Monographie de Casteljaloux.
C.H.G.H.47
Au bureau, 54 rue de Cocquard, à Villeneuve-sur-Lot, les adhérents peuvent consulter nos archives, de nombreux dépouillements et relevés de tables décennales.

CHAPITRE III.

CAUMONT  ET JOURDAIN DE LISLE.

CO-SEIGNEURS DE SAINTE-BAZEILLE.

 

I

 

A la fin du XIe siècle et au commencement du XIIe, Géraud de Méronde ou de Mari-Rotundo possédait, avons-nous dit, la baronnie de Sainte-Bazeille et de Landerron. En partant pour la Croisade (1097), il laissait ses fils sous la garde d'Auger, son frère, prieur de La Réole. L'un d'eux s'appelait Raymond de Montaud, mais nous ne savons pas de quelles terres il hérita. Plus d'un siècle s'écoule sans nous fournir de documents.

Dans la première moitié du XIIIe siècle, Gaillard de Lamothe était seigneur de Landerron et probablement aussi de Sainte-Bazeille ( ). Il fit héritière sa fille, Clairmonde de Lamothe, épouse de Jean de Grailly, qui devint de la sorte seigneur de Landerron ( ). Après la mort de ce dernier, cette terre fut sans doute confisquée ( ), et nous la trouverons bientôt possédée par plusieurs co-seigneurs. Mais n'anticipons pas sur les événements.

En l'an 1210 « l'Abbé de Citeaux et Simon de Montfort, en attendant l'arrivée de Thédise, chanoine de Gènes, que le pape avait envoyé, firent une expédition du côté d'Agen et de Sainte-Bazeille, pour agir contre les hérétiques d'Agenais. Ils revinrent ensuite à Toulouse, d'où Simon alla à Carcassonne dans le dessin de faire lever le siège du château de Minerve ( ). »

Guillem de Tudèle mentionne bien un voyage fait en Agenais vers cette époque, remarque M. Auguste Molinier, mais il ne dit pas que Simon de Montfort y ait pris part ; il ne parle que du légat Arnaud-Amaury et de l’évêque Foulques. Cette mission n'eut d'ailleurs aucun résultat. C'est l'Anonyme (tome VIII de cette histoire, C. 46) qui, comprenant mal un vers du poète, a introduit, le Comte de Montfort dans cette affaire.

Après la bataille de Taillebourg, un traité de ligue, offensive et défensive fut conclu à Bordeaux, le 22 août 1242, entre le roi d'Angleterre Henri III et Raymond VIII, comte de Toulouse. Cependant une maladie contagieuse venait de forcer les troupes françaises à la retraite, après la conclusion d'une trêve avec ce roi, ce qui était déjà, de sa part, une infraction au traité récemment juré avec Raymond VII. Saint Louis, tout en se retirant, détacha Hugues, évêque de Clermont et Imbert de Beaujeu pour opérer sur les frontières du Quercy contre le comte de Toulouse. Les Français menacèrent Lauzerte et entamèrent l'Agenais par la prise du château de Penne. C'est alors qu'Henri III, voulant faire le semblant de marcher au secours de son allié, convoqua ses barons et ses communes à Sainte-Bazeille. Après avoir parcouru la Guyenne ( ), il était le 15 septembre à Bordeaux, d'où il écrivit le même jour aux prud'hommes de Langon ( ) et à ceux de Saint-Macaire ( ) de se trouver pour le service militaire à Sainte-Bazeille dans l'octave de la Sainte-Croix. Il écrivit dix jours plus tard à Bertrand, seigneur de Podensac, d'être avec tous ses hommes à Sainte-Bazeille, le jour de la fête de Saint-Mathieu ( ) et adressa le même appel, le 25 septembre, à tous les seigneurs de Guyenne, leur, ordonnant de se rendre dans cette même ville tout équipés et accompagnés, des soldats qu'ils devaient fournir ( ). Il fit encore, de La Réole, le 12 novembre 1243, mandement à divers seigneurs de Guyenne de se trouver en armes à Sainte-Bazeille le vendredi après l'octave de Saint-Martin ( ), pour entrer en campagne. Mais il contrémanda un peu plus tatd cette armée ( ), et Raymond fut réduit à ses propres ressources et ne tarda pas à se soumettre au roi de France, après le Comte de Foix lui-même.

A partir de cette époque l'administration anglaise dévient bienveillante, ce qui n'empêche pas les esprits, d'être en grande fermentation et le roi de France de continuer la guerre. En l'année 1244, quelques habitants de La Réole livrèrent par trahison cette place aux Français. Mais, une trêve étant intervenue et le sénéchal de Gascogne, Henri de Trubevilla se trouvant à Langon pour la publier, Pierre Caillau, maire de Bordeaux et ses amis lui demandèrent de rétablir dans tous leurs biens et droits et d'autoriser à rentrer chez eux les habitants de La Réole qui avaient été bannis de cette ville pour l'avoir livrée aux ennemis du roi d'Angleterre. Le sénéchal ayant répondu qu'il n'en pouvait rien faire sans l'autorisation de son souverain et le consentement des prud'hommes de La Réole, Pierre Caillau et ses compagnons injurièrent publiquement le sénéchal et menacèrent de le tuer. Puis, de rétour à Bordeaux, ils en chassèrent ses officiers et baillis, s'emparèrent du château et mirent la main sur les revenus du roi. Ils essayèrent encore de soulever les villes soumises à sa domination, entr'autres Sainte-Bazeille. C'est à cette occasion que les prud'hommes de cette dernière ville portèrent par une lettre tous ces faits à la connaissance d'Henri III, et lui déclarèrent qu'ils avaient, refusé de se joindre à ses ennemis, et que les hommes sages de Bordeaux désapprouvaient la conduite du maire et de ses partisans, l'assurant de leur parfaite fidélité à leur duc et seigneur ( ).

Ce doit être à cet événement, pense J.-F. Samazeuijh ( ), que fait allusion Mathieu Paris en disant que les Gascons qui n'avaient pu retenir à Bordeaux Henri III dont le départ pour l'Angleterre s'effectua malgré leurs sollicitations, vers la Saint-Michel de l'an 1243, simulèrent entre eux une querelle pour le forcer à regagner le chemin de leurs contrées, ce qui leur aurait réussi, puisque ce roi, revint dans l'intention d'apaiser ces troublés. Mais la dépêche de la ville de Sainte-Bazeille ne permet pas de douter que le mal ne fut sérieux.

 

II.

 

Anissant de Caumont était seigneur de Sainte-Bazeille avant 1247. Au mois de février de cette dernière année (ancien style), il donna et concéda en pure et perpétuelle aumône à Dieu, à la Bienheureuse Vierge Marie et à l'abbé et aux religieux de Grand Selve, la moitié du péage qu'il avait sur tout les objets, tels que sel, vin, huile, blé et autres choses dudit monastère passant par le port ou par la ville de Sainte-Bazeille, Il fit cette donation avec l'intention d'obliger ses héritiers et la scella de ses armes ( ).

Anissant de Caumont, seigneur de Sainte-Bazeille et de Landerron, de Puch et de Monheurt et autres lieux, vivait au temps de Guillaume IIe du nom, seigneur de Caumont, et était de sa maison. Il appartenait à une branche de la famille de Caumont, branche détachée, on ne sait trop à quelle époque, de l'arbre vigoureux implanté depuis un temps immémorial dans le lieu même auquel il avait emprunté son nom ( ). Il était le second fils de Nompar de Caumont, Ier du nom, seigneur de Lauzun et de Guillelmine de Beauville. Ledit Nompar était frère de Bègue de Caumont, Ier du nom, qui eut pour fils autre Bègue, Anissant et Guichard de Caumont ( ). Ils sont ainsi mentionnés par lettres des années 1237, 1238 et 1243, par lesquelles ces deux seigneurs sont nommés entre les barons et chevaliers du diocèse d'Agen, Par la dernière lettre de 1243, est aussi mentionné Amanieu d'Albret. Ils promettent de tenir la main à ce que le traité de Paris avec Raymond, comte de Toulouse, soit entretenu. (Mémoires de la maison de Caumont : Extrait de l'Inventaire du Trésor des chartes du Roy, qui sont gardées en la Sainte chapelle du Palais à Paris.)

Plusieurs auteurs, trompés par la parité des noms, ont fait de notre Anissant, le frère de Bègue 2e du nom et de Guiscard et partant le second fils de Bègue Ier de Caumont. Il n'est que le cousin germain des trois frères, Bègue, Anissant et Guiseard, et le neveu par conséquent de Bègue Ier, leur père. (Voir les notes à la fin au bas de la page.).

Anissant de Caumont, seigneur de Sainte-Bazeille, fut allié par mariage à l'une des plus illustres maisons de la Guyenne, car il épousa Rembours de Périgord, dite en latin Remburgis, fille d'Archambaud, comte de Périgord, vicomte de Lomagne et d'Auvillars, qui descendait de la race de Charlemagne, et de Marie Bernard d'Anduze. La dite Rémbours était veuve de lui l'an 1281, comme l'on voit par l'extrait suivant, tiré de l'Inventaire des titres de la maison du Périgord : « Donation faite par Archambaud, comte de Périgord, à Ranibours sa fille, relicte de feu Anissant de Caumont, chevalier, pour les bons et agréables services faits audit Archambaud par sa dicte fille, de la somme de LX livres de rente sur le péage de la chapellenie de Monpaon, et XX livres sur les oblies de Bénévent en juin 1281. (Lespine, v, 126. Caumont, fol. 221.)

Bernard de Beauville était co-seigneur de Sainte-Bazeille ; il figure en cette qualité le 4 juin 1251 comme témoin de l'hommage rendu par Arnaud Othon (Arnaldus Othonis), vicomte de Lomagne, à Alphonse, comte de Poitiers et de Toulouse, marquis de Provence, pour le château d'Auvillars (castrum Altivillaris) et pour toute la terre qu'il tendit de lui à fief, en Agenais, terre qui était autrefois tombée en commis à Raymond, comte de Toulouse, en vertu d'une sentence rendue par la cour d'Agen. Les autres témoins de cet hommage furent nobles hommes seigneur Guy de Marchia, Amanieu d'Albret, seigneur Guy de Caprasia (ou Gapraria), seigneur Robert de Saint-Clair, Raymond Gaucelin de Lunel, Hugues de Rovinha, B. Arnaud de Tantalon, Arnaud de Marmande, Guillaume de Ferriol, Guillaume de Beauville, Bernard de Rovinha, Arnaud de Montpesat, Nompar de Caumont, Gérard d'Armagnac, Guillaume-Raymond de Pins, seigneur de Taillebourg, Sicard Alaman, et vénér. hommes Pons Astroaldi, maître Guillaume de Punetis, seigneur Philippe, trésorier de Saint-Hilaire de Poitiers, et Helia, notaire public d'Agen ( ).

La tyrannie du comte de Leicester avait irrité les Gascons ; mais ne voulant pas renoncer à la domination anglaise, parce que, dit Mathieu Paris, ils n'auraient pas pu vendre leurs vins, ils se décidèrent à envoyer des députés au roi d'Angleterre pour solliciter le rappel de Leicester. Le roi nomma pour vérifier leurs plaintes, des commissaires qui se laissèrent gagner par le Comte. Alors, les députés, entr'autres l'archevêque de Bordeaux et les principaux bourgeois de La Réole, signifièrent au roi que s'il n'était pas fait droit à leurs griefs, ils se pourvoiraient d'un autre maître. La conduite de Leicester n'en fût pas moins approuvée ( ).

