Histoire de Sainte-Bazeille.
C.H.G.H.47
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CHAPITRE PRÉLIMINAIRE.

DESCRIPTION ARCHÉOLOGlQUE.

 

SAINTE-BAZEILLE, de l’ancien diocèse de Bazas, est une charmante petite ville du diocèse d'Agen, habitée par 2.519 personnes ( ). Très heureusement située près de la Garonne, à 6 kilomètres de Marmande et à 12 de La Réole, le long de la voie ferrée de Cette à Bordeaux, elle eut, dès le principe des fortifications gallo-romaines, comme il est facile de s'en convaincre en lisant un passage de la préface du Chronicon Vasatense écrit dès les premières années du XVIIe siècle par Jérôme Gérard Dupuy, chanoine de la cathédrale de Bazas et reproduit au chapitre suivant.

Lorsque les romains voulaient fonder une ville, ils choisissaient de préférence, les bords d’un fleuve ou d'une rivière. Si l’inclinaison du terrain se terminait par un escarpement du côté opposer au cours d'eau, la situation remplissait toutes les conditions désirables. La cité, dont nous, entreprenons d'écrire l'histoire, présentait, au contraire, sein escarpement du côté de la Garonne et s'inclinait insensiblement, vers la plaine, ce qui rendit nécessaire la triple, et même quadruple enceinte de fossés dont le chroniqueur l'entoure à cette époque : « sive inde in planicie vicina effosa, fossae triplices et quadruplices ( ) ». Grâce à cette dernière disposition, la place ne laissa pas que d'être très forte. Sa forme qui ne varia, pas pendant le moyen-âge et les temps modernes, était assez semblable à un pentagone irrégulier, dont la base plus large était prise le long du fleuve. Sur ce point les murs étaient imprenables. Aussi la verrons-nous dans la suite attaquée toujours par ailleurs. Les autres côtés étaient garnis de murailles plus hautes, bien flanquées de tours cylindriques et protégées par plusieurs rangées, de fossés larges et profonds ( ). L'enceinte murée consistait en courtines épaisses, pleines, composée de blocages avec revêtement de petit moellon smillé, portant crénelage et chemins de ronde et réunissant les tours. Au Ve siècle, pendant les 89 années que dura la domination visigothe, les remparts étaient encore construits d'après les traditions romaines et le bois y jouait un grand rôle. Un château castellum, dont la base des tours ( ) et des courtines du sud baignait dans la Garonne, occupait sur l'angle sud-ouest le point le plus élevé, commandait les murailles et touchait à la partie occidentale de l'enceinte, pour pouvoir servir de refuge à la garnison et ménager aux assiégés le moyen de recevoir des secours du dehors, si la ville, était prise. Des retranchements avancés, fermés par d'autres fossés et des palissades, étaient élevés en demi-cercle et s'étendaient assez loin dans la campagne de façon à laisser un espace libre, sorte de place d'armes qui permettait aux soldats de camper en dehors des enceintes fixes et de soutenir les premières attaques.

Les diverses invasions qui fondirent sur la ville durant la première moitié du moyen-âge purent bien emporter et détruire la place mais n'en changèrent pas la disposition primitive. La défense fut reconstruite sur les bases anciennes. Dès le XIe siècle, les courtines étaient munies de hourds en bois à leur sommet. Leur relief s'augmenta deux siècles plus tard et nous les voyons atteindre à Sainte-Bazeille, une hauteur de plus de 10 mètres ( ). Leur partie inférieure était percée d'archères pour voir ce qui se passait au fond des fossés et envoyer des carreaux d'arbalète sur les assaillants. Au XIVe siècle, les moyens de sape s’étant perfectionnés, les courtines redevinrent pleines à la base et toute la défense se porta aux sommets munis dès lors de mâchicoulis de pierre avec parapets crénelés en remplacement des hourds en bois désormais inutiles.

Le château avait la figure d'un trapèze assez irrégulier. Le plan des châteaux féodaux de plaine, en effet, affectait la forme d'un carré plus ou moins régulier, ou d'un parallélogramme. Un des caractères particuliers c'est l'importance relative des tours qui étaient cylindriques, d'un fort diamètre, épaisses dans leurs œuvres, hautes et très saillantes en dehors, des courtines de manière à les bien flanquer. Ici, comme il arrivait quelquefois dans les châteaux de plaine, il n'y avait pas de donjon, le château lui-même composait un véritable donjon entouré de fossés larges et profonds. L'emploi de l'artillerie obligea d'abord de percer des meurtrières et des embrasures à la base des, courtines pour battre le fond du fossé ; mais vers la fin du XVe siècle les courtines furent terrassées intérieurement autant pour résister aux batteries de brèche que pour placer des canons au niveau des chemins de ronde. Enfin au siècle suivant l'on dressa devant les courtines et au niveau de la contrescarpe du fossé des fausses braies ou chemins extérieurs crénelés, propres à recevoir les arquebusiers battant les glacis et les fossés.

Un bras de la Garonne large de, 50 mètres environ mais ensablé et disparu depuis la seconde moitié du XVIIIe siècle, baignait le côté sud des murailles et ses eaux étaient distribuées dans tous les fossés de l'enceinte qui devaient avoir une très grande profondeur. Jusqu'en l'année 1752, la place n'eût que deux portes, l'une la Porte St-Pey d’Aalon à l'est, du côté de Marmande et l'autre, la Porte des Barris, à l’ouest du côté de La Réole, défendues par des ouvrages avancés en pierre de chaque côté du fossé ; comme il est porté dans le plan que nous mettons sous les yeux du lecteur. Une troisième porte, qui reçut aussitôt le nom de Porte de Tourni, aujourd'hui disparue comme les deux autres, autrement dite la Porte-Neuve, fut ouverte en 1752 au bout de la rue qui conserve encore ce dernier nom.

 

HISTOIRE DE LA VILLE DE SAINTE-BAZEILLE.

CHAPITRE PREMIER.

ANTIQUITÉS.

I.

FRAGMENTS.

 

On peut se demander si primitivement le territoire de Sainte-Bazeille a fait partie du Bazadais. Une carte des auteurs de l’Histoire générale du Languedoc porte une ligne de séparation traversant la Garonne en aval et laissant ce lieu en dehors de l'Amenais.

De nombreux fragments prouvent l'antiquité de la ville. Quantité d'armes en silex furent découvertes en l'année 1870 dans le gisement d'argile de l'usine de M. Cloupeau et envoyées peu après à la Société Archéologique de Bordeaux dont M. Braquehaye était alors secrétaire général.

En 1820 et 1821 on trouva au lieu dit Aux Baronnes, dans un jardin qui borde la graud'route et où commence aujourd'hui l'embranchement de la route de Couthures à Cocumont et les Landes, plusieurs tombelles gauloises, des camées en pierres précieuses, des colliers et des bracelets en or qui furent vendus à vil prix ( ).

Après la conquête de Grassus, jeune lieutenant de Jules César, les Romains s’établirent à Sainte-Bazeille que quelques auteurs, d'accord avec la tradition locale mais sans donner de preuves, se plaisent à nommer Aurangia ou cité d'Aurange ( ) et y fondèrent sans doute un municipe. Le terrain était d'ailleurs admirablement choisi. En cet endroit qui porta plus tard le nom de Sainte-Bazeille, la plaine s'élève insensiblement jusque sur le bord du fleuve comme pour les villes voisines, le Mas-d'Agenais et Aiguillon, où les mêmes conquérants avaient établi des colonies gallo-romaines.

