint une maladie soudayne et contagieuse ( ) et le peu d'affection qui estoit en noz gens de pied, cela m'arresta de assaillir Sainte-Bazilhe, veu que ne pouvant comporter de demeurer en ung village, mal aysément le feroient-ils en tranchées. Sur ce, il se trouva deux partis : l'ung que je m'en devois aller en Agenois et en Gasconie pour lever de nouvelles forces et aussy gagnier païs et plusieurs villes qui n'attendoyent que nostre venue ; l'autre que nous allissions prendre Castelz…

« Sire, avant hier le sieur de La Sale, que Monseigneur vostre frère ( ) envoyoit vers le roy et la royne de Navarre, ayant esté vers elle, s'en venant par icy, vint auprès de Saincte-Bazille, ayant avec lui ung harquebuzierde la garde dudict roy de Navarre, lequel voyant venir quinze ehevaulx sortis par le derrière de la ville de Saincte-Bazille ledit harquebusier avec sa cazacque alla au devant cent cinquante pas, leur criant qui il estoit, le bonnet au'poin. Nonobstant cela, il eust un grand, coup d'épée à travers le corps, puis vindrent tuer ledict La Sale. En mesme temps arriva Favas qui fist holla… Voici qu'esloignera beaucoup' ceste négociation de paix, etc. ( ) »

Biron suivit le premier avis de son conseil.

Au commencement du mois d'août, le maréchal de Biron, qui s'était porté de Tonneins sur le Port-Sainte-Marie, était de sa personne dans Agen, d’où il fit quelques démonstrations, d'abord contre le Mas-de-Verdun, puis contre Sainte-Bazeille. C'est à ce propos, que Henri, roi de Navarre, écrivait au commencement d'août à M. de Saint-Geniès : « Le maréchal de Biron est maintenant à Agen avec l'artillerie, faisant semblant d'aller vers Saincte-Bazeille où j'espère si bien pourvoir qu'il n'y gaignera la seconde fois pas plus que la première ( ). »

Biron faisait semblant en effet d'aller vers Sainte-Bazeille afin de masquer ses desseins contre la capitale de l'Albret, où le roi de Navarre venait, de se renfermer, ce en quoi il réussit parfaitement. Cependant, il dut se contenter, bien malgré lui, de la prise de Mézin et de deux autres villes où il n'osa même pas laisser de garnison ( ).

Il fut alors question de négocier une trêve pour traiter la paix. Le 15 octobre suivant, Favas offrit au maréchal de Biron de faire publier la trêve à La Réole, Bazas, Casteljaloux et Sainte-Bazeille, si le maréchal voulait en faire autant, de son côté, à Castets, Meilhan et Marmande.

Lettre de Jean II de Favas ( ), gouverneur de La Réole, à Biron :

« Monsieur mon cousin ( ), vous avez peu cognoistre par la précédente que je vous ay escript, comme je dézirois faire publier la tresve et l'observer tout ainsin qu'elle avoit été accordée par Monsieur ( ) et le roi de Navarre, lequel néantmoingts m'enjoignoit, par la lettre que pour eest effest m'avoit escript, de me gouverner, à la publication de la dite tresve, tout ainsin que les villes tenant vostre party en feraient, et d'autant que je croy que l'instruction dudit sieur Roy n'a en cella chantgé, voilà pourquoi je suis tout prest démon cousté la faire publier en ce lieu, à Bazas, Casteljaloux et Saincte Bazeille ( ). »

Cette proposition fut acceptée, mais l'exécution dura peu, car nous voyons, en novembre suivant, le maréchal de Biron ( ) menacer de nouveau Sainte-Bazeille et Henri charger le capitaine Favas de pourvoir à la défense de cette place, où ce prince envoya aussi le capitaine Marrac.

Le roi de Navarre écrivait en effet à M. de Meslon, le 16 novembre :

« Monsieur de Meslon, D'autant que monsieur de Biron fait âdvancer son armée vers Ste-Bâseille, j'ay donné charge au sieur de Favas, de pourvoir à ce qu'elle soit accommodée de vivres, hommes et autres choses nécessaires, et s'en aller au partir d'icy à Monségur pour donner ordre au tout ( ) ».

Il écrivait encore au même : « Mellon, j'ay advisé d'envoyer le eappitaine Marrac à Saincte-Bazeille. Faictes-le partir incontinent, sans amener pas un cheval et le moins de goujats qu'il pourra. Vous scavés combien la diligence est utile en ce faict ( ). »

Un traité de paix fut signé le 26 novembre 1580, entre le roi de France et le roi de Navarre, par l'intermédiaire du duc d'Alençon. Ce traité avait été précédé de la trêve dont nous ayons parlé, à l'occasion de laquelle Favas avait offert au maréchal de Biron de faire publier dans leurs gouvernements respectifs que « liberté entière était donnée de circuler et de trafiquer en toute sécurité à Bazas, Casteljaloux et Sainte-Bazeille, où commandait Fabas, et à La Réole, Meilhan, Marmande, gouvernés par le maréchal. »

 Depuis l'édit de pacification, écrit M. Léo Drouyn ( ), les trésoriers avaient exactement payé les garnisons des places de sûreté ; mais ils refusaient de continuer. Le roi de Navarre fut obligé de donner le 30 juillet 1581, à M. de Meslon, gouverneur de Monségur, l'autorisation de faire arrêter devant la ville de Sainte-Bazeille, les bateaux chargés, jusqu'à occurrence de la somme due depuis le dernier paiement. – Trois jours après, le roi étant à Nérac lui recommande de laisser passer librement le capitaine Moulard, parce qu'il avait beaucoup souffert dans les guerres

passées. – Afin de donner plus de facilités pour lever cette contribution, ce prince le nomma gouverneur de la ville et du château de Sainte-Bazeille, et c'est en cette qualité qu'il lui écrivit de Nérac, le 9 août, pour lui recommander de ne laisser passer aucun bateau, quel qu'il fût et quelque passeport qu'on lui montrât, jusqu'au paiement intégral des garnisons ( ).

Le 13 août 1581, Henri de Navarre adressa la lettre suivante :

« A Monsieur de Melon, gouverneur de la ville de Monségur.

« Monsieur de Melon, j'envoyé le capitaine Prantinhac à Saincte-Bazeille, pour, en vertu de la commission que je luy ay faict despescher, arrester les bateaulx qui monteront et descendront le long de la Garonne, jusques à ce que vostre garnison et celle de Figeac, à laquelle est due cinq mois, soit entièrement payée. Le sieur de Meausse m'est venu trouver tout exprès, m'ayant représenté l’estat de la dicte ville, si misérable, qu'on n'en doibt attendre qu'une indubitable perte, s'il n'y est pourveu. Par ainsy faittes assister ledict Prantinhac de tout ce qui sera besoing ( ). »

Ce prince écrit le même jour :

« A Monsieur de Melon, capitaine et gouverneur de ma ville de Sainte-Bazeille.

« Monsieur de Melon, j'ai donné passeport à Pierre Tuffeau, présent porteur, pour luy laisser un bateau chargé de bled froment, à luy appartenant. Et pour ce que je désire que ledict bateau passe sans difficulté, je vous en ay bien voulu escrire la présenté pour vous prier que, nonobstant toutes lettres et mandemens que j'en pourrois avoir faictz au contraire, vous mandez aux soldats qui sont à Sainte-Bazeille ou à celluy qui les commande, de laisser passer le dict bateau ( ). »

Le maréchal de Matignon reçut de Henri la lettre suivante, datée du 27 novembre :

« À mon cousin, Monsr de Matignon,

« mareschal de France.