Gaston de Béarn entraîne en l'année 125îles Gascons dans la révolte ( ) et avec plus de cent hommes d'armes, un grand nombre, des seigneurs de l'Agenais et les maires de Bazadais à la tête de leurs milices et une grande partie des gens de Sainte-Bazeille, se met à battre de nuit comme de jour le château de La Réole et ceux qui s'y trouvent à l'aide de deux blindes et d'autres engins, contre les lieutenants du roi d'Angleterre ( ). Henri III perd cette ville en 1253. Il descend bientôt après en Guyenne et met le siège devant cette place où se sont enfermés la plupart des confédérés de Gaston de Béarn, principal moteur de la révolte, tandis que le doyen de Saint-André excommunie les révoltés, entr'autres les jurats de La Réole qui figurent parmi les chefs de la faction ( ).

Pendant cette guerre, les chevaliers ( ), les bourgeois et tous les hommes de Landerron paraissent avoir pris le parti de ce, roi, qui, le 17 septembre 1253, leur écrit de son camp devant Gironde, pour les remercier de leur fidélité et de l'aide qu'ils lui avaient donné ; il leur envoie, en outre, Geoffroy Gacelin et quelques hommes auxquels il a entière confiance pour tenir garnison dans le château de Landerron, afin de faire la guerre à la ville de La Réole, et aussi pour les défendre eux-mêmes. Cependant si l'on en croit une autre lettre de l'année suivante, datée aussi de Gironde le 5 août, la première n'est pas l'expression de l'exacte vérité. Dans cette seconde lettre, en effet, Henri, à la prière du roi de Castille, remet à tous ceux de La Réole et à tous: ceux qui les avaient aidés en Gascogne, nominativement et expressément à ceux de Landerron et à ceux de Sainte-Bazeille, de Gensac et de Pellegrue, à Bertrand de Ladils et à tous les siens, à Pons de Pommiers et à tous les siens, etc, tous les sujets de plainte et de colère qu'il a eu contre eux jusqu'à ce jour. Il veut bien leur pardonner et oublier leur conduite passée ( ).

Une autre conséquence de cette révolte, c'est que le 10 novembre 1253, il est ordonné à Bernard de Beauville de Soumensac de garder jusqu'à nouvel ordre dans ses mains, pour être remis dans celles du roi d'Angleterre, toutes les terres et vignes et tous les revenus de ceux qui ont des fiefs à Sainte-Bazeille. Mêmes lettres sont adressées en même temps à Anissant de Caumont et à Geoffroy Gacelin ( ).

Neuf jours après, Henri III fait savoir à tous ses sujets qu'il est ténu de payer à son cher cousin Alphonse, comte de Toulouse, 7.258 livres, 2 sous, et 10 deniers de la monnaie bordelaise ou en sterlings de la valeur de la dite monnaie, pour tous les maux, rapines, dommages et autres torts que ses sujets de Bordeaux, de La Rochelle, de Rions, de Nèrac, de Podensac, de Langon, de Saint-Macaire, de Caudrot, de La Réole, de Gironde, de Sainte-Bazeille et de Meilhan ont faits aux sujets du comte de Toulouse, à Agen, Moissac, Rabastens, l'Isle, Montauban, Marmande, Villemur, Gaillac, Aiguillon, Castelsarrazin, Port-Sainte-Marie, Pinel, Ville-Dieu, Clairac, Caumont, Mas-d'Agenais, Tonneins, Penne d'Agenais, Auvillars, Saint-Barthelémy, Castelmoron et Gontaud ( ).

Par mandement du 18 février 1254, Le roi d'Angleterre accorde 500 livres sterlings à Anissant de Caumont et à Isarn (ou Bernard) de Beauville, seigneurs de Sainte-Bazeille, et aux habitants de cette ville, en compensation des pertes par eux subies dans un incendie, et il ordonne de distribuer cette somme en proportion du dommage que chacun a souffert. Le trésorier du prince payera cette indemnité moitié en un mois depuis Pâques, à son retour d'Angleterre, et moitié en un mois depuis le jour de Saint-Michel suivant ( ).

Le 2 avril de la même année, Anissant de Caumont reçoit pour lui et pour les soldats de la garnison de Sainte-Bazeille des lettres du roi pour toucher 54 livres sterlings de leurs gages, à partit du Dimanche, lendemain de la Toussaint, jusqu'au Dimanche après l'Annonciation ( ).

Dans les premiers jours du même mois, le roi délivre à Guillaume de Talina et à Guillaume Torto, citoyens d'Agen, un laissez-passer pour les villes de Sainte-Bazeille, Meilhan, Gironde, Caudrot, Saint-Macaire, Langon et Bordeaux, à l'effet d'amener sans péage sur la Garonne 300 tonneaux de vin que lesdits marchands lui avaient vendus pour son usage et celui de son armée ( ).

Le 20 avril, Henri III, étant à Meilhan, défend à Anissant de Caumont de continuer à percevoir à Sainte-Bazeille le péage qu'il y avait jusqu'alors perçu au nom du roi et par les mains d'un certain Bernard de Tirannis (ou de Tirauns), ledit péage devant désormais être pris à Meilhan ( ).

Le 13 septembre, le roi d'Angleterre écrit de Bordeaux qu'il prend sous sa protection Salomon, juif de Sainte-Bazeille, ses hommes, ses terres, ses biens, ses revenus et toutes ses possessions. L'effet de la lettre royale doit durer pendant trois ans depuis l'Octave de la Nativité de la Sainte Vierge ( ).

Cinq jours après, il est mandé au seigneur et aux prud'hommes de Sainte-Bazeille que, puisque Pierre de Gontaud a demandé dé dépendre des tribunaux du roi relativement à toutes les fautes dont il s'est rendu coupable, dans le cas où l'on, voudrait l'inquiéter, il ne soit aucunement molesté de ceux qui ont quelque affaire avec lui, tout les droits à Gontaud étant réservés ( ).

Nos annales ne nous fournissent plus désormais un seul document sur Bernard de Beauville, co-seigneur de Sainte-Bazeille, qui disparait déjà de notre histoire.

En 1260, Anissant de Caumont, chevalier, seigneur de Sainte-Bazeille, confesse, par devant Me Bon de Coset, juge d'Agen pour le comte de Toulouse et par mandement de Guillaume de Balneolis, sénéchal d'Agen et de Cahors, tenir en fief dudit comte, ce qu'il possède au château de Monteton et de Bormont (?) et reconnaît pour cela devoir hommage et serment de fidélité, en présence des seigneurs témoins Arnaud de Marmande et Guillaume de Ferriol ( ).

Même reconnaissance par lui faite devant les mêmes personnages pour tout ce qu'il a au château de Moncasi (?) et pour le château de Verteuil, et pour tous ses fiefs dans le diocèse d'Agen, à l'exception de ce qu'il tient sur les droits de Clermont ( ).

Nous avons vu qu'au mois de février 1247 (v. s.) Anissant avait donné et concédé aux religieux de Grand Selve, la moitié du péage qu'il avait sur les denrées de leur couvent passant, par le port et la ville de Sainte-Bazeille ; nons trouvons, la veille des ides d'avril 1260, d'autres lettres de lui, par lesquelles il quitte aux mêmes religieux la leude et péage qu'il prenait au port de Monheurt sur les blés, vins et autres choses du monastère qu'ils faisaient monter et descendre sur la Garonne ( ).

Le 14 décembre 1262, Anissant de Gaumont, seigneur de Sainte-Bazeille, s'engage à payer 50 marcs sterlings au sénéchal de Gascogne, si Garcie-Arnaud de Navailles, vicomte d'Orthez et Marie Bertrand, sa femme, ne tiennent pas le traité par lequel ils ont promis au roi d'Angleterre d'abattre le donjon du château de Saut ( ).

Nous trouvons à la date du 4 juin 1270 (v. s.), une assignation de dot sur Sainte-Bazeille. Noble dame Indie, fille du seigneur Jourdain de L'Isle, chevalier, avait épousé Bertrand de Caumont, damoiseau, et avait constitué et assigné à son mari, le jour du contrat, tout ce qu'elle avait et pouvait avoir à Gontaud, à Pinols (ou Pujols ?) et à Sainte-Bazeille, ainsi que 1.000 marcs d'argent. De son côté, l'époux lui donna pour ses noces 1.000 marcs d'argent. Il fût convenu que si Bertrand mourait le premier sans enfant, la dite dot reviendrait à sa veuve et aux héritiers qu'elle instituerait. Pour les 1.000 marcs d'argent, le mari engagea à sa femme tous ses fiefs avec leurs appartenances et tous ses biens et droits, meubles et immeubles, jusqu'à ce qu'elle ait pu retirer en fruits par elle-même ou par ses héritiers la valeur des dits 1.000 marcs. Dans le cas où Bertrand laisserait des enfants, les dits fruits iraient librement à sa veuve. Mais si Indie de Jourdain décédait sans laisser d'enfants de son mari, celui-ci lui survivant ou non, sa dot irait à Jourdain de L'Isle, son père, et si son père ne vivait plus, à la fille dudit Jourdain ou aux héritiers de cette fille. Il fut enfin stipulé que si Indie mourait la première en laissant des enfants, le mari aurait de la dot de sa femme les 1.000 marcs d'argent, pour lesquels elle lui engageait tous ses biens, châteaux, droits, meubles et immeubles jusqu'à ce que la perception des fruits atteindraient la valeur des dits 1.000 marcs. Les témoins de cette assignation de dot furent : le seigneur Bertrand par la grâce de Dieu comte de Comminges, Donat de Caraman et Bertrand-Arnaud de Levinhena, chevaliers ; Guillaume de Barthelémy, clerc du seigneur Evêque de Toulouse et Arnaud Arguanhati, archiprêtre de l'Isle, Raymond de Castelneau et Hugues de Palacio, damoiseaux, et Pierre d'Arnaud de Dalles, notaire public de Toulouse, qui fit l'acte ( ).

Le 13 mars 1273, « noble homme Anissant de Caumont, chevalier, seigneur de Sainte-Bazeille » avoue tenir en fiéf du roi d'Angleterre tout ce qu'il possède à Sainte-Bazeille, à Landerron et ailleurs, au diocèse de Bazas ( ).

Il reçonnait encore le 20 mars 1274 tenir en fief la seigneurie de Sainte-Bazeille, et Doat-Amanieu et Pierre de Bouglon reconnaissent tenir immédiatement en fief du roi d'Angleterre le château de Bouglon avec toutes ses appartenances, et tout ce qu'ils possèdent dans le diocèse de Bazas, excepté ce qu'ils déclarent tenir du seigneur de Sainte-Bazeille entre cette dernière ville et Marmande ( ).

Au mois de Mars 1275, Anissant de Caumont est caution pour Guillaume-Ramon de Pins, chevalier, qui doit rendre au roi les châteaux de Mongaillard, de Gontaud, été, dès qu'il en sera requis ( ).

Le 15 octobre suivant, il est témoin de la vente faite au roi d'Angleterre par Guillaume-Ramon de Pins, du quart des châteaux, chatellenie et justice de Torrabreu, au diocèse d'Auch ( ).

Anissant de Caumont IIe du nom, damoiseau, seigneur de Sainte-Bazeille, de Puch et de Monheurt, succéda à son père, décédé en juin 1281 ( ), et épousa, par contrat du 6 juin 1289, Isabelle de Péberac, fille d'Alexandre, seigneur de Péberac en Agenais, et de Marguerite de Turenne, dame de Bergerac et de Gensac ( ), veuve en premières noces de Renaud, sire dé Polis, dont elle avait eu.deux fils, Hélie Rudel de Pons, qu'elle institua son héritier en ses: terres de Bergerac, Monleydier et Gensac ; et Jeoffroy de Pons, auquel elle Légua par testament les seigneuries de Castelmoron, Moncuc, Ribérac, Espeluche, Charlus, Martel, Cugnac et autres ( ).