Nous lisons dans la Préface du Chronicon Vasatense, écrit en latin vers 1605 par Jérôme Gérard Dupuy, chanoine-archidiacre de l'Eglise cathédrale de Bazas : « De tout ce qu'on rencontre en ce lieu, rien n'est plus digne de, remarque que le temple de Sainte-Bazeille, et l'emploi de ce nom sacré remonte au temps de la propagation de la religion chrétienne. De nombreux restes sont là pour attester l'ancienneté de la ville : de vieilles voûtes souterraines en pierres de taille qui devaient servir d'ègouts ou d’aqueducs, des épitaphes gravées sur le marbre que les habitants offrirent à Messire de Raymond, sénateur de Bordeaux ( ) et qu'il fit transporter dans sa villa, d'anciennes monnaies, des tombeaux en marbre en pierre et en briqué,, une triple et même quadruple enceinte de fossés et quantité d'autres objets du même genre. J'ose affirmer que nulle part on ne retrouve plus nombreux ni assemblés avec un plus grand art des pavés de mosaïques qu'on dirait posés de la veille. Mais ce qui rend ce lieu encore plus recommandable, ce sont les reliques de la divine Bazeille, sœur, comme beaucoup le croient, de Sainte Quitterie. Abandonnant sa tête au bourreau pour la confession du Christ, elle mérita la couronne du martyre dans ce même endroit où l'on voit de nos jours encore des cailloux teints de son sang ( ) ».

Malgré les bouleversements qu'a subit, depuis l'époque du pieux chroniqueur le sol de Sainte-Bazeille, on retrouve encore plus d'un de ces débris qu'il mentionne. Personne cependant lie parle plus des égouts ou des aqueducs, à moins qu'on ne veuille en voir les traces dans des pans, d'épaisses murailles qui traversent le sous-sol de la ville et qu'on rencontre lorsque l'on creuse des caves ou des formations.

Deux beaux fragments de mosaïques en marbre blanc et noir existent encore dans les antiques substructions de la maison de M. Galiors, place de l'Église et dans celles de la maison de M. Douet, place de la Halle. Leur niveau est celui du sol de l'église paroissiale actuelle. D'autres mosaïques qu'on remarquait, il y a peu d'années, chez M. Ribeyroiles, place du Château, ont disparu. C'est à chaque pas que nos contemporains ont pu constater l'existence de, nombreuses mosaïques dans toute la ville, des restes de cellules, des surfaces unies, bétonnées, cimentées, des assemblages de pavés en tuiles rouges posées sur champ et des masses de briques à rebord.

Les anciennes monnaies abondent aussi dans le sol de Sainte-Bazeille. M. Martinet fils, propriétaire de remplacement du château, trouva dernièrement dans ce lieu, en refaisant les fondations d'un vieux mur d'enceinte, nombre de pièces de cuivre à l'effigie de plusieurs empereurs romains depuis Auguste, ainsi qu'un chapiteau corinthien en marbre blanc dont le diamètre mesure à sa base 0 m 50.

Presque en même temps, M. Dupont, secrétaire de la mairie, recueillait dans une maison de la rue de l'Abreuvoir qu'il venait d'acheter au sieur Audureau, de la vaisselle en terre noire et rouge : un vase rouge haut de 0 m 07 centimètres 1/2, une amphore rouge de 0 m 20 centimètres, deux gracieux petits vases noirs, deux petites lampes rouges et deux patères en terre rouge glacée portant sur le milieu de la coupé l'inscription CNAME ( ).

De belles voies romaines s'étendaient du bord de l'Océan aux rives de l'Adour et de la Garonne. On trouve encore à Sainte-Bazeille les restes d'une de ces voies appelée aujourd'hui chemin de la Geyre. Des routes sillonnaient l'Agenais et le Bazadais. Celle qui passait à la Geyre, côtoyait la rive droite delà Garonne, et « le passage des Romains se signalé, près d'Aiguillon, par des pans de murs et des terrasses, ainsi-que par une tour ou borne militaire... C'est vers ce point que se reliait la Ténarèse ( ) ».

Le soc de la charrue rencontrait, il y a six ans à peine, au lieu de Sérignac ( ), situé près de la ville au bord de la grand'route d'Agen à Bordeaux, un tombeau en marbre blanc. J'ai trouvé dans ce même champ un immense cimetière rempli, sur une étendue d'au moins huit hectares, d'auges en pierre, les unes larges et rectangulaires aux parois plus épaisses contenant d'ordinaire plusieurs morts, et les autres plus étroites des pieds que de la tête, aux parois plus minces et par conséquent moins anciennes. Dans les grandes gisent quelquefois trois squelettes, dont deux ont la tête du même côté et le troisième à l'autre bout. Des plaques de ceinturon mérovingien, semblables à celles qu'on voit au musée d'Agen, en ont été extraites.

J'en ai une très belle en ma possession. Les mêmes auges et les mêmes boucles mérovingiennes se retrouvent çà et là dans la campagne d'alentour. Nous signalerons pareille découverte faite par le sieur Berguin dans son champ appelé à Rouzin. Le vaste cimetière, dont il vient d'être question, renferme aussi et surtout des tombes de briques à rebord. Il suffit de creuser à trente ou quarante centimètres pour découvrir, sur n'importe quel point, ces sortes de sépultures. Ces dernières sont certainement contemporaines des auges en pierre, car on les trouve à la même profondeur et sur le même rang. Elles remontent aux deux époques mérovingienne et carolingienne.

Le 22 décembre 1863, un incendie ayant détruit plusieurs maisons, place de la Halle, on retira des fouilles de la maison Riffaud, appartenant aujourd'hui à M. Bouffartigues, des objets très curieux, notamment un bas-relief en pierre et un peigne en os. Le premier est la métope d'un ancien édifice, peut-être d'une basilique. La bande supérieure est ornée de grecques, d'oves et de fleurons dont la délicate sculpture assignerait à ce fragment une date plus ancienne que le VIe siècle. Dans le reste ou partie inférieure un peu concave, on, aperçoit, un personnage nu n'ayant qu'une ceinture retombante ou drapée en triangle ; il est agenouillé sur le genou droit, la jambe gauche est à demi ployée. Ses mains sont liées derrière le dos : il est attaché à un arbre. La face est mutilée. Ce bas-relief figure au musée d'Agen, n° 51 du catalogue ( ).

Le second objet est un fragment de peigne en os semi-circulaire, représentant, d'un côté, deux personnages tirant une corde, probablement des mariniers halant une barque ; de l'autre côté, un cheval harnaché. On peut lui assigner l'époque mérovingienne ou au moins carolingienne.

Voici enfin l'article publié en Juillet 1876 par M. Braquehaye dans la Revue de la Société archéologique de Bordeaux, tome II, 2e fascicule, sous cette rubrique :

« Ancien cimetière à Sainte-Bazeille (Lot-et-Garonne) »

« En nivelant la route nationale près de l'ancienne église de Sainte-Bazeille, la pioche des terrassiers vient de mettre à découvert à fleur du sol, antérieurement surbaissé un grand nombre de tombes anciennes, les unes ayant la forme si connue d'auges en pierre plus étroites, aux pieds qu'à la tête, les autres bâties en briques de grande dimension, en, pierres sèches, ou en moellons reliés avec du mortier, enfin des restes de cercueils en bois et quantité d'ossements, humains superposés qui auraient suffisamment prouvé que ce cimetière avait servi à des générations successives, si les objets trouvés dans ces fouilles n'étaient venus affirmer eux-mêmes les époques mérovingienne, moyen-âge et moderne.