« Mon cousin… Il est hesoing de faire loger la compagnye du capitaine Belsunce dans quelque ville, affin d'éviter aux plainctes qu'on pourroit avoir d’icelle, sy elle tenoit les champs ; ainsy que j'ay commandé à Bissouze, mon secrétaire, vous faire entendre de ma part, et la résolution que j'ay prise de la mettre à Saincte-Baseille ; vous pryant d'envoyer ung commissaire pour ly conduire, après qu'elle aura esté payée pour trois mois. Car aultrement elle n'y pourroit estre qu'avec l'oppression et foulle des habitans de la dicte ville ( ). »

François de Noguères, fils de Jacques de Noguères, succéda à M. de Meslon dans le gouvernement du château et de la ville de Sainte-Bazeille ( ).

La lettre suivante, adressée le 8 avril 1582, parle roi de Navarre, à. MM. du Parlement de Paris, nous montré quelle confusion de pouvoirs régnait à ce moment qu'on appelait pourtant un temps de paix. Henri se plaint de la défense faite aux habitants de Sainte-Bazeille de faire aucune garde et de l'ordre d'abattre les fortifications :

« A MM. de la Court du Parlement de Paris tenant la Chambre de l'ediet establie par le Roy mon seigneur en Guyenne :

« Messieurs, j'ai esté adverty d'un arrest qui a été ces jours passés donné par la Chambre de la Tournelle en la court du parlement de Bourdeaux, par lequel, entre aultres choses, est. défendu aux habitans de ma ville de Saincte-Bazille de faire garde quelconque, et à eux enjoint d'abattre et desmolir les fortifications qui y sont, trouvant bien estrange que la dicte Chambre de la Tournelle entreprenne ainsi de connoistre des choses où j'ay le principal interest, contre l'interdiction à eux faicte par l'edict et articles des conférences ; et encores plus de ce que telles défenses ne sont faictes aux villes de La Réole, Marmande et aultres, mais au contraire, on leur permet et ordonne de faire la dicte garde ; et au lieu d'abattre, et desmolir leurs fortifications, les réparent et mettent en meilleure défense, et m'asseure qu'ils diront qu'ils ne font rien que par autorité du magistrat et supérieur. Et si ceulx du dict Saincte-Bazille ont fait quelque forme de garde, les mauvaises actions et deportemens de leurs voisins, et les troupes et compagnies tenans les champs ne leur en ont donné que trop d'occasion. Et de faire ainsy desmolir mes villes et laisser en leur entier les aultres, c'est chose qui n'est point de l'intention du Roy mon seigneur ; et m'asseure qu'il ne vouldroit point permettre qu'il me fust faict une telle indignité ( ). »

Cette lettre n'eut point l'effet que ce prince en attendait, les fortifieations durent être démolies, car nous verrons bientôt que Sully se plaint que Sainte-Bazeille fut sans rempart pour résister au duc de Mayenne.

Etienne Vilotte ( ) fût commis au mois de février 1583, à la garde du château de Sainte-Bazeille, par le roi de Navarre qui écrivait, le 2-2 juillet suivant, à M. Deymier ( ) :

« Monsieur-Deymier,

« D'autant que j'aurois, au mois de Feverier dernier, commandé, à Estienne Villotte, l'un de mes subjets et abitant de ma ville de Sainte-Bazeille, de prandre garde à la seureté et conservation de mon château, qui est en ycelle et de laisser entrer personne jusques à ce que j'aurois pourveu en la place du feu cappitene Noguères ( ), à qui je avois donné auparavant la charge, et que pour avoir ledit Villotte feit et exécuté mon commandement, il est néanmoins poursuivi comme désobéissant à justisse, n'ayant voulu laisser entrer le vieus senechal de Guienne, qu'il ne congnoissoit point, ne aussi les gens de sa compagnie, lesquels je n'usse voulu permettre y entrer, je vous ai bien voulu écrire la presante pour vous dire que tout ce qui est fait en ce négoce a esté par mon commandement comme j'ay plus particullierement discoureu à Monsr de Foy pour le faire entendre à Messrs de la Chambre. Et pourtant vous ferés chose qui me sera agréable de vous employer pour ledit Villotte en tout ce que vous pourrés, ce que j'estimerés coume si c'estoit en mon propre, attendeu que c'est par mon exprès commandement. En quoi m'asurant que vous ferés tout devoir, je vous ferè plus longue lettre que pour prier le Créateur vous avoir, sieur Deymier, en sa sainte garde.

« A Bazas, ce 22e de juillet 1583.

« Vostre bon amy,

« Henri ( ).

Le 13 juin 1583, le roi de Navarre donne « procuration, à Monsr Me Pierre, de Mesmes, écuyer, seigneur de Ravignan, conseiller et maître des requêtes dudit roi, premier président en la ville et parlement de Pau, à l'effet de vendre purement et simplement à perpétuité et à jamais, sans réservation d'aucun rachat, ou bien aliéner avec réservation dudit achat et tout autrement, ainsi que ledit de Mesmes avisera à faire, savoir, tels biens du domaine dudit seigneur roi, qui lui appartiennent en propriété ou en usufruit en le duché de Guyenne, et ce, à tels personnages et à telles sommes que led. de Mesmes avisera être à faire, et particulièrement les comtés d'Aillas, de Gironde et les baronnies de Vayres, Meilhan et Sainte-Bazeille. Cadillon, not. ( ) »

Nous n'avons aucun renseignement au sujet de la lettre suivante de Henri de Navarre au maréchal de Matignon, de la fin de septembre 1583 :

« … Je vous prie despecher une exemption de logies pour mes terres, et nommément pour celles de Casteljaloux, où Lapeyre ( ) fait sous les désordres du monde. Le capitaine Domeneies saura bien faire valoir vostre sauve garde ( ). » Il s'agit ici de François de Lapeyre, capitaine et gouverneur de Couthures, durant les troubles de la Religion. Il était fils de Jean.de Lapeyre et de Marguerite de Lescure.

Le 22 septembre 1584 jugement rendu par le sieur Le Vesnier, en vertu duquel sur le vu, entre autres titres, d'un aveu fourni par Pierre Guiraud, sieur d'Auriolle, devant ledit Le Vesnier, de tout ce qu'il possède dans la juridiction de Sainte-Bazeille, il est ordonné que distraction serait faite, sur papier terrier du domaine de Sa Majesté en la, juridiction, d'une maison et place en ladite ville, de la moitié d'un droit de péage sur la Garonne en cet endroit, et de la moitié d'un droit de passage sur ladite rivière que les sieurs de Landeroat avaient coutume de lever, suivant les tableaux et arrêts de la Cour du Parlement de Bordeaux, pour en jouir par ledit sieur d'Auriolle, à la charge d'en faire les foi et hommage audit seigneur roi et de, payer les, droits et devoirs seigneuriaux ( ).

Dans le Livre de contrôle tenu par Etienne Vilotte, du 5 août 1585 au 19 mars 1586, est indiqué le passage des bateaux à Sainte-Bazeille, « lieu estably pour la recepte de l'impost par le roi de Navarre sur les marchants moutans et descendans sur la rivière de Garonne ( ). »

Henri de Navarre écrit (1585) à Auzerée, son valet de chambre, et trésorier du péage établi sur la Garonne, à Sainte-Bazeille, Caumont, etc. :

« Auzerée, lorsque les gens de guerre seront arryvés et le gouverneur, vous pourrés me venyr trouver. Yl faudra regarder à la levée de l'ymposition ( ). »

Il lui écrit encore le 25 décembre, de Montauban ;

« Je luy mande (à Favas) bien expressément qu'il donne ordre de ne laisser lever aucune imposition sur les marchandises passant sur la rivière, si ce n'est de celles qui passent par Sainte-Bazeille, suyvant la permission que je luy en ay faicte expédier et non autrement… Au reste, je vous ai bien voullu escrire que j'ay faict une nouvelle ordonnance pour le regard de l'imposition qui se doilt prendre sur le postal : assavoir que de chaque balle de postal, on prendra au Mas-de-Verdun, ung escu, ou à Montaubau, s'il passe par le Tarn ; à Caumont, vingt sols, et à Sainte-Bazeille, aussi ung escu, qui sont en somme sept livres pour chacune balle ( ). »

En l'année 1585, les Calvinistes ne tenaient d'autres places sur la Garonne, que Castetz et Sainte-Bazeille. Pour cette dernière, le sieur de Vivant la fortifia, comme il fit, depuis, Monheurt et Meilhan ( ).