Le 20 mai 1289, Edouard Ier, roi d'Angleterre, par lettres datées de Condat, près de Libourne, donne son consentement à la vente faite par Pierre Bagenal, bourgeois de Sainte-Bazeille, à Raymond Furti de Ladils, chevalier, de la septième partie du port de Thouars, sur la Garonne, moyennant 175 livres bordelaises, pour laquelle vente Sa Majesté a eu les droits qui lui appartenaient ( ).

Pendant les années 1203, 1289, 1290 et 1294, le blé coûta fort cher, et il y eut, en 1253, une famine extrordinaire dans la contrée ( ).

La Lettre suivante ; de Philippe IV dit le Bel, nous apprend qu'en 1299 Anissant II de Caumont était déjà mort et que sa veuve Isabelle de Péberac, et Jourdain de l'Isle, chevalier, étaient seigneurs, chacun pour la moitié de la baronnie de Sainte-Bazeille : « Philippe, par la Grâce de Dieu, roi des Francs, au Sénéchal de Gascogne, ou à son lieutenant, salut. Nous vous mandons, qu'à cause des excès commis autrefois par les baillis de la ville de Landerron contre Jourdain, seigneur de l’Isle et Isabelle, veuve d'Atiissant de Caumont, seigneurs chacun pour la moitié de Sainte-Bazeille, vous n'exigiez pas de notre amé et féal Jourdain, seigneur de l'Isle, une plus forte somme que celle qui a été imposée à la dite veuve pour nos droits, à moins qu'il y ait un motif raisonnable que vous aurez soin de nous signifier sans délai. Fait à Angleura ?, le vendredi après Pâques, l'an de Notre Seigneur 1299 ( ).

Nous avons vu au commencement de ce chapitre, que, dans la première moitié du XIIIe siècle, Gaillard de Lamothe est qualifié seigneur de Landerron. Il fit sa fille, Clairmonde de Larnothe, épouse de Jean de Grailly, héritière de tous ses biens. La baronnie de Sainte-Bazeille et de Landerron ne tarda pas à passer pour la moitié à Jourdain seigneur de l’Isle, chevalier ( ), epoux de Guillemette de Durfort, dame de Clermont-Sous-Biran ( ) et par lui à Jourdain de L'Isle, damoiseau, leur second fils, lequel en fit don le 7 septembre 1312 à sa femme Catherine de Grailly ( ), fille de Jean de Grailly, vicomte de Benauges et de Castillon ( ). Celle-ci la donna à Fors, de Padern ( ), fils de Bernard de Padern. Le document relatif à cette donation, se trouve sous le nom d'Edouard II, roi d'Angleterre et avec là date du 24 mars 1315, dans le tome XX de la Collection de Bréquigny (p. 93), En voici le sommaire : « Lettres d'Edouard II par lesquelles il confirme et ratifie la donation des baronnies de Sainte-Bazeille et de Landerron faite par Catherine de Grailly, femme de Jourdain de l’lsle en faveur de Force de Paderin (Fors de Padern), fils de Bernard de Paderin auquel Force Sa Majesté fait, en outre, remise des droits de lods et ventes ( ). »

Le même jour, Fors de Padern donne lesdites seigneuries à Jourdain de l'Isle, exempté, lui aussi, du paiement des droits dûs au roi, car à la suite des premières lettres, sont reproduites d'autres lettres du même prince confirmant et ratifiant à la même date cette dernière donation ( ).

Après, la mort de Jourdain Vl de l'Isle, arrivée la veille de la Trinité 1323, la baronnie de Sainte-Bazeille et de Landerron revint pour une part à sa veuve Catherine de Grailly, car elle est qualifiée dame de Sainte-Bazeille et de Landerron, et elle institua ( ), le 20 juillet 1333, ses héritiers son frère Pierre de Grailly ( ), vicomte de Benauges et de Castillon et son neveu Jean de Grailly, fils du précédent, pour les terres qu'elle possédait à Sainte-Bazeille et à Landerron, en présence d'Arnaud de Plassano, clerc garde-sceau du roi d'Angleterre, duc d'Aquitaine. Le testament fût écrit par Guillaume de Signa, coadjuteur dudit notaire, par devant les témoins Bertrand de Cases, Bernard de Molena, Arnaud Reverendi de Jusix, Arnau Clanet, Rev. Guillaume Clanet, Menaud de Pis, Jean de Senen, Bertrand d'Escloat, Arnaud de Laguar, Guillaume G. Vital Ponchet, Bernard Beliot, prêtre, Rév. Fabre de Druilhet, Pierre Dorte et Me Philippe Fabre, clerc, notaire public ( ). Cela fut confirmé par le roi d'Angle.terre le 20 janvier 1340 (v. s,). On trouve, en effet, dans la Collection Doat, tome CLXXXV, (pp. 304-311), des lettres datées de ce même jour par lesquelles Edouard III considérant que Pierre de Grailly, vicomte de Benauges et de Castillon et Jean de Grailly, captal de Buch, son. fils, avaient été institués par Catherine de Grailly, dame de Sainte-Bazeille et de Landerron, héritiers de ces deux seigneuries, ordonne au sénéchal de Gascogne de les mettre en possession ( ). Mais nous avons anticipé sur les événements.

 

III.

 

Anissant II de Caumont, damoiseau, seigneur de Sainte-Bazeille et de Landerron, de Puch, de Monheurt et, autres lieux, était donc mort en 1299. Il avait eu de sa femme Isabeau de Péberac deux fils, Alexandre et Raymond et une fille, Marie. La minorité de ces enfants fut placée sous la tutelle de Laurent de Cajarc, chevalier.

Sur ces entrefaites, de grandes violences étaient exercées à Landerron. Deux frères, les seigneurs Hélie et Arnaud Bernard de Serres, chevaliers, en compagnie de Bertrand de Saint-Michel et d’autres leurs complices envahirent à main armée les demeures de Géraud Guillaume-Garcie et Bertrand de Jusix et d'autres leurs parents et alliés. Ils s'y livrèrent à toute sorte d'excès, blessèrent un grand nombre de gens, commirent même plusieurs homicides, brisèrent les meubles et les coffres et en emportèrent les joyaux et tout objet de valeur. Les coupables relevaient de la Juridiction dés seigneurs de Sainte-Bazeille, et de Landerron, qui étaient Alexandre de Caumont, remplacé par Laurent de Gajarc, son tuteur, et Jourdain de L'Isle, chevalier, représente par Bernard de Moleria, son bailli. Toutefois l'enquête sur cette affaire et l'arrestation des coupables avaient été remises à Guillaume d'Aulèze, chevalier, châtelain de La Réole et à son collègue Guillaume de Roussillon, châtelain de Saint-Macaire, en vertu de lettres subreptices qu'ils avaient obtenues le 8 août 1302, du vidame d'Amiens, Messire Jean, seigneur de Pinquonio, chevalier, député du roi en Gascogne et dans tout le duché d'Aquitaine pour la réforme des abus. Les deux châtelains s'étaient encore permis d'ouvrir les prisons de Landerron et d'en tirer un criminel que les seigneurs du lieu y tenaient enchaîné.

Le 16 septembre suivant, jour de dimanche, Laurent de Cajarc et Bernard de Moleria montrèrent et firent entendre par Me Michel de Sagasse, notaire public de La Réole, en présence des témoins soussignés et'par devant Guillaume d'Aulèze, un document public reçu par Me Jean-Guillaume de Gassanay, notaire public de la. même ville, et écrit de la main de Me Pierre de Pugbonet, par lequel ils protestaient contre l’empiètement desdits châtelains sut les droits de justice des seigneurs de Sainte-Bazeille et de Landerron, relativement aux événements tragiques dont nous venons de parler. Ils en appelaient en même temps au roi de France et mettaient sous sa protection leurs dits seigneurs, leurs terres et, juridictions, leurs hommes, partisans, aides et conseillers.

Et là, sur le champ, Guillaume d'Aulèze fit lire par le même notaire deux commissions, l'une, datée de La Réole le 8 août dernier, en vertu de laquelle l'enquête leur était commise, à son collègue de Saint-Macaire et à lui, ainsi que l'arrestation des coupables ; et l'autre, datée d'Agen, le mercredi, avant la fête de l'Assomption, leur ordonnant de procéder à ladite enquête, nonobstant que cette enquête eut été remise à Jourdain de l'Isle, seigneur pour la moitié de Sainte-Bazeille et de Landerron, en tant qu'elle pouvait toucher à sa juridiction.

Après cette lecture, le châtelain de La Réole ajouta qu'en vertu de ces deux commissions et malgré la susdite appellation, ils procéderaient encore, son collègue et lui, en la forme qui leur avait été prescrite en tout ce que cette affaire pouvait ou semblait toucher aux droits du roi.

A son tour, Laurent de Cajarc fit donner lecture d'une lettre scellée dés armes du vidame d'Amiens, Jean de Pinquonio, datée de Bordeaux le mardi avant la fête de Saint-Pierre-aux-liens, 1302, et adressée aux châtelains de La Réole et de Saint-Macaire, dans laquelle il leur était dit qu'ils tenaient arrêtés par mandement du sénéchal de Gascogne plusieurs chevaliers et damoiseaux de Landerron ; mais qu'ayant reçu lai-même une supplique de Jourdain de l'Isle et de Laurent de Cajarc, tuteur des enfants d'Anissant de Caumont, pour réclamer la remise des prisonniers entre leurs mains et l'exercice de leur propre juridiction contre eux, la connaissance de cette affaire et la poursuite des coupables d'ailleurs leur revenant de plein droit en leur qualité de seigneurs, il ordonnait aux deux châtelains de leur remettre les prévenus, afin de laisser la justice régulière suivre son cours et frapper les coupables.

En conséquence, Laurent de Cajarc fit dresser de tout cela un document public en présence de: Jean Paussa, Gaillard Morlan, Arnaud de Serres, Robert Manhan, Bernard de Cayrols et Michel Sagasse, notaire public de La Réole, qui reçut l'acte et le fit écrire de la main de Pierre de Pugbonet ( ).

Jourdain, seigneur de l'Isle, chevalier, eut plusieurs différends avec son fils Jourdain de L'Isle, damoiseau, et Catherine de Grailly, relativement à la baronnie de Sainte-Bazeille et de Landerron et aux fruits et revenus qui en provenaient. Cherchant un arrangement, les deux parties, en présence de Me Guillaume Fabre, notaire public de Sainte-Bazeille et des témoins soussignés, prirent, le 30 juin 1304, pour arbitres Raymond du Frêne, Raymond de Casalet, consuls de cette dernière ville, Bernard de Moleria, chevalier, Philippe de Guas, vicaire de l'église de ce lieu, Raymond de Peyrelongue et Vital de Milotas, dont elles s’engagèrent à respecter la sentence sous peine d'une amende de 1.000 livres, pour le paiement de laquelle elles engagèrent tous leurs biens actuels et futurs en présence de discret homme Bernard de Pélet, prieur et seigneur du Mas-d'Agenais, lieutenant du sénéchal de Gascogne.