Quelques débris remarquables ont disparu, notamment une plaque carrée en bronze gravé de 6 m 05 de côté, destinée à être suspendue ; mais la Société archéologique doit à M. Cloupeau, de Sainte-Bazeille, la communication d'un Charlemagne en argent, frappé à Melle, d'une belle conservation, d'une agrafe mérovingienne en bronze ciselé et d'une bague d'argent en filigrane d'un travail fort délicat ( ). On a trouvé aussi un Edward IV d'Angleterre, des monnaies d’Henri IV, Louis XIII et Louis XIV. Il est bon de signaler ici que, bien que l'ancienne église de Sainte-Bazeille soit romane, il y avait déjà antérieurement un cimetière au même lieu et que les inhumations s'y sont succédées jusqu'à nos jours. »

Le cimetière dont il est ici question, est le cimetière actuel. Il a été réduit par le tracé de la route nationale et l'église qui porte le titre de Sainte-Bazeille, nous paraît d'une fondation au moins aussi ancienne que le cimetière, pour des raisons que nous allons donner à l'article suivant. Nous nous bornerons à faire remarquer quelle devait être primitivement l'importance, d'une ville qui avait à la fois deux si vastes cimetières.

 

II.

ÉGLISES ET CHAPELLES.

 

§ I. — L'église la plus ancienne est dédiée à Sainte Bazeille et située hors de la ville, dans le cimetière actuel. Dès l'année 1121, Bertrand de Baslada, évêque de Bazas, la mentionne comme étant d'antique fondation « Ecclesia ibi antiquitus fundata ( ) ». Sa forme est celle des premières basiliques : un sanctuaire semi-circulaire, de 8 mètres de diamètre, et une nef de 21 m 25 de longueur sur 12 m 3 de largeur. Le sanctuaire est bâti, jusqu'à un mètre environ au-dessus du sol, avec le petit appareil romain. On voit que le reste a subi plusieurs restaurations.

En l'année 1887, j'obtins de faire pratiquer à mes frais des fouilles dans tout le sol du sanctuaire jusqu'à un banc de graviers qui n'avait pas été remué, à 2 m 50 de profondeur. Nous rencontrâmes, depuis la sainte table, une première rangée de cinq grandes auges en pierre, et une seconde de quatre, ainsi qu'une troisième rangée de cinq tombes de briques à rebord. Les auges étaient les unes plus grandes et rectangulaires avec deux et même trois morts dans chacune, les autres' moins larges et plus étroites aux pieds qu'à la tête et ne servant qu'a la sépulture d'un seul. Dans quelques auges, aux parois très épaisses, étaient des ossements qui, sans être calcinés, paraissaient avoir subi l'action du feu. Ça et là quelques débris de fût de colonne en marbre blanc ou vert. D'autres ossements formaient pêle-mêle une seconde assise de sépultures, par conséquent, beaucoup plus récentes. Tout indiquait qu'avant nous ce terrain avait été remué jusqu'au fond.

Cette église était l'église paroissiale primitive, portant de temps immémorial comme la ville elle-même, le nom de Sainte Bazeille. C'est à elle qu'étaient attachés les dîmes et autres droits curiaux. Le chapitre cathedral de Bazas en fut, jusqu'à la Révolution, le seul légitime patron, le curé primitif. Cette possession est prouvée par le droit où il était de tout temps de députer un de ses membres pour aller faire le service dans ladite église le jour du patron, honneur qui n'était dû qu'au curé primitif et dont la jouissance paisible fait preuve de cette qualité ; c'est, en effet, un acte de supériorité et de juridiction qui ne peut convenir qu'à celui qui est le premier recteur de l'église. Cette possession résulte encore d'un arrêt de la cour du Parlement de Bordeaux, du 24 août 1628, dans lequel il est énoncé que les habitants donnaient au chapitre la qualité de curé primitif.

Le chapitre avait aussi en sa faveur les énonciations anciennes inscrites sur un tableau qui était de temps immémorial dans la chambre capitulaire, et celle d'un Pouillé, du 13 octobre 1573, qui attestaient que le bénéfice dont il s'agit, était à la présentation et collation de l'évêque : « Ex antiquis enunciativis probatur jus patronatus. »

Le chapitre jouissait donc et des honorifiques le jour du patron et des grosses dîmes.

Il avait encore en sa faveur trois présentations : la première qui est du 6 novembre 1307, porte rétablissement de la vicairie perpétuelle. Les chanoines nommèrent le sieur Arnaud Peys pour être présenté à l'évêque et réglèrent dans cet acte la portion des fruits qui devaient appartenir à ce vicaire. Cette pièce mérite du respect non seulement parce qu'elle est ancienne, mais encore parce qu'elle fut faite devant notaire et qu'elle demeura le titre constitutif de la vicairie perpétuelle. La seconde présentation est du mois de juin 1631 ; elle fut faite par le sieur Delor, chanoine hebdoniadier, eu faveur du sieur Bernard Rapin ( ) ; et la troisième, du 3 juillet 1636, fut faite par le sieur Baulos, aussi chanoine hebdoniadier, en faveur du sieur Miremont ( ).

On se demande comment cette église, située très incommodément en dehors des murs, a pu être choisie dès le principe et est restée jusqu'à la Révolution comme église paroissiale. Le témoignage de l'évèque de Bazas en l'année 1121, sa forme de basilique primitive, le petit appareil du sanctuaire et les auges en pierre et les tombes à briques à rebord, trouvés dans cette partie de l'édifice, en font remonter très haut la fondation.

Cette église donc, qui porte ainsi que la ville elle-même le nom de Sainte-Bazeille depuis un temps immémorial, a-t-elle été la sépulture de cette vierge-martyre dont le diocèse de Bazas célèbre la fête le 26 octobre ? La tradition locale le veut. Elle fait même mourir Sainte Bazeille à quelques pas de là, sur l'emplacement où s'élève la Chapelle de Neuffons dont nous parlerons bientôt. Pendant des siècles ces lieux devinrent le but d'un, fréquent pèlerinage où la Sainte était invoquée spécialement contre la mort subite et en faveur des agonisants, les femmes enceintes y venaient aussi réclamer son secours pour obtenir une heureuse délivrance et le baptême de leurs enfants.

Nous avons hélas ! peu de documents à offrir à nos lecteurs. Le plus ancien est extrait d'un manuscrit de la Bibliothèque Nationale qui fait partie du fonds français, n° 5714. Il est inscrit au catalogue sous ce titre : Chronique des Francs depuis leur origine troyenne jusqu'à Charles le Simple, 2° La Conquête d'Espagne par Charlemagne ou la Chronique de l'archevêque, Turpin traduite en français, in-4° velin XIIIe siècle. C'est entre ces deux parties, au feuillet 36 verso, que se trouve le passage relatif aux reliques de Sainte Bazeille.

Dans un article publié par M. l'abbé J. Mezuret, curé de Notre-Dame de la Fin-des-Terres, dans les numéros 225 et 227 de l'Aquitaine, Revue religieuse, archéologique, littéraire de Bordeaux, à la date des 22 novembre et, 6 décembre 1868, nous avons sous ce titre : « Ce que devinrent, les trésors de nos églises et nos saints à l'approche des Normans », l'extrait de la Chronique relatif à notre sujet.

Suivant M. Peigné-Dekcourt dans son livre : Les Normans dans le Noyonnais, cette chronique a dû être écrite du XIIIe au XIVe siècle. M. Gouget, le savant archiviste de la Gironde, dont les érudits regrettent la mort récente, le croyait plus ancien : « Il me semble, écrivait-il, que c'est une traduction en français poitevin d'une chronique rédigée d'abord en latin. Ce français me paraît être du XIIe siècle » D'autres savants croient l'original contemporain des événements, par la forme de sa rédaction.

La chronique est divisée en versets ; nous ne prenons que ceux qui nous intéressent.

« I. Empres cestui (Karl li Chaus), regna en France si filz Loois li Baubes. En ceu tems fu emblez de la cité d’Ageneis li cors Santa Fey la vergin, e fu portez au mostier de Conchas.