Le 20 juillet, M. de Turenne étant à Bergerac, en qualité de lieutenant pour le roi en Guyenne, donne commission au sieur de Vivant de commander aux villes et juridictions de Caumont, Sainte-Bazeille et Damazan ( ).

La paix ne fut pas de longue durée. Les hostilités avaient repris, lorsque vers la mi-carême de Tannée 1586, le roi de Navarre écrivit :

« A Monsieur de Vivant,

« J'ay escript à mon cousin, monsieur de Turenne, pour vous balher des gens pour Saincte-Bazeille et Caumont, ( ) et le 18 mars suivant, cette autre lettre datée de Sainte-Foy :

« Monsr de Vivans, j'envoyé demain, dix-neufiesme, deux compagnies dans Sainte-Baseille. Je vous prie vous y trouver, pour les y [recepvoir], et si l’ennemy y tourne, asseurez-vous que j'y mettray plus de six cens hommes ; et pour ce, résolvez-vous de vous y jeter, comme vous m'ayez promis ( ). Si vous pensez le faire, je vous enverray douze ou quinze gentilshommes des miens, qui ont envie d'estre à un siège avecques vous ( ). »

Presque aussitôt, vers le 20 mars, ce prince lui écrit encore :

« Monsr de Vivant, parce que vous m'avez mandé que ne pouviez vous, mettre dedans Sainte-Bazeilles, parce que vous estiez obligé de garder Caumont, qui est à la vérité de grande importance, j'ay pensé d'y donner ordre et la pourvoir de gens et munitions, afin qu'elle ne vienne en la puissance de noz ennemis ; et parce que, ne trouvant ici des compaignies assemblées, il a fallu m'ayder du régiment de Coroneau qui estoit à Montpaon ( ), je luy ay commandé de se mettre dedans Saincte-Baseille. »

Et encore le 2 avril suivant, de Sainte Foy :

« Monsr de Vivans, J'ay si bien pourveu à Saincte-Baseille, qu'ils s'y morfondront pour le moings, s'ils en viennent à bout, ils ne seront plus en estat d'aller à Caumont ( ). »

La ville de Sainte-Bazeille n'avait alors pour murailles que les maisons des habitants, la plupart desquelles n'étaient que de bois et de terre. En prévision du siège, les gentilshommes et les soldats de la garnison, parmi lesquels était Sully lui-même, s'employèrent de leurs propres mains à fortifier la place. Ils y firent de profonds retranchements, de larges et hautes terrasses ( ), et cinq bastions, en terre ( ), de telle sorte qu'après ces travaux, la ville était environnée de grands éperons, casemates et boulevards hors de l'enceinte et en très belle assiette ( ).

Quelques jours avant l'attaque, le roi de Navarre avait envoyé pour y commander en cas de siège « le sieur Despueillcs, gentilhomme de bonne qualité ; estimé fort vaillant et grandement expérimenté pour la défence des places assiégées, auquel il bailla trois cens harquebusiers et trente gentilshommes de sa maison pour l'assister et apprendre le meslier sous luy ( ). » Or, parce que Despueilles était allié à la maison de Courtenay dont était la femme de Sully, ce dernier, dont il recherchait fort l'amitié, importuna tellement le roi, contre l'avis de ses parents et amis, qu'après plusieurs refus, ce prince le nomma entre les trente gentilshommes qu'il avait destinés pour aller avec ce capitaine ( ). Ceux-ci, à peine arrivés dans la place, la jugèrent encore pire qu'on ne l'avait faite et se mirent à la fortifier comme il est dit plus haut ( ).

« Monsr le mareschal de Matignon se préparait d'attaquer Castetz ( ), Monsr de Vivant estant à Saincte -Baseilhe où il cominandoit, adverty que ses troupes tenoient la campagne deçà et delà la rivière de Garonne, vers le Bourdelois et Bazadois, fit faire une cavalcade au sieur de Doyssac, son fils, dudit Sainte-Baseille et, ayant rencontré dans le bourg du Begay la compagnie du cappitaine Frances, la deffit et força une maison forte où ledit cappitaine s'estoit retiré, qui y fut tué et tous ses hommes mis en pièces ( ). »

« Voyant que Matignon n'avait encore attaqué aucune place, et qu'il s'excusait de le pouvoir faire, Mayenne s'avança pour lui donner moyen par l'approche de ses forces d'entreprendre sans crainte le siège de Castels, place forte sur la Garonne, fortifiée de longue main, laquelle pour gagner du temps mondit sieur de Mayenne reçut à composition, suivant laquelle elle fut rasée et démolie ( ). »

« Bientôst après M. le mareschal de Matignon ayant attaqué Saincte-Bazeille, où M. de Vivant avoit jeté quelques gens de pied, soubs la conduite du sieur d'Andine, mareschal de logis de sa compagnie, quoyque luy mesme fut en jalousie d'estre attaqué dans Caumont, qui l'empeschoit de se despourvoir, ledit sieur d'Andine s'estant deffandu, quelque temps, attira sur ses bras l'armée de M. de Mayenne ( ). »

En effet, de Montignac qu'il venait de prendre, Mayenne était venu, après la prise, de Castets, attaquer la ville de Sainte-Bazeille, où, quelques jours, auparavant, le roi de Navarre avait envoyé Despueilles pour y commander ( ).

Le Journal de Faurin atteste que ce siège commença le 9 avril ( ).

La ville fut battue furieusementde dix-huit pièces de canon. Les maisons, percées d'outre en outre, tombaient en ruine, et volaient en éclats de tous côtés. Les boulets traversaient même la place d'une extrémité à l'autre ( ). Malgré ce bombardement, les Calvinistes avaient pratiqué de si profonds retranchements hors des murailles, qu'ils demeuraient à couvert, en toute assurance et que Sully incitait toujours ses compagnons à soutenir un assaut, avant que de vouloir entendre à parlementer ( ). Le gouverneur Despueilles paraissait d'abord plein de résolution et avait déjà fait éprouver aux assaillants de grandes pertes, mais après les premières attaques, jugeant, par les effets désastreux de l'artillerie ennemie, que la place n'était pas tenable, ce soit que son grand jugement et sa longue expérience luy fissent mieux ; recognoistre le péril, l'impossibilité d'une suffisante défence ou d'un prompt secours, soit pour d'autres raisons, si tost qu'il vit la bresche faicte, il pratiqua de ses parens et arnys dans l'armée ennemie qui demandèrent de parler à luy, lesquels entrèrent dans la ville sur sa foy et le sçeurent si bien manier, intimider les habitans et la pluspart des soldats, qu'eux s'offrant de demeurer pour luy en ostage, il sortit dehors, alla trouver M. du Mayne et traitta avec luy, sa personne estant en la puissance des ennemis, qui fut une de ses fautes, dont il fut le plus blasmé. Et depuis estant rentré en icelle, il acheva de si bien induire les soldats, et les habitans à son advis, que nonobstant l'opposition de tous vous autres ( ) qui estiez de la maison du Roy et tout ce qu'en particulier comme son amy vous lui sçeutes dire vous fustes eonstraint de suivre la pluralité des voix par un silence plein de dépit et de regret de vous estre venu fourrer dans cette place pour en sortir sans combat, de laquelle la capitulation fut d'autant plus blasmée qu'elle se trouva plus avantageuse et plus exactement observée : les roys et les chefs d'armée approuvant davantage que l'on sorte des places le bâton blanc en la main, après avoir tenté tout hasard et péril, et s'estré défendu jusqu'à l'extrémité, que de s'en venir avec armes et bagages, tambour battant, enseignes déployées, mesches allumées des deux bouts, balles en bouches et pièces roulantes, et ne s'estre point battus ( ). »

Le sieur de Vivant, ignorant que la garnison de Sainte-Bazeille avait promis de capituler et de se rendre le lendemain, avait jeté la nuit avec beaucoup de péril une compagnie de gens de pied menée par le sieur Dandirau, qu'il fit descendre de Caumont par eau, mais les assiégés jugeant que le secours était petit pour résister à deux si grandes armées, continuèrent à minuit leur capitulation ; mais le sieur Dandiran fit la sienne à part et fût conduit jusqu'en vue de Caumont, tambour battant et enseigne déployée ( ).