Les arbitres décidèrent : 1° que Jourdain, seigneur de l'Isle, chevalier, céderait auxdits époux tout le droit, action et obligation qu'il avait et pouvait avoir sur la baronnie de Sainte-Bazeille et de Landerron et ses appartenances, moyennant les 7.000 livres tournoises qu'il avait autrefois payèes à Jean de Grailly, chevalier, ou à Pierre de Grailly, son-fils et père de Catherine ; 2° que Jourdain, seigneur de l'Isle, prélèverait par tonne de vin, par bateau et toute chose soumise au péage sur la Garonne, les deux deniers qu'il avait autrefois cédés auxdits époux lors d'un accord intervenu entre eux et lui à Grenade, dans le diocèse de Toulouse, ainsi qu'il est contenu dans un document public écrit de la main de Me Pierre-Guillaume Lombard, lieutenant de Blancin Loup, chevalier, sénéchal de Toulouse ; 3° que ledit seigneur de l'Isle sera tenu de pourvoir à l'entretien d'un page et d'une damoiselle pour le service de Catherine de Grailly, sa belle-fille, et que ladite Catherine sera aussi tenue de recevoir trois fois par an, de loger et d'alimenter son beau-père ou de lui donner 500 livres, s'il le préfère, avec la terre de Monségur et les moulins d'Estournet ; 4° qu'enfin les deux parties requerront le seigneur Bernard de Pelet d'interposer son autorité pour l'observation de la sentence rendue parles arbitres. Cet arrangement fut fait dans l'église ou chapelle de la ville de Sainte-Bazeille, en présence de Hélies et Bernard de Serres, chevaliers, Bertrand de Serres, fils dudit Hélies, Bertrand de Serres, fils d'autre Bertrand de Serres, chevalier, Arnaud de La Cassagné, bourgeois d'Agen, Garcies des Angles, Raymond de Licmons, Raymond de la Floreyra, Raymond de Siran, Raymond d'Arnaud de Molera, Gaillard de Ferrussac, Bertrand de Jusix, Dominique de Balaïrac, Arnaud-Guillaume Esquerra, Pierre de Lavison, Pierre Dorte, Ponce de Malbois, du susdit notaire et de Bernard de Pelet, prieur et seigneur du Mas-d'Agenais, lieutenant du sénéchal, sous le règne de Philippe, roi des Francs, Edouard, roi d’Angleterre, duc d'Aquitaine, Guillaume, évêque de Gascogne ( ).

L'aîné des enfants d'Anissant II de Caumont, Alexandre, ainsi appelé en mémoire d'Alexandre de la Pèbre ou de Péberac, son aïeul maternel, ayant succédé à son père dans les seigneuries de Sainte-Bazeille, Landerron, Puch, etc., procède en novembre 1309 avec Raymond de Bouglon, son frère, au partage des biens paternels. L'acte est passé à Sainte-Bazeille ( ).

Dans l'acte de mariage passé le 31 janvier 1310 entre Bernardet d'Albret, fils d'Amanieu, sire d'Albret, et Isabeau de Gironde, fille aînée et héritière universelle d'Arnaud de Gironde et de Talèse de Caumont, Alexandre de Caumont, damoiseau, figure en qualité d'exécuteur testamentaire dudit feu Arnaud de Gironde, avec le noble baron Jaufre de Pons, seigneur de Ribérac, Le seigneur Thomas de Puch, chevalier, nobles Jean Pansa, Arnaud de Pins de Gurçon, Raymond de Lavison et Gaubert de Mayrar, ami et compagnon d'Arnaud de Gironde. Le tuteur des filles dudit seigneur de Gironde est Pierre de Gavarret ( ).

Quatre ans après, Alexandre de Caumont et Raymond de Bouglon réclament la dot promise à Isabelle de Péberac, leur mère, fille d'Alexandre de Péberac et de Marguerite de Turenne, dame de Bergerac, aïeule de Réginal de Pons, père d'Hélie Rudel, seigneur de Bergerac et de Montignac, qui disait que cette dot était excessive. Ils s'en rapportent à la décision d'Amanieu, sire d'Albret, par compromis du 3 mai 1314 ( ).

Nous trouvons dans les Arch. dép. des Basses-Pyrénées (E, 216) un document contenant « l'hommage faict par Garcies de Jusic au sieur de Saincte Bazeille pour les péaiges du port de Sainct Jehan de Juzic, au devoir de cent sols morlas à seigneur nouveau, de l'an mil troys cens quinze. » Ledit Garcies est appelle Garcies Jusix de Meilhan.

En février 1315, Alexandre de Caumont donne des lettres par lesquelles il confirme à l'Abbé et aux religieux de Grand Selve l'exemption à eux accordée par Anissant de Caumont, son prédécesseur, de la moitié de la leude, au port de Sainte-Bazeille, et les exempte de l'autre moitié ( ).

Alexandre de Gaumont eut de longs et vifs démélés avec Jourdain de l’Isle, seigneur de Cazaubon, Cornillan, Mongaillard et co-seigneur de Sainte-Bazeille ; et comme il voulut en tirer raison, l'un et l'autre se battirent en duel le 10 novembre 1318 par ordonnance de la cour du Parlement. Mais ce combat singulier, où tous deux se portèrent vaillamment, et avec un égal avantage, ne termina pas leur querelle. Plus irrité que jamais, Jourdain, qui se livrait depuis longtemps à toute la fougue d'un naturel violent et emporté, courut assiéger le château de son ennemi, le prit, le brûla et le démolit entièrement. Le Parlement à qui l'affaire fut déférée, le condamna à une somme de 3.000 livres, les 16 et 31 décembre 1319, en réparation de la démolition qu'il avait faite, et le renvoya, le 13 mars 1320, par devant Pons d'Osmelats qu'il chargea de terminer leurs différends.

« D'autres plaintes s'élevèrent bientôt contre Jourdain de l'Isle ; il fut, écrit le chanoine Monlesun ( ), accusé auprès de Charles IV sur dix-huit chefs dont le moindre, selon la coutume de France, entraînait la peine de mort.

« Jourdain se sentait coupable : il craignait la rigueur des lois et implora la protection du pape Jean XXII, dont le neveu avait épousé Marguerite de l’Iisle-Jourdain, fille de son frère. Le Souverain Pontife l'avait déjà arraché des mains du sénéchal d'Aquitaine qui l'avait jeté dans une prison, et chargé de fers comme un vil malfaiteur.

« Jean XXII intercéda en sa faveur et obtint sa grâce. Mais rien ne pouvait changer cette âme féroce ; il reprit le cours de ses brigandages, se fit le protecteur des malfaiteurs de la contrée, ne respecta ni la pudeur des femmes ni la vie des serfs et osa même braver l'autorité royale. Il advint, dit le Chroniqueur, qu'un sergent du roi ayant paru devant lui avec sa masse ésmaillée de fleurs de lys, le bandit le tua avec sa masse même. Tant de crimes ne pouvaient pas toujours rester impunis. Jourdain fut cité de nouveau devant le parlement de Paris où il parut accompagné de la principale noblesse de la Gascogne. Il ne put néanmoins se défendre contre ses accusateurs'à la tête desquels se faisaient remarquer le vicomte de Lomagne, Bertrand de Goth, neveu de Clément V, et le sire d'AIbret.

« Malgré les sympathies qui l'entouraient, il fut mis dans la prison du Châtelet, et le parlement l'ayant condamné à mort, il fut traîné à la queue des chevaux et ensuite pendu au gibet de Paris, le samedi, veille de la Trinité 1323. Ce monstre ne laissait point d'enfants. Bernard Jourdain IV, comte de l'Isle, son frère aîné, recueillit une partie de sa succession. Quelques mois auparavant, le comté de l'Isle avait fait ajourner le sire d'Albret et ses enfants, auxquels il disputait un héritage. Cette querelle avait sans douté aigri le sire d'Albret et peut-être provoqué ou du moins envenimé ses dépositions ( ). »

Catherine de Grailly, veuve dé Jourdain de l'Isle, dût se remarier avec Arnaud de Durfort, car nous trouvons dans Rymer, à la date du 25 février 1326, des lettres du roi d'Angleterre, adressées de Langon à Bernard Jourdain, seigneur de l'Isle, chevalier, pour donner son approbation à ce mariage : « Rex nobili virôBêriiardo Jordani, domino de Insula, militi, amico suo carissimo, salutem, Dilecti et fidelis nostri Arnaldi de Duro-Forti, militis, erga nos, totis temporibus, gestus laudabilis et probitatis merita utique promerentur, penes nostros amicos et benevolos interponamus cum efficacia partes nostras. – Cum itaque, ut nobis relatum est, super conjugali copula, inter ipsum et Katherinam, Dominum de Sancta Basilica, quandam uxorem Jordani de Insula, contrahenda, aliquae praslocutiones jam sunt factae, ac nos conjunctionem hujusmodi utilem arbitrantes, eam fieri cupimus (dummodo impedimentum legitimum non obsistat) amicitiam vestram specialiter requirimus et rogamus, quatenus praefatam Katerinam, ut hujusmodi consentiat matrimonio, velitis inducere modis et viis, quibus decere videritis, nostri rogaminis interventu. Dat. apud Langeton, vicesimo quinto die Februarii. »

Trois années avant, Catherine de Grailly avait plaidé contre le roi d'Angleterre, duc de Guyenne, pour raison des moulins d'Estournet. Elle obtint main levée au mois d'Août 1330 de la saisie que les officiers du roi eu Périgord avaient faite de ses terres de Curson et de Fleix au sujet du ressort qui fut adjugé au duché de Guyenne, ces terres ayant été données autrefois par le roi d'Angleterre à Jean de Grailly, son aïeul, à condition de l'hommage ( ). Nous avons déjà dit que par son testament et codicile qui furent publiés le 20 juillet 1333, elle institua Pierre de Grailly, vicomte de Bénauges et de Castillon, son frère, héritier des terres de Sainte-Bazeille et de Landerron, et Jean de Grailly, captal de Buch, son neveu, ce qui fut confirmé par le roi d'An- gleterre, duc de Guyenne, qui manda à son sénéchal le 20 janvier l'an XIV de son règne de les mettre en possession de ces terres et d'informer des droits qui lui compétaient.

Au mois de septembre 1323, Alexandre de Caumont, en sa partie seigneur de Sainte-Bazeille et de Landerron, prête serment de fidélité au roi d'Angleterre devant Raoul Basset ( ),

 

Dans la Collection de Bréquigny (vol. LXXII p. 39) on trouve, à la daté du 28 septembre 1324, un mandement d'Edouard II, pour que l'on saisisse en leur personne et en leurs biens les habitants de diverses villes rebelles, telles qu'Agen, Port-Sainte-Marie, Tonneins, Marmande, Sainte-Foi, Sainte-Bazeille et Landerron.

Le 14 janvier 1332, le noble baron Alexandre de Caumont, damoiseau, fournit, devant Me Hélies de Maleval, notaire, à noble homme Hélies de Lescours, chevalier, une obligation de la somme de 30 livres, monnaie courante en Bordelais, dont il lui était redevable en vertu du legs de la dite somme fait par le testament d'Anissant son père ( ).

La guerre entre la France et l’Angleterre s'était rallumée en l'année 1336. Sainte-Bazeille appartenait alors aux Anglais. Si l'on en croit un passage des Chroniques de Froissart ( ) : « Les Français avaient déjà pris en 1338 Sainte-Bazeille et Saint-Macaire. » Un autre passage des mêmes Chroniques (Introd, t. II, p. XXIII) paraît remettre cette conquête à l’année 1340. En effet, est-il dit, Bernard Jourdain, comte de l'Isle, était en Gascogne comme un petit roi de France et faisait une guerre acharnée aux Gascons du parti anglais. Les principaux chevaliers du parti français étaient avec ledit comte de l'Isle, Pierre-Raymond, premier comte de Comminges et Roger Bernard, comte de Périgord, Arnaud de La Vie, vicomte de Villemur, Jean de la Baume, vicomte de Tallard, Arnaud d'Euze, vicomte de Bruniquel et le vicomte de Murendom, (peut-être Amaury, vicomte de Lautrec, seigneur de Montredon). L'effectif de leurs forces s'élevait à 6.000 chevaux et 10.000 fantassins. Les Français prirent Bergerac, Condom, Sainte-Bazeille, Penne, Langon, Prudaire, Civrac.