« II. Le cors Saint Macaira fut portez à Bordeu. Et de tota la terra d'entor fut portez a Monclin.

« III. E li cors Saint Alen fu seveliz on miliu de l'iglise de Santa Basella ; ne lo progrent oster e mistrent le trésor josta ne. »

« I. Après celui-ci (Charles-le-Chauve), son fils Louis le Bègue régna en France. En ce temps-là, le corps de Sainte Foy, vierge, fut enlevé de la ville d'Agen et transporté au monastère de Conques.

« II. Le corps de Saint Macaire fut porté à Bordeaux, et les trésors de tous les environs furent portés à Monclin (Bazas ?).

« III. Et le corps de Saint Alain fut enseveli au milieu de l'église. On ne put remuer le corps de Sainte Bazeille et on mit le trésor devant la nef. »

L'abbé Mezuret fait ces judicieuses observations :

« Monclin a été au moyen-âge un des noms de Bazas. Je croirais à une confusion entre la fin du n° 65 et le commencement du n° 66. Je rétablirais ainsi le n° 65 :

« Le corps de Saint Macaire fut transporté à Bordeaux. Les trésors de tous les environs furent portés à Monclin (Bazas), et le corps de Saint Alain fut enseveli au milieu de l'Eglise. »

Puis j'établirais ainsi le n° 66 :

« On ne put enlever le corps de Sainte Bazeille et on mit le trésor près de la nef. »

Ma raison est celle-ci : Saint Alain et Sainte Bazeille n'étaient pas dans la même église, et il n'est pas ici question de translation pour Saint Alain. J’ai donc lieu de croire qu'il reposait encore alors au lien que d'autres documents lui assignent, c'est-à-dire à Bazas. »

Bazas n'a jamais eu d'église dédiée à Sainte Bazeille. L'on put donc présumer que le corps de la vierge-martyre, reposait dans l'antique église qui porté son nom et d'où la fureur des guerres religieuses fit plus tard, sans doute, disparaître ses reliques.

Le second document est le passage déjà cité du Chronicon Vasatense, écrit en latin vers 1605 par Jérôme Gérard Dupuy, chanoine-archidiacre de l'église cathédrale de Bazas :

« De tout ce qu'on rencontre en ce lieu (à Sainte-Bazeille), rien n'est plus digne de remarque que le temple de Sainte Bazeille et l'emploi de ce nom sacré remonte au temps de la propagation de la religion chrétienne. De nombreux fragments prouvent l'antiquité de la ville, etc. Mais ce qui rend ce lieu plus recommandable encore ; ce sont les reliques de la divine Bazeille, sœur, comme beaucoup le croient, de Sainte-Quitterie. Abandonnant sa tête au bourreau pour la confession du Christ, elle mérita la palme du martyre dans ce même endroit où l'on voit de nos jours encore des cailloux teints de son sang. »

Divers actes de Jurade du siècle dernier viennent, aussi confirmer la tradition locale. Ainsi, en l'année 1724, un procès fut intenté par la communauté à M. Etienne Boissonneau, ancien capitaine des carabiniers du roi, accusé d'avoir usurpé le chemin de traverse qui, sur une étendue d'environ 500 pas, allait du chemin royal à l’ancienne chapelle de Neuffons. On peut voir dans les Registres de la Jurade toute les phases de cette longue procédure, dont le gain fut acquis à la municipalité. Dès les premières lignes d'un Sommaire pour lés habitants de la communauté, il est dit : « Ce chemin est aussi ancien ou plus que la ville et vers son milieu est placée une ancienne chapelle dédiée à Sainte Bazeille, patronne de la ville, où elle eût, suivant la tradition, la tête tranchée par ordre de Catellius, son père, pour n'avoir voulu quitter la religion catholique ; et sa tête ayant fait neuf bonds, il sortit neuf sources qui existent encore aujourd'hui sous, ladite chapelle dont les eaux dans leur cours forment un ruisseau qui va se décharger dans le fleuve de Garonne. »

Nous apprenons encore par les livres de la Jurade que le corps municipal se joignait alors à la population dans des processions solennelles qui se faisaient tous les ans à l'église de Sainte-Bazeille et à la chapelle de Neuffons.

Un ancien bréviaire du diocèse de Bazas, imprimé en l'année 1520, par mandement de l'évèque ( ), contient, à la date du 26 octobre, une légende de Sainte Bazeille, sans indiquer toutefois Le lieu de son martyre. En voici la traduction :

« Il y avait dans la ville de « Bachaya » un roi nommé Catillïus dont la femme s'appelait Caleia. Il en eût une fille, Bazeille. Méprisant la religion de ses parents, elle aima mieux se vouer au culte chrétien qu'à celui des idoles.

Ce fut cause que le roi la fit comparaître devant lui pour la convertir par de caressantes paroles.

Il lui dit : Ma fille, pourquoi n’adorez-vous pas mes dieux ?

Bazeille répondit : Il est absurde d'adorer, des idoles qui ne peuvent que pousser à leur ruine ceux qui leur rendent un culte. Pour moi, je méprise vos dieux, à moins qu'ils ne me fassent voir de vrais prodiges.

A ces mots, Catillius et son épouse, se hâtent d'offrir des Libations aux dieux et espèrent gagner leur fille par des menaces ou par des prières.

Sainte Bazeille voyant son père et sa mère adorer, leur dit : Allez dans votre demeure en me laissant jusqu'à demain pour sacrifier.

Pendant qu'ils s'en revenaient, Bazeille se plaça devant l'idole et demanda au démon qui y était caché, quel avantage, il ferait à ceux qui croiraient en lui.

Le démon répondit en lui donnant de l'or et de l'argent et en lui montrant des choses étonnantes.

J'appelle au royaume de mon père ceux qui persévèrent dans ma croyance.

Comme notre bienheureuse ne voulait pas contracter le mariage proposé par ses parents, elle fut d'abord jetée dans l'eau pour être noyée (mais elle en sortit miraculeusement), puis on la mit sur un gril enflammé qui ne lui fit aucun mal et on essaya inutilement plusieurs autres supplices. Elle cueillit enfin la palme du martyre en abandonnant sa tête au bourreau. »

Quant à l'œuvre indigeste des diverses légendes sur Sainte-Bazeille, nous renvoyons nos lecteurs aux Notes et Pièces justificatives de la fin du volume, n° I.

§ II. — Un petit édicule ou oratoire, sans style, flanqué aux angles de gros contreforts qui paraissent être, du XVe siècle, et mesurant 8 m 88 de longueur sur 5 m 82 de largeur, se voit encore au lien de Neuffons, à un demi-kilomètre environ (ouest) de la ville, près de la route nationale d'Agen à Bordeaux, On la nomme chapelle de Neuffons, à cause de la tradition locale d'après laquelle la tête de Sainte Bazeille détachée du tronc par la hache du bourreau, rebondit neuf fois sur le sol, et de chaque point où elle avait touché la terre jaillit une source ou fontaine : de là, dit-on, l'origine de neuf fontaines, à Neuffons ; delà, le nom de Neuffons (novem fontes) donné à la localité où Sainte Bazeille fut martyrisée, au terrain sur lequel on construisit une chapelle en l'honneur de la sainte. On prétend qu'il existe ou qu'il existait neuf fontaines dans le village et autour de la chapelle. Nous avons remarqué seulement à la basé du mur méridional de cet ancien oratoire, vers le milieu de sa longueur, le bassin d'une fontaine, qui sourd un peu au-dessous du niveau du carrelage de la chapelle. La prairie qui l'entoure, est surabondamment arrosée de cette eau. Une autre localité en Réolais, située près du Drôt, porte pareillement le nom de Neuffons. Quelques-uns croient que le mot Neuffons vient plutôt de nova fons, niou ou neü fons, parce qu'une source nouvelle aurait jailli en cet endroit.