La mauvaise humeur que le roi de Navarre ressentit de cette capitulation, ressort des termes mêmes de la lettre suivante datée de Surgères, qu'il écrivit vers le 20 avril 1585 au gouverneur de Caumont :

Monsr de Vivant, je ne vous diray aultre chose sinon que j'ay trouvé fort estrange qu'on soit entré en négociations et traicté avec les ennemys, sans m'en advertir et sans nécessité, laquelle debvpit estre proposée par les assiégez, et non pas que nous en fissions nous mesmes les ouvertures. Cela fait cognoistre à nos ennemis qui ne sont pas si bien comme auicuns pensent, que nous n'avons pas le cœur qu'ils craignoient. – Je vouldrais, Monsr de Vivant, que vous sçaçhiez, et avec quel mépris, de nous et de quelle façon nos ennemis parlent de ce traicté ( ).

Aussi, lorsque Sully revint de Saincte-Bazeille à Bergerac, trouva-t-il le roi si fort courroucé contre les gentilshommes de sa maison envoyés à ce siège qu'il ne voulut pas en voir un seul croyant que tout s'était passé de leur avis. Mais quand il eut été instruit de la vérité, il demeura plus content d'eux ; et tourna toute sa colère contre M. Despueilles. Il l'envoya quérir et lui dit : « Eh bien ! M. Despueilles, qu'avez-vous fait de la place que je vous avois donnée en garde pour le service de Dieu et la conservation des Eglises ? Car je sçai bien que ces gentilshommes que je vous avois baillez pour acquérir de l'honneur et apprendre le mestier avec vous n'ont pas esté de votre opinion. » A quoi l'autre (tout en furie et mutiné de ce qu'il avait ouï dire que le Roy l'accusoit de lascheté), lui répondit : « Sire, J'en ai fait ce que Vostre Majesté en eust peu faire, si, estant à ma place, elle eust rencontré tous les habitans et la plus grande partie des soldats entièrement bandés contre toute autre résolution que celle que j'ay prise. » – « Par Dieu, repartit le roi, plus, irrité qu'auparavant, vous n'aviez que faire de m'alleguer ainsi mal à propos, et par ma comparaison penser couvrir vostre faute ; que je n'eusse jamais commis une telle lascheté, sçachant trop bien que ceux de nostre profession sont obligés de préférer l'honneur à la vie ; et en tout cas je n'eusse jamais fait cette bestise que de laisser entrer mes ennemis en ma place, avec une entière liberté de parler à un chacun, et encore moings me fus-je mis entre leurs mains pour capituler. Et afin que par vostre exemple les autres soient enseignés à user de plus de générosité et de prudence, suivez cet exempt dés gardes, qui vous mènera où vous méritez. » « Et en ceste sorte, sans luy donner loisir dé répliquer, il fut mené en prison, de laquelle il sortit huit jours après, tant à la prière de ses amys et par.ens, que pour, le besoin que le roi de Navarre avoit de se servir de sa trouppe ( ). »

Nous trouvons aux Archives des Basses-Pyrénées (B. 2819 et 2841), sous la signature originale de Henri : I° un mandat adressé de Lectoure le 20 février 1586 par le roi de Navarre à son trésorier, Adrien Auzerée, receveur particulier à Sainte-Bazeille, de payer aux mains du sergent Dade, commandant une compagnie dans cette dernière ville, 133 écus 1/3 pour le mois de mars ; et 2° la solde d'un achat d'une barrique de prunes de Saint-Antonin et d'une barrique d'huile pour la garnison. Cette seconde pièce est datée de Bergerac, le 1er mai.

Dans un acte de l'année 1718, les consuls de Sainte-Bazeille exposent « qu'ils n'avoient pas d'archives, qu'en l'année 1586, leur ville fut pillée et en partie brûlée par les gens de la Relligion prétendue reformée ( ). »

Après la prise de Sainte-Bazeille, les Ligueurs marchèrent sur Monségur, qu'ils assiégèrent au commencement de mai et bombardèrent avec dix-huit canons. Le siège dura plusieurs jours. « Les huguenots se rendirent à composition, qui ne leur fust nullement gardée, car ils furent tous taillés en pièces par les troupes du duc de Maïenne, qui alléguoit pour ses défenses que c'estoient ceux qui estoient sortis de Sainte-Bazile et avoient juré de ne jamais porter les armes contre le Roy, et que, puisqu’ils avoiént rompu leur foy, qu'il n'étoit pas tenu de leur garder la sienne, par le vieil mot latin qui dit : Frangenti fidem, fides frangatur eidem ( ). »

Quelque temps avant le 25 janvier 1590, Henri IV avait eu besoin de toutes ses forces, écrit M. Léo Dronin ( ), pour aller dans la haute Gascogne où s'assemblaient les ennemis ; Matignon enjoignit à quelques capitaines qui étaient avec leurs soldats entre les rivières de l'Isle, de la Dordogne et de la Garonne, d'avoir à rejoindre M. de La Force aux environs de La Réole, La plupart désobéirent et se mirent à ravager le pays. Matignon leur ordonna de congédier leurs troupes sous peine de la vie, et commanda à tous les officiers du roi, aux maires, consuls, communautés, de s'assembler au son du tocsin, de courir sus aux contrevenants, de les faire prisonniers et de les mener à la justice pour être punis comme criminels de lèse-majesté. Il ordonna ensuite à tous ceux qui ne voudraient pas aller rejoindre le roi, quand bien même ils auraient une commission de lui, de quitter dans huit jours la province de Guyenne, à moins qu'ils n'obtinsent une nouvelle commission.

Le 28 février 1590, le même maréchal annonce à Henri IV qu'il a laissé le sieur de Barrault et le sieur Saint-Léger et une partie de la compagnie du sieur de Favas, à Sainte-Bazeille, pour y tenir contre les Ligueurs :

« Sire,

« … J'ay advisé laisser le sieur de Barrault à Sainte-Bazeille et le sieur de Saint-Léger avec luy et une partie de la compagnie du sieur de Favas, qui pourront fayre environ cent chevaulx et cinq cents harquebusieurs que je leur fais bailler. Je me trouve très empêché à recouvrer des moyens pour subvenyr à leur entretenement, qui reviendra par moys à plus de trois mille cinq cens escuz, dont je leur fais bailler la moitié en argent et l'autre en vivres. Le sieur de Barrault est en très bonne vollonté d'y bien servir Vostre Majesté. Le sieur de Ruat, qui estoyt de la Ligue, s'en est retiré avec asseurance et promesse doresnavant servir V. M. Je ne m'en asseure gueres, ny en tous ceux qui en ont esté, que s'ils voyoient quelque occasion où ils peussent faire quelque coup important, qu'ils ne le fassent, etc.

De Bordeaux, ce dernier février 1590 ( ). »

Par une ordonnance du mois de mars de cette ànnée, Matignon exempta des ordres qu'il avait donnés, lé sieur de Meslon et ses compagnies qu'il se réservait d'employer pour le service de Sa Majesté. – A cette occasion, ce dernier reçut deux lettres, une de M. de Turenne et l'autre de M. de Matignon. La seconde seule nous intéresse. Elle est datée de Bordeaux, le 3 mars :

« Monsieur de Meslon, Depuis que je vous ai escrit, j'ay receu lettres de Messieurs de Turenne et de Fabas qui me mandent être nécessaire de vous rendre le cinquiesme de ce mois vers Marmande et Sainte-Baseille. Je vous prie bien fort vous y achemyner avec toutes vos troupes pour y estre audit jour où je ne taudrai me trouver, Dieu aydant, lequel je prie, après m'estre recommandé à vos bonnes grâces, qu'il vous tyene, Monsieur de Meslon, en sa sainte garde.