Si le récit de Froissart est exact, il faut avouer que les Français gardèrent bien peu de temps la ville de Sainte-Bazeille, car « cette place venait d'être prise par les Anglais le 14 octobre 1340, grâce à la défection d'un noble de l'Agenais dont le nom revient fréquemment dans les actes et les chroniques du temps, Alexandre de Caumont ( ). »

La récompense du roi d'Angleterre ne se fit pas attendre, car nous trouvons dans la Collection Bréquigny (vol. XXVI, p. 78) des lettres du 6 juin 1341, par lesquelles Edouard III confirme la concession faite à Alexandre de Caumont des droits du roi dans les villes de Sainte-Bazeille et de Landerrohc Alexandre y reçoit le titre de condominus Sancte Basilie et de Landerron.

Nous avons dit que Bernard Jourdain, comte de l’Isle, qui combattait si vaillamment contre les Anglais, était le frère aîné et l'héritier de Jourdain de l'Isle, seigneur pour la moitié de Sainte-Bazeille et de Landerron. Edouard III, voulant récompenser de ses,bons services Bérard d'Albret, lui donna, vers cette époque, la moitié dé Sainte-Bazeille, possédée par le comte de l'Isle. Mais Bérard ne la conserva pas longtemps, car des lettres patentes du roi d'Angleterre, rappellent à la date du 1er juin 1341 que ce prince lui a donné 130 livres sterlings à prendre chaque année sur la coutume des vins qui descendent à Bordeaux, pour le dédommager de la perte du château et de la moitié de la ville de Sainte-Bazeille et de sa justice haute et basse que ledit d’Albret avait reçus naguère de ce roi ( ). Dans ces lettres, Edouard ordonna encore à son sénéchal de Gascogne de mettre Bérard d'Albret, seigneur de Vayres et de Rions, en possession des lieux de Sauvéterre, Blazimont, Mercamps, Preignac, Cazelles, Saint-Laurent, Saint-Germain, Saint-André-de-Cubzac, etc., valant annuellement 100 livres sterlings, pour l'indemniser de ses dépenses, de ses pertes et de sa prison en France ( ).

Les Français reprirent Sainte-Bazeille après un siège qui dura de la fin d'août au commencement d'octobre 1342.

En effet, le 3 juin de cette année, Jean de Marigny, évêque de Beauvais, lieutenant du roi en Languedoc et en Saintonge, convoqua les hommes d'armes de la sénéchaussée de Beaucaire avec ordre de le joindre à Marmande ou ailleurs le jour de Saint Jean-Baptiste. Il était à Agen le 14 du même mois. Il vint à Marmande onze jours après, dès que là trêve signée le 25 septembre 1340 entre les rois de France et d'Angleterre, eut expiré. Il marcha sur Damazan qui se rendit en août, au bout de quelques jours de siège ( ). Aussitôt après, il attaqua Sainte-Bazeille, bonne ville fermée et beaucoup plus forte, dont la soumission lui prit plus de temps. C'est là que 124 sergents que la communauté de Narbonne lui envoyait pour cette expédition, l'allèrent joindre. Pendant que ce lieutenant du roi de France était occupé à assiéger cette place, il expédia des lettres en vertu desquelles il maintenait les consuls de Marmande en possession de la paroisse de Gaujac, au diocèse de Bazas, et il imposa 33.000 livres dans la sénéchaussée de Toulouse pour les frais de guerre ( ).

Le siège avait commencé avant le 23 août. Robert de Marigny, sire de Tourni, qui se qualifiait « mareschal de nostre sire le roi de France es parties de la Langue d'Oc et de Saintonge », présida aux travaux de cette entreprise. Il était frère de l'Evêque de Beauvais, qui était de retour le 8 octobre à Marmande ( ). Le comte de Foix servait dans l'armée sous Jean de Marigny. La place se rendit et ce succès fut dû en grande partie à la vaillance du sire de Castelbajac, Arnaud-Raymond, dont le lieutenant du roi fait un magnifique éloge dans un acte dû mois d'octobre de la même année et qui, pour couronner une série d'exploits, avait seul osé accepter, le commandement de la bastide mise devant Sainte-Bazeille du coté de Marmande ( ).

Alexandre de Caumont fut obligé de traiter avec le comte d'Armagnac pour la reddition du château dé Sainte-Bazeille au roi de France ( ).

Bernard Ezi, sire d'Albret, fut fait prisonnier par les Français dans, cette ville. Aussi Edouard III lui donna-t-il, pour le dédommager, plusieurs seigneuries en Guyenne, et comme le nouveau serment du sire d'Albret l'exposait au courroux de Philippe, il lui promit entr'autres le château de Bourg, reconquis depuis peu par les Anglais ( ).

La date de 1340 donnée par Guillaume Bardin de ce siège de Sainte-Bazeille est évidemment fausse d'après ce que nous venons de raconter de cette affaire. Nous avons encore d'autres documents à l'appui. Nous lisons, en effet, dans les Inventaires des sceaux de la Collection Clairambault, de G. Demay (tom. II, p. 341. 1886) : « Du mois d'août au mois de novembre 1342, les troupes sont devant Sainte-Bazeille (1907, 2164, 2297, etc.) ; Robert de Marigny, maréchal du roi en Languedoc, est avec elles (5744) ». Des quittances de gages sont données devant cette place et aussitôt payées, ainsi que des indemnités dites « restors » de chevaux perdus à ce siège, comme il suit :

1907. « Castelmoron (Jourdain de)… guerres de Gascogne. – Quittance de gages. – Devant Sainte-Bazeille, 4 octobre 1342 ». (Clair, r. 26, p. 1877.)

2164. « Chanteloup (Pierre de), écuyer… guerres de Gascogne. – Restor d'un cheval. – Devant Sainte-Bazeille, 11 septembre 1342 ». (Clair, r. 28, p. 2083.)

2297. « Chateauneuf de Tursam (Pierre de), écuyer… guerres de Gascogne. – Quittance de gages. – Devant Sainte-Bazeille, 30 août 1342 ». (Clair., r. 29, p. 2175.)

5744. « Marigny (Robert de), chevalier, sire de Tourny, maréchal du roi de France en Languedoc et Saintonge… Restor d'un cheval. – Devant Sainte-Bazeille, 23 août 1342 ». (Clair., r. 70. p. 5475.)

3983. « Garsie (Pierre), écuyer… guerres de Gascogne ; perte d'un cheval devant Sainte-Bazeille. – Quittance de gages. – Castelsarrazin, 27 février 1343, n. st. ». (Clair., r. 52. p. 3905.)

Nous sommes à l'année 1345.

Après la victoire d'Auberoehe remportée sur les Français (21 octobre 1345), Henri de Lancastre, comte de Derby, s'en retourna passer l'hiver à Bordeaux. Les Anglais se remirent en campagne de bonne heure pour prévenir sans doute l'armée du duc de Normandie qu'ils voyaient se préparer contre eux ( ).

Un conseil de guerre tenu à La Réole par Bernard Jourdain, comte de l'Isle, avait décidé que la campagne serait abandonnée à Derby et qu'on.se bornerait à défendre les places fortifiées. Le comte de l'Isle restait à La Réole, où étaient venus se réfugier les assiégés de Beaumont de Lomagne après là prise de cette place, et faisait réparer les murs et les forteresses « tellement qu'elles n'avaient garde d'assaut, que on y fit sur un mois ou deux ( ) ».

Derby faisait à Bordeaux les préparatifs nécessaires pour assiéger cette dernière ville ( ). Il visita d'abord Bergerac, où le comte de Pembrok le joignit avec ses troupes. Il y avait quatre jours que les Anglais étaient dans cette ville « lorsqu'ils s'en partirent. Quand ils furent sur les champs, ils émurent leurs gens et considérèrent leur pouvoir et se trouvèrent mille combattans et deux mille archers. Si chevauchèrent tout ainsi, et firent tant qu'ils vinrent devant un chatel qu'on appelle Sainte-Bazeille. » L'expédition de Derby avait pour but immédiat et capital de prendre La Réole. Le manuscrit de Rome ne mentionne Bergerac ni comme lieu d'étape, ni comme lieu de gîte, occupé par Derby, entré Bordeaux et Sainte-Bazeille. « La première ville, y est-il dit, que il (les Anglais sortant de Bordeaux) trouvèrent, ce fu Sainte-Basille. » – « Les hommes de la ville (Ste-Bazeille) n'osèrent (d'après le manuscrit de Rome) attendre la venue des Englois, car ils n'estoient pas fort assés et alèrent au-devant de euls trettyer, et se rendirent, salves lors corps et lors biens. »

Cette soumission volontaire, inspirée par la peur et prévenant l'arrivée des Anglais à Sainte-Bazeille, soumission qui ne choquait point Froissart lorsqu'il rédigeait le manuscrit de Rome, contrariait vraisemblablement ses vues et ses goûts lorsqu'il rédigeait le manuscrit publié par Buchon ; car, ici, au lieu de rencontrer les habitants de Sainte-Bazeille courant sous l'aiguillon de la crainte au-devant du joug anglais, nous le voyons opposer à Derby un simulacre de résistance, une résistance d'inertie, puisque nous lisons que les Anglais assiégèrent Sainte-Bazeille de tous côtés « et firent grand appareil de l'assaillir ( ). »

Ce qui est bien certain, c'est que les habitants de cette ville voyant que les Anglais étaient les maîtres du pays, qu'aucun corps français ne tenait devant eux, qu'enfin tous les seigneurs qui auraient pu les secourir, se trouvaient ou parmi les morts ou parmi les prisonniers de la bataille d'Auberoche, n'offrirent, pas grande résistance, se décidèrent à la soumission et jurèrent féauté et hommage au roi d'Angleterre.

L'on est encore embarrassé, répond M. Bertrandy, sur la question de savoir si les Anglais ne firent que coucher à Sainte-Bazeille, ainsi que le rapporte le manuscrit de Rome, ou s'ils s'y reposèrent trois jours, et n'en partirent qu'au quatrième, comme, le relate un manuscrit de Froissart, coté manuscrit d'Amiens ( ).

Derby prit ensuite La Roche-Millon (Meilhan), reçut Monségur à composition, remonta vers Aiguillon qui se rendit à lui et enfin vint porter son camp devant La Réole ( ).

M. Bertrandy croit que Derby après la bataille d'Auberoche prit Monségur et que ce que raconte Froissart touchant Sainte-Bazeille, Meilhan, Aiguillon, appartient à une époque postérieure à l'entrée de Derby dans La Réole.

C'est à Raoul de Stafford qu'il convient d'attribuer l'honneur d'avoir soumis, dans un espace dé temps compris entre le 13 novembre et le 10 décembre 1345, un certain nombre de localités le long de la Garonne, depuis La Réole jusqu'à Aiguillon.