Nous trouvons une délibération de la Jurade en date du 6 août 1730. A la demande de M. Me Joseph de Loménie, curé, et selon l'ordre verbal de Mgr Mongin, évêque de Bazas, lors de sa visite, l'Assemblée arrête que les consuls enverront incessamment dans cette dernière ville chercher une pierre sacrée pour mettre à la chapelle de Neuffons dédiée à Sainte Bazeille. Ils achèteront aussi un tableau, un crucifix, un devant d'autel, une clochette et les ornements nécessaires pour dire la messe, ainsi qu'un coffre fermant à clef pour servir de vestiaire. Puis, à la date du 3 décembre suivant, il est dit dans le même Registre de la Jurade : le 30 octobre dernier, on alla en procession générale à la chapelle de Neuffons qui venoit d'être pourvue de tous Les objets du culte... L'Assemblée arrête qu'en placé du tableau, lequel seroit dévoré par les rats et l'humidité, il seroit commandé au sieur Vacquey, sculpteur à Marmande, pour la somme de 25 livres, une statue de Sainte Bazeille convenablement peinte. – C’est cette statue en bois peint ayant une couronne sur la tête, une palme à la main et une hache sous les pieds, que l'on voit encore dans la chapelle de Neuffons.

§ III – Une autre église, c'est l'église paroissiale actuelle, située dans la ville. Elle a porté dans le principe le nom de Chapelle de Sainte-Marie-Madeleine et porte depuis au moins trois siècles, d'après les registres paroissiaux, le titre d’Eglise de Notre-Dame. Tous les offices y étaient célébrés à cette époque.

On ignore quel en est le fondateur. Elle a été vraisemblablement bâtie pour la commodité des fidèles qui étalent obligés de sortir du bourg afin d'aller à la paroisse.

Le sanctuaire semi-circulaire dont la base jusqu'à plus d'un mètre au-dessus du sol est en belles pierres de taille, et le portail latéral, de gauche, de style roman, dénotent une construction qui ne peut être, postérieure au commencement du XIIIe siècle. Elle pourrait être plus ancienne. Elle porte l'empreinte de remaniements qui l'ont complètement défigurée. Privée de voûte, sauf dans le sanctuaire remanié aussi, elle a deux nefs d'inégale largeur ( ), depuis une restauration qui eût pour objet d'élargir l'enceinte, à l'époque, sans doute, où l'office divin fût définitivement transporté de l'église de Sainte-Bazeille hors les murs dans celle-ci. On voit que les arcatures qui séparent ces deux nefs, ont été mal taillées dans l'ancien mur de droite. La nef de gauche, plus large, formait primitivement l'unique nef, correspondant au sanctuaire roman. – La porte principale, percée sur la façade de cette nef, nous indique par son ogive flamboyante l'époque de sa construction. La tour, surmontée d'une gracieuse flèche et placée sur le côté gauche, remonté à l'occupation anglaise ( ).

Nous espérons que l'Histoire de la ville de Sainte-Bazeille paraîtra au moment où l'église paroissiale aura reçu la splendide restauration que lui préparent le zèle infatigable de M. le Curé, le concours dévoué de la Municipalité et du Conseil de Fabrique et l'inépuisable générosité de plusieurs familles notables. Deux monuments seront ainsi élevés à la gloire d'une ville, dont l'importance au moyen-âge semble avoir dépassé celle de Marmande et d’autres cités aujourd'hui plus grandes et plus favorisées.

L'église de Notre-Dame ou plutôt, pour parler le langage des vieilles chartes, la chapelle de Sainte-Marie-Madeleine, fut donnée, dès l'année 1121, aux Bénédictins de La Réole avec tous les droits curiaux sur tous les habitants du bourg, c'est-à-dire avec les offrandes et les rétributions pour les baptêmes, les sépultures et les mariages, mais les évêques eurent soin d'expliquer qu'ils n'entendaient pas donner l'ancienne église paroissiale qui était hors du bourg. L'acte de cette donation est conçu en ces termes : « Moi, Bertrand ( ), évêque de Bazas, je donne et concède à la chapelle de Saint-Pierre-de La Réole ( ), la chapelle qui a été construite en l'honneur de Sainte-Marie-Madeleine, qui est appelée Sainte-Bazeille, pour qu'elle ait tous les droits paroissiaux sur les habitants du bourg, présents ou futurs, les offrandes et les rétributions pour les baptêmes et les sépultures, excepté sur ceux qui ont été jusque-là les paroissiens de l'église anciennement fondée dans ce dernier lieu ( ). » Ayrard était alors prieur ( ) du monastère de La Réole.

Il dut s'élever de longs et nombreux différends entre l'Evêque de Bazas et les chapelains, d'une part, et les bénédictins, de l'autre. Aussi, en l'année 1143, Guillaume, archevêque d'Auch, ( ) confirma la donation faite par Bertrand de Baslada au monastère de La Réole, de la chapelle de Sainte Marie-Madeleine, située dans le bourg de Sainte-Bazeille ( ).

En 1177, Guillaume Arnaud étant prieur ( ), l'Evêque de Bazas, Garsias de Benquet, voulant éviter désormais tout litige entre les évêques et le prieur et ses moines, déclara ce qui appartenait aux bénédictins et aux chapelains : « Dans la chapelle du bourg de Sainte-Bazeille, les moines doivent avoir la moitié de tout et la présentation du chapelain ( ). »

Ce règlement fut confirmé, l'année suivante, par Gérard de La Barthe, archevêque d'Auch et légat du Saint-Siège, dans une sentence datée de La Réole (1178) ( ).

Plus tard, le 5 mars 1311, Guillaume Arnaud, évêque de Bazas, invoquant la teneur des lettres d'un de ses prédécesseurs, Bertrand, de Baslada, confirma de nouveau la première donation ( ).

Enfin en l'année 1477, Raymond du Trueil, aussi évêque de Bazas, donna à Jean de Gaing, quarantième prieur du couvent de La Réole, des lettres en vertu desquelles il confesse et reconnaît que ledit prieur avait, d'après une ancienne et louable coutume jusqu'alors observée, le droit de présentation aux églises de Saint Pierre et de Saint Aignan… de Saint Vivien de Balsan, de Saint Albert de Landerron, du bourg de Sainte-Bazeille et de Saint Eparque de Meilhan ( ).

Aux termes de ces donations, l'église du bourg n'était donc qu'une simple chapelle, à laquelle les évêques attachèrent les droits curiaux relativement aux seuls habitants du bourg qui ne seraient pas paroissiens de l'ancienne église, c'est-à-dire que le chapelain de cette chapelle devait avoir les offrandes qui y seraient faites et le surplus du casuel.

Mais ces donations ne contiennent pas les dîmes attachées à l'ancienne église, et ne suppriment pas cette église ; au contraire, par clause expresse, elle est réservée. Il y eut des contestations entre le chapelain et le curé pour la perception du casuel. Afin d'enlever tout prétexte de querelle à l'avenir, le Cardinal de Sainte-Sabine déclara, l'an 1311, que les bénédictins auraient la moitié de tous les revenus de la chapelle du bourg et la présentation du chapelain.