Vostre entièrement bon et plus parfet amy.

« Matignon ( ) »

Meslon ( ) ne se pressait pas de condescendre aux prières de ces deux capitaines ; mais Catherine, sœur d'Henri, fut mieux écoutée. Il dut partir après avoir reçu de cette princesse une lettre datée de Pau, le 6 mai suivant ( ).

Le 14 mars 1597, le sieur Orgier cédée au sieur de Massiot, seigneur de Longueville, en vertu du retrait exercé par Léonarde de Lagarde, son épouse, comme plus proche lignagère des demoiselles Anne, Jeanne et Louise de Giraud, la moitié du passage sur la Garonne, port et havre de la ville de Sainte-Bazeille, que lesdites demoiselles Giraud et, leurs auteurs avaient coutume de lever en commun avec Jacques de Landeroat, sieur d'Auriolle ( ).

Nous trouvons aux Archives historiques de la Gironde (t. XXV, p. 276) une ordonnance pour l'exécution de l'édit de Nantes dans le Bazadais envoyée par M. de Caumont La Force le 27 juin 1600 : « Les commissaires députés par le Roy en l'étendue du ressort de la Court de parlement de Bourdeaux, pour l'exécution de l’esdict du mois d'Apvril mil cinq cent quatre-vingtz-dix-huict faict à Nantes, à tous ceux que ces présentes lettres verront, salut.

« Sçavoir faisons que, sur la requeste à nous présantée par ceux de la religion prétanduef reformée de la seneschaussée de Bazadois tendant à ce qu'en procédant à l'exécution de l'esdiet, il nous pleut remette et restablir l'exercice de la dicte religion es villes de Bazas, La Reolle, Monsegueur, Langon, Gironde, Castelmoron , Sainte-Bazeille, et autres lieux où il estoit en l'année 1577… etc. »

La région eut à endurer pendant le XVIe siècle les calamités suivantes ( ) :

En 1531, une disette de blé : la poignée (1/2 hectolitre) valait à La Réole 40 sous ;

En 1547, un obscurcissement qui dura trois jours, occasionné par des astéroïdes passant entre le soleil et la terre ;

En 1565, une grande disette, des inondations, des neiges extraordinaires et des gelées au printemps ;

En 1569, un grand froid ;

En 1570, une gelée excessive pendant trois mois ;

En 1572, un froid qui glaça la Garonne, aux fêtes de Noël ;

En 1575, une disette pendant laquelle la mesure équivalente à notre hectolitre valait 42 francs ;

De 1585 à 1586, une peste ;

En 1587, une disette où le blé valait 61 francs (mesure de notre hectolitre) ;

En 1591, une disette de blé, qui se vendait 52 francs (la susdite mesure) ;

En 1594, une disette pendant laquelle le boisseau valait 7 écus à La Réole.

Nous trouvons aux Archives des Basses-Pyrénées (B. 1543) dans une ordonnance donnée en l'an 1606 parla, Chambre des Comptes de Nérac et dans une quittance produite devant cette Chambre, par Isaac Jausselin, trésorier, que le sieur Béraut était fermier des péages, de Sainte-Bazeille.

Le 13 février de cette dernière année, Etienne Vilotte, co-seigneur de la maison noble de Serres, dite d'Auriolle, rend en cette qualité au sujet du fonds noble et de ses rentes, foi et hommage au Roi de Navarre, duc d'Albret, en la forme suivante :

« Les gens tenans la Chambre des Comptes et conseil de Finances établi par le Roy, en la ville de Nerac, pour les affaires de son ancien domaine, commissaires en cette partie députés, salut.

« Sçavoir faisons qu'aujourd'huy, date dé ces presantes, s'est compareu et presanté en ladite Chambre, Estienne Villotte, sieur de la moitié de la maison noble de Serres, dite Doriolle size en la ville de Ste-Bazeille, lequel en presance et du consentement de Mre Samuel Pauihac, procureur général d'Albret et domanial en ladite Chambre, étant teste nue, les deux genoux à terre, l'épée desceinte, tenant les mains jointes entre celles du sieur de La Valade, président en ladite Chambre, a fait et preste les foy et homage et serment de fidélité qu'il est tenen de faire à Sa Majesté duc d'Albret, pour raison de la susdite moitié de maison noble de Serres dite Doriolle consistant en maison, métairie de Lanauze et appartenances d'ieelle et en la moitié des cens et rantes de ladite maison noble, et généralement de tout ce qu'il possède eu plain fiefs, dépendances d'icelle maison, le tout assis en la baronie de Ste-Bazeille, et a promis et juré à Pierre Vivant qu'il sera bon, loyal et fidèle vassal de Sa Majesté et de ses successeurs, ducs d'Albret, leur bien et honneur pourchassera et guardera et leur mal évitera de son pouvoir, bon conseil leur donnera quand requis en sera, leurs secrets ne révélera ny ne se trouvera en lieu auquel contre leurs personnes bien et honneur, famine, enfans et gens de leur conseil soif aucune chose conspirée ou machinée, et quand sçaura avoir esté fait par autres les avertira au plutost que faire se pourra, servira, guardéra et deffaildra sa dite Majesté et ses successeurs et leur honneur contre toutes personnes, le Roi souverain seullement excepté, et generallement faira, tiendra et accomplira les clauses contenues ez cha-pitres de fidélité vieux et nouveaux : et pour ces foy et hommage, ledit Villotte nous a présentement baillé un baiser à la bouche, que nous, de Lavalade avons receu de luy sans préjudice d'autre plus grand devoir auquel il pourrait estre teneu et redevable et sauf en autres choses le droit de Sa Majesté et de l'autrui en toutes, à la charge que ledit Villotte sera teneu bailler par le menu son adveu et dénombrement desdits biens et fiefs, dont il a fait à presant l'hommage et icelluy vérifier par devant le sieur de Lariviere, réformateur du domaine d'Albret au ressort de Casteljaloux, commissaire en cette partie député, dans les quarante jours portés par l'ordonnance, et néantmoins de raporter le procès verbal de ladite vérification dans un mois, après en ladite Chambre pour estre mise au Thresor, autrement à faute de ce faire, icelluy hommage est déclaré pour non fait et pour non advenu : par quoy nous mandons et ordonnons en vertu du pouvoir à nous donné à tous les justiciers et officiers de sa dite Majesté audit, duché que où lesdits biens seraient prins et saisis ou autrement empêchés à faute du presant bornage auparavant non fait, qu'ils les mettent incontinent à plaine délivrance, et en laissent et souffrent jouir et uzer plainement et paisiblement ledit Villotte, car tel est le bon plaisir de Sa Majesté. En témoin de quoy nous avons fait mettre et apposer le sceau de ladite Chambre aux dites, presantes signées de nostre main et du secrétaire d'icelle.

« Donné au château de Nérac en la dite Chambre et conseil le treiziesme jour du mois de février mil six cens six. Ainsi signé de Lavalade, de Vacquier, de Brassay, Dulong, Paulhac.

« Par ordonnance de la dite Chambre, ainsy signé Dupin et scellé ( ). »

 

II.

LOUIS XIII, DUC D'ALBRET.