« Maître de la ville et du château de La Réole, dit M. Samazeuilh ( ), Derby marcha sur Montpezat qu'il prit par escalade, non sans y perdre beaucoup d'archers avec le chevalier qui portait la bannière du comte Stafford. – Castelmoron, situé sur la rive droite du Lot, presque en face de Montpezat, fut, au contraire, enlevé par surprise d'après le conseil d'Alexandre de Caumont, l'un des chevaliers gascons servant dans l'armée anglaise. Derby se présenta devant cette ville, puis, feignant de se retirer avec tout son bagage, il ne laissa derrière lui qu'un corps de cent hommes d'armes ; mais à une demi-lieue de Castelmoron, il cacha dans un vallon, ombragé d'un côté par des oliviers et de l'autre par des vignobles, une forte embuscade qui se dérobe avec soin à tous les yeux. – Lorsque ceux de Castelmoron se furent aperçus de la faible troupe restée devant leurs murs, ils s'armèrent à la hâte et firent une sortie, se promettant un succès facile comme un grand butin. En effet, les Anglais plient à la première charge et battent en retraite jusqu'au delà du ravin où le gros de leurs gens s'étaient embusqués. Alors, au cri de Mauny ! Mauny ! (car c'était ce capitaine qui commandait l'embuscade) les Français reconnurent leur imprudence et piquèrent des deux pour regagner leur ville. Mais les Anglais y arrivèrent en même temps, et trouvant les barrières ainsi que les portes ouvertes, ils s'en saisirent sans combat.

Derby sauva cette ville du feu et du pillage pour la donner au chevalier Alexandre de Caumont, au plan duquel il la devait. Celui-ci y commit son frère et Derby lui laissa pour garnison cent archers et soixante bidauts ( ). »

Peu après, Alexandre de Caumont fut moins heureux à Aiguillon. Il fut fait prisonnier à l'assaut du pont de cette ville par Robert d'Angerant, écuyer tranchant de Jean de France, duc de Normandie, fils et lieutenant de Philippe de Valois. Ce prince se fit remettre le seigneur de Sainte-Bazeille et accorda à celui qui l'avait pris 500 livres de rente annuelle par lettres patentes du 7 Juillet 1346, données ce en nos tentes entre Toiineins et Aiguillon ( ). »

S'étant tenu en observation dans La Réole vers les derniers jours du siège d'Aiguillon, Derby se rendit à Bergerac, raconte M. Samazeuilh ( ), pour y rassembler ses troupes et les seigneurs de son parti, A Bergerac, il reçut du camp français devant Aiguillon la proposition d'une trêve qu'il refusa, connaissant ce qui se passait en Normandie. Sur quoi, le siège fut levé le 20 août 1346, et les Français battirent en retraite sur Agen, non sans se voir inquiétés par les Anglais qui mirent leur camp sur le Lot au pillage. A cette nouvelle, Derby se porta dans l'Agenais, où il garnit de troupes Villeréal et tous les châteaux du pays. Il en fit autant à Tonneins, que les Français venaient d'abandonner, ainsi qu'à Aiguillon, et s'en revint passer huit jours à La Réole, où il divisa son armée en trois corps. La première troupe fut laissée au sire d'Albret, à Bérard d'Albret, à Alexandre de Caumont et quelques autres, pour garder le Bazadais ; la seconde au seigneur de Duras, comme à d'autres chefs, pour défendre l'Agenais ; avec le troisième corps composé de mille hommes d'armes Derby marcha vers la Saintonge et le Poitou.

Alexandre de Caumont avait marié sa sœur Marie, le 30 septembre 1341, avec Pierre de Galard, seigneur d'Espiens. On trouve aux Archives départ. des Basses-Pyrénées (E. 150) le contrat de mariage et l'acte par lequel ledit Alexandre paie à son beau-frère 3.000 livres tournois pour la dot de sa sœur. L'épouse reçoit en dot : robes, lits, ornements et palefroi, 600 écus d'or, 3.000 livres tournois petit coin, 200 livres de rente. Pierre de Galard donna quittance de cette légitime et s'engagea à restitution d'une partie, au cas où sa femme viendrait à prédécéder sans enfants ( ).

Nous trouvons (Biblioth. nat.) ( )une quittance donnée le 22 septembre 1341 par Pierre de Galard, seigneur d’Espiens, à Alexandre de Caumont, seigneur de Sainte-Bazeille, de 600 livres, d'une part, et d'autres 600 livres de rente annuelle, pour la dot de Marie de Caumont, sa sœur. L'acte est passé à Landerron, dans la chapelle de Saint-Nicolas, par Me Etienne de Breuil, notaire de Sainte-Bazeille, en présence de Raymond de Pellegrue, fils de Gilbert de Pellegrue, d'Amanieu de Grésignac, de Guillaume-  Raymond de Grésignac, de Guillaume-Arnaud de Thivras, de Poncet de Landiras, de Guillaume Gatz de Jusix, damoiseaux.

Ce Pierre de Galard, seigneur d'Espiens, allié à Marie de Caumont, n'est ni Pierre de Galard, grand-maître des arbalétriers et seigneur de Limeuil, ni autre Pierre de Galard, sergent d'armes, sire d'Espiens, surnommé Junior dans plusieurs documents, notamment dans une dispense qui lui fut accordée par le pape Jean XXII, en 1333, à l'occasion d'un premier mariage avec Alpais de Montaigu. Il est vrai cependant que ces trois Pierre de Galard, contemporains homonymes de nom et de prénom, s'étaient mariés dans la maison de Caumont. I° Le grand-maître des arbalétriers, gouverneur de Flandres, négociateur de trois rois de France dans les affaires militaires, religieuses ou politiques, n'avait pas épousé, comme l'ont cru le P. Anselme et presque tous les auteurs, Marie de Caumont, sœur d'Alexandre de Caumont, mais bien Talésie de Caumont, morte avant 1333, ce qui est établi par le testament de son frère Guillaume de Caumont, seigneur de ce lieu, qui, le mercredi, après l'exaltation de la Sainte-Croix, institue son héritière Indie de Caumont, et lui substitué Jean de Galard, fils de ladite Talésie, sa sœur, autrefois femme de Pierre de Galard, seigneur de Limeuil ( ). En outre, le mariage de Talésie de Caumont dût être célébré vers 1310 ou 1315, tandis que celui de notre Marie de Caumont est du 20 septembre 1341. 2° Autre Pierre de Galard, sergent d'armes et sire d'Espiens, cousin du précédent, s'était allié une première fois à Alpais de Montaigu, et une seconde à Nauda de Caumont. Le premier mariage est de 1333 et le second antérieur à 1341, date à laquelle ledit Pierre n'était plus, ce qui résulte de la remise de l'amende faite à la dite Nauda, qualifiée sa veuve : Naudae relictae domini Petri de Galardo, militis ( ).

Alexandre de Caumont avait épousé Blanche de La Mothe, fille d'Amanieu de La Mothe ( ), seigneur de Roquetaillade et de Langon. Il en eût trois filles et aucun enfant mâle, savoir :

I° Hélène de Caumont, mariée le 26 octobre 1357, avec Bérard d'Albret, seigneur de Gensac, fils de Bernard Ezi, sire d'Albret, et de Mahaud ou Mathe d'Armagnac, sa seconde femme, auquel elle porta les seigneuries de Sainte-Bazeille et de Landerron, de Puch et autres lieux, avec le consentement de ses deux soeurs, Isabeau et Marguerite de Caumont, qui lui cédèrent leurs droits et portions par lettres de l'an 1357, 26 octobre ( ).

2° Isabeau de Caumont, dont nous venons de parler, qui, le jour du mariage de sa sœur Hélène, lui légua tous ses biens de Sainte-Bazeille, de Landerron, de Puch et autres lieux qui avaient appartenu à Alexandre de Caumont, leur père, en contemplation de l'alliance de ladite Hélène et de Bérard d'Albret. L'acte est passé dans la paroisse de Baleyssague, au diocèse de Bazas, en présence d'Arnaud-Amanieu d'Albret, Guitard d'Albret, Guillaume de Marmande, seigneur de Taillecavat, Rév. de Lubiis, Bernard de Ferrand ( ), Guillaume-Gassies de Juge, Bertrand de Las Cazes, chevaliers, et vénérables Vital de Fumel, professeur es-lois et chanoine d'Agen et Guillaume de Cugnos, archidiacre de Gamages et chanoine de Bazas, Jean de Lisiac, licencié et chanoine de la collégiale de Vinhendualdo, Roux des Vignes, châtelain de Meilhan, Hélie de Malenat de Pulcia Arbore, notaire public de Bazas et d'Agen ( ).

3° Marguerite de Caumont ( ), qui épousa Gaillard de Durfort, chevalier, seigneur de Duras et de Blanquefort. Nous trouvons aux Archives départ. des Basses-Pyrénées (E. 216), à la date du 26 octobre 1357, une donation consentie en faveur de Bernard d'Albret par Marguerite de Caumont, dame de Duras et de Blanquefort, veuve de Gaillard de Durfort, de tous les droits qu'elle avait, en raison de sa dot, sur l'hérédité d'Alexandre de Caumont, seigneur de Sainte-Bazeille et de Landerron et de Puch. Bernard d'Albret agit au nom d'Hélène de Caumont, fille et héritière dudit seigneur Alexandre. Les témoins sont Arnaud-Amanieu et Guitard d'Albret, frères, fils du sire d'Albret, vén. Vital de Fumel, professeur ès-lois et chanoine d'Agen, Roux des Vignes, châtelain de Meilhan, etc.

Alexandre de Caumont était mort lors du mariage de sa fille avec Bérard d'Albret (octobre 1357.)

 

Notes :

 

Arch. départ, du Tarn-et-Garonne : Somme de Lisle, f° vc LXXXIIII. Document inédit publié in-extenso aux Notes et pièces justificatives, n° V.

Arch. Départ. de Tarn-et-Garonne : Somme de Lisle, f° VIe XXXII V° : Compromissum inter dum Jordanum quondam patrem, ex parte una, et Jordanum ejus filium et Catharinam, ex altera. - Document inédit, publié in-extenso aux Notes et pièces justificatives, n° VI.

Collect. Doat., t. I, p. 234 ; t. 179, pp. 37-47. - Arch. dép. des Basses-Pyrénées, E. 216. Ce partage est du jour des nones de novembre 1309.

Biblioth. Nat. Lespine, vol, 126. Caumont f° 86 V°. – M. Doat, vol. 179. Coll. de Foix, t. XV, f° 202.

Villevieille. Très. Gén. Caumont. Bibl. du Roy. Man. Doat, t. II, p. 186.

« Noverint universi praesentes litteras inspecturi, quod nos Alexander de Cavomonte, d. Sanctae Basiliae, vidimus et diligenter inspeximus quoddam privilegium d. Anissantii de Caumont, praedecessoris nostri, cum suo sigillo pendenti, monasterio Grandis Silvae concessum, cujus tenor sequitur in haec verba : (suit l'acte de donation d'Anissant de Caumont déjà cité.)

« Quod quidem privilegium nos praedictus Alexander ratum et gratum habentes ac etiam confirmantes, eisdem abbati ; et conventui concedimus et donamus pro nobis et successorribus nostris in puram et perpetuam helemosinam aliam medietatem pedagii quod habemus vel habere debemus quoquomodo in portu, seu villa Sanctae Basiliae supradictae, statuentes et concedentes perpetuo ut praedicta Abbas et conventus de rebus suis propriis ipsius monasterii, scilicet de blado, vino, sale, piscibus et aliis rebus propriis, transeuntibus per portum, sive per villam Sanctae Basiliae, tam per aquam, quam per terram ascendendo, vel descendendo, leudam vel pedagium ad nos pertinens, nobis, vel successoribus nostris solvere nullatenus teneantur, sed in libertate perpetua ibidem pertranseant quantum ad nos, nostrosque successores spectare potest. Hanc autem confirmationem et donationem fecimus proefatis abbati et conventui in puram et perpetuam helemosinam, donatione perpetua et irrevocabili inter vivos. In quorum omnium fidem et testimonium, sigillum nostrum praesentibus litteris apponi fecimus et appendi. Actum est hoc mense februarii anno Domini millesimo trecentesimo quinto decimo. »

Biblioth. Nat. Lespine, vol, 126, Caumont, f° 229. Recueil de Doat, v. 78, f° 307. Coll. sur un petit livre en parchemin contenant 75 feuilles, trouvé aux Arch. de l'Abbaye de Grand Selve, diocèse de Montauban, etc. Fait à Alby, le 26 mars 1669. Signé Doat et plus bas Capot.