Les bénédictins n'avaient donc, aux termes de cet acte, droit de patronage que sur la chapelle du bourg « in capella burgi » mais non pas sur l'église d'antique fondation « in ecclesia antiquitus ibi fundata » qui est la primitive et la véritable église ; ce qui ne les empêcha pas de prendre le quart de la dîme du blé, en compensation de l'abandon fait par eux à la cure, de la moitié de l'émolument des droits curiaux qu'ils avaient dans le bourg. Ce fut à raison de cet abandon que le vicaire perpétuel vint faire désormais le service divin dans la chapelle du bourg, sans délaisser toutefois l'ancienne église ( ). A quelle époque s'opéra ce changement ? Probablement après la prise de la ville de Sainte-Bazeille par le duc de Mayenne, qui la rasa (1586),

La chapelle de Sainte-Marie-Madeleine prit aussi le nom de chapelle de Mothes. Noble dame Magence de Langon y avait institué et doté de son vivant une chapellenie de la valeur de 15 livres de rente annuelle, et comme elle était morte sans avoir assigné à ladite chapellenie ladite rente, Me Laurent de Lansac, prêtre et chapelain, fit appeler par devant le Seigneur Official deBazas, noble dame Esclarmonde de Juslx, femme de Raymond de La Mothe, damoiseau, en qualité de première héritière de feu Magence de Langon. Le 19 janvier 1369, Esclarmonde de Jusix comparut devant l'Official reconnut avec Me Laurent de Lansac ce qui était contenu dans le testament de ladite Magence et attribua au chapelain institué de ladite chapellenie la part qu'elle avait dans les dîmes de Sainte-Bazeille, de Thivras et de Beaupuy et, de plus, toutes les rentes et oblies, qui lui étaient dues dans le dit lieu de Sainte-Bazeille ( ).

Les bénédictins avaient aliéné au commencement du XVIIe siècle, le patronage qu'ils exerçaient envia chapelle de Sainte-Madeleine ou de Mothes, en faveur des d'Auber de Peyrelongue ( ), qui étaient devenus dès lors, en qualité de patrons laïques, les présentateurs des chapelains à l'évêque de Bazas, droit, dont ils usèrent de père en fils jusqu’à la Révolution.

Nous donnons ici la liste des candidats nommés et présentés par eux à l'évêque de Bazas depuis l'année 1622 :

- Le 6 décembre 1622, Guillaume d'Auber de Peyrelongue, écuyer, procureur fondé d'Alexandre d'Auber, son père, nomma et présenta Jacques d'Auber, écuyer, clerc tonsuré, en remplacement de Raymond d'Auber, écuyer, clerc tonsuré, décédé le 23 septembre précédent. Le nouveau chapelain prit possession le 6 mars 1623. – La cérémonie de prise de possession s'accomplissait de la manière suivante : le nouveau titulaire, prenait de l'eau bénite, et revêtu du surplis, se faisait conduire dans la chapelle, où il priait et récitait à genoux l'oraison du jour, baisait l'autel et faisait divers autres actes possessoires requis et nécessaires en présence du curé de Sainte-Bazeille.

– Le 26 mars 1634, Alexandre d'Auber, écuyer, nomma et présenta Me Antoine Perret ( ), clerc tonsuré, fils de Jean Perret, habitant de Marmande, en remplacement de Me Jacques d'Auber, démissionnaire. La prise de possession est du 10 juin suivant.

- Alexandre d'Auber, écuyer, lui succéda de 163... à 1639.

- Le 12 novembre 1639, François d'Auber, écuyer, cler tonsuré, remplaça le précédent.

- Le 15 juin 1659, François d'Auber, écuyer, nomma et présenta Me Pascal Boulmey, prêtre et curé de Lagupie, qui prit possession le 8 juillet suivant, en remplacement de François d'Auber, démissionnaire.

- Le 28 janvier 1666, Guillaume d'Auber, seigneur de Peyrelongue, habitant de Marmande, représenté par son fils François d'Auber, nomma et présenta Me Vital Guérin, prêtre, habitant de Marmande, installé le 8 mai suivant, à la place de Me Pascal Boulmey, prêtre et curé de Meilhan, démissionnaire depuis le 21 janvier précédent.

- Me François Perret, prêtre et curé de Beaupuy lui succéda et mourut en charge.

- Il eut pour remplaçant, le 4 avril 1723, Léon Ignace d'Auber, écuyer, clerc tonsuré, qui fut nommé par son père Guillaume d'Auber de Peyrelongue, et reçut ses titres, provision et collation de l'évêque de Bazas le 8 avril suivant.

- Ignace Sacriste, son successeur, reçut ses titre, provision et collation le 26 mars 1732.

- Le 22 janvier 1755, François d’Auber, écuyer, nomma et présenta Me Pierre Faure, prêtre agrégé au collège de Marmande qui reçut ses titre, provision et collation, sept jours après et prit possession le 13 février.

- Le 6 mars 1762, François d’Auber, écuyer, seigneur de la maison, noble de Peyrelongue, Major au régiment de Vogué cavalerie, chevalier de St-Louis, habitant de Marmande, nomma et présenta, Me Antoine Bernus, prêtre agrégé au collège de cette dernière ville, qui, ayant reçu ses titre, provision et collation le 10 mars, prit possession neuf jours après ( ).

Nous trouvons aussi une baillette faite, le 19 février 1449, par Pierre d'Auber, chapelain de la chapelle de Mothes, d'une vigne à Sainte-Bazeille et d'une rente de 4 sols ( ).

§ IV. – Une quatrième église, dont on peut voir encore les ruines enchâssées dans une exploitation rurale, était située près de la ville, au lieu de Sérignac ( ), dans l'ancienne propriété de la famille de Bonneau, sur le bord de la route nationale. Tout autour est le cimetière mérovingien et carolingien dont nous avons parlé à l'article I, et où la charrue met constamment à découvert les auges en pierre et les tombes de briques à rebord dont nous avons fait le détail.

Ce sanctuaire s'appelait l'église de Sept Pey d'Aalon de Pascau.

Oubliée depuis longtemps, j'eus la bonne fortune d’en retrouver les traces et de lui appliquer son ancien titre. Une rue de la ville allant de la place du Château vers le lieu de Sérignac est encore dans le langage populaire la rue Sent Pey d'Aaron.

Il ne paraît de la construction primitive, 1° qu’une double fenêtre ouverte à 7 mètres, environ de hauteur sur la façade principale ( ), qui a 9 mètres de largeur, et 2° les débris ébréchés de deux corniches courant sur le même mur de droite, dont l'une est placée à 5 mètres environ au-dessus du sol, et l'autre à 2 mètres 50, autour d'un sanctuaire carré. Le mur de gauche a disparu. Sa longueur est d'environ 15 mètres.

Le seul document que nous possédions sur cette église, est tout entier représenté par ce passage du Chronicon Vasatense reproduit dans les Arch. histor. de la Gironde, XV, 25 :

« Bertrand de Baslada de bonne mémoire… fut élu évêque de Bazas à la place d'Étienne (de Sentes) qui avait été déposé. Le nouveau prélat, qui venait de joindre en l'année 1110, le prieuré de Meilhan au monastère de La Réole, lui annexa de même, en 1121, l'église de Sainte-Marie-Madeleine du bourg de Sainte-Bazeille et l'église du même lieu que le vulgaire appelle : Sent Pey d'Aalon de Pascau ( ) ».

Nous ne trouvons plus mention de cette église depuis l'année 1121, ce qui nous porte à croire qu'elle avait disparu de bonne heure.

 

Notes :

 

La commune de Sainte-Bazeille fait partie de l'arrondissement et du canton de Marmande (Lot-et-Garonne).

Extrait de la préface, du Chronicon Vasatense. Voir au chapitre I, page 3, de la présente Histoire.

Nous avons pu mesurer très approximativement à certains endroits l'épaisseur des murailles qui était d'environ 1 m. 60 et la largeur des fossés, d'environ 15 m.