 

Les guerres de religion recommencent dans l’Agenais. Le duc de Mayenne donne les exemptions suivantes du logement des troupes à Ste-Bazeille : « Le duc de Mayenne et d'Aiguillon, pair et grand chambellan de France, gouverneur et lieutenant général pour le Roy en Guyenne,

« Nous deffendons à tous cappitaines, chefz et conducteurs de gens de guerre tant de cheval que de pied, de loger ny souffrir qu'il soit logé aucun desdictz gens de guerre dans les maisons appartenantes au sieur de Noguères ( ), cappitaine et colonel des compagnies de la ville de Bourdeaux qu'il a, sçavoir, la maison et metterye qu'il a en la juridiction de Ste-Bazeille que nous reservons pour nostre logement, les autres au lieu de Puimiclan, Marcellan, Cadaujac, du Fraitz en la parroisse de St-Martin, jurisdiction dudict Ste-Bazeille, lesquelles, maison et metteryes leurs circonstances et deppendances nous avons prins et mis, prenons et mettons par cez présentes soubz la protection et sauvegarde du Roy et nous deffendons trez expressément d'icelluy prendre enlever ny fourrager aucuns bleds, vins, foraige ne aultres choses quelconques sur peine de punition exemplaire. En tesmoing de quoy nous avons signé ces dictes présentes et icelles faict contresigner par nostre secrétaire ordinaire.

« Faict à Bourdeaux le XXVII jour de juillet mil six cens vingt.

« Mayenne.

« Par Monseigneur,

« Sigauld ( ). »

« Monsr de Noguères, j'ay reçeu vostre lettre et veu ce que vous m'avés escript de l'appréhension que les habitans de Ste-Bazeille ont d'avoir quelque département pour ayde de Marmande. Mais cella ne peut estre y ayant donné l'advis qui estoit de besoing lorsque le Roy estoit à Blaye, où le département général de toutes les troupes, tant de cheval que de pied, que Sa Majesté laisse en ceste province fust arresté, où j'obtins la susdite descharge et exemption, de sorte que personne ne peust plus rien ordonner au contraire, et leur escrips qu'ilz ne reçoivent aucunes troupes ny fournissent contribution ny âyde sans lettrés expresses de Sa Majesté et mon attache sur icelles, et n'ayant esgard à qui que ce soit hors de Cest ordre. C'est pourquoy ilz ne doibvent estre davantaige en peyne pour ce regard, ce que vous leur ferés entandre plus particulièrement et que j'auray soin de leur soulagement, comme il est raisonnable, puisqu'il ont esté assés foulés des logemens qui y ont esté faictz. Et croyés qu'en tout ce qui sera de vostre particulier ençous je vous temoigneray que je suys,

« Monsr de Noguères,

« Vostre très affectionné et parfait amy,

« Mayenne. »

Le 26 Juin 1621, un samedi, Mayenne s'empare de Caumont, le sieur de Barraut bordant la Garonne et tenant la droite avee huit ou neuf cents hommes ; plus haut, et sur le penchant de la montagne , le sieur de Castelnau commandant les troupes sorties de Marmande, et le sieur de Château celles de Sainte-Bazeille et d'autres villes voisines ( ).

Le 31 août 1621, Louis XIII, occupé au siège de Montauban, écrit les deux lettres qui suivent, l'une à Jean de Noguères, sieur de Lagrange et de Monplaisir, pour le confirmer dans la charge de gouverneur du château et de la ville de Sainte-Bazeille, et l'autre aux consuls et habitants de ladite ville pour leur ordonner de reconnaître ce nouveau commandant et de leur obéir :

« Monsieur de Noguères, sçachant que mon cousin le duc de Mayenne vous a commis au gouvernement de la ville de Saincte-Bazeille, j'ay eu le choix qu'il a faict de vous pour ce subiect fort agréable et auray à plaisir que vous y demeuriez, m'assurant que vous apporterez le soing et dilligence requise pour la seureté et conservation de ladite place, et vous ay bien voulu fe ( ) cette-cy pour vous dire que vous en faciez vostre debvoir et que vous employez ce qui deppendra de vous pour maintenir ladite, ville en mon obéissance ; sur ce je prie Dieu, Monsieur de Noguères, vous conserver en sa saincte garde. Escript au camp devant Montauban le XXXIe jour d'aoust 1621.

« Louis,

« Phelipeaux. »

« A nos chers et bien amez les consulz et habitanz de nostre ville de Saincte-Bazeille.

« De par le Roy ,

« Chers et bien amez, nous avons sçeu le choix que mon cousin le Duc de Mayenne a faict du sieur de Noguères pour commander dans nostre ville de Saincte-Bazeille, ce que nous avons eu fort agréable et aurons à plaisir qu'il y demeure sur l’asseurance que nous avons de sa fidellité et qu'il apportera ce qui deppendra de luy pour vostre bien et repos et pour la conservation de cette place soubz vostre obéissance, et vous faisons cette-cy par laquelle nous vous mandons et ordonnons de le recongnoistre et luy obéir en tout ce qu'il vous fera sçavoir estre de noz intentions de service. Sy n'y faictes faulte.

« Donné au camp devant Montauban ce XXXIe jour d'aoust 1621.

 « Louis.

« Phelypeaux ( ). »

Ledit de Noguères fut créé ehevalier de l'ordre de la Très Sacrée Vierge Marie et de Saint Michel le 24 octobre 1623 ( ).

Par contract du 5 novembre 1629, Marguerite de Landeroat, veuve de Pierre de Roldes, cède, à titre d'engagement pour cinq années, à Jean Collomb, moyennant 2.000 livres, son droit de péage sur la Garonne, à cause des ports de Thivras et Soubiran en la juridiction de Sainte-Bazeille ( ).

En l'année 1634, Noël Fautoux, sieur de Lanauze, met et donne aveu et dénombrement par devant les Président trésoriers généraux en la Généralité et Voirie de Guyenne, des biens nobles qu'il tenait et gardait à foi et hommage du roi, comme les ayant acquis de Jean Simon, sieur de Mirailh, par contract du 11 octobre 1826 ( ).

Nous trouvons de la même année un amortissement en faveur des consuls et communauté de Sainte Bazeille, de 170 journaux de padouens donnés depuis de longues années par les ducs d'Albret ( ).

En 1632, François et Michel de Noguères, consuls de cette année, quittent, d'accord avec la Jurade, la taille des biens montant à 4 livres, 7 sols, à Jean de Lapeyre, capitaine et jurat de Sainte Bazeille, gendarme de la compagnie du duc d'Epernon alors sur pied, à cause des services qu'il avait rendus et pouvait encore rendre à la communauté ( ).

Ils payent la somme de 26 livres 18 sols pour les frais de la procession qui se faisait sur l'eau, d'après un, ancien usage, le jour de l'Ascension et à laquelle prenait part la paroisse de Castelnau de Crussol-sur-Gupie. Il est alloué 2 livres 4 sols pour la location des bateaux, 6 livres pour 10 mousquetaires et le resté pour une collation donnée comme d'habitude aux ecclésiastiques, officiers et jurais.

On lit dans les Registres paroissiaux :

« L'an mil six cens trente-quatre et le neufiesme du moys de febvrier, je soubzsigné, vicaire de la ville de Sainte-Bazeille, déclare avoir bény la cloche en l'honneur de Notre-Dame, suivant la permission qui m'a esté donnée par Mons. le Grand Vicaire général de Bazas, faicte par la ville de Ste-Bazeille, étant consuls François Roubert, sieur de Lisle et Michel Forestier. Feust parrin messire Jean Francs de Boissignac, seigneur et baron de La Mothe-Landeron, Sainct Surin et La Marche ; marrine Madamlle Jeanne de Leur de Salusse. En foy de quoy me suis soubzsigné aussi les parrints bas nommez.

F. de Boissignac parrain, I de Lhur de Salusses marrine, Honoré de Lur de Saluces Monferrant, F. Montferrant, Leur de Saleuces, Crochet vicaire, etc. »

En l'année 1636, Jean Moreau, consul, paie pour la communauté la somme de 100 livres au précepteur de la jeunesse de Sainte-Bazeille, plus celle de 118 livres au R. P. Joaehim, prédicateur du carême, à raison de 32 sols par jour pour sa nourriture, et 8 sols pour la chambre, le bois, etc. ( )

Le curé de la paroisse a écrit en tête du registre des baptêmes et dès sépultures de l'année 1636 :

« Molliter ossa cubent Eor. qui scripti sunt In hoc libro post hujus vitae aerumnas.