Monlezun : Histoire de la Gascogne, t. III, pp. 182-184.

Continuateur de Nangis. – Dom Vaissette. – Art de vérifier les dates. Père Anselme : Grands off. de la couron. etc. t. IV, pp. 481-482. Hist. de la Gascogne, par le chanoine de Monlezun, t. III, pp. 182-184. Documents historiques sur la Maison de Galard, par J. Noulens.

Père Anselme : Grand off. etc.

Bibliolh. Nat. Coll. de Bréq. vol. LXXI, p. 105.

Biblioth. Nat. : Lespine, vol. 126. Caumont, f° 237.

Publiées pour la Société de l'Histoire de France, par Siméon Luce : Introd. t. I, p. CXCV.

Hist. Générale du Languedoc, t. IX, p. 526, note.

Arch. départ. des Basses-Pyrénées, E. 221.

Idem.

Notice sur la ville de Marmande, p. 50. Tamizey de Larroque. Hist. Gén. du Languedoc, à l'année 1342.

Notice sur la ville de Marmande, p. 50. Hist. Gén. du Languedoc, t. IX, p. 525.

Hist. Gén. du Languedoc, Ann. 1342, t. IX, p. 542. – L'évêque de Beauvais séjourna tout le reste du moi d'octobre à Marmande.

Hist. Gén. du Languedoc, an. 1342, t. IX, pp. 543, 544. La brèche fut, ouverte dans les murailles situées en face de cette bastide et l'endroit porte encore le nom de la brèche.

Villevieille. Très. Gén. Caumont, Bur. des fin. de Montauban. C. de Rod. Liasse 6° hist. coté 378.

Guyenne milit., t. I, p. 70. Léo Drouyn.

Hist. de l'Agenais, du Bazadais et du Condomois, p. 391, Samazeuilh.

Froissart, t. I, p. 186, liv. I, chap. 220. – Lettres des Rois et Reines etc., t. I, pp. 79-80. Champollion-Figeac.

Froissart, t. I, pp. 195-201.

Etudes sur les Chroniques de Froissart, Ch, Bertrandy, pp. 146-147.

Etudes sur les Chroniques de Froissart, Ch. Bertrandy, pp. 146-147.

Lettres des Rois et des Reines, etc., t. I, pp. 79-80.

Hist. de l'Agenais, du Baladais et du Condomois, pp. 399-412.

Bidauts : troupes légères armées de dards, d'une lance et d'un poignard.

Trés. des Chartes XXXI. – Maison de Galard, par J. Noulens, pp. 634-636. – Grands officiers, etc., P. Anselme, t. IV, pp. 481-482.

Hist. de l'Agenais, etc.

Maison de Galard. Noulens, t. I, pp. 628-633, 634-636.

Lespine, v. 126, Caumont, f° 238. Mss. de Doat, v. 187. Titres de Foix, etc., t. 23, f° 266.

Villevieille. Trés. Gén. Caumont, Biblioth. du Roy. Mss. de Doat, t. II, p, 188.

Voir Documents historiques sur la maison de Galard, par J. Noulens.

Voir sur les La Mothe : Notice sur le château, les anciens seigneurs et la paroisse de Mauvezin, R.-L. Alis, chap. III, IV et V, passim.

Grands officiers, etc., P. Anselme, t. IV, 481-482.

Voir sur Bernard de Ferrand, la même Notice sur Mauvezin, pp. 89-93.

Arch. départ des Basses-Pyrénées, E. 150.

Est-elle bien la fille d'Alexandre de Caumont, quoiqu'en dise le P. Anselme ? Elle était veuve en 1357. Elle est dite sœur dudit Alexandre dans « le contrat du mariage de Bérard d'Albret et d'Hélène de Caumont, fille d'Alexandre de Caumont, mariage fait du consentement de dame Marguerite de Caumont, sœur dudict Caumont. Feust baillé en mariage audict Bérard le lieu de Sainte Bazeille et Landeron et Puch, de l'an mil troys cens cinquante-sept. Signé Bernardus et Ayno, notaire. » Biblioth. Nat. Coll. Dupuy, vol. 368, coté N2.

« Instrument contenant la cession que faict Marguerite de Caumont au sire d'Albret de tout le droict que luy competoit sur Sainte-Bazeilhe et Landeron de l'an mil trois cens cinqt sept. Idem, coté M4.

  « Noverint universi et singuli presentes litteras inspecturi, quod nos Anissantius de Caumonte, domino Sanctae Basiliae, dedimus atque concessimus in puram et perpetuani helemosinam D. Deo et Beatae Mariae Virgini, et abbati atque conventui monasterii Grandis Silvae, medietatem padagii quod habemus, vel habere debemus in rébus emptis vel emendis, venditis vel vendendis quidquid sit illud, sive sal, sive vinum, vel oleum, sive bladum, et in rebus aliis monasterii supradicti, per portum, sive per villam Sanctae Basiliae transeuntibus. Et hoc donum et istam helemosiuam, per nos et successores nostros facimus inter vivos. Ut autem a nostris successoribus id firmius habeatur, prassentem cedulam sigilli nostri munimine fecimus roborari. Actum est hoc mense febroarii anno D. millesimo ducentesimo quadragesimo septimo. » Biblioth. Nat. : Lespine, v. 126. Caumont. f° 230. Recueil de Doat, v. 78, f° 307. Abbaye de Grand Selve.

Nous trouvons (Ibidem, Lespine, f° 228. Ibidem. Doat, f° 243) l'exemption suivante accordée en avril 1228 (v. st.) par Auerius-Sancius de Caumont, fils de Sancius-Amerius, au même monatère de Grand-Selve, des leudes, péages et coutumes dans tous ses ports : Notum sit omnibus hominibus quod Auerius-Sancius de Calvomonte, filius Saticii Anerii qui fuit, pro salute animae suae et patris sui, dedit Domui Grandis Silvae et fratribus ejusdem domus proesentibus et futuris, omnes leudas et pedagia et consuetudines suas in perpetuum per omnes portus suos, omnium rerum suarum, ut libere semper transeant in ascendendo et descendendo cum omnibus rébus suis. Hoc donum fuit factum apud Manurt (Monheurt) anno incarnationis D. M°CC°XXVIII° mense aprilis. Raymundo Tolosauo comite, Aginnensi sede vacante, Ludovisco Rege Francorum. Hujus rei sunt testes W. Saissetde Claromonte, W. de Sancius de Cosals, et Raymundus Guillelmi, frater ejus, et Donatus de Ponte, et frater Raymundus Petri cellararius Grandis Silvae, qui cartam istam scripsit et sibi hoc donum concessum fuit. » Collat. sur une copie en parchemin trouvée aux Arch. de l'Abbaye de Grand Selve à Albi le 23 février 1669. Signé de Doat, et plus bas Capot.

A la suite de cet acte qui est le premier, sont plusieurs autres de même nature, et de même date, dont voici la liste :

« 2° Exemption de leude, péage et coutume accordée au couvent de Grand Selve, par Austor de Lunas, à Monurt, par acte passé apud Agullo (Aiguillon) 1228 apvril ;

3° ... par Vitalis de la Falconera, qu'il avoit... apud Falconeriam, par acte passé apud Agullo, 1228 avril ;

4° ... par Guille Saisset de Claromonte... qu'il avoit apud Clarum Montem. Acte passé apud Monurt, avril 1228. Témoins Anerius Sancius de Calvomonte, filius Sancti-Anerii qui fuit, etc.

5° ... par Guille Raimond de Pis dit Jinhos. Fait apud Calvum Montem.

6° ... par Pagane, fille de Pierre de Falconera. Fait apud Portum Sanctae Mariae. »

Voir pour les seigneurs de Caumont descendants de Guillaume II : Titres et Mémoires de la maison de Caumont. Missions, étrangères, tom. 160.

L'aîné des trois frères, Bègue 2e du nom, fils de Bègue Ier de Caumont, fut seigneur de Lauzun, de Puymiclan et d'autres terres. Le deuxième, Anissant, vulgairement appelé Ansancy, seigneur de Cancon, de Saime-Livrade et autres lieux, avait épousé Géralde de Madaillan, fille d'Amanieu de Madaillan, seigneur de Cancon et autres places.

Nous lisons dans les Registres des chartes du Roy, coté XI :

« Feuda Agenesii anno 1260, citra Garumnam. De Baillivia Agen, et Marmand. »

« Nos Bego et Anissantius et Guiscardus de Caumonte, fratres, confitemur vobis magistro Bono Coseti, Judici Aginnensi pro illustri Domino comite Tolosano, et de mandata nobilis viri Gulielmi de Balneolis, senesealli Agenensis et Caturcensis, pressenti et requirenti, nos tenere in feudum a Domino comite quidquid habemus in castro et honore Podiimiclan, et propter hoc debemus cum portionariis nostris unum militera d’ost. Item quidquid habemus apud Mombeus, et propter hoc debemus cum portionariis nostris unum militem d'ost. Item ego Bego, quidquid habeo in castro et pertinentiis de Laudum, et propter hoc debeo cum portionariis meis duos milites d'ost. Item ego Anissancius, castrum de Cancor, pro uxore mea, et quidquid habeo apud Sanctam Liberatam, et propter hoc debeo duos milites d'ost, et pro proedictis hommagiuui, quod homagium vobis, pro Domino comite recognoscimus, et fidelitatis juramentuin facientes, juramus vobis ad sancta Dei Evangelia corporaliter manu tacta, nos predicto Domino comite vitam et membra, honorem et fidelitatem perpetuo servaturos. »

Biblioth. Nation : Lespine, vol. 126, Caumont, f° 68. Man. Doat, vol. 247. Collect. tit. concernant les Vtes  de Lomagne.

Histoire de Libourne, t. 1 p. Il, par Guinodie.

Cette révolte était motivée par les exactions des officiers du roi, la saisie sans motif des vins de Gascogne à Londres. (Mathieu Paris, Chronique, t. VII, p. 391 ).

Hist. de l’Agenais, etc. Samazeuilh.

Hist. de Libourne, t. VII. p. 12.

Parmi les chevaliers de Landerron sont mentionnés en 1263, Nasans de Serres, Guiraut de Serres, Frozin de Jusix, Gaultier de Serres, Girard de Jusix, Guillena de Forsseds, qui possédaient des terres dans tous les environs de Landerron. Arch. hist. de la Gironde, t. III, pp. 13, 14, 15.

Rymer, t. I pars II. p. 64, 3e édit. C'est par erreur que Rymer inscrit ces lettres d'abolition à la date de 1261.

Rôles Gascons. Fr. Michel : Au sujet des biens des feudataires de Sainte-Bazeille.

Rôles Gascons, t. I. p. 280.