La base d'une de ces tours, â l'angle sud-ouest, se voit encore dans une prairie qui n'est autre que l'ancien lit du bras de la Garonne baignant sur ce point les murs du château.

Les nombreux fragments qui restent encore nous permettent de fixer la hauteur et l'épaisseur des murailles.

Voir Nouveau Panomma de la Gironde et de la Garonne, par l'abbé H. Dorgan, 1ère édit., pp. 111 et 112. — Ce témoignage est d'autant plus important que l'abbé Dorgan était un enfant de Sainte-Bazeille. Il m'a d'ailleurs été confirmé par plusieurs témoins de cette découverte.

Voir Histoire de l’Agenais, du Condomois et du Bazadais, par J.-F. Samazeuilh ; Nouveau Panorama, etc ; Echo de Marmande, 11 mai 1879, G.-F. Raynal, etc.

Florimond de Raymond, conseiller au Parlement. Voir Essai sur la vie et les oeuvres de Florimond de Raymond. Bordeaux, 1867, in-8, par Tamizey de Larroque.

« Inter caetera excelluit fanum sanctae Basiliae nec obest nomen a religione christiana propagata inditum : illitis enim antiquitatem multa probant, ut veteres fornices, subterranei secto lapide constructi, sive ad sordes urbis expurgandas, more cloacarum, sive ut aquae ductus, ad aquam derivandam ; epitaphia marmoribus inscripta, cujusmodi aliquod habuit dono civium ejus loci dominus Raymundus, senator Burdigalensis, et in suam villam hermathenam transtulit. Vetus moneta ; sepulchra marmorea et lapidea vel lateritia ; sive inde in planicie vicina effossa, fossae triplices et quadruplices ; et id genus alia. Illud sane ausim affirmare, nullibi pavimenta tesselata reperiri posse, vel majori arte composita, vel frequentiora vel saniora, ita ut recentissime constructa putes, sed mire commendatur reliquiis divae Basiliae sororis, ut nonnulli credunt, sanctae Quitteriae, quae ibidem pro Christi defensione capitis amputatione coronam martirii promeruit, ubi, et adlhuc reperiuntur calculi ejus sanguine cruentati. » Archives historiques de la Gironde, XV, II.

Les patères m'ont paru, plus remarquables. Ce sont des vases circulaires peu profonds assez semblables à nos sous-coupes, mais plus grands. « La patère servait a peu près uniquement pour les liquides soit dans les repas, soit dans les sacrifices. C'est dans une pàtère que l'on buvait ou que l'on faisait des libations aux dieux. Il y a des patères sculptées sur un grand nombre de nos monuments funèbres ou religieux. Elles rappellent le sacrifice cher aux mânes ou aux dieux. La vaisselle rouge glacée portait à Rome le nom de Samienne, sans doute parce que la terre de Samos, fort renommée dans l'antiquité pour la préparation de certains produits, était la plus propre à fabriquer ces poteries. D'ailleurs Samos était bien loin d'avoir le monopole de cette industrie... Nous savons par Pline. l'Ancien que les manufactures les plus connues de poteries samiennes étaient celles d'Orezzo, de Sorrente, de Asta, de Modène et de Pollentia en Italie, de Sagonte en Espagne, de Pergame et de Tralles en Asie : « Ces villes, dit Pline, s'enrichissaient grâce à cette industrie et voyaient leurs produits exportés dans le monde entier... » De fait, on a trouvé par le monde entier des poteries rouges marquées aux noms des Titii ou Tetii et des Ateii de Arretium, et il est vraisemblable que beaucoup de noms que nous allons rencontrer à Bordeaux et qu'on a retrouvés en Espagne, en Bretagne, en Gaule et en Italie, soient ceux de fabricants originaires de cette ville... Il est à croire que la fabrication des poteries dites samiennes ou arretines s'est étendue en dehors des villes, mentionnées par Pline l'Ancien et que la Gaule en particulier, où on en trouve infiniment plus qu'ailleurs, a eu ses manufactures indigènes... La difficulté est grande quand il s'agit de retrouver les manufactures locales... Qu'il y ait eu à Bordeaux des manufactures de poteries samiennes, c'est infiniment probable. » Inscriptions romaines de Bordeaux, tome I , p. 483 et suiv., par Camille Jullian.

Notre savant archiviste, M. Georges Tholiu, m'assure qu'il y a eu de ces manufactures particulièrement à Grasignan et à Léognan en Auvergne, près de Clermont, à Agen, à Cahors, à Montans.

Histoire de l'Agenais, etc., par J.-F. Samazeuilh.

Ce lieu portait au moyen-âge le nom de Sent Pey d'Aalon de Pascau. j'y ai découvert, au milieu de l'ancien cimetière, les restes de l'église de ce nom ,dont l'existence m'était seulement révélée par un acte de l'an 1121, cité plus loin.

Madame la comtesse d'Auberjon, habitant la commune du Petit-Saint-Martin, canton de Seyches, est propriétaire de ce terrain.

M. le Préfet s'émut d'un article publié le 18 juillet 1864 par M. Charles Bal dans le Journal de Lot-et-Garonne sur les antiquités de Sainte-Bazeille, et crut devoir demander des explications à M. Bentéjac, alors maire de cette commune, qui répondit le 23 du même mois en ces termes :

« Monsieur,

C'est le propre de l'habitude d'émousser la curiosité : voilà pourquoi nous sommes moins avides de carreaux de briques, de-béton et de mosaïques que Charles Bal. Nous en avons à revendre et notre admiration est épuisée. Pour mon compte, je suis tellement sûr de nos origines qu'on ne saurait plus m'intéresser, à moins de m'apprendre que mon vrai titre est celui de consul d'Ussubium en Gaule. Voilà ce que j'attends de M. Charles Bal... Et ce n'est que le jour où il me fera cette preuve que je lui pardonnerai d'avoir tiré de mes conversations Un article de Journal où il ne craint pas de nous faire passer pour des vandales. Pour me laver personnellement de ce reproche, je vous ferai observer : 1° que les crimes archéologiques qu'il signale, sont antérieurs à mon administration ; 2° que, pour ce qui est de la pierre sculptée qui a servi de prétexte à la reproduction de nos vieilles légendes, il m'a été impossible de l'obtenir, ce qui ne vous étonnera pas quand vous saurez qu'elle est la propriété du sieur Riffaud, qui a l'intention de la faire entrer dans l'ornementation de la façade qu'il doit construire avec les 4.000 francs qu'il attend de la commune. Quoi qu'il en soit des péchés de mes prédécesseurs ou des miens, je saisis cette occasion de faire amende honorable en vous adressant un croquis de cette pierre fait de mémoire, mais assez ressemblant pour vous en donner une idée. J'y joins la copie exacte d'une autre curiosité gravée sur une plaque osseuse. Cette pièce remonte peut-être plus loin que tout ce que nous avons trouvé jusqu'ici. Je laisse aux hommes compétents le soin de déterminer 1° quel en est le sujet, 2° quel est le peuple qui l'a gravée, 3° à quelle époque de sa vie artistique il a pu le faire. Polir mon compte, je ne: suis pas assez habile grec pour le deviner et je crains même que M. Charles Bal y perde son latin. Daignez agréer, etc. Bentéjac, maire. »

La copie de cette lettre et de la suivante est insérée dans le Registre des délibérations du Conseil municipal de Sainte-Bazeille, n° 78.

M. Bentéjac écrivait en septembre 1864 a M. Riffaud : « Par une autre lettre en date du 5, M. le Préfet me fait savoir qu'il acceptera, avec reconnaissance l'offre que vous avez bien voulu lui faire du bas-relief trouvé dans votre cave et qu'il sera heureux de le faire déposer au Musée départemental. Il m'annonce en même temps la visite prochaine de M. l'Archiviste de la Préfecture. »

Les dessins de ces objets ont, paru dans le fascicule d'octobre 1876 de la Revue delà Société Archéologique de Bordeaux.