« Liber eorum qui renati sunt ex aqua et spiritu saneto. »

Le 25 mai 1640, transaction sur procès entre Jean de Cazenove, sieur de Harles et dlle de Roldes, son épouse, d'une part, et le sieur Jean Collomb, d'autre, par laquelle, au moyen de la somme de 2.400 livres que le sr Collomb de Chambert s'est obligé de payer au delà du prix porté par un précédent contrat, ce dernier prélèvera les deux tiers du péage sur la Garonne, à Thivras et Soubiran ( ).

Le 6 août 1642, quittance de 133 livres, 13 sols, 4 deniers donnée par le duc d'Albret au sieur Collomb pour les deux tiers des droits dé, lods et vente de l'acquisition des droits de péage sur la Garonne à cause des ports de Thivras et Soubiran ( ).

En 1644, Me Antoine Larroque est précepteur de la jeunesse de Sainte-Bazeille ( ).

Le 28 avril 1647, « Jean Lete, natif de Clayrae, abjura la religion prétendue réformée entre les mains de Monseigneur l'évesque de Bazas et fut reçeu par le mesme seigneur dans le giron de l'église catholique, apostolique et romaine et après avoir été catéchisé, reçeu à la confession et communion dans l'église Nôtre-Dame de Sainte-Bazeille et, après le cinquiesme may audict an, fut célébré le mariage entre Ledict Lete et Andrine Sargos de la présente ville de Ste-Bazeille ( ). »

 

Notes :

 

Jean de Noguères, fils de François de Noguères, gouverneur de Ste-Bazeille.

Arch. du Marquis de Bonneau.

Hist. de l'Agenais, etc., t. II, p. 351.

Abbréviation pour faire.

Arch. de M. le Marquis de Bonneau.

Voir le certificat ibidem.

Arch. départ. de la Gir. C. 2584 : Extrait du Registre du Conseil d'Etat, année 1736, 24 avril.

Idem, Bazadois. Lanauze. Année 1634.

Arch. départ. de la Gir. C. 5829. Bazadois. Lanauze.

Arch. de M. Bentéjac. Copie d'une délibération des Registres de la Jurade.

Arch. de M. Bentéjac.

Arch. du départ, de la Gir. C. 2584 : Extrait du Registre du Conseil d'Etat, année 1736, 4 avril.

Ibidem.

Arch. de M. Bentèjac.

Registre parois.

Jean de Meslon, sieur de Combes, frère consanguin d’André de Meslon, né le 2 octobre 1567, servit aussi Henri IV avec distinction. Le 12 décembre 1596, il passa, comme capitaine d'une compagnie de cent hommes de pied, dans le régiment de Navarre. C'était alors une récompense de passer dans un ancien corps. Il partit avec le duc d'Epernon pour le nord de la France, assista au siège de Chartres, où il fut blessé d'un coup d'arquebuse ; il se fit transporter à La Réole en brancard, ne pouvant supporter d'autre voiture à cause de cette blessure et de plusieurs autres à la tête et au bras… Le sieur de Combes fut gratifié de la charge de gentilhomme servant du roi. Il fut assassiné, en 1605, au pont de la Gupie, près de Sainte-Bazeille, par Messieurs de La Marche, qui se vengèrent ainsi d'une insulte qu'ils en avaient reçue. (Variétés Girondines, t. I, p. 342-345.)

Ibidem, t. I, pp. 323-325.

Arch. du départ, de la Gir. C. 2584. Extrait du Registre du Conseil d'Etat, année 1736, 24 avril.

Annales de La Réole, par M. Dupin : msc. de M. O. Gauban.

Archives de M. Maurice Boisvert, de Beaupuy. Inédit. – Par une transaction du 13 septembre 1604 retenue par Me Pribret, notaire royal de Marmande, Etienne Villotte, marchand de Ste-Bazeille, acquit des terres de la famille de Giraut. (Voir sur cette famille l'appendice n° 2 du Livre de raison des Fontainemarie.) Arch. de M. Boisvert.

Dans le canton de Sainte-Affrique, dép. de l'Aveyron (Rouergue).

Recueil des Lettres, etc., t. II, p. 205.

Mémoires de Sully, t. I, pp. 50-52. Edit. Michaud et Poujoulat.

Hist. de l'Agenais, etc. t. II, p. 280.

Mémoires de Philippe du Plessis, sieur de Mornai, t. I, p. 493. Journal de l'Etoile, t. III, p. 277. Paris 1744.

Mémoires de Sully t, I, pp, 50-52. Edit. Mich. et Pouj.

Ibidem.

Dans une autre édition des Mémoires de Sully, livre second, p. 215, t. I, ce gentilhomme dit : « Le gouverneur de cette petite place était Pespeuilles de la maison de Courtenay, et réputé très brave homme, ce qui me fit naître l'envie de m'y enfermer avec lui contre l'avis de plusieurs, de mes parents et amis, qui sans doute le connaissaient mieux que moi. Le roi de Navarre me refusa longtemps la permission que je lui demandais, enfin vaincu par mon importunité, il me donna trente hommes, avec: lesquels je. me jéttai dans Sainte-Bazeille. Je trouvai que la place était par elle-même fort mauvaise, sans remparts, n'ayant que des maisons de boue que le canon traversait de part en part. »

Il venait de se manifester un grand désaccord entre Mayenne et Matignon : celui-ci craignant de ne jouer, dans cette guerre, qu'un rôle secondaire ; celui-là ne cherchant, en effet, qu'à s'attribuer toutes les gloires et se plaignant des contradictions de son collègue, qui, d'ailleurs, avait, à cet égard, des ordres particuliers et secrets. Matignon, dissimulant son dépit, se réunit au duc de Mayenne pour assiéger Sainte-Bazeille. (Histoire de l'Agenais, etc., p. 280.)

Faits d'armes de Geoffroy de Vivant, etc., p, 37-38.

3 Mémoires de Philippe Du Plessis, sieur de Mornai, t. I, p. 493.

Faits d’Armes de G. de Vivant, p. 38.

Mémoires de Sully, t. I, p. 50. Edit. Mich. et Pouj.

Lettres missives de Henri IV, t. II, pp. 208-209. Note du bas de la page. – Dans l'édition de 1878, in-4°, p. 136, Faurin dit : « De là (de Castets) aussi battirent à vingt pièces la ville de Sainte-Basilhie », et à la page 138 : « Sur la fin du mois d'apvril, la ville de Sainte-Bazilhie à esté prise par les papistes et par le camp de M. Dumaine (Mayenne) ; et c'est par composition, armes, vie sauve à tous les habitants et soldats. Ils l’avoient battue ci-devant à vingt pièces de canon. Incontinent ils l'ont rasée. » Il est certain que Sainte-Bazeille était prise avant la fin d'avril, d'après une lettre du roi de Navarre adressée vers le 20 avril à M. de Vivant. Voir Lettres missives, etc., t. II, p. 208.

Mémoires de Sully, t. I, pp. 50-52. Ed. Mich. et Pouj.

Ibidem.

Ibidem. Sully, comme on ne l'ignore pas, se lait adresser des discours par ses secrétaires.

L'Etoile (Mémoire-Journaux de Pierre de l'Estoile, Paris, 1875, t. II, p. 334) dit que Sainte-Bazeille fut rendue dans le mois d'avril, mais sans faire mention du jour : « En ce mois la ville de Saincte-Bazile, en Gascogne, que le duc de Maïenne avoit assiégée et battue de dix-huit canons, lui fut rendue par les huguenots, avec composition fort avantageuse pour eux, et peu pour les soldats de la Ligue, qui ne trouvoient nul proufit à la prise de telles places où ils ne faisaient butin que de quelques rats affamés ou de quelques chauves-souris enfumées. » Toutefois, si la prise de Sainte-Bazeille n'était pas un exploit militaire pour le prince Lorrain, c'était un véritable échec pour le roi de Navarre. Les Mémoires de Vivans parlent des efforts de ce gentilhomme, qui envoya vainement au secours de cette ville une partie de la garnison de Caumont, où il commandait ; et le ton d'une lettre de Henri à Vivant que nous donnerons plus loin, s'accorde parfaitement, avec ce que raconte Sully, du mécontement que ressentit le roi de Navarre. – Mémoires de Sully, t. I, pp. 50.52. Ed. Mich. et Pouj.