Documents inédits relatifs à l'histoire de l'Agenais publiés par Tamizey de Larroque. et reproduits depuis par Francisque Michel dans les Rôles Gascons, t. I, p. 318. Coll. de Bréq. t. XI, p. 21, Biblioth. Nat. Lespine, v. 126, Caumont, f° 231. Pât. et chart. Vascôn an. 38. Henr, III, p. 1. memb. 6. Mss. de M. Bréquigny. Cart. coté Guyenne v, Elect. de Condom. – Francisque Michel n'indique pas le jour où a été signé le document, et il a lu Anaxus de Cavo-monte. Il dit ailleurs, p. 368,

Annexancius. Rôles Gascons, Fr. Michel, t. I. p. 331

Rôles Gascons, p. 328.

Documents relatifs à l'histoire de l’Agenais, p. 12, note 2, imprimé depuis dans les Rôles Gascons de Fr, Michel, p. 400. Biblioth. nat. Coll. de Bréq. t. XI. p. 53.

Rôles Gascons, t. I. p. 511.

Rôles Gascons, t. I. p. 511.

Biblioth. nat., Lespine, v, 126. Caumont, f° 221 : De Baiula Marmandae.

Ibidem.

« Anissautius de Cavomonte, D. de Mouurto, diocesis Agennensis, universis Christi fidelibus potem cartam iuspecturis vel audituris, salutem, in eo qui est omnium vera salus. Universitati vrae, tenore potium imiotescat quod nos, damus. et cqneidinius in, puram et perpetuam eleemosiuam, pro salute animae nrae et parentum nrorum, omnipotenti Deo et beatae virgini Mariae et monasterio Grandis Silvae, ordinis Cisterciensis Tholosanoe diocesis, et toto eonventui dicti monasterii, puti pariteret futuro, de pedagio nostro quod eonsuevimus recipere apud Monureum in diocesi Agennensi, libertatem et quitationem dicti pedagii, et liberumtransitumde dueentis doliis pleni vini et de ducentis cartonibus bladi, et salis et piscium et pannorum, quae pro necessitate dicti monasterii per Garonam, in pedageria nostra de Monurto ascendendo vel descendendo duxeriut asportanda. Si vero nos dubitaremus, vel successores nostri dubitarent quod proedicta non essent pro necessitatibus dicti monasterii, unus frater dicti monasterii faceret fidem quod praedicta, scilicet bladum et vinum superius expressa, sint propria praedicti monasterii, et ad praedictum monasterium pertinent, et ut istud donum et ista quitatio robur perpetue firmitatis obtineat, putem cartam sigilli nri muuimine fecimus roborari. Hoc autem intelligimus de vino propriarum vinearum, et de blado propriarum terrarum agricultura monasterii supra prasdicti. Hujusvero quitationis et donationis sunt testes frater Bertrandus de Bello Castello, prior praedicatorum Agenni, Raymundus Abbas, capellanus Dni papae et capellanus et canonicus de Manso, Agennensis diocesis, Raymundus Hugo, miles, Bertrandus de Castro-Maurone, Villelmus de la Fageda, Raymundus de Scerra, domicellus, et ego Arnaldus Johaunis de Corde-Vivo cois notarius Mansi, qui pntem cartam scripsi, de voluntate et assensu dicti Dni Anissancii, et sigillum meum apposui. Datum apud Monurtum, pridie idus Apr. anno Dni M°CC°LX. » Bibliol. nat. Lespine. v. 1-26, Caumont, f° 233. Rec. de Doat, v. 78. Abbaye de Grand Selve, f° 409. Collect. à Alby le 15 fév. 1669 sur l’original en parchemin, Signé Doat et plus bas Capot.

Arch. hist. de la Gironde, III, 10 et 13.

Somme de Lisle CLXXVIII : Arch. Départ. de Tarn-&-Garonne. Document inédit, publié in-extenso à la fin du volume, Notes et pièces justificatives, n° III.

« 1273. Decima tertia die Martii. Nobilis vir Anesensius de Cavomonte, miles, Dlus de Sancta Basilia, recognovit quod tenet in feodum a Rege Anglia quidquid habet apud S. Basiliam, Lahdaronum et alibi, in diocesi Vasatensi. Pro quibus omnibus debet faeere hqmmagium ligium et obsequiumsub ac forma, quod si ipsi pciarii veluit eum facere, sit miles vel domicellus cum uno milite pro ambobus. » Extrait d'un Registre de la Chambre des Comptes de Paris, des hommages rendus au Roy d’Angleterre. Bibliolh. Nat. Lespine, v. 126, Caumont. Villevieille, Très. Gén., Caumont, Bure des Fin. de Bord. Reg. C. f° 118.

Arch. hist. de la Gir. III. 39 : Recognitiones faetae domino regi Angliae de suis feodis per personnas.

Villevieille, Très. Gen., vol. 50. Sainte-Bazeille. Bureau des finances de Montauban. Somme de l'Isle, f° 694.

Villevieille, Très. Gèn., Caumont. Bur. des fin. de Bord. Reg. C. f° 49, verso.

Voir : Père Anselme : Grands offic. de la Couron. Caumont.

Villevieille, Très. Gèn. Caumont. Biblioth. du Roy. man. de Doat. t. I. p. 73.

Voir idem. Lespine, vol. 126. Caumont, f° 221.

Biblioth, Nat., Coll. Brèq. vol. XV. p. 63

Annales de La Réole, par M. Dupin. Manuscrit de M. Octave Gauban.

Lettre en latin. Document inédit. Somme de Lisle, f° v. LXXXVI V° et publié aux Notes et pièces justificatives, n° IV. , – Arch. dép. de Tarn-et-Garonne.

Voir la lettre susdite de Philippe IV.

Père Anselme : Grands officiers, etc.

Arch. dép. des Basses-Pyrènèes, E. 18. Le Père Anselme raconte que Catherine de Grailly fut constituée héritière en partie par le testament Jean de Grailly, seigneur de Langon, son oncle, après la mort duquel elle posséda les chatellenies de Curson et de Fleix, pour lesquelles elle rendit aveu avant l'an 1312 à- Edouard, roi d'Angleterre. On voit par cet aveu que ces terres avaient été confisquées pour crime de rébellion par ce prince sur le vicomte de Castillan et qu'ayant été possédées par Jean de Grailly, elles étaient passées à Catherine et à Jourdain de l'Isle, son mari, pour lesquelles ils étaient en différend avec Archambaud, comte de Périgord et signèrent un compromis en 1312.

Catherine de Grailly avait épousé en 1299, à Agen, Jourdain VI de l'Isle. Le 25 février 1326, étant veuve de lui, elle dut se remarier à Arnaud de Durfort, chevalier, car nous trouvons dans le Recueil de Rymer une lettre de ce jour, du roi d'Angleterre approuvant le projet de ce mariage.

Voir Documents inédits relatifs à l'Hist. de l'Agenais, note 2, pp. 41-42.

En latin Forcius de Padernio. Le Père Anselme l'appelle (tom. II, p. 706) Jorcius de Padervio. La vraie traduction est Fors de Padern.

« De confirmatione concessionis factas Fortio de Paderino, filio, Bernaldi de Paderino, de Baroniis et terris de Sancta Bazella et Landerrone. Teste rege apud Windesor 24 martii. » Catalogue des Rôles Gascons, t. I, p. 46. An. 1314-1315. Thomas Carte.

Documents inédits relatifs à l'Histoire de l'Agenais, note 2, pp. 41-42.

Biblioth. Nat. Coll. Dupuy. Document cotté O4 : « Le testament de Catherine de Grely, dame de; Sainte-Bazeille que faict son héritier Jehan de Grelly, fils de Pierre et substitué audict Jehan, le mesme Pierre son père, et sy sa disposition ainsy faicte ne pouvoit valoir leur lègue trante mil livres tournoises, de l'an mil trois cent quarante. » D'après ce qui précède, on voit qu'il s'agit, dans cette note, d'un second testament conforme au premier.

Pierre de Grailly avait cohérité de la terre de Landerron. C'est peut-être alors que cette terre fut divisée en deux grandes seigneuries : celle de Landerron et celle de Lamothe de Serres. La fille de Pierre de Grailly épousa vers 1340 Arnaud de Bannes, dont un des descendants, Georges de Bannes reçut à hommage-lige de Charles d'Albret, le 17 décembre 1469, le territoire de Lamothe de Serres, alors désert et inhabitable. Guyenne milita t. 11, pp. 408 et 409. Léo Drouyn.

De informando ex parte Petri de Greilly, militis, super locis Sancti Basilii et de Landeron. Teste Rege apud Westminter. » Idem, p. 115. Ann. 1343. 30 sept.

Arch. départ, des Basses-Pyrénées. E. 18. f° 32-35. Texte latin.

« De certiorando Regi ex parte Petri. de Greilly, vice-comitis de Benauges super jure suo in locis Sancti Basiliï (sic) et de Landerron, cum jurisdictione, virtute testamenti, etc. Teste rege apud Westminster. » Catalogue des Rôles Gascons, t. I, p. 102. Ann. 1340.

Nous trouvons à cette époque et pendant des siècles comme faisant partie de la même baronnie les seigneuries de Sainte-Bazeille et de Landerron.

Voir sur Landerron les Rôles Gascons, publiés par Francisque Michel : n° 2082, 2499, 2668, 2738, 2772, 2805, 3073, 3262, 3323, 3332, 4028, 4281.

Guyenne militaire, t. II, p. 406. Léo Drouyn.

Histoire générale du Languedoc. Dom Vaissette, dern. édit. t. IV, p. 327.

« En 1212, dit J.-F. Samazeuilh (Histoire de l'Agenais, du Bazadais et du Condomois, pp. 235-236), sur les instances d'Arnaud de Rovihhà, évêque d'Agen, les Croisés se décidèrent à tenter la conquête de l'Agenais. Arnaud, qui avait embrassé la cause de l'Eglise avec passion, offrit d'appuyer Montfort de tout son crédit et de celui de sa maison. Ce capitaine ne se décida pas cependant sans quelque appréhension, à cette entreprise. Déjà, dès l'an 1210, de compagnie avec l'abbé de Citeaux, il avait tenté cette conquête du côté de Marmande et n'y avait obtenu aucun succès. Ainsi donc, raconte à cette date de 1210 la Chronique romane que nous ont conservée les auteurs des Histoires générales du Languedoc, le légat et le comte de Montfort prirent leur chemin droit à Agen et à Sainte-Bazeille, avec toutes leurs troupes, pour s'emparer de quelques places, s'ils pouvaient. Mais ils n'y furent guère prisés, ni redoutés du pays, et, pour cette fois, force fut à ce légat, ainsi qu'au Comte, de s'en retourner sans rien faire de ce qu'ils voulaient, et dans le retour comme dans la venue, ou les vit manger et détruire le pauvre peuple... La campagne de 1212, en Agenais, obtint un tout autre résultat. »

Guyenne militaire, t. II, p. 72.

Rymer, t. I, pars I, p. 145, 3e édition.

Ibidem, pp. 140 à 143, 3e édition. - Rôles Gascons publiés par Francisque Michel, t. I, 1885. p. 81.

Rymer, t. I, pars I. 244 et 249. Londini. – Guyenne milit., t. II. p. 209.

Rymer, t. I, pars, I, p. 249. Londini.

Rôles Gascons, Fr. Michel, n° 1587, p. 208. – Biblioth. nation. Collection Bréquigny, vol. X. p. 71.

Rôles Gascons, p. 209.

Lettres des Rois et des Reines, etc. Champollion-Figeac, t.. I, pp. 79-80. Tour de Londres.- Bréquigny, t. X. Voir Histoire de La Réole, par Octave Gauban, pp. 99-100.

Hist. de l'Agenais, etc., p. 287

 

 

 

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