Archives hist. de la Gironde, II, 113.

D'une famille notable de Sainte-Bazeille dont il sera fait souvent mention dans la suite de cette Histoire.

Voir un Mémoire imprimé portant en tête : A juger en l'audience de la Grand'Chambre, pour Me Laurent Chaiz, Prêtre et Curé de Ste-Bazeille, Intimé. Contre Me Fieuzal aussi Prêtre appelant comme d'abus du titre accordé par l'Ordinaire audit sieur Chaiz, le 5 novembre 1741, de la cure de Ste-Bazeille. - Archives de M. Lacaze, libraire à Agen.

Breviarium ad usum Vasatensis dioecesis,ex mandato Focaldi de Bonnavalle, episcopi. Vasat., 1520, in-8°, n° 31.715. Bibliothèque de Bordeaux.

La grande nef a 24 mètres de longueur jusqu'au sanctuaire roman qui mesure 6 mètres de profondeur ; elle a 10 mètres de largeur, La petite nef, construite vers la fin du XVIe siècle pour l'élargissement de l'église, a la même longueur sur une largeur de 5 mètres.

Nota. – Quand nous écrivions ces lignes, la restauration de cette église qui fait disparaître cette disposition n'était pas encore commencée.

Bertrand de Baslada, évêque de Bazas, de 1103 à 1126.

La chapelle de St Pierre de La Réole appartenait au couvent des Bénédictins. « Ce monastère ou prieuré de La Réole, dans le diocèse de Bazas, sur la rive de la Garonne, à l'endroit qui s'appelait auparavant Squirs et qui, changeant après son nom a cause de la Règle de St-Benoît, se dit la Réole (Regula), eut pour premier fondateur Charlemagne. Ce prince l'enrichit, dès l'année 777, de grands domaines et de nombreuses églises et le rattacha à l'Abbé et au monastère de Fleury, sous le vocable de l'Apôtre St-Pierre. – Après sa destruction par les Normands en l'an 848, le couvent de La Réole trouva de seconds fondateurs, pour ainsi parler, ou mieux des restaurateurs. Quand les Normands eurent passé, Gombaud, évêque et duc de Gascogne et Guillaume de Sanche, son frère, comte des Gascons, le rétablirent à la sollicitation de leurs parents et amis et le dotèrent de biens et d'églises, et, à l'arrivée de Richard, alors abbé de Fleury, le lui redonnèrent à lui et à son monastère, avec ses appartenances, églises, villes, bourgs, vignes, bois, prés, pâturages, cours d'eaux et justices qui lui avaient autrefois, appartenu. (Santi Petri de Regula regalis prioratus historica chronologica sinopsis seu de rebus notatu dignis incliti monasterii regulensis liber qui octavus inscribitur. Anno 1728. Dom Maupet (Prior).

Ego Bertrandus Vasatensis episcopus, dono et concedo capelloe Sancti Pétri de Régula quoe constructa est in honorem Sanctoe Marioe Magdalenoe, quoe vocatur Sancta Basilia, ut habeat jura parochialia de habitantibus, intra castrum, intégre in omnibus de habitantibus, advenis proesentibus et futuris extra castrum coemeterium et baptisterium, exceptis illis qui antea fuerunt parochiani Ecclesice antiquitus ibi fundatoe. » Anno 1121. Mémoires de Dom Michel Germain. Carlul. Reg. – Arch. hist, de la Gir., II, 113. – Bibliolb. nation., 11.819, fol, 54 à 66.

Dixième prieur et successeur d'Austendus.

L'évêque de Bazas était à cette époque un des suffragants de l'archevêque métropolitain d'Auch.

« Anno 1143, Guillelmus, archiepiscopus Ausciensis, confirmavit donationem factam à Bertrando, episeopo Vasatensi, monasterio Sancti Petri de Régula, Ecclesioe Beatoe Magdalene in castro Sanctoe Basilioe. » (Ex. Cartul., jam citato, fol. 36).

Treizième prieur de la Réole.

« Anno 1777. Garsias de Benquet, episcopus Vasatensis, ad vitanda litigia iuter episcopos Vasatenses et priorem necnon monachos de Regula, declaravit quam portionem in ecclesiis monachi et quam capellani, ad proesentationem prioris per episcopum instituti, haberent, scilicet... in capella Burgi Sanctoe Basilioe habent monachi medietatem in omnibus et capellani proesentationem, » Ex. Cartul. Reg. fol., 87. – Arch. hist. de la Gir., II, 346-348.

Ex. Cartul. Reg., fol, 87. – Arch. hist. de la Gir., II, 348.

« Ego Guillelmus-Arnaldus Dei Gratia Vasatensis episcopus, secundum tenorem donationis et litterarum Domini Vasatensis episcopi, capellae Sancti Petri de Regula quae construeta est in honorem Sanctae Mariae Magdalence in castro quod vocatur Sancta Basilia, concedo et confirmo jura parochialia, coemeterium, baptisterium, integre in omnibus habitantibus intra eastrum, advenis, proesentibus et futuris, exceptis illis, qui antea fuerunt parrochiani Ecclesioe antiquitus ibi fundatae. In nomine Domini. Amen. Anno Domini Nativitatis ejusdem millesimo trecentesimo undecimo, die quinta mensis Martii. » Voir le Mémoire déjà cité : Me Chaiz contre Me Fieuzal, Arch. de M. Lacaze.

« Anno 1477. Raymundus du Trueil, episcopus Vasatensis, per litteras directas Johanni de Lucro, priori Sancti Petri de Regula, fatetur et recognoscit priorem prcedictum amfquà consuetudinc hactenus laudabiliter observata habere in Ecclesiis de Sanctis (Sti Petri et Sti Aniani) jus proesentandi et capellaniam Sti Pétri de Régula cum sacristania et proebenda cum plenitudine juris eandnicatus, nec non proesentationem ad ecclesias Sti Bibiani de Balsan, Sti Alberti de Landaron, burgi Sanctae Basiliae et Sti Eparchi de Milhan. » Mémoires de dom Michel Germain. Cart. de la Réole, 1477.

Voir le Mémoire déjà cité.

Titre primitif de la fondation de la dîme inféodée de la chapelle de Mothes de Sainte-Bazeille. Arch. de M. le Marquis d'Auber de Peyrelongue, de Virazeil. Voir ce document inédit publié in-extenso aux Notes et pièces justificatives, n° II.

Voir sur les d'Auber de Peyrelongue la Notice sur le château, les anciens seigneurs et la paroisse de Mauvexin, pages 121, 135, 419, 436, 552, 553. 556, 557, 603.

Voir sur les Perret, Notice sur Mauvezin, pages 172,-175, 258, 259, 356, 465.

Document inédit : Arch. de M. le Marquis d'Auber de Peyrelongue.

Ibidem.

Cette propriété appartient aujourd'hui à Madame la comtesse d'Auberjon. Voir sur les Joly de Bonneau le chapitre IX de cette Histoire.

Le grand portail qu'on voit aujourd'hui sur la façade principale a été ouvert en 1663, pour les besoins de l'exploitation rurale, l'ancienne église étant transformée en étable à boeufs et en grange.

« Anno 1110, Bertrandus de Baslada bonae memoriae... electus est in episcopum, Stepliano deposito. Is prioratum de Milhano coenobio de Regula univit ; proeterea ecclesiam beatoe Magdalenae castri Sanctae Basiliae, anno 1121, et ejusdem castri ecclesiamquam vulgus appellat : Sent Pey d'Aalon de Pascau. »

 

 

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