Faits d'armes de Geoffroi de Vivant, etc., p. 38.

Recueil des Lettres missives de Henri IV, t. II, pp. 208-209. En rapprochant toute cette lettre des principaux succès de la campagne du duc de Mayenne, énumérés, tant dans la relation publiée, par ordre de ce prince, que dans la réponse qu'y fit Mornay dans les Mémoires manuscrits sur Geoffroy de Vivans et dans les Economies royales, on reconnaît qu'il s'agit de la capitulation de Sainte-Bazeille. – Henri écrivit encore le 29 avril à M. de Ségur : « Monsr de Ségur, le grand effort de cette armée depuis cinq ou six mois est tombé sur deux maisons assez mauvaises que vous cognoissez, Montignac et Saincte-Bazile, et sur la maison privée d'un gentilhomme nommé Castets, laquelle est au sieur de Fabas. » – Lettres missives, etc., t. II, p. 211.

Economies royales, 1ère partie, chapitre XX.

Arch. de M. Bentéjac, de Lagupie.

Mémoires-journaux de Pierre de l'Estoile. Paris, 1875, t. II, p. 233.

Variétés Girondines. Pièces justific. n° XII, t. II.

Arch. hist. de la Gir. IV. 233.

Variétés Girondines, t. I, pp. 323-325.

Rien ne constate quel était le chef des armées catholiques auquel Fabas donnait le titre de mon cousin. Nous avons adopté le nom du maréchal de Biron, uniquement parce qu'il fut gouverneur de Guyenne jusqu'en 1581. Arch. hist. de la Gir., I. 237.

Le duc d'Alençon, frère de Henri III.

Arch. hist. de la Gir., I 237.

Quelque temps après, ce maréchal se cassa la jambe et plus tard il perdit sa charge de lieutenant de Guyenne. C'étaient les derniers moments du maréchal de Biron comme lieutenant du roi en Guyenne. L'influence de la reine Marguerite, sur laquelle il avait osé faire tirer le canon à Nérac, et peut-être aussi celle du marquis de Trans, firent remplacer Biron dans cette charge par le maréchal de Matignon. Ce fut une des conditions du traité de Fleix.

Recueil des Lettres missives de Henri IV, etc., t. I, p. 327-328.

Ibidem, p. 328.

Variétés Girondines, 1878, t. I, p. 291. Pièces justificatives n° IX, t. II.

Je ne trouve, ajoute M. Léo Drouyn (ibidem), que deux lettres portant l'adresse de gouverneur de la ville et du château de Sainte-Bazeille ; elles sont datées des 9 et 13 août 1581 et sont écrites de Nérac.

Recueil des Lettres missives de Henri IV, t. I, p. 399.

Recueil des Lettres missives de Henri IV, t. I, p. 399

Ibidem, t. I, p. 416.

Arch. de M. le Marquis de Bonneau, au château de Bonneau.

Recueil des Lettres missives, etc., t. VIII, p. 224-225.

Voir sur les Vilotte Notice sur le Château, les anciens Seigneurs et la paroisse de Mauvezin, pp. 79, 80, 176, 300, 417, 425, 426, 577, 586, 597. – Voir aussi la présente Histoire, chap. IX.

Voir sur les Deymier, ibidem, pp. 176, 376, 379, 432 et passim. Ch. VIII. – Voir aussi Hist. de Sainte-Bazeille.

François de Noguères : Voir sur les Noguères, ibidem, pp. 229, 230, 412, 424, 575, 576, 586, 588, 589. – Voir aussi la présente Histoire, chap. VI, VII, VIII et XI.

Arch. de M. Tbéobald Guibert, de Marmande. – Notice sur le château de Mauvezin, pp. 586-588.

Arch. de M. Léo Drouyn, de Bordeaux : Notes manuscrites.

Voir sur les Lapeyre, chap. VI, VII et IX. – Voir aussi Notice sur le château de Mauvezin, pp. 227, 230, 234, 238, 240, 243, 289, 424, 428, 431, 576, 577, 578.

Hist. de l'Agenais, etc., t. II, p. 257.

Arch. dép. de la Gir. C. 2584 : Extrait du. Registre du Conseil d'Etat, année 1736, 24 avril.

Arch. des Basses-Pyrénées. B. 1566.

Arch. hist. de la Gir. II, 157, 158.

Arch. hist. de la Gir. II, 158.

Faits d'armes de Geoffroy de Vivant, publiés d'après le manuscrit original, par Adolphe Magen, Agen, 1887, p. 33.

Ibidem, p. 33, 34.

Recueil des Lettres missives de Henri IV, t. II, p. 201.

Ce ne fut pas à M. de Vivant, mais à M. des Pueilles, que fut définitivement confié ce commandement.

Recueil des Lettres missives, etc., t. II, p. 201.

Séjours et Itinéraire de Henri IV, avant son avènement au trône de France, à la fin du tome II des Lettres missives, p. 552.

Extrait des Coll. de M. Lacaze, libraire à Agen. – Voir Notice sur la ville de Marmande, Tamizey de Larroque, p. 73-77.

Arch. des B.-Pyr. E. 2288. Original papier. Document inédit, qui m'a été gracieusement communiqué par le savant abbé Dubarral, aumônier du Lycée de Pau.

Arch. des B.-Pyr. E. 2288. Original (papier). Inédit et communiqué par M. l'Abbé Dubarrat.

Catalogue des manuscrits français, t. II, p. 205. Ancien fonds.

Armand de Gontaud, premier maréchal de Biron.

Hist. de La Réole. Oct. Gauban, p. 222.

Meslon était chargé depuis le 17 avril 1580 du gouvernement des contrées entre la Dordogue et la Garonne.

Variétés Girondines. Léo Drouyn, 1878, t. I, p. 282, 283.

Hist. de l’Agenais, etc., p. 241, 247.

Arch. hist. de la Gir., XIII, 320, 321 : Extrait du Journal de François de Syreuilh, chanoine de St-André, publié par Clément Simon sur l'initiative de Madame Marie de Raymond, 1893.

Jean de Beaumauoir, sieur de Lavardin, né en 1551, maréchal de France en 1595, mort en 1614, alors lieutenant du roi de Navarre dans la ville de Ste-Bazeille.

C'est du camp de La Mothe-Mongauzy que Biron écrivit le 25 juillet 1580, au roi de France : « Sire, estant à Tonneins, je fus adverty que le roy de Navarre s'estoit venu loger à Monségur, deux lieux d'ici. Incontinent, je fis déloger vostre armée que j'ay ici pour l'aller trouver, mais à my-chemin, nous sceumes qu'il s'estoit retiré. Nous sommes venus loger en ce lieu de La Mothe-Montgause pour assiéger la ville de Saincte-Bazille ». Arch. hist. de la Gir., XIV, 162.

« La maladie qu'on appelle Michelle, qui est comme la coqueluche, mais plus véhémente, augmenta de la sorte que la moytié de l'armée en fut malade », écrit Biron dans la même lettre.

Le duc d'Alençon.

Arch. hist. de la Gir., XIV, 167.

Recueil des Lettres missives de Henri IV, publié par M. Berger de Xivrey, t. I, p. 213.

Hist. de l'Agenais, etc., t, II, p. 250.

L'un des plus célèbres capitaines du XVIe siècle. Il épousa le 27 janvier 1572 Louise de La Chassaigne, dame de Castets-en-Dorthe, veuve de Gaston d'Arzac, et se fit protestant en 1576. Voyez, entre autres, les Mémoires du duc de La Force, publiés par M. le Marquis de Lagrange, et une Notice sur les deux Favas, par M. Anatole de Barthélémy (Bibl. de l'Ecole des Chartes, 20 série, t. II, p. 545).

 

 